‹ Compte du temporel de l'évêché de Meaux (1425-1426) [microform]Chapitre 4 sur 8 · DÉPENSES EN NATURE ET EN ARGENT · texte numérisé non relu

DÉPENSES EN NATURE ET EN ARGENT

§ 1. — Dépenses à héritage.

Les droits de justice, consistant en amendes et défauts prononcés par la juridiction temporelle, constituaient une importante source de revenus pour l*évôché de Meaux. Malgré une lacune au début de ce paragraphe, il est possible de se rendre compte de la nature et du montant approximatif de ces droits.

Les amendes étaient taxées à 7 sous 6 deniers, à 10 sous et à 60 sous. Citons comme exemple une amende de 7 sous 6 deniers, infligée à un nommé Jacques Huet, pour avoir été pris jouant aux dés.

Les défauts, très nombreux à 3 sous 9 deniers, montaient parfois à 60 sous (pour défaut de comparution d'un délinquant).

§ 4. — Vente de grains, vin, chapons, etc.

Les revenus perçus en nature étaient généralement mis en vente à deniers comptants. Les grains des aimées 1424, 1425 et 1426, emmagasinés dans une des salles de l'évêché de Meaux (1), furent vendus sur le marché de cette ville ou à la Ferté-sous-Jouarre, par les soins du comptable.

Les prix offrent une certaine variété : le setier de blé valut successivement 15, 25, 23 et 20 sous ; le setier de seigle, 20 et 15 sous ; le setier d*avoine et d'orge, 15 sous.

Le vin récolté aux Larris de Meaux se vendit à raison de 3 livres la queue (40 setiers) et de 2 livres le poinçon, en 1424 ; soit 18 deniers le setier (mesure contenant sans doute 8 pintes). L'année suivante, la queue de vin atteignit le prix de 4 livres, ou 2 sous le setier.

Enfin, la vente de 43 chapons et demi produisit une somme de 5 livres 8 sous 9 deniers, à raison de 2 sous 6 deniers le chapon. La vente de 73 poussins rapporta 73 sous, soit un sou le poussin ; et 8 golines se vendirent 13 sous 4 deniers, ou 20 deniers la pièce.

(1) Il en coûta 7 sous 6 deniers pour faire boucher avec du plâtre plusieurs trous qui existaient dans le plancher et les murs de cette salle, afin d'empêcher les souris de manger le grain.

On appelait ainsi diverses redevances dont se trouvaient chargées les terres de l'évoque de Meaux, charges qui n'étaient pas très lourdes. C'était d'abord une rente annuelle de 3muids d'avoine, due au chapitre de Saint-Etienne de Meaux, à prendre sur la grange dîmeresse de Villenoy. Cette rente fut réduite à 18 setiers en 14-;:5.

Le même chapitre avait droit à une rente de 13 livres 10 sous tournois, le jour de l'Epiphanie pour les « anniversaires ». Mais cette redevance avait été supprimée et les chanoines avaient obtenu en échange d'être exempts de la juridiction de l'évêque.

Celui-ci devait servir deux autres rentes : l'une de 30 sous au trésorier do l'église cathédrale de Meaux, savoir 20 sous pour le donjon et 18 sous pour le fief de Congis; l'autre de 7 livres parisis aux Religieux de l'église Saint-ÉIoi de Paris, sur l'hôtel de la rue Saint-Pol.

De plus, un cens annuel de 5 sous était payable aux héritiers de Jean des Murs, écuyer, pour une partie du bois de Germigny.

§ 2. — Dons et rémissions.

La situation des quatre paroisses dépendant de l'évêché de Meaux : Germigny, Varreddes, Villenoy et Etrépilly, était tellement lamentable en 1422 et même encore l'année suivante qne le jeune Henri VI, ou plutôt le duc de Bedford, régent de France (1), fut obligé d'accorder aux tenanciers remise totale de tous les droits dus « depuis le temps que icelle ville de Meaux fut réduite en l'obéissance du Roy » jusqu'au 31 décembre 1423. Il n'était fait exception que pour les menus cens de la Saint.Remi. Parles mêmes lettres, datées du 8 juin 1423 et confirmées par la Chambre des comptes le 18 mars 1424 (2), le roi d'Angleterre faisait remise aux mêmes tenanciers de la moitié de toutes les redevances soit en nature soit en argent pour les deux années suivantes, c'est-à-dire jusqu'au 31 décembre 1425, à l'exception toujours des menus cens de la Saint-Remi.

(1) Henri VI n'avait qu'un an et demi en juin 1443, étant né le 6 décembre 1212.

(2) Ces lettres, qui manquent aux Archives nationales, sont citées et analysées dans le compte de l425-i42ô (art. 7ô).

§ 3. — Redevances non reçues.

Par suite de ces rémissions et autres causes, diverses redevances n'avaient pu être recouvrées par le comptable; celui-ci les porte en non reçu. Ce chapitre est assez confus et manque de clarté ; les sommes sont en partie laissées en blanc.

§ 4. — Frais de vendanges.

La vendange du demi-arpent de vigne appartenant h l'évoque dans les Larris de Meaux (la seule qui donna du vin pendant la durée de la régale) se Ht en 1425, le 25 septembre. On y employa cinq vendangeuses, qui reçurent un salaire de 15 deniers chacune. Deux « hostiers » transportèrent la vendange à Meaux, moyennant un salaire de 3 sous 6 deniers chacun. Enfln, un homme de peine reçut 3 sous 4 deniers pour fouler et tirer le vin et porter le marc au pressoir. Avec d'autres menus frais pour la nourriture des vendangeuses (pain, viande, ail, vin), la dépense totale de cette vendange fut de 25 sons 7 deniers.

§ 5. — Travaux et réparations.

Ce paragraphe est un des plus intéressants. Malheureusement, il est incomplet et, de plus, le couteau du relieur, par suite d'un faux pli du seul feuillet double subsistant, a tranché la moitié des lignes du recto. Malgré cela, on peut y voir que des travaux importants furent exécutés en 1426, par ordre du Roi, dans la partie de la ville de Meaux dite le Marché.

C'est ainsi que Jean Garrillon, maçon à Meaux, reçut une somme de 731ivres2 sous 6 deniers, pour avoir édifié trois « maisons de guet », la première sur la tour de Coutances, la seconde sur la porte de Cornillon et la troisième sur la tour de Terrefault. Il fallut refaire une partie des murs de cette dernière tour, qui avaient été abattus à coups de canon lors du siège. Les travaux de maçonnerie s'élevèrent à 90 toises de gros mur, à 13 sous la toise.

Les travaux de charpente furent confiés à un maître charpentier nommé Pierre Maquart, qui reçut 83 livres pour la réfection des toitures

et planchers des tours susdites, ainsi que des échauguettes édifiées par

Jean Carrillon. ^ .. ^

Ces réparations furent dirigées par Jean Maquart, maître des œuvres

du Roi au bailliage de Meaux.

§ 6. — Gages du personneL

Le principal des agents chargés de l'administration de ce temporel, pendant la durée de la régale, se nommait Maître Emery de La Vacherie, licencié ès-lois ; il fut institué, le 30 avril 1422, par le bailli de Meaux, « au gouvernement et exercice de la juridiction temporelle dudit evesché >>. Ses gages furent fixés à 10 livres tournois par an. (Compte

de 1423-1424.) ^ .

Le môme jour, le bailli de Meaux confia l'office de procureur du Roi

à Pierre Bouquin. Le chiffre des gagés de ce dernier est resté en blanc

dans le compte.

Vers la même époque, Jean Ledru fut nommé garde ou « sergent »

des bois de Germigny.

Enfin, Jean Hugot, receveur royal à Meaux, fut chargé de la comptabilité de cette régale ; il recevait pour ses peines et pour le salaire d'un ♦ clerc 80 livres par an. Il nous apprend qu'il était fait deux copies sur parchemin de chaque compte et que chaque feuillet revenait à 2 sous 6 deniers. Il fit plusieurs voyages à Paris tant pour porter des deniers au trésor royal que pour rendre ses comptes.

Pour compléter ce résumé, il nous reste à dire un mot de l'évoque dont la nomination vint mettre fin à la régale. Ce prélat, c'est Jean de Boiry, nom que les historiens ont presque tous mal lu, puisqu ils en ont fait Jean de Driou. Il est vrai que les auteurs de la Gallia Christiana ajoutent que peut-être, fortasse, Jean de Briou n'est autre que Jean de Bory ou Boerri, docteur en théologie, qui traduisit en français les sept psaumes de la Pénitence (1). Nos comptes viennent confirmer cette conjecture, en donnant la véritable orthographe de ce nom : Jean de

Boiry, Sa nomination à l'évôché de Meaux par le pape Martin V serait du

(1) Gallia Christiana, tome VIII, col. 1639.

■Jii» . . I."L"L'.

8 avril 1426 (VI des ides), d'après la Gallia Christiana ; mdiis cette date ne paraît pas bien certaine. C'est peut-ôtre celle de son élection par le chapitre ou de la confirmation royale de cette élection. Les bulles de la promotion de Jean de Boiry ne durent arriver à Paris que dans le courant du mois de juin.

Pour obtenir la délivrance du temporel de son évôché, une dernière formalité restait à remplir : celle du serment de fidélité, qu'il fallait prêter entre les mains du roi. Or, le jeune Henri IV résidait en Angleterre (1) et son oncle, le duc de Bedford, régent de France, était lui-môme à Londres depuis la fin de l'année 1425 (2). Les chemins n'étaient pas sûrs et un voyage en Grande-Bretagne effrayait le nouvel évêque de Meaux. C'est pourquoi il sollicita et obtint des lettres de Henri VI, qui par grâce spéciale et en considération des « bons et notables services » que Jean de Boiry avait rendus à sa « très chère dame et mère » (Catherine de Valois, fille de Charles VI), commettait Louis de Luxembourg, évoque de Thérouanne et chancelier de France, à la réception du serment prescrit. Cette commission, en français, fut donnée le 5 juillet 1426 à « Kenynpton » près Londres ; c'est aujourd'hui Kennington, faubourg de Londres (3).

La prestation du serment se fit entre les mains du chancelier de France le 27 août suivant, comme nous l'apprend un mandement royal (en latin), daté du même jour, et émané du Conseil résidant à Paris, lequel enjoignait aux gens des comptes de faire cesser la régale de l'évêché de Meaux. Jean de Boiry fit son entrée solennelle dans sa ville épiscopale le 29 août 1426 et c'est à partir de cette date seulement qu'il put enfin jouir des revenus de son temporel. Trois mois après, par lettres du 4 novembre 1426, il obtenait sur les mêmes revenus, perçus avant sa prestation de serment, un don important de 13 muids et demi de grains, pour l'indemniser des frais de son entrée à Meaux,

On trouvera ces lettres et mandements en tête du compte de 1425-1426, qui est le plus complet et dont nous allons publier le texte à peu près intégralement, ne supprimant guère que ce qui est de simple formule.

P. Parfouru.

(1) Henri VI vint en France pour la première fois en 1430. On sait qu'il fit son entrée à Paris le 2 décembre 1431 et qu'il fut sacré â Notre-Dame le 16 du même mois. Il regagna l'Angleterre en janvier 1432.

(2) Le duc de Bedfordne revint en France qu'en avril 1427.

(3) D'après le Recueil de Rymer (Fœdera... et acta publica inter reges Anglix, etc.), Henri VI résidait ordinairement à Westminster. Quelques actes de l'année 1426 sont datés de Leycestreet de Windsor, mais aucun de Kennington. Le nom de ce manoir n'apparaît qu'en 1439. (Rymer, op. cit., tome X, pp. 723, 728, 730, 731 et 733.)

COMPTE

DU

Copple du transcript des lettres du Roy nostre sire, par lesquelles appert que Révérend Père en Dieu Maistre Jehan de Boiry, docteur en théologie, evesque de Meaulx, a fait au Roy nostre sire le serment de feaulté, que tenu estoit de faire, à cause du temporel dudit evesché,

A tous ceulx qui ces lettres verront, Symon Morbier, chevalier, seigneur de Villiers, conseilleur du Roy nostre sire et garde de la prevosté de Paris, salut. Savoir faisons que nous, l'an de grâce 1426, le mardi 27* jour du mois d'aoust, veismes unes lettres du Roy nostre dit seigneur, seellées de son grant seel en simple queue et cire jaune, desquelles la teneur s*ensuit :

Henricus, Dei gracia Francorum et Anglie rex, dilectis et fidelibus gentibus Gamere compolorum nostrorum ac thesaurariis nostns Pansius, salutem et dilectionem. Notum vobis facimus quod die date presencium dilectus noster magister Johannes de Boiry, sacre professor théologie, episcopatus Meldensis electus confirmatus, coram carissimo consanguineo nostro Ludovico de Luxembourg, episcopo Morinensi et cancellario nostro Francie, personaliter constitutus, iuramentura fidelitatis, quod nobis, racione et causa temporalitatis prefati episcopatus. facere [et] prestare tenebatur, eidem consanguineo nostro pro nobis fecit et prestilit. Et ad illud idem consanguineus noster, virtute commissionis per nos in hac parte sibi attnbute, ipsum

INTENTIONAL SECOND EXPOSURE

8 avril 1426 (vi des ides), d'après la Gallia Christiana; mais cette date ne paraît pas bien certaine. C'est peut-être celle de son élection par le chapitre ou de la confirmation royale de cette élection. Les bulles de la promotion de Jean de Boiry ne durent arriver à Paris que dans le courant du mois de juin.

Pour obtenir la délivrance du temporel de son évêché, une dernière formalité restait à remplir : celle du serment de fidélité, qu'il fallait prêter entre les mains du roi. Or, le jeune Henri IV résidait en Angleterre (1) et son oncle, le duc de Bedford, régent de France, était lui-même à Londres depuis la fin de l'année 1425 (2). Les chemins n'étaient pas sûrs et un voyage en Grande-Bretagne effrayait le nouvel évêque de Meaux. C'est pourquoi il sollicita et obtint des lettres de Henri VI, qui par grâce spéciale et en considération des « bons et notables services » que^ Jean de Boiry avait rendus à sa « très chère dame et mère » (Catherine de Valois, fille de Charles VI), commettait Louis de Luxembourg, évêque de Thérouanne et chancelier de France, à la réception du serment prescrit. Cette commission, en français, fut donnée le 5 juillet 1426 à « Kenynpton » près Londres ; c'est aujourd'hui Kennington, faubourg de

Londres (3).

La prestation du serment se fit entre les mains du chancelier de France le 27 août suivant, comme nous l'apprend un mandement royal (en latin), daté du môme jour, et émané du Conseil résidant à Paris, lequel enjoignait aux gens des comptes de faire cesser la régale de Tévêché de Meaux. Jean de Boiry fit son entrée solennelle dans sa ville épiscopale le 29 août 1426 et c'est à partir de cette date seulement qu'il put enfin jouir des revenus de son temporel. Trois mois après, par lettres du 4 novembre 1426, il obtenait sur les mômes revenus, perçus avant sa prestation de serment, un don important de 13 muids et demi de grains, pour l'indemniser des frais de son entrée à Meaux,

On trouvera ces lettres et mandements en tête du compte de 1425-1426, qui est le plus complet et dont nous allons publier le texte à peu près intégralement, ne supprimant guère que ce qui est de simple formule.

P. Parfouru.

(1) Henri VI vint en France pour la première fois en 1430. On sait qu'il fit son entrée à Paris le 2 décembre 1431 et qu'il fut sacré â Notre-Dame le 16 du môme mois. Il regagna l'Angleterre en janvier 1432.

(2) Le duc de Bedford ne revint en France qu'en avril 1427.

(3) D'après le Recueil de Rymer {Fœdera... et acta publica inter regei AnglisR, etc.), Henri VI résidait ordinairement à Westminster. Quelques actes de l'année 1426 sont datés de Leycestreet de Windsor, mais aucun de Kennington. Le nom de ce manoir n'apparaît qu'en 1439. (Rymer, op. et*., tome X, pp. 723, 728, 730, 731 et 733.)

COMPTE

DU

Coppie du transcript des lettres du Roy nostre sire, par lesquelles appert que Révérend Père en Dieu Maistre Jehan de Boiry, docteur en théologie, evesque de Meaulx, a fait au Roy nostre sire le serment de feaulté^ que tenu estoit de faire, à cause du temporel dudit evesché.

A. tous ceulx qui ces lettres verront, Symon Morbier, chevalier, seigneur de Villiers, conseilleur du Roy nostre sire et garde de la prevosté de Paris, salut. Savoir faisons que nous, l'an de grâce 1426, le mardi 27* jour du mois d'aoust, veismes unes lettres du Roy nostre dit seigneur, seellées de son grantseel en simple queue et cire jaune, desquelles la teneur s'ensuit :

Henricus, Dei gracia Francorum et Anglie rex, dilectis et fidelibus gentibus Gamere compolorum nostrorum ac thesaurariis nostris Parisius, salutem et dilectionem. Notum vobis facimus quod die date presencium dilectus noster magister Johannes de Boiry, sacre professer théologie, episcopatus Meldensis electus confirmatus, coram carissimo consanguineo nostro Ludovico de Luxembourg, episcopo Morinensi et cancellario nostro Francie, personaliter constitutus, juramentum fîdelitatis, quod nobis, racione et causa temporalitatis prefati episcopatus. facere [et] prestare tenebatur, eidem consanguineo nostro pro nobis fecit et prestitit. Et ad illud idem consanguineus noster, virtute commissionis per nos in hac parte sibi attribute, Ipsum

electum confirmalum admisit et admittit per présentes, noslro et alieno in omnibus jure salvo; cujus quidem commissionis ténor de verbo ad verbum sequitur et est talis :

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Eogleterre, à nostre amé et féal cousin le Chancellier de France, salut et dilection. De la partie de nostre bien amé maistre Jehan de Boiry, esleu confermé evesque de Meaulx, nous a esté exposé que il est promeu à l'evesché dudit lieu de Meaulx et de sa dite promotion estoient ses bulles apportées en nostre ville de Paris, tant celles qui se adressent à nous pour recevoir le serment de feaulté à nous deu à ceste cause comme autres; lequel serment de toutes choses requises en tel cas ledit esleu est prest et en voulenté de faire ; mais pour doubte des perilz qui sont sur les chemins, il doubte faire aporter ses dites bulles de ladite ville de Paris en nostre royaume d'Angleterre, oîi nous et nostre très cher et très amé oncle Jehan régent nostre royaume de France, duc de Bedford, sommes à présent. Laquelle chose lui tourne à très grant préjudice et plus seroit si sur ce ne lui estoit pourveu de notre grâce, si comme il dit, requérant humblement icelle. Pour ce est-il que nous, considerans les bons et notables services que ledit esleu a faiz à nostre très chère dame et mère, par l'advis de nostre dit oncle, vous mandons et commettons que s'il vous appert des bulles dudit esleu, adreçans à nous en la manière acoustumée, vous recevez le serment de feaulté ou autre tel devoir qu'il est tenu de nous faire, à cause dudit evesché, et de lui bailler noz lettres avec délivrance de son temporel et tout en la forme et manière comme si k nous ou à nostre dit oncle il eust fait le serment ou autre devoir dessus dit; sauf toutevoyes nostre droit et l'autrui. Car ainsi nous plaist-il estre fait, et audit esleu l'avons ottroyé et ottroyons de grâce especiale par ces présentes. Donné à Kenynpton (1) empres Londres, le V* jour de juillet l'an de grâce mil GCCG et vint et six, et de nostre règne le quatriesme. Sic signatum : Par le Roy, à la relacion de monseigneur le régent le royaume de France duc de Bedford, J. Aulet.

Quocirca, vobis mandamus quatinus prefatum electum temporalilate dicti episcopatus uti et gaudere faciatis et permittatis, omne impedimentum ob deffectum dicti juramenti fidelitatis nobis minime prestitisti (sic) amovendo et amoveri faciendo. Datum Parisius, die xxvii* mensis augusti, anno Domini millesimo quadringentesimo vicesimo sexto, regni vero nostri quarto. Ainsi signé : Per regem, ad vestram relacionem : J. de Rivo. Gollacio est facta.

Et nous h ce présent transcript avons mis en tesmoing de ce le seel de

Cl) C'est Kennington, actoellement faubourg de Londres.

la prevosté de Paris, Tan et le jour de mardi dessus premiers diz. — Nous approuvons ce mot electus fait en rature en la V« ligne k commencer au commencement, avec ces motz collacion est faite, mis en glose. Fait comme dessus. Ainsi signé : G. de Gonflans. — Et au doz dudit transcript estoit escript ce qui s'ensuit : Gollacio presentis transcripli cum originali signato et sigillato ut in albo facta fuit in Gamera compotorum domini Régis Parisius, ordinacione dominorum ibi, xxvn» die augusti millesimo GGGG« XXVP, per me J. Fromont.

Coppie des lettres de nosseigneurs des comptes et trésorier, atachées audit transcript soubz Vun de leurs signez, contenant Vexpedicion desdites lettres royaulx la délivrance dudit temporel de Vevesché de Meaulx faite audit monseigneur Vevesque par vertu d'icelles (1).

Les gens des comptes du Roy nostre sire à Paris et le trésorier et gênerai gouverneur de toutes les finances dudit seigneur, aux bailly et receveur de Meaulx ou à leurs lieutenans, salut. Il nous est apparu par lettres patentes du Roy nostre dit seigneur données à Paris le xxvii* jour d'aoust l'an mil quatre cens et vint et six, que maistre Jehan de Boiry, esleu confermé de Meaulx, a fait le serment de feaulté es mains de monseigneur le chancellier de France, ad ce commis pour et ou nom du Roy nostre dit seigneur, à cause de la temporalité de ladite evesché de Meaulx ; desquelles lettres nous vous envoions le vidimus ataché à ces présentes soubz Tun de noz signez. Si vous mandons et enjoingnons par ces présentes à chascun de vous, si comme à lui appartendra, que vous faites, souffrez et laissiez joir et user plainement et paisiblement ledit maistre Jehan de Boiry des prouffiz et revenus dudit temporel, sans lui mettre ou donner aucun destourbier ou empêchement en ^cellui par deffaulte dudit serment de feaulté non fait, en paiant à vous receveur les drois et devoirs, s'aucuns en sont pour ce deuz au Roy nostre dit seigneur, se paiez ne les a, pourveu qu'il sera tenu de bailler son dénombrement par escript dedans le temps en tel cas acoustumé, et aussi qu'il n'y ait autre cause raisonnable d'empêchement, pourquoy faire ne le doyez ; laquelle ou cas qu'elle y seroit nous rescripvez affin deue. Donné à Paris, le xxvii» jour d'aoust l'an mil GGGG vint et six. Ainsi signé : J. Fromont. Et en la marge d'embas estoient plaquez six signez de nosdiz seigneurs des comptes et trésorier.

(1) C'est rinjonction de la Cour des comptes aux bailli et receveur de Meaux de pourvoir à ce que l'évêque Jean de Boiry jouît pleinement des revenus de son temporel.

Compte des revenues temporelles

Et juridicion séculaire de Vevesché de Meaulx, prinseset mises en la main du Roy nostre sire et gouvernées par icelle au prouffit dudit seigneur, à cause de son droit de regale à lui venu et escheu par le trespassement de feu maistre Jehan de Sains, jadis evesque dudit Meaulx, comme il appert par lettres du Roy nostre sire et de nosseigneurs des comptes et trésorier, rendues et copiées ou compte dudit regalle fait pour le temps escheu depuis le xxil® jour d'avril mil quatre cens vint et deux jusques à la Saint Jehan Baptiste mil quatre cens vint et trois, des receptes et mises desdites revenues faites par Jehan Hugot, receveur de Meaulx et commis à ce par lesdites lettres, pour le temps escheu depuis le jour de la feste de la nativité Saint Jehan Baptiste inclus Van mil CGC C et XXV jusques au xxviii* jour d*aoust mil CCCC et XXVI aussi inclus, ouquel temps sont comprins ung an entier et LXVI jours. Duquel temporel Révérend Père en Dieu maistre Jehan de Boiry, docteur en théologie, evesque dudit Meaulx, a eu la délivrance le xxix» jour dudit mois d*aoust, après ce que il a pour ce fait serment de feaullé au Roy nostre sire, comme il appert par le transcript des lettres du Roy nostre dit seigneur données le xxvi^ jour dUcellui mois d'aoust oudit an, et par lettres de verifficacion sur ce de nosseigneurs des comptes et trésorier données ledit jour, atachées audit transcript soubz Vun de leurs signez. La présentation desquelles fut faite et Venterinement requis à monseigneur le bailli de Meaulx et à ce receveur ledit xmiL* jour dHcelluy mois d'aoust, comme il est escript et certiffié au dos desdiles lettres. Lequel transcript avec lesdites lettres de nosseigneurs des comptes et trésorier sont cy rendues et coppiées cy devant. Ce présent compte rendu par (1).

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