XVI. — Du verbe absolu
Parmi nos seize langues, il en est quinze dans lesquelles l'action verbale transitive peut être exprimée abstraitement, c'est-à-dire sans indication d'aucun objet sur lequel s'exerce l'action.
l*" Langues dans lesquelles le verbe absolu se distingue morphologiquement du verbe transitif :
Algonquin. — Le verbe absolu se forme par la sufiixation de djike. Ex.: Verbe transitif animé : ni-saki-h-a je l'aime ; verbe transitif inanimé — ni-saki-t-on je l'aime ; — verbe absolu : ni-saki-djike yaime.
Ghippeway. — Même formation. Ex. nin-waha-m-a je le vois, jiin-waha-n-d-an je le vois, nin-waha-n-djigc je vois.
Grî. — Le verbe absolu se présente sous la forme animée et sous la forme inanimée. Ex.: ni-saki-h-a-w ]& l'aime, nisaki-h-iw-an j'aime ; ni-saki-lt-an je l'aime, ni-saki-tchik-an j'aime.
Dakota. — Le verbe devient absolu par la préfixation de
wa « quelque chose ». Ex.: manoij dérober , ^ya-manor)
dérober ; taspai^tai^ka nia-wa-noi) une pomme je dérobe, wa-ma-\va-nop je dérobe quelque chose, je dérobe.
Nahuatl. — Le verbe absolu se forme par l'incorporation de te « quelqu'un » suivi de thi « quelque chose ». Exemples : ni-te-cuilia je prends quelqu'un, ni-tla-cuilia je prends quelque chose, ni-te-tla-cuilia je prends quelque chose à quelqu'un, je prends.
Guarani, — Le verbu absolu se forme par la préfixation de
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po-ro au Ihôme verbal. Ex.: a-yuca ie Ine..., a-poro-yuca je tue ; n-nihoé j'enseii^ne , a-po-ro-mhoé ^'en^ex^WQ.
QuiCHÉ. — Le verbe absolu se forme par un double procédé consistant : 1° à dériver le thème par ou, ouic, uvic, o, onic, s'il est monosyllabique; par 7i,«i(' s'il estpolysyllabique ; 2" à conjuguer le thème ainsi dérivé à l'aide des pronoms de la seconde série : Ex.: />/?/i faire...., 7;c'?/i-o?/;M?/A' enterrer...., nmk-uvic ; tel eniendve...., tn-o, In-oiiic; tzib-n-h écrire...., Izih-n-n, tzih-a-nir; ca-nu loff-o-h j'aime...., qn-i lo/j-o-ii j'aime.
Maya. — Même formation. Ex.: In-cambez-a-h yens(A~ crnai...., camhez-n-h-n-en j'enseignai.
Mo.\TAG.\Ais. — Le verbe transitif étant caractérisé par la particule 1, le verbe pris dans sa signification absolue se confond avec le verbe intransitif.
2°Iroqdois, Hidatsa, Caraïbe, Guibcha, Kechua, KmiRi. — Le verbe transitif s'emploie absolument sans niodiiication aucune. . '
3" GuACTA. — 11 paraît résulter des trop rares exemples donnés par le Rév. Cyrus Byington ([ue l'action verljale ne s'exprime ]»oint ahsohiincnf.
XVIL — Du verbe réfléchi.
La réflexion de l'action s'indique de six manières différentes :
L' On forme le verbe réfléchi comme le verbe i)ronominaI.
Nahuatl. — Les pronoms de la seconde série se substi-
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tueut à ceux de la troisième. Kx.: ni-nu-chiccUifi je m'eilorcu, li-mo-chicaua tu t'elïorces, ino-chicnnn il s'etïbree.
Caraïbe. — Ex. avamcta-couR-n-i-cni-lina je me cache, arameta-coim-b-i-en-ti-houin te caches.
2° On préfixe certaines particules.
Iroquois. — Ex.: ka-tkahtos ]Q vois, k-atat-a-tkahlos je me vois ; ke-nonwcs ]inmQj k-atat-e-nonwes je m'aime.
Chacta. — Ex.: takchi-li-h je lie, illo-lakchi-Ii-h je me He ; ish-takchi-h tu lies, ish-ille-takchi-h tu te lies.
GuAHANi. — Ex.: fl-j7/cajetue, a-ye-yiicajeviXG lue; a-mhoaha je fais homme, a-ùe-mboaha je me fais homme.
3" On emploie des pronoms indiquant la rétlexion. -
MoNTAGNAis. — On préfixe, en qualité de pronom subordonné, edé, éd. Ex.: od-e-s-na je me fais vivre, ed-e-s-tsi je me fais. ' ' ' ■ - ' .'■
Dakota. ^ On préfixe ou l'on infixé les pronoms réfléchis mici, nici, ici, etc. Ex. waste-daka aimer, wasfe-mici-daka je m'aime. - . . ~ ^
HiDATSA. — On préfixe ou l'on infixe les pronoms réfléchis micki, dicki, icki, etc. ^ ■
I KiRUii. — On postpose au verbe le pronom réfléchi préfixé à une postposition. Ex.: pa-cri di-naho il s'est tué luimême.
4° Transformation du thème transitif en un thème intransitif. . „ , ,-
Chibcha. — On substitue au thème transitif caractérisé par 'a préllxation de h, ni, le thème intransilif correspondant.
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Ex.: zilus HchucjJZci-c zc-gu « mui-uièine je me suis (ait mal » au lieu de zitas achuenza-c ze-h-ga. Quand le thème est simple, on en modifie la partie antérieure. Ex.: z-guiiy j'ai frappé, z-uity je me suis frappé.
5° Postposition d'une locution pronominale.
QuicHK. — On postpose au verbe transitif'une locution pronominale formée des pronoms de la première série et du thème nominal ih « corps, personne ». Ex.: ca-mi logoh w-ih j'aime la personne de moi, je m'aime ; c-a logoh aw-ih tu t'aimes toi-même. , , ■ .,., ..,.
Maya. — Comme en Quiche, avec in-ha, a-ba, etc.
6° Particules sufiixées au thème verbal.
Ciù. — On suftixe au thème de la forme transitive animée la particule is-iiii ou simplement la désinence intransitive -1112. Ex.: ni-sakih-awie V aime, ni-sakih-Js- un ou ni- sakih-un je m'aime.
Algonquin. — Gomme en Grî, avec itis, is. Ex.: ni-sakihitis ]Q m'aime, ni-cingenind-is ]e me hais.
Chippeway. — Comme en Algonquin. , ,.
Kechua. — On dérive le thème verbal par -eu. Ex.: nmyUa laver, maylla-cu se laver ; f,aca lrapi)er incn-cu se frapper.