‹ Compte-rendu de la seconde session, Luxembourg-1877 (volume 2)Chapitre 30 sur 117 · III. — Du Duel · texte numérisé non relu

III. — Du Duel

Il n'y a de duel que dans le Montagnais, l'Iroquois et à un très faible degré dans le Chacta.

Montagnais. — Les noms forment leur duel par la suffixation de -k'é ou par la préfixation de na-. Exemples : ttsa-k'é deux chapeaux, na-déné deux hommes. - •'

Voir infrà, pour le duel des pronoms personnels s'employant isolément et pour celui des pronoms-affixes.

Iroquois. — Les noms forment leur duel par la préfîxation de tek-, te-, et la suffixation de -A'c. Exemples : tek-asokwa-ke' deux paquets, te-kanonsa-ke deux maisons.

Voir infrà, pour le duel des pronoms isolés et pour celui des pronoms-affixes. '■

Chacta. Uh très-petit nombre de verbes ne s'emploient qu'au duel. Exemple : lihîaia-li ils courent tous deux, ittonachi-h ils vont là tous deux.

SEIZE LANGUES AMERICAINES. i67

IV> — Du double Pluriel de la première Personne.

Sept de nos langues possèdent à la première personne^ au lieu d'un pluriel indéfini; un pluriel dit inclusif et un pluriel dit exclusif.

• Cri. Le pluriel inclusif implique, dans la pensée de l'orateur, la réunion de la seconde personne à la première. Ex. : ki-mokkuman-i-now le couteau de toi et de moi, notre couteau; ki-pimut ta- no w ioi et moi marchons, nous marchons. Au contraire, le pluriel exclusif s'emploie quand celui qui parle entend réunir la troisième personne à la première, en excluant la seconde. Ex. : ni-mokkuman-i-nan le couteau de lui et de moi, le couteau d'eux et de moi, le couteau de nous; ni-pimutta-nan lui et moi marchons, eux et moi marchons, nous marchons.

Algonquin, Selon le missionnaire N. 0., le pluriel inclusif comprend soit la seconde et la première personne (nous = toi -|- moi) soit les trois personnes (nous = moi -|- toi -|- lui). Ex. : kit-awena-nan la sœur de toi et de moi ; ki-papi-min toi et moi rions. Quant au pluriel exclusif, sa signification est identique en Algonquin et en Grî : nind-awcma-nan la sœur de lui et de moi, d'eux et de moi; ni-papi-min lui et moi, eux et moi marchons.

Ghippeway. Comme dans les deux langues qui précèdent. Exemples : Inclusif — ki-tchiman-i-nan lo canot de nous, ki-pisinda-min nous écoutons.

Exclusif — uin-tcbiman-i-nan, nin-pisinda-min.

Guarani. Le P. Ruiz de Montoya constate purement et simplement que Oi'e exclut la personne à qui l'on parle tandis que hande inclut cette même personne.

Kiriri. Le P. Mamiani définit ainsi les deux pluriels « Le pluriel inclusif s'emploie quand la personne à qui l'on parle

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est incluse : ketznija toi et moi, nous. Au contraire le pluriel exclusif s'emploie quand cette même personne est exclue : hietzai)de lui et moi, nous.

Kechua. Il résulte des définitions données par M. de Tschudi « que l'orateur emploie l'inclusif quand il entend parler, en môme temps que de lui-même, ou de tous les hommes ou de toutes les personnes qui sont présentes ou de tous les membres d'une même famille ou de ceux qui concourent à une action; qu'il emploie au contraire l'exclusif quand il n'a en vue, outre lui-même, qu'un certain nombre des personnes (pii lui tenant de près par un lien quelconque prennent part en même temps que lui à une action et qu'il entend exclure les autres personnes présentes. Ainsi, dans une réunion composée de soldats et de bourgeois, un soldat qui voudra parler de lui-même et de ses camarades dira en se servant de l'exclusif : noca-vcn nous auca-cuuH soldats ! que s'il entend parler de toutes les personnes présentes, il dira à l'inclusif : noca-nchik nous cavi-cuna honnnes !

Chacta. La déllnition donnée par le Rév. Cyrus Byington se rapproche de celles de M. de Tschudi, « le pluriel exclusif ne comprend pas toutes les personnes présentes mais seulement un certain nombre d'entre elles. Le pluriel inclusif comprend toutes les personnes présentes ». Mais M. Brington lait remarquer que le double pluriel du Chacta est on réalité i(lcnti(pio à celui des autres langues « l'un excluant la seconde personne tandis que l'autre l'inclut et peut inclure en outre la troisième. » Ainsi, un Indien se servira de l'exclusif /jisÀwo s'il parle à des blancs et de l'inclusif bv-pishno s'il parle à des hommes de sa race.

Iroquois. Cette langue possède tout ensemble des formes

duelles et un double pluriel qui varie suivant le nombre delà

personne que l'orateur entend réunir à la première. Exemple :

Duel tsia-sita-kta aux pieds de vous deux, hia-sita-kta aux

pieds d'eux deux, kia-aila-kla aux pieds d'elles ou

d'eux deux; tsia-tkahtos vous voyez tous deux, hia-

^/ra/i/os ils voient tous deux, kia-tkahlos elles, ils voient

tous deux.

Incl. tm-sila-kta aux pieds de toi et de moi, lewa-sita-kta aux

pieds de vous et de moi ; lia-lkahtos toi et moi voyons,

tewa-tkahlos vous et moi voyons.

Excl. iakia-sita-kta aux pieds de lui et de moi, onkwa-sita-kta

aux pieds d'eux et de moi; iakia-tknhtos lui et moi

voyons, iakwa-tkahtos eux et moi voyons. ,,

Dakota. Cette lang-ue possède, à côté d'un pluriel indéfini : uij-kaska-pi « nous lions », un pluriel inclusil' : uij-kaska « toi et moi lions. » M. Riggs a cru voir dans cette dernière forme un véritable duel, mais par cela seul que les deux personnes réunies sont invarialement la personne qui parle et celle à qui l'on parle, il est visible que up-kaska est un inclusif au même titre que tia-tkahlos et ki-pinmtta-no\v.

Montagnais, hidatsa, nahuatl, quiche, maya, caraïbe, chib- CHA. Il n'y a de double pluriel dans aucune de ces langues.

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