XIX. — Du Verbe passif
On exprime la passivité: 1° en préfixant à la troisième personne du pluriel, des pronoms subordonnés ; 2° en préfixant à l'impersonnel, des pronoms subordonnés ; 8° en mettant le verbe pronominal à l'impersonnel ; i" en suffixant la voyelle o aux verbes pronominaux 3-1 et 3-2 ; 5" en postposant au participe passé le verbe substantif ; 6" en postposant un pronom au participe passé passif; 7° en dérivant le thème verbal soit par des préfixes, soit par des suffixes ; 8° en modifiant le thème verbal de diverses manières.
1° Dakota. — On préfixe les pronoms de la première série à la troisième personne du pluriel. Exemples : ma-kaska-pi ils me lient, je suis lié ; ni-kaska-pi ils te lient, tu es lié.
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HiDATSA. — Même procédé. Exemple: /«/-^/vort ils me cachent, je suis caché.
2" MoNTAGNAis. — On pi'élixe à l'impersonnel du passé les pronoms de la première série. Exemples: sé-ze-I-hi on m'a méprisé, je suis méprisé ; né-ze-l-hi tu es méprisé, hé-ze- 1-hi il est méprisé. ,
S'* Iroquois. — L'impersonnel du verbe pronominal tient lieu de passif. Exemple: iou-ka-tkahtos on me voit, je suis vu ; ie-sn-tkahtos on te voit, tu es vu.
Remarque. — Un certain nombre de verbes forment un passif en prélixant la particule at. Exemples: ke-rihontha j'autorise, k-af-e-rihontha je suis autorisé; ke-nekwahestha je baptise, k-at-e-nekwahestha.
Grî. — On meta l'impersonnel les verbes pronominaux 3-1, 3-2. K\GVi\\i\G?> ni-miweyini-ik-awin on m'estime, je suis estimé, ki-nnwoyini-ik-nwin on t'estime, tu es estimé.
4" Ghippeway. — On suftîxe la voyelle o à la troisième personne des verbes pronominaux 3-1, 3-2. Exemples: ninwaha-m-ig-o je suis vu, ki-waha-m-iff-o tu es vu.
Algonquin. — Même procédé. Exemples: ni-saki-h-ig-o je suis aimé, ki-saki-h-ig-o tu es aimé.
h" Kechua. — On postpose le verbe substantif au participe passé affecté de l'indice du mode indicatif. Exemples: apa- >i(-a porté, apa-sca-m ca-n-y je suis porté.
La passivité s'exprime aussi en postposant le verbe tiicu « devenir » au verbe transitif mis à l'inlinitif. Exemple : apay tncu-n-y je suis porté. • ; . .i ■
6° Guarani. — On postpose les pronoms de la première série au participe passé passif. Exemples : y-mboé-pira l'enseigné, y-mboé-pira che l'enseigné moi, je suis enseigné. j
59 SEIZE LANGUES AMKKICAINES.
7" Ghibcha. — On préfixe les pronoms de la seconde série au thème verbal dérivé par le préfixe n. Exemples : ze-hquy-sciiaje fais, cha-n-quy-scu;i je suis fait.
Remarque. — Le thème verbal perd le préfixe transitif/».
Nahuatl. — On dérive le thème verbal par les suffixes lo, 0. Exemples : ka, manger, ni-ka-lo je suis mangé ; maca donner, mae-o être donné ; ni-tc-ana je saisis quelqu'un, nana-lo ou n-an-o je suis saisi.
QuiGHÉ. — Les verbes monosyllabiques forment leur passif en conjuguant à l'aide des pronoms de la seconde série le thème verbal dérivé par a-l-ah, i-t-ah, u-t-ah. Exemples: hak-a-t-ali être percé, il-i-t-ah être vu, muk-u-t-ah être enterré.
Les verbes polysyllabiques forment leur passif en conjuguant à l'aide des pronoms de la même série le thème verbal dérivé : 1° par le suffixe a-; 2° par le suffixe t-ah. Exemples : qu-in log-o-x}Q suis aimé, bakab-a-x être percé souvent ; logot-ah être aimé.
Maya. — On suffixe au thème verbal les particules bal, bel, bil, bol, bul. Exemples : kat interroger, kat-bal être interrogé ; lil secouer lil-bil être secoué.
Quelques verbes forment leur passif en ben. Exemples : tzic obéir, tzic-ben ou tzic-bil ou tzie-il.
Caraïbe. — On suffixe le passé et le futur du second auxiliaire au thème dérivé par ua, oua. Exemples: aramet-ouaatina, avamet-oim-ti-na ]Q suis caché; aramet-oua-batina je serai caché.
8° Chacta. — Il résulte des indications sommaires fournies par le Rév, Gyrus Byington :
1° Qu'au cas oii l'action produit dans son objet un changement quelconque, le passif se forme par des modifications thématiques échappant à toute systématisation. Exemples :
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takchiliev, t-vll-nkchi otre lié; huk mi hrùler, h-ol-ukmi èire brûlé, bashli creuser, baslm.
2° Que les thèmes ainsi modifiés se conjuguent à l'aide des pronoms de la seconde série. Exemples: sa-tvUnkchi ]& suis lié, chi-tvUakchi tu es lié.
3° Qu'au cas où l'action ne produit aucun changement dans son objet, les conjugaisons pronominales 3-1 et 3-2 tiennent lieu de passif. Exemples : sa-pisa-h il me voit, je suis vu.
4" Que néanmoins certains verbes passifs se conjuguent à l'aide des pronoms de la première série. Exemple holitopa être honoré, holitopa-li-b ]& suis honoré.
Kmmi. — Cette langue diffère fondamentalement des quinze autres en ce que les thèmes verbaux y sont ou exclusivement passifs ou exclusivement non-passifs.
Les thèmes exclusivement passifs ne sont point susceptibles d'être employés activement. Ainsi pa signifie « être tué » et jamais « tuer », de telle sorte que pour rendre cette proposition « son ennemi l'a tué » il faut dire pa-cri (pour i-panri) no du-niara il a été tué par son ennemi.
Les verbes exclusivement non-passifs, qu'ils soient transitifs comme colo « dérober » ou intransitifs comme bï « courir » ne sont point susceptibles d'être employés passivement. Telle est du moins la règle générale.
" ^ XX. — Des Temps des Verbes.
Dakota. — Deux temps: 1" un présent-passé dépourvu d'indice et un futur formé \)av la postposition du thème verbal kta, klo. Exemples : wa-kaska j^e lie, je liai, wa-kaske kta je lierai. ^ " • , "^ '
HiDATSA. — Deux temps : 1° un présent passé dépourvu d'indice ; 2° un futur formé, au singulier, par la suffixation de miy di, au pluriel par celle de jni-ha, di-ba. Exemples:
ma-k ides i y aime, j'aimai, nous aimons, nous aimâmes ; mnkidesi-nii y aimersii, da-kidesi-di iu aimeras, kidesi il aimera, ma-kidesi-mi-hn nous aimerons, da-kidesi-di-ha vous aimerez.
Remarque. — Le pluriel ne se distingue du singulier qu'au futur.
Guarani. — Deux temps : 1" un présent-passé dépourvu d'indice ; 2° un futur formé par la suffixation de ne. Exemples : a-ji/r'fl Je tue, tuais, tuai, ai tué ; a-yuca-ne ]Q tuerai.
Kechua. — Trois temps : un présent dont l'indice est ii. Exemple : apa-n-y je porte ; 2° un futur formé irrégulièrement : singulier apa-sak, apa-n-ki, apa-nca ; pluriel apa-su-nchik, apa-sak-cu, apa-nki-chik, apa-nca-cu; 3" un passé formé à l'aide de l'indice /' et du présent du verbe substantif: apa-rca-n-y yai porté.
Maya. — Trois temps : l^un présent formé par la postposition de in-cah, a-cah, etc., ou par la suffixation de jc. Exemples: nacal in-eah je monte, in-cambez-ic ou t-en cambez-ic on cambez-ah in-cah j'enseigne; 2° un passé caractérisé par le suffixe iou In^ mais seulement à la troisième personne du singulier. Exemples : nac-en^Q montai, nac-eeb tu montas, nac-i il monta ; 3° un futur caractérisé par la préposition de bin au thème verbal suftixé de ac ou au thème nu ou au thème suffixe soit de ib soit de é. Exemples: bin nae-ac-en je monterai, bin in-cambez j'enseignerai, bin in-tzie-ib ou bin intzic-é j'écrirai.
Ghibcha. — Quatre temps : 1° un présent-imparfait dont l'indice est scua ou suça. Exemples: z-b-quy-scua je fais, faisais; z-(7HiÏ7-SMca je frappe, frappais; 2° un présent caractérisé par la suffixation de mica au précédent : z-guity-sucanuca je frappe actuellement ; 3° un futur dont l'indice est nga on nynga: z-b-quy-nga ÎQ ferai, z-gui^^-w/Tj^a je frapperai; 4" un passé tantôt dépourvu de tout indice, tantôt formé par la
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suffixation de quy ou de o. Exemples : z-b-quyi'aX fait, z-guity j'ai frappé, z-gii-quy i'ax dit, z-mnypcim-o ï'q.x entendu.
Caraïbe. — Cinq temps : 1" un présent dont l'indice est em, on; 2° un passé dont l'indice est a, hn\ 3° un futur dont l'indice est ha\ 4° un imparfait formé par la suffixation de boucu au présent; 5" un plus-que-parf;iit formé par la suffixation du raème houca a.\x passé. Exemples: n-i-em je fais, w-j-flj'ai fait, n-ou-ha je ferai, on-ti-na je suis, ha-ti-na j'ai été, ba-ti-im je serai, n-aramcto-i-eni je cache, arameta- ha-ti-na j'ai caché, n-aramet-oii-ba je cacherai, n-arameto-i-em-houca j e cachais, arameta-ha-ti-na-bouca j'avais caché.
Nahuatl. — Cinq temps : 1° un présent dépourvu d'indice ; 2" un passé caractérisé par l'augmont o et en même temj)s, suivant les cas, par l'un des suffixes x, c; 3° un futur dont l'indice est z; 4" un imparfait formé parla suffixation de y a, a, au présent; 5" un plus-que-parfait formé par la suffixation de ca au passé. Exemples : ni-tlapia je garde, ni-nenii je vis, ni-tlatani je gagne, ni-tlatoa je parle, ni-tleco je monte. Passé, o-ni-tla-pi-x, o-ni-tlatan, o-ni-tleco-c. Futur, ni-tlapia-z. Imparfait, ni-tlapia-ya, ni-nemi-a. Plus-que-parfait, o-ni-
Oa-pi-x-ca.
KmiRi. — Cinq temps : 1° un présent dépourvu d'indice; 2" un imparfait formé du présent par la préposition de l'adverbe doro ou par la postposition de l'adverbe c?Of 0/20 ; 3'' un passé dont l'indice est cri ; 4° un plus-que-parfait formé du passé par la préposition de doro ou par la postposition de docoho ; 5° un futur dont l'indice est di.
Exemples : hi-coto je dérobe, doro hi-coto ou hi-coto docoho je dérobais, hi-coto-cri j'ai dérobé, doro hi-coto-cri ou hi-cotocri docoho j'avais dérobé, hi-coto-di je déroberai.
QuiCHÉ. — Six temps : 1° un présent dont l'indice est ca, 2° un passé dont l'indice est xi, x ; 3° un aoriste caractérisé par le suffixe -m ; \° un plus-que-parfait dont l'indice est chic,
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5° un futur dont l'indice est chi, 6° un futur prochain dont l'indice est x-chi.
Exemples : ca-nu logoli j'aime, xi-nu logoh j'ai aimé, nulogo-m j'aimai, nu- logo m-c hic j'avais aimé, rh-in logoh j'aimerai, x-ch-in logoh je vais aimer.
Cri. — Six temps : 1" un présent dépourvu d'indice ; 2° un imparfait dont l'indice est tlay ; 3° un passé dont l'iudi-ce est ki; ¥ un plus-que parfait formé par la préflxation de ce même ki à l'imparfait; 5° un futur dont l'indice est ka; 6" un futur passé formé par la réunion des indices ka et ki.
Exemples : ni-pimipattan je cours, ni-pimipatta-ttayj^e courais, ni-ki-pimipattan j'ai couru, ni-ki-pimipatta-ttay j'avais couru, ni-ka-pimipattan je courrRi, ni-ka-ki-piniipattan j'aurai couru.
Chippeway. — Six temps comme en Grî. Exemples : nindikit je dis, nind-ikitom-ban je disais, nin-gi-ikit j'ai dit, nin-gi-ikitom-han j'avais dit, nin-gad-ikit je dirai; nin-gagi-ikit i'aMVQx dit.
Algonquin. — Six temps comme en Chippeway. Exemples : ni-sakihaje l'aime, ni-gi-sakiha-ban je V aimais, nin-gi-sakiha je l'ai aimé, nin-gi-sakiha-ban je l'avais aimé, nin-ga-sakiha je l'aimerai, nin-ga-ki-sakiha je l'aurai aimé.
MoNTAGNAis. Sept tomps : 1° uu pi'éseut dépourvu d'iudice; 2» un imparfait dont l'indice est sh ; 3° un passé dont l'indice est p- -i" un éventuel ou futur prochain dont l'indice est wa ; 5° un plus- que-parfait formé du passé par la suffixation de ni; 6° un futur formé du présent par la suffixation de walli] 7° un futur passé formé du passé par la suffixation de ce même walli.
Exemples : e-s-tsap je pleure, {e)-sh-i-tsap je pleurais, (e)-p-i-tsap je pleurai, {e)-wa~s-tsap je vais pleurer, (e)-
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p-i-tsap-ni yRvais pleuré, e-s-tsap-wallî ie pleurerai, {e)-pi-tsap-walli j'aurai pleuré.
Iroquois. — Sept temps : 1° un présent dont l'indice est s ; 2° un imparfait formé du précédent par la suffixation de kwe, 3° un passé dont l'indice est hon ; 4° un plus-que-parfait formé du précédent par la suffixation de ne ; 5° un futur caractérisé par l'augment en et par le suffixe ne ; 6" un aoriste dont l'indice est no ; 1" un futur passé caractérisé par l'augment en et par le suffixe Jion.
Exemples: ke-nonwo- s y Rime, ke-nonwe-s-kwe j'aimais, wake-nonwe-hon j'ai aimé, wake-nonwe-hon-ne ^ Rvaxs, aimé, en-ke-nonwe-ne j'aimerai, wake-nonwe-ne j'aimai, enwake-nonwc-hon ysLurai Rimé.
Ghacta. — Neuf temps : 1° un présent dépourvu d'indice ; 2« un passé-prochain dont l'indice est tuk, 3° un passé-distant dont l'indice est tok ; 4*> un plus-que-parfait formé par la réunion des indices qui précèdent; 5° un futur-prochain dont l'indice est clup; 6o un futur-distant dont l'indice estheou hi; 7® un futur indéfini dont l'indice est ashkoh; 8" un passé-futur formé par la réunion des indices tuk et chip, tuk et he, tuk et ashkeh ; 9° un futur-passé formé par la réunion des mêmes indices dans un ordre inverse.
Exemples : takchi-li-h je lie, takchi-li-tuk je viens de lier, takrhi-li-tok y Ri lié, takchi-li-tuk-a-tok y rv Ris lié, takchi-li-chip je vais lier, takchi-li-he je lierai plus tard, takchi-li-asbkeh je lierai, takchi-li-tuk-a-chip etc. j'avais à lier, takcbi-li-chip-tuk etc. j'aurai lié.
(Voir le tableau ci-contre.) ; .''