IX. — Du Pronom indéfini et de l'Impersonnel
Le Montagnais, l'Iroquois et le Nahuatl possèdent un ou plusieurs pronoms indéfinis se préfixant aux noms, dans une relation subordonnée.
Le verbe se conjugue à l'impersonnel dans ces trois langues et aussi en Grî et en Ghippeway.
Montagnais. Le thème nominal déiié «homme» se préfixe aux noms, dans une relation subordonnée, en quahté de pronom indéfini répondant à notre « quelqu'un » : déné-thi la tête de quelqu'un, déné-t'a le père de quelqu'un.
Le même thème forme l'impersonnel des verbes qui se conjuguent à l'aide des pronoms de la première série : déiiéslini on est mauvais.
L'impersonnel des autres verbes s'exprime en préfixant au thème, suivant les conjugaisons et les temps, les particules tsé, se. zé, é-dhé, tsu, a-on, a-j^-on, a-un etc. : tsé-tsap on pleure, e-dhé-tsap on pleurait, zé-tsap on pleura, tsii-tsap on va pleurer. .^
Iroquois. Le pronom indéfini subordonné et l'impersonnel coordonné s'expriment en préfixant : 1° ako, akawe ou akao aux thèmes nominaux ; 2° iako, iakawe ou iakao aux thèmes verbaux intransitifs et aux thèmes verbaux transitifs mais seulement au temps passé ; 3° ion, i'e, ake ou ako aux thèmes nominaux affectés d'une postposition ; 4° ion, ie, ake, ou iakao aux thèmes verbaux transitifs, mais seulement au présent, au futur et à l'aoriste. Exemples : ako-sita le pied de quelqu'un, iako-tkahton on a vu, ion-sita-kta aux pieds de quelqu'un, ion-tkahtos on voit, etc. • ■ ' *"
Nahuatl. La particule te « quelqu'un » se préfixe aux noms ainsi qu'aux noms verbaux, et s'incorpore aux verbes, en qualité de pronom indéfini et dans une relation subordonnée : te-tlaxcal le pain de quelqu'un, te-tlaçotla-lizlli l'amour que
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l'on a pour quelqu'un, ni-te-piltzin je suis lelils de quelqu'un, ni-te-tlnçoflR j'aime quelqu'un. La particule tla « quelque chose » se préfixe aux noms verbaux et s'incorpore aux verbes transitifs, en la même qualité et dans la même relation : tkneltoquiliztli la croyance, tla-teconi coupoir, ni-tlR-thçotla j'aime quelque chose.
On forme l'impersonnel en préfixant les particules ne, te, Un aux thèmes verbaux passifs : iie-tlaçotla-Jo on s'aime, te-tlaçotla-lo on aime, tla-pin-lo on garde,
Grî. L'impersonnel s'exprime en suffixant aux verbes, suivant les conjugaisons, l'une des particules iwiw ou iwau, Iw, kanhviw ou kaniwan, aniwiw, awin. Exemples : pimipaUaniwiw ou pimipattan-hvan on court, pasikon- aniwiw on se lève, ni-miweyim-ik- awin on m'estime, etc.
Cet impersonnel forme un pluriel en -a : pimipattan-iwiw-a on court en grand nombre.
Chippeway. On forme fimpersonnel en suffixant -m à la troisième personne ou en affectant d'un accent la voyelle ultième : ikit-o-m on dit, inendàm on pense.
Algonquin. Le missionnaire N. 0. n'a point indiqué l'impersonnel.