‹ Compte-rendu de la seconde session, Luxembourg-1877 (volume 2)Chapitre 2 sur 117 · I. — Le Mexicain, Nahuati, ou Aztèque · texte numérisé non relu

I. — Le Mexicain, Nahuati, ou Aztèque

C'est au milieu du VIP siècle, d'après la chronologie de Clavijero qu'apparaît dans l'Anahuac la célèbre nation Toltèquo qui fonda le royaume de Tula et parvint à cette civili-

(1) Eu voir la nomonolaturo dans rfuivrage de Orozco y Berra, p. G7 à 7G. .

(2) id., p. G2 à 66.

3 ETHXOr.UAI'HIE MEXICAINE. lo

satioii avancée que les Espagnols rencontrèrent parmi les Aztèques et les Texcuanos. La monarchie toltoque eut quatre siècles d'existence ; la peste, la famine et la guerre civile y mirent fin. Selon l'historien Ixtlilxochitl quelques familles restèrent alors dans le pays, mais la plus grande partie île la Nation émigrant vers le sud vint s'établir dans le Guatemala et le Nicaragua. ,,.,:... ... ,

Un siècle plus tard, une nombreuse tribu à demi sauvage, celle des Chichimèques descendit dans la vallée de Mexico, s'unit aux Toltèques qui étaient demeurés dans le pays, et, civilisée par ceux-ci, elle fonda le royaume de Texcoco ou d'Alcohuacan, qui existait encore à l'arrivée des Espagnols.

Quelques années après l'établissement des Chichimèques, arrivèrent du nord six des Sept tribus, sorties de Chimoztoc (les Sept Grottes) et connues sous le nom de Nahiias ou NahuHtlacas, la septième restée en arrière n'arriva que vers H96 à Tula, c'était celle des Mexicains. Ces tribus furent plus tard connues sous les noms de : Xochimils, Ghalcas, Tepanecas, Tlahuicas, Colhuas, Tlaxcaltèques et Mexicains, qui prirent le nom des lieux qu'ils fondèrent, ou de ceux oîi ils s'établirent. Tous dans l'oi'igine étaient tributaires des Chichimèques. Plus tard, les Tlaxcaltèques fondèrent une république indépendante, et les Mexicains un empire plus vaste que celui des Chichimèques^ et le plus puissant que les Espagnols rencoatrèrent dans ce pays.

Les renseignements que l'on possède sur ces peuples s'accordent à dire ({ue les anciens Toltèques et les Sept tribus Nahuatlacas ou Nahuas avaient une même origine et parlaient la même langue, qui était le Mexicain, Nahuatl ou Aztèque, et celle-ci était en tout point distincte de celle des Chichimèques. Clavijero etVeytiasontles seuls, parmi les modernes, qui se soient sérieusement occupés de faire connaître l'histoire ancienne des JVIexicains ; leur opinion a été adoptée par ceux qui sont venus après eux, et ils ont propagé l'erreur

li CONGRÈS DES AMÉRICANISTES. 4

qu'ils commettaient en assimilant le Ghichimèque et le Mexicain ; le premier, faute de documents ; le second, par faute de critique. Les écrivains dont les ouvrages sont la source do l'histoire ancienne du Mexique, comme Torquemada, Ixtlilxochitl et Pomar, affirment que les Toltèques et les Ghichimèques parlaient une langue différente ; le premier dans sa Monarchie indienne, livre l"", chap. 19, dit que les Toltèques (jui habitent la vallée de Mexico ne comprenaient pas les Chichimèques, quand ils parlaient ; Ixtlilxochitl soutient, dans toutes ses relations que les Chichimèques et les T'^1tèques parlaient une langue différente {Hist. des Chichimèques, vol. xu, chap. 13, de la coUectionTernaux Gompans), jusqu'à ce que, sous l'empereur Techotlalla, l'idiome mexicain se fut répandu sur tout l'Empire ; Don Juan Bautista Pomar descendant, comme Ixtlilxochitl, des rois deTezcoco, dit, dans sa relation manuscrite, qu'en l'année 1582 il restait encore quelques traces de l'ancien idiome chichimèque, que personne ne pouvait comprendre.

D'ailleurs les Toltèques et les Nahuatlacas étaient des peuples civilisés, tandis que les Ghichimèques étaient restés pour ainsi dire à l'état sauvage. La religion, le gouvernement, la législation, les coutumes de ceux-ci dénotaient un peuple encore dans l'enfance, tandis que les institutions des autres se rapportaient à un peuple plus ancien et tout à fait différent. Tout tend à démontrer que les anciens peuples de l'Anahuac qui parlaient le Mexicain furent les Toltèques et les Nahuatlacas ; les Ghichimèques adoptèrent cette langue, ils parlaient auparavant un idiome différent, aujourd'hui inconnu, et dont il ne reste peut-être quelques traces que dans les montagnes où s'arrêtèrent les Ghichimèques en venant du Nord.

Aujourd'hui, le Mexicain se parle dans les Etats de Mexico, de Puebla, de Vera-Gruz, d'Oajaca, de Jalisco, de Guerrero, de Golima, de San-Luis, de Tabasco, de Michoacan, de Sinaloa. do Zacatecas, de Tehuantepec, de Tlaxcala et de Du-

rango, dépendants de la République mexicaine, quoique dans plusieurs de ces Etats il se parle aussi d'autres langues. La langue mexicaine se parle aussi sur certains points du Guatemala et du Nicaragua, ce qui s'accorde avec ce que nous avons dit des migrations des Toltèques vers le Sud.

Le mot Mexico, d'après l'opinion génér&lement reçue, dérive do Mexitli, Dieu de la Guerre ; et de Mexico vient le nom national do Mexicatl, c'est-à-dire Mexicain.

Nahoatl ou Nahuatl, d'après le dictionnaire de Molina, signifie : ce c/ui sonne bien, ce que l'on peut aussi traduire par : ce qui esf harmonieux. Le lieu d'où venaient lesNalmatleeas ou Nahuas, s'appelait, avons-nous dit, Aztlan ; les uns le placent dans le Nouveau-Mexique^ d'autres au nord du golfe de Californie, d'autres enfin jusqu'en Asie; de ce mot Aztlan vient le nom de peuple Aztecatl d'oii nous avons fait Aztèc/ue, nom que l'on attribue plus particulièrement aux Mexicains, quoi ({u'il convienne plus généralement aux sept tribus émigrées d'Aztlan ou de Ghicomoztoc.

Il existe un grand nombre d'ouvrages sur la langue mexicaine ; nous citerons seulement les suivants parmi les plus anciens :

Fr. Pedro de Gante : Doctrina, Amberes 1528. — Mexico

Fr. Domingo de la Anunciacion : Doctrina — Mexico 1545.

D. Gabriel Ay la : Apuntes histôricos de la Nacion mexicana, de 1243 à 1562.

Fr. Andres de Olmas .-Arte, Mexico 1555. Vocabulario.

Fr. Miguel Zarale : Opuscules Morales y Doctrinales. Los GoUoquios mexicanos del P. Gaona, corregidos. — Mexico,

R. P. Antonio del Rineon : Arte. — Mexico 1595. ; i-; ^ ,, Fr. Alomo de Molina : Ademas del diccionario de que hablé

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anteriormente, escribiô varias obras ca mexicario, y un Ai'te sobre este idioma. — Mexico 1591.

lUnio D. Fr. Franccsco Jimenez : Arte , Vocabulario y Gatecismos mexicanos.

Il est question de la langue mexicaine dans le Mithridates de Adelung et Vater (1).

Le Pipil, le Zacatnque, le Chinarra, le Concha ou Concho, VAhaalicco ou Aguahiico, VAcaxec, le Tôpia, le Jalisco, le Sahaiho, le Xixime et le Tebaca sont des dialectes dérivés du Mexicain.

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