‹ Compte du temporel de l'évêché de Meaux (1425-1426) [microform]Chapitre 3 sur 8 · RECETTES EN ARGENT · texte numérisé non relu

RECETTES EN ARGENT

§ i. — Redevances seigneuriales et fermages.

Un premier paragraphe comprend diverses redevances en argent, telles que grands et menus cens, taille, lods et vente, dîme du vin et autres droits seigneuriaux, payés par les habitants de Meaux, Villenoy, Varreddes, Germigny, Etrépilly et Barcy. Le comptable y a mêlé les revenus en argent des terres et immeubles appartenante l'évoque de Meaux. Jetons-y un rapide coup d'œil, en citant quelques chiffres.

Meaux. — Une regrettable lacune nous prive du commencement des articles concernant la ville de Meaux et sa banlieue. Ce qui reste suffit néanmoins pour donner une idée des droits de Tévôque, en môme temps que des pertes résultant de la guerre.

Nous trouvons d'abord les « cens du donjon ». Ce droit se levait sur le « bourc hors de la porte Saint-Remi de Meaux ». Son produit annuel s'élevait ordinairement à 15 sous 4 deniers tournois ; mais il est réduit à 4 sous 9 deniers en 1423 et en 1425, parce que « le dit bourc et autres héritages sur quoy se prennent lesditz cens ont esté abbatus et demoliz durant la guerre ».

Voici quelques autres droits qui se levaient dans la ville épiscospale :

Moitié du minage et tonlieu de Meaux (1); l'autre moitié appartenait au vicomte de Meaux. Recette en 1425 : 32 livres (total : 64 livres).

Droit de minage sur le sel, h raison d'un boisseau par muid (la recette manque, la marge ayant été coupée).

Pontonnage de la foire de mai. Récolte nulle, la foire n'ayant pu se tenir pendant le temps de la régale, « à cause delagrant povreté et diminucion du peuple, à Toccasion de la guerre ». C'est toujours le môme refrain.

(1) Cf. une déclaration du temporel de l'évôché de Meaux, du 2i septembre isps, en copie f Archives nationales. P. 2889'}.

La poche des fossés Saint-Remi fut affermée 4 livres en 1425 et 6 livres 10 sous en 1426.

Une autre source de revenus était la vente de Therbe des prairies que l'évoque possédait le long de la Marne, tant dans la banlieue de Meaux qu'à Varreddes et à Germigny. Cette vente produisit environ 10 livres tournois en 1425. Mais l'année suivante, une crue de la Marne inonda toutes ces prairies et la récolte des foins fut totalement perdue.

Germigny-VÉvêque. — Menus cens de la Saint-Remi, d'une valeur ordinaire de 8 livres 4 deniers (1). Recette en 1425 : 4 livres 15 sous 8 deniers.

Lods et ventes des « héritages vendus et mouvans desd. cens », néant.

Taille, « qui ne croist ne apetisse », 25 livres. Messerie ou sergenterie (2), 2 livres. Les habitants de Germigny obtinrent remise entière de cette double redevance pour 1424 et 1425.

Dîme des chènevières, affermée 5 sous tournois en 1425.

Barge ou bac sur la Marne, affermée 10 sous en 1425 et 3 livres en 1426.

Pêcherie des moulins de Germigny, affermée 20 livres 8 sous en 1425 et 15 livres en 1426.

Garenne ; recette nulle, « parce qu'elle a esté moult foulée durant la guerre et que les counins (lapins) estoient en trop petit nombre ».

Mairie de Germigny (3), affermée 20 sous à Pierre Baynel, en 1425 et 1426.

Taille des « forains de serve condicion demeurant hors de la ville de Germigny (4) », 12 deniers chacun. Cette redevance était laissée au maire, qui devait les surveiller en raison de son offlce.

Vente de bois à messire Jean Disque, capitaine de Meaux, pour son chauffage et usage, au prix de 40 sous l'arpent : 18 livres.

Varreddes, — Menus cens de la Saint-Remi, valant ordinairement

(i)Le comptable remarque qu'en U09, époque où le temporel de Tévêché de Meaux avait été tenu en régale, les cens de Germigny n'avaient valu que 7 livres 15 sous. Cette régale a dû précéder la prise de possession de cet évôché par Jean de Saints, nommé le 20 août 1409.

(2) Il s'agit d'une redevance destinée à assurer la surveillance des moissons et de récoltes.

(3) « Le maire avait pour fonction de gérer le domaine seigneurial, c'est-à-dire percevoir tous les revenus, toutes les redevances, exercer la justice ou tout au moins exécuter les arrêts du seigneur » ou de son bailli. (H. Sée, Étude sur les classes serviles en

Champagne, du xi* au xiy* siècle. Paris, 1895; page 16.)

(4) Cela veut dire, croyons-nous, que tout serf, toute personne de corps de la seigoearie, qui avait quitté celte seigneurie, devait payer une taille de 12 deniers.

iO livres 4 sous 6 deniers. Recelte en 1425 : 8 livres 12 sous 10 deniers.

Lods et ventes en 1425 : 11 sous 5 deniers obole, pour deux ventes, à raison de 20 deniers pour livre.

Taille : 56 livres; messerie : 5 livres. Réduction de moitié par ordonnance de la Chambre des comptes, du 6 septembre 1424.

Grands cens sur divers héritages : 12 livres «°"«"'' .f" ^'«" J* 32 livres, perçues en temps ordinaires. Chaque arpent devait 12. lo ou 18 sous, suivant la qualité des terres.

Mairie de Varreddes, affermée 4 livres à Jean Luquet.

Taille des forains de condition servile : 12 deniers chacun, comme a

Germigny.

Dîme du vin, affermée 15 livres. .j„î,„

Comme le four banal était en ruine, les habitants de Varreddes. rédu Us

à « ung pou de povres gens ., devaient aller chercher leur pam à Meaux,

distant de 2 lieues.

ViUenoy. - Menus cens de la Saint-Remy. montant en temps ordidinaire à 8 livres 6 sous 9 deniers. Recette en 1425 : 6 livres 12 sous 6 de-

°'Taille°: 30 livres ; messerie : 10 livres. Remise entière de ces deux redevances fut accordée par la Chambre des comptes (o'fJon"'»°^« *" 12 décembre 1424). « vu la grande indigence et povreté » des habitants

dô VillBnoY Mairie de YiUenoy : recelte nulle, personne n'ayant voulu affermer

cet office. . , ti ^«t.ott

Taille des forains de condition servile : 12 deniers chacun. Il paraît

qu'il n'y avait alors aucun serf de ViUenoy. domicilié hors de cette ville. Dîme du vin, affermée 10 livres (y compris la dtme du vm des Larris

de Meaux et de Crégy).

Étrépilly. - Menus cens de la Saint-Remi, montant o^dl"»]'*^®"' ^l' 4 livres 18 sous 10 deniers. Recette en 1424 : 1 livre 8 sous 10 demers

'^'rldlle : 62 livres ; messerie : 7 livres. Les habitants d'Etrépilly furent dispensés du paiement de ces redevances, comme ceux de Germigny et de ViUenoy.

Barcy. — Rente de 6 sous, le Jour de la Saint-Remi.

11 était dû quelques autres droits dans les paroisses i'Esbly, de Chalifert, de Moisyle-Temple, de Montagny ; mais on ne put rien percevoir, toujours à l'occasion de la guerre.

Hôtel à Paris. — Les évêquas de Meaux possédaient un hôtel à Paris, rue Saint-Pol. Il en est question dans ÏHistoire des antiquités de Paris, par Sauvai, qui nous apprend que dès Tannée 1421 cet hôtel avait été mis dans la main du Roi (tome III, p. 269). Le comptable de Meaux n'en parle que pour mémoire, attendu qu'un sergent-à- verge au Ghâtelet di5 Paris, Thierry Mo risson, avait été chargé d*en toucher le loyer. Mais il paraît, par l'un de nos comptes (1423), que cet hôtel était fort délabré.

Les comptes mentionnent pour mémoire certains devoirs féodaux dus àl'évêque de Meaux, tels qu'une paire de bottes par l'abbé de Saint- Faron et par les prieurs de Sainte-Cécile et de la Selle-en-Brie ; un besant d'or, d'une valeur de 20 sous, par les chanoines de la Chapellede Grécy et par ceux d'Oissery. Ces devoirs étaient, paraît-il, du ressort de la juridiction spirituelle, sur laquelle ne s'étendait point le droit de régale.

Pareillement, une redevance de 60 pains blancs, etc., dont était chargé l'abbé de Saint-Germain-des-Prés, à cause de son prieuré de Saint-Germain-lez-Couilly, fut considérée jusqu'à nouvel ordre comme devoir d'ordre spirituel.

Enfin, les habitants deBrégy, de Gongiset d'Etrépilly devaient chaque année un dînera l'évoque de Meaux, à l'époque où il lui plaisait d'aller visiter ces paroisses.

§ 2. — Rachats, reliefs et quints-deniers.

Sous cette rubrique figurent, dans le compte de 1425 1426, trois articles :

V une somme de 16 livres payée par un bourgeois de Paris, Richard de la Marre, pour le quint-denier d'un fief sis à Gharny et mouvant de l'évoque de Meaux.

2« Une somme de 20 sous, reçue de Robert Gilleron, bourgeois de Meaux, pour le relief du fief susdit.

3" Enfin, une somme de 300 livres parisis, due pour le relief de la vicomte de Meaux et de la Ferté-sous-Jouarre, par Jean de Luxembourg (1), comte de Guise, à cause de sa femme Jeanne de Béthune, vicomtesse de Meaux. Mais Henri VI lui fit remise de ces 300 livres parisis par lettres du 5 juillet 1425, vérifiées en Gliambre des comptes le 17 avril 1426.

(1) Jean de Luxembourg, seigneur de Beaurevoir et de Choquer, puis comte de Guise, [ensuite vicomte de Meaux], était frère de Louis de Luxembourg, évêquede Thérouanne, chancelier de France pour le roi d'Angleterre. (Longnon, Paris pendant la domination anglaisCf note de la page 32.)

§ 8. — Droits de Justice.

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