‹ Compte du temporel de l'évêché de Meaux (1425-1426) [microform]Chapitre 2 sur 8 · RECETTES EN NATURE · texte numérisé non relu

RECETTES EN NATURE

§ 1. — Grains.

Les rentes en blé et en avoine étaient fixes ou non muables, et variables ou muables.

1» Rentes non muables. — Elles se percevaient sur quatre abbayes et sur le chapitre Saint-Étienne de Meaux. Voici le nom des abbayes tributaires, avec le chiffre normal des rentes en grains dues par chacune d'elles à l'évêché de Meaux : abbaye de vSaint-Faron-lez-Meaux (4 muids de blé); abbaye de Rebais, pour la grange d'Ussy (2 muids de blé et 2 muids d'avoine) ; abbaye de Jouarre, pour les granges de May-en-Multien et de Trocy (12 muids 8 seliers de blé, 5 muids 4 setiers d'avoine) ; abbaye du Lieu-Restauré, pour son prieuré de Mâquelines (6 setiers

de blé) (1).

Sur ces 26 muids 6 setiers de grains, U comptable de la régale ne reçut en 1425 que le tiers environ, soit 9 muids 4 seliers 1 boisseau.

L'abbesse et les religieuses de Jouarre avaient déclaré que le triste état de leurs terres les mettait dans l'impossibilité de payer la lourde charge de 18 muids. Sans tenir compte de leur misère, l'agent royal fit saisir les domaines de l'abbaye. Mais la Chambre des comptes leur accorda mainlevée et réduisit la redevance à 16 setiers 1 boisseau.

D'autre part, les 6 setiers du prieuré de Mâquelines ne purent être perçus, par la raison péremptoire que ce prieuré était inhabité et ses « terres en friche, à l'occasion de la guerre ».

Quant à la rente sur le chapitre Saint-Étienne de Meaux, dont le chiffre

(1) Le comptable a soin d'indiquer la valeur relative de ces mesures : le muid valait à Meaux i2 setiers et le setier 8 boisseaux. On comptait aussi par mines et minots pour les grains. La mine contenait 4 boisseaux et le minot 2 boisseaux seulement.

n'est pas indiqué, il fut impossible également d'en obtenir le payemen t pendant toute la durée de la régale, attendu que « toutes les terres du chapitre estoient en friche et en ruine ». Cette phrase explicative revient comme un refrain, presque à chaque page de nos comptes, de môme que le mot « néant » en guise de receltes.

D'autres redevances fixes ou non muables en avoine, avec des coutumes consistant en chapons, « vinoisons » etfouasses, se levaientle lendemain de Noël sur divers tenanciers des quatre villes ou paroisses de Villenoy, Varreddes, Germigny et Etrépilly, donll'évèque de Meaux était seigneur. La comparaison entre les receltes ordinaires et celles qui correspondent à la période de la régale va nous renseigner avec précision sur l'état de ces localités au point de vue agricole.

Villenoy, — Redevances ordinaires : 42 seliers ou 3 muids 6 seliers d'avoine, 53 chapons, 25 setiers 11 pintes de vin « vinoisons », et 25 louasses et demie et un quart de louasse ou 8 sous 7 deniers tournois (1). La recelte de 1425 n'accuse que 8 seliers 5 boisseaux d'avoine, 1 1 chapons, 4 seliers 1 1 pintes de vin et 22 deniers pour fouasses. Le reste est porté par le comptable en non- valeur : a Et le surplus des dites redevances a esté en non-valoir, pour ce que les héritages de ce redevables ont esté et sont en friche, savart (terres incultes), ruine et de nulle valeur, et n'y a aucuns détenteurs apparens, et sont les aucuns détenteurs trespassez et leurs hoirs non apparens, ou absens, et les autres sont alez hors du pais tout à l'occasion de la guerre ; autres le» dénient eslre leurs. »

Varreddes, — Redevances ordinaires : 11 muids 2 boisseaux d'avoine, 108 chappons et demi (2), 100 setiers de vin et 50 fouasses et demie ou 16 sous 10 deniers (3). Recette en 1424 : 7 muids 1 setier 7 boisseaux d'avoine, 65 chapons, 65 setiers de vin et 10 sous 10 deniers pour fouasses. Le surplus est porté en non- valeur, comme précédemment.

Germigny -VÉvêque, — Redevances ordinaires : 5 muids 3 setiers 2 boisseaux d'avoine, 38 chapons, 15 setiers 3 pintes de vin et 15 fouasses et demie et un huitième de fouasse ou 5 sous 2 deniers obole (4). Recette

(1) A Villenoy, chaque arpent des tenures sujettes â cette taxe devait 3 mines d'avoine (l setier 4 boisseaux), 2 chapons, l setier (8 pintes) de vin et 4 deniers pour fouasses. Les fouasses se payaient en argent et non en nature.

(2) Plus 11 chapons et demi, payables avec les grands cens (II« partie).

(8) A Varreddes, chaque arpent devait 2 setiers d'avoine, 2 chapons, 2 setiers ou 16 pintes de vin et 4 deniers pour fouasses.

(4) A Germigny, chaque arpent devait 2 setiers d'avoine, 2 chapons, 1 setier de v n et 4 deniers pour fouasses.

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en 1425 : 1 muid 1 setier 5bji=s3aux davoine. 8 chapons, 14 pintes et 1 chopine de vin, et 14 deniers obole pour fouasses. Le reste en nonvaleur.

Élrépilly. - Redevances ordinaires : 13 setiers 5 boisseaux d'avoine (2 seliers par arpent). Pas de coutumes. Recette nulle en 1424 et en 1425, « parce que, observe le comptable, la dite ville est moult despueplée et n'y demouroit que ung pou de povres gens, et estoient les héritages d'icelle ville en friche et en ruine, comme il appert par cerlificacion de mons' le bailli et [du] procureur du Roy à Meaux ».

2» Rentes muables ouvariables en grains. - Ces rentes muables provenaient de la ferme de plusieurs granges épiscopales situées, avec leurs terres et dépendances, dans les quatre paroisses précitées et dans celle de Barcy. C'est par la paroisse de Barcy que s'ouvre ce chapitre, ou il n'est naguère question que de ruines. On affermait ordinairement, avec les revenus des terres, certaines redevances seigneuriales, telles que dîmes des grains, des chènevières, des agneaux, corvées de chevaux et voitures, etc.

Barcy. - Cette paroisse, de même que celle d'ÉtrépiUy, parait avoir été particulièrement éprouvée par la guerre de 1421 . Hôtel en ruine ; population réduite à quelques pauvres gens ; personne pour affermer les terres de l'évêque ; territoire presque entièrement en friche et sans labour . h l'occasion de la guerre ». Cet article contient une révélation intéressante; il nous apprend que tous les papiers et registres delévêché de Meaux furent perdus ou gâtés lors de la prise de la ville.

Etrépilhj. - Hôtel en ruine et terres incultes, faute de fermier. Il ne restait en ville « que une ou deux foibles voitures » pour faire les corvées : on renonça à les réquisitionner. Seule la dîme df s f ff ''7;;?"*"f;^ quelque revenu : 4 seliers d'avoine en 1425. 8 setiers de blé et 4 d avoine

en 1426.

Villenoy. - Cette petite localité, malgré sa proximité de la ville de Meaux (2 kilomètres seulement), semble avoir un peu moins souffert ai la guerre que les quatre autres paroisses. On avait pu affermer les revenus de la grange épiscopale, ainsi que les prairies, le four de 1 hôtel, les corvées de chevaux, les dîmes et champa»ts des grains. Cette ferme rapporta, en 1424, 22 setiers 4 boisseaux de grain. Dès l'année suivante, le revenu s'éleva à 4 muids et demi ou 54 seliers. La reprise des travaux agricoles y fut donc assez rapide.

Varreddes. - La misère paraît avoir été grande à Varreddes; aussi la recette de cet article fut-elle nulle en 1424, sauf pour les dîmes et champarts des grains, dont la ferme produisit 12 setiers. Il y eut augmentalion les deux années suivantes: 18 setiers en 1425 et 4 muids 8 setiers en 1426. De plus, en 1426, il se trouva des paysans pour labourer et ensemencer soit en blé soit en avoine environ 80 arpents de terre au prix de 2 boisseaux par arpent ; ce qui prouve une amélioration sensib e de ragriculture. Mais Thôtel et le four banal étaient en ruine, et le colombier vide de pigeons.

Germigny. — En ruine également l'hôtel, et en friche les terres de la grange de Germigny. On retira cependant un certain revenu de la dîme des grains : 15 seliers en 1424 et 22 en 1420.

§ 2. — Vin.

L'évêque de Meaux possédait des vignes à Varreddes, à Villenoy, à Grégy et dans les « Larris » de Meaux. Mais les vignes de Varreddes et de Villenoy avaient été gelées avant l'époque delà régale; elles étaient par suite restées en friche. Seul, un demi-arpent de vigne sis aux Larris de Meaux put être vendangé. On récolta une queue et trois poinçons de vin en 1424, et une queue et demie en 1425 (1). Le prix de vente de ce vin sera mentionné plus loin, aux recettes en argent.

L'évêque percevait, en outre, des « vinoisons » à Varreddes, à Germigny et à Villenoy, comme on l'a vu précédemment (coutumes). Quant à la dîme du vin des mômes paroisses, elle se payait en argent.

§ 3. — Chapons, poussins, gelines.

La redevance en chapons faisait partie des coutumes, dont on a parlé plus haut ; inutile d'y revenir (2).

Les poussins se levaient le jour Saint-ELienne, à raison d'un poussin par « chaque feu non privilégié », sur les habitants de Villenoy, Varreddes, Germigny et Etrépilly. La recette fut peu importante en 1425(36 poussins pour les quatre paroisses).

(1) La queue de vin contenait 40 setiers (mesure d'Auxerre, usitée à Meaux, d'après ces

comptes), (t) Il faut ajouter qu'à Barcy se percevaient également des coutumes, au nombre de

sept, de i chapons chacune.

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Par gelines, on entendait soit des poules, soit des gelinottes des bois de Germigny. On en reçut 8 en 1425.

Citons pour mémoire diverses autres redevances en nature, telles que pois et fèves, pourceaux, pigeons, dîme des agneaux et des oisons, dont on ne put rien obtenir pendant la régale, et passons aux recettes en argent.

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