‹ Compte-rendu de la seconde session, Luxembourg-1877 (volume 2)Chapitre 55 sur 117 · XXI. — De l'Adjectif · texte numérisé non relu

XXI. — De l'Adjectif

Quand un adjectif est l'attribut d'une proposition ayant pour sujet soit un pronom personnel soit un nom (je suis

tsElZE LANGUES AMEHiGAlNES.

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226 CONGRÈS DES américanistes. 66

bon, l'homme est bon) il se confond avec le verbe intransitif, dans la plupart des langues soumises à mon examen. Quand il qualifie un nom sans former avec lui une proposition (l'homme bon), la même confusion n'existe plus que dans quelques-unes de ces langues.

1" Langues dans lesquelles l'adjectif se confond absolument avec le verbe : ;

Grî. — Tous'Jes adjectifs sont de véritables verbes se conjuguant, à l'animé comme les verbes intransitifs en -un, -on, -in, et à l'inanimé comme les verbes unipersonnels. Exemples : Anim. S. 1. ni-miyos-in je suis beau, 2 ki-miyos-in fi miyos-hv ; P. 1. ni-miyos-i-nan, ki-miyos-i-now, 2ki-niiyosin-a-wnw, S miyos-iw-ok. Inanim. S. miwns-in il est beau, c'est beau, F.miwas-in-w-a.

L'adjectif qui qualifie un nom sans former avec lui une proposition se met au mode participe et se prépose. Exemples : meyos-it ayisiyiniw lui qui est beau homme, le bel homme ; mewas-iki waskahigan-a elles qui sont belles maisons, les belles maisons.

Chippeway. — La plupart des adjectifs se conjugent et se mettent au mode participe, comme en Grî. Exemples : ninwabislik-is, je suis blanc , nin-agodj-in je suis suspendu , wahishk-a c'est blanc, onijish-in c'est utile , song-an c'est fort, sanag-ad c'est difficile ; akos-i il est malade, aiakos-id inini lui qui est malade homme, l'homme malade.

Un petit nombre d'adjectifs ont conquis leur autonomie : mino inini un bon hommC; mino aki un bon sol, gelé anis- Iiinah-eg les anciens indiens, geti- kitigan-an d'anciens champs.

Algonquin. — Ce dialecte possède comme le précédent, à côté de nombreux adjectifs qui se confondent avec le verbe dans tous les cas, quelques adjectifs autonomes lois que mino bon, y>;;^^7 méchant, A-y/r; grand, etc. ...

luoQuois. — Cette langue possède, elle aussi, un petit nombre d'adjectifs autonomes dont les uns se postposent, tandis que les autres se suflixent. Exemples : Sarot kowa la grande Charlotte, kahonre kowa le grand fusil, kanatarok onwe du pain véritable , Sosawetes kenha défunt Sosawetes ; kanons-ase maison neuve, kanons-akaion maison vieille.

Aux adjectifs suffixes, il convient d'ajouter un petit nombre de particules à l'aide desquelles on exprime plusieurs qualités des choses. Exemples : kanons-iio maison belle , kawenn-aksen parole mauvaise, kanakar-es perche longue, etc.

Mais la généralité des adjectifs consistent en de véritables verbes intransitifs dont j'emprunte quelques spécimens au dictionnaire français-onontagué, traduit par M. Shea : k-lagwachi je suis beau, ch-tagwacbi, ha-lagwachi ; hag-nonchté je suis chiche, hak-nigonriosek je suis content; gue-ycnnio je suis habile, etc. ■ , . . ' ■ ■'

MoNTAGNAis. — Sclou le P. Pctitot, les adjectifs seraient formés de thèmes nominaux monosyllabiques et des particules na, ]ié, ni, no, nu, nœ, dal, del, dil, diil, lesquelles signifieraient « ce qui est comme, ce qui est semblable à »• Exemples : del-kay blanc = del ce qui est comme -\- kay, k'a lièvre polaire, dcl-zen noir ■= del ce qui est comme -|- dzen rat musqué, etc.

Quoiqu'il en soit, toujours est-il que les adjectifs sont de véritables verbes se conjuguant à l'aide de pronoms infixés. Exemples: n-e-s-sun je suis bon, n-i-n-zun tu es bon, n-é-zmi il est bon, da-ni-zun nous sommes bons, etc. ; de-s-gay je suis blanc, d-i-n-l-gayiu es blanc, d-el-gay il est blanc, etc.

Le verbe adjectif mis à la troisième personne, se postpose au nom qualifié : ttsékwi nézun femme bonne, Usa nézun chapeau bon.

CAr.AÏBEi — Lu plui)iii 1 des adjectifs ne sont autre chose

228 CONGUÈS DKS amÉricanistes. C8

que des verbes dénoininatifs ou des verbes possessifs à la troisième personne en -ti et en -ton. Exemples : anek maladie, anek-e-ti il est malade, anek-e-tou elle est malade ; anichico ni sagesse, k-anichico-ti il est sage; iropon-ti il est bon, iroupa-tou elle est belle ; ivocou dedans , l'intérieur, k-irogou-li il est creux. L'adjectif se prépose au nom qualitié.

Nahuatl, Dakota, HmATSA. — Les adjectifs et les verbes intransitifs se conjuguent sans prendre de pronom à la troisième personne ; la confusion entre les deux parties du discours est non moins absolue que dans les six langues qui précèdent.

2" Langues dans lesquelles l'adjectif se conjugue, mais où il cesse de se confondre avec le verbe, lorsqu'il est employé connne simple qualificatif.

GuAnAxi. — L'adjectif se conjugue comme la plupart des verbes intransitifs, c'est-à-dire à l'aide des pronoms de la première série. Exemple : cho-nmrangatu je suis bon, ndemarangatu tu es bon, etc. Il se postpose au nom qualifié. Exemple : abaré maranrfatu le prêtre bon.

Chacta. — L'adjectif se conjugue connue la plupart des verbes intransitifs. Exemples : sa-kvllo-h je suis fort, chiabeka-li tu es malade, aelmkma-y-vt niinti-h un homme bon vient. ...

Romarque. — Le pronom-article di.slinctif passe du nom qualilié à l'adjectif qualificatif.

Kmmi. — L'adjectif se conjugue comme le verbe. Exemples : hi-cronô je suis nu, i-cohé il est puant, dzii-keilcné je suis diligent, a-pretoré tu es menteur. .,•.-.,

Il se postpose au nom (pialifié, sous cette réserve qu'il y a dans cette langue douze particules, lesquelles se préfixent habituellement aux adjectifs de nombre {bihé un, yo beaucoup), de mesure {pi petit, ye grand, mu court, clii long, lu

épais, to rond, etc.), de couleur {eu blanc, cotzo noir, hè rouge, érà vert, etc.), ^ainsi qu'à cra « sec » et tza « dur », suivant la nature des objets auxquels s'applique la qualification. S'il s'agit, par exemple, d'une montagne, d'un plat, d'un banc, — les adjectifs en question deviennent hé-biJié, bà-yo, bé-pi, bé-ye, etc. Ces mêmes adjectifs deviennent : bu-bihé bu-yo, bu-pi, bu-ye, s'il s'agit d'une maison^ d'une flèche, d'un vase ou d'un être vivant autre qu'un oiseau ; — ■ cro-biJié, cro-pi, cro-ye, s'il s'agit d'un oiseau, d'une pierre, d'une étoile; — cru-bibé, cru-pi, cru-ye, s'il s'agit 'de liquides; — epru-bibé, épru-pi, épru-ye, s'il s'agit d'un paquet ou d'une grappe; — be-bihé, he-pi, he-ye, s'il s'agit de bois ou d'objets en bois, etc.

3° Langues dans lesquelles l'adjectif ne se confond point avec le verbe.

Kechua. — L'adjectif ne se conjugue point, encore bien qu'il prenne l'indice du mode indicatif lorsqu'il est attributdans une proposition. Exemples : huasi-y hatun-mi la maison de moi (est) grande, alli-m ca-n-ki bon tu es.

Il se prépose au nom qualifié. Exemple : alli runa bon homme.

Remarque. — Les verbes comme lalctan-a-n-y ^e mets à nu {Uactan wn), hut'u-n-y \e broyé menu (îiut'u menu) n'ont rien de commun avec l'adjectif- verbe des langues de la première classe.

QuicHÉ. — L'adjectif est absolument distinct du verbe; en effet; sa prétendue conjugaison consiste à lui préposer les pronoms de la seconde série et à indiquer le temps par de simples adverbes. Exemples : in utz moi bon, in ulz oher moi bon autrefois — au lieu de qn-in utz, x-in utz.

L'adjectif se prépose au nom qualifié : Exemples : nini nguh ton grand bras, utz a-vach ton bon visage.

Maya. — Gomme en Quiche.

i280 CONGRÈS DES AMERIGAIXISTES. 70

Ghibcha. — L'adjectif ne se conjugue point, et il se postpose au nom qualifié.

' / ' XXII. — De la déclinaison des Noms.

Seul, parmi nos seize langues, le Kechua possède une déclinaison, laquelle comprend huit cas.

Uma lèie .,;•.•. ;,i*-U'' Yêihuar sang

.-, , yahuar .,,. yahuar-ta

yahuar -pi ,. , yahuar-pak

yahuar-man yahuar-manta yahuar-pi yahuar- huan

Nominatif

uma

Accusatif

uma- c ta

Génitif

uma-p

Datif

uma-pak

Illatif

mna~man

Ablatif

iima-manta

Inessif

uma- pi

Inslr-Gomilsiliî uma- Jiu an

Au pluriel, les indices casuels se suflixent au thème dérivé par cuna, indice de pluralité. Exemples : uma-cuna, uma-cunactn, uma-runa-p, iima-runa-pak, etc.

1 1. — Du Nominatif.

Ghacta. — Le nom-sujet est généralement affecté d'un article-pronom indiquant la relation du nominatif par opposition à celle de l'accusatif. Exemples: liatak-vt minlih riionnne vient, Iiatak-oshminti-h un homme vient.

Dans les quatorze autres langueS; la relation nominative est indiquée par la place que le nom occupe dans la proposition. Tantôt, comme en Dakota, le nom-sujet précède immédiatement le nom régi et le verbe. Exemples : Dawid Sophia waàtediika David aime Sophie.

Tantôt, comme en lùnmi, ce même nom suit immédiatement le verbe. Exemples : pa-cri cradzo hi-nhua été tuée une vache à moi. ........ .

71 SEIZE LANGUES AMÉHICAIIVES. • 231

Tantôt, comme en Montagnais et en Crî, ce nom peut se placer, soit devant le nom régi, soit devant ou après le verbe. Exemples : Mont. Pier bés sé-ranihan Pierre couteau m'a donné, bés sé-ranihan Pier couteau m'a donné Pierre. Crî, Pier sakiliew ot-ema Pierre aime son cheval, Pior ot-enia sakihew Pierre son cheval aime, ol-ema sakihaw Pier son cheval aime Pierre.

§ II. — Do l'Accusatif

Ghaota. — Le nom régi directement est d'ordinaire affecté d'un article-pronom indiquant la relation de l'accusatif par opposition à celle du nominatif. Exenxples : Iiatak-aj) pisa-h il voit l'homme, hatak-op pisa-hi\ voit un homme.

KiRiRi. — Gomme il n'y a point dans cette langue de verbes transitifs, il n'y a point non plus d'accusatif. Voir chap. XIV.

Dans les treize autres langues, la relation accusative s'exprime syntactiqueuient.

§111. — Du Génitif.

La relation du génitif s'exprime de quatre manières différentes :

l'' On prépose le nom possédé au nom possesseur.

KmiRi. — Exemple: erà maison, tupap Dieu; orà lupaij la maison de Dieu.

2° On postpose le nom possédé au nom possesseur.

GmBCHA. — Exemple : Pedro boi le manteau de Pierre.

Parfois, le nom possesseur subit une apocope vocaliquo. Exemples : muysca indien, muysc cubun la langue des indiens ; paba père, pab ta le champ du père.

Guarani. — Exemple : Peru mbaé la chose de Pierre. Un certain nombre de noms changent leur consonne initiale en r. Exemples : qoo chair, ahn roo chair d'homme ;

ri?32 GOXGMKS DES AMÉUICAXISTES. 7"2

Impo racine, ihira rapo racine d'arbre ; teraqua réputation, heembii rcraqaa réputation de menteur.

3" On prépose au nom possesseur, le nom possédé affecté d'un jjronom de la troisième personne.

Nahuatl. — Exemple : tlaxcal pain, i-tlaxcal oqiiichtli le pain de l'homme.

iJuiCHK. — Exemple : u-baliic Pedro le beau-frère de Pierre.

Maya. — Exemple: ii-poc Pedro le chapeau de Pierre.

Caraïbe. — Exemple : ahoulougou sommet, t-ahoulougoii oueho le sommet de la montagne.

4" On postpose au nom possesseur le nom possédé alïecté d'un pronom de la troisième personne.

Iroquois. — Elxemple : ienha tils, Nioo vo-ienha le lils de Dieu. • , .

Grî. — Exemples : kosiss fils, okimaw o-kosiss-a le tils du chef; Paul o-kosiss-a ot-askik-iyhva la chaudière du fds de Paul. Vou" au chap. VIIL

Algo.nquin. — Exemple : Pion o-manito-n le génie de Pierre.

Chipfewày. — Exemple : xJohn o-masinaiga-u le livre de Jean.

Moi\tâg:\'Ais. — Le nom possédé, prend en outre du pronom de la troisième personne, la particule enclitique è. Exemple : Pier hé-bes-è le couteau de Pierre.

5° Langues dans lesquelles on emploie tantôt le second })rocédé et tantôt le quatrième.

Ghacta. — 11 y a simplement postposition du possédé au

73 SEIZE LANGUES A.MÉKICAIXES. 2§S"

possesseur quaud lani'upi'iété île !ii eiiose ])u.i-sédée est intransférable. Exemple : miku roi, miko ibhak la main du roi.

Quand, au contraire, la pro})riété est susceptible de transfert, le nom possédé prend un pronom de la troisième personne. Exemple : chuks maison, Chan in-chuka la maison de Jean.

HmATSA, — Il y a simple poslposition dans les composés. Exemple : ista œil, midi eau, iàta-midi larme. Hors ce cas, le nom possédé est affecté du pronom i si la propriété est intransférable et du pronom iYa, si elle est transférable. Exemples: Paul i-saki la. main de Paul, Paul ita-niidaki \e bouclier de Paul.

Dakota. — Exemples : wicasta oie la parole de l'homme : Dawid ta-appetu les jours de David.

I IV. — Du Locatif. ■>. .. ,.- .j

On indique la relation du locatif: 1" au moyen de suffixes casuels ; 2° par l'emploi de prépositions ; 3° par l'emploi de postposiLions suffixées ; 4° au moyen de postpositions préfixées au verbe.

1° Langues dans lesquelles les noms au locatif sont affectés de suffixes.

Grî. — On forme un locatif général (inessif, illatif, ablatif) par la suffixation de k, ok, ik suivant que le nom se termine par une voyelle, par un k ou par une autre consonne. Exemples: maskute-k à la prairie, dans la prairie, sur la prairie ; kijik-ok ex cœlo, in cœlo ; waskabijan-ik à, dans, hors de, la maison.

Chippeway. — Même formation. Exemples: nibi-p à, dans, sur, hors de, l'eau ; mashkimod-ag dans le sac, anakan-iij sur une natte, gijig-on ex cœlo, in cœlo. '"- '^'

2Si CONGRES DES AMÉRICANISTES. 74

Algonquin. — Même formation. Exemples: wakwi-p ex cœlo, in cœlo ; ahik-oi) dans la chaudière ; oten-a^ au, par, hors du, village.

Chibgha. — Les sul'tixes locatifs sont ca, c, ua, ii, sa, s. Exemples : ïiha-c, ïiha-s à l'air ; gata-c au feu ; sie-s à l'eau ; hyeha-n à terre ; h-ue-n dans ma maison.

Caraïbe. — Quelques noms forment un locatif en ta. Exemples : éma-ta sur le chemin, balana-ta à la mer.

2" Emploi de prépositions.

• QuiciiÉ. — Ex.: chi huyub dans la montagne, pa ochoch dans la maison, ch-u-pam qoxtun dans le château {ch-u-pam = fhi dans -j- u de lui -\- pain ventre).

Maya. — Ex.: ti ofocli dans la maison, ti ehen dans le puits.

Kmmi. — Ex.: «20 d-era dans sa maison, wi-cri ho hi-era il alla hors de ma maison.

3° Emploi de postpositions suffixées.

Iroquois. — Ex.: kaheta-ke au champ, akeral-ne sur le plat, kanons-kon dans la maison.

Nahuatl. — Ex.: ile-co dans le feu, oz/o-c dans la caverne, a-jwflw sur l'eau, coyon-ca à la fenêtre.

Guarani. — Ex.: iba-pe au ciel, ihi-pe dans le sol, oqueme à la porte, teta-me dans la villO; cua-i dans la ceinture.

Caraïbe. — Ex.: maina-hou au jardin, oubécou-rocou au ciel.

4° Emploi de postpositions préfixées au verbe.

Chacta. — Ex.: fl/- «22 fa demeurer à, ai-impa manger dans, 022-/j//î//i s'asseoir sur. ,, ,,, , ,*-„.,

MoNTAGNAis. — Ex.: kuiié ttsen-enli maison à-il est, thé kkhé-sheta pierre sur-il s'est assis.

Il y a dans cette langue des verbes locatifs formés par la préfixation au verbe de thèmes nominaux tels que ni terre, t'a eau, thir feu, etc. Ex.: ni-n-e-s-lé je mets à terre, t'a-n-e-S'lé ie mets dans l'eau, fhir-c-s-lé ]g mets au feu.

Dakota. — Les postpositions a (akan) sur, o ioliua) dans, e (eÀ^/flJ à, se préfixent au verbe. Ex.: caijkaglia a-mawani planche sur-je marche, yuhpa déposer, e-yuhpa être déposé à ; hnaka placer, o-hnaka placer dans. " *^-'- '■'*'-■ ' ""

HiDATSA. — Ex.: sue cracher, ak-sue cracher sur.

§ 5. — Du Datif. . . .

La relation du datif se confond : 1° avec celle de l'accusatif dans deux de nos langues ; 2° dans trois autres avec celle du locatif.

Là 011 il n'y a pas confusion^ le datif est indiqué : 3° syntactiquement ; 4° par l'emploi d'une préposition composée ; 5° par des postpositions aflectées d'un pronom de la troisième personne et préposées au nom; 6° à l'aide d'une postposition.

1" Ghacta. — Ex.: hatak-ap kanchi-li-h je vends à l'homme.

KiRiRi. — Ex.: a-keico do e-buanghe-tè do waré tu caches tes péchés au prêtre.

2» Maya, Montagnais, Ghibcha. — Le datif se confond avec le locatif.

3° Grî, Algonquin, Ghippevvay, Iroquois, Dakota, Hidatsa, Nahuatl. — D'ordinaire, le régime direct se place avant le^ régime indirect.

236 CONGRÈS DES amériganistes. 70

4° QuicHÉ. — On prépose au nom le composé chirech = du dans -|- ^ de lui -|- och propriété. Ex.: ca-nu ya chirech achih je donne au héros. -)' - ,

5° Caraïbe. — On place devant le nom les postpositions ibonam ou one affectées d'un pronom de la troisième personne. Ex.: nh-ibonam Callinago-yum aux Caraïbes, F -one ouboutou au capitaine.

ô^GuARAM. — On exprime le datif à l'aide de la postposition iipé. Ex.: abare upé au prêtre.

§ 6. — Z>e l'Instrumental.

La relation de l'instrumental s'exprime ou par des prépositions, ou par des postpositions, ou au moyen de verbes instrumentaux.

MoNTAGNAis. — On forme des verbes instrumentaux en substituant au thème verbal des thèmes nominaux tels que di, kpar, ttus, pal, chel, etc.

Exemples : b-in-t-e-s-shoer je le frappe.

b-in-t-e-s-di ]& le frappe avec la tête.

b-in-t-e-s-kpar je le frappe avec la main.

j6-i72-^-e-s-^^us je le frappe avec le poing.

b-in-t-es-palje le frappe avec un bâton.

b-in-t-es-chel je le frappe avec une hache. L'originalité de cette formation consiste : 1° en ce que l'action de frapper est suffisamment indiquée par les deux particules t, in qui expriment l'une l'idée de « lever, » l'autre celle de « laisser tomber » ; 2" en ce que les thèmes nomimaux di (pour éthi, tin) tête, pal bâton, etc.^ deviennent, par leur union avec le crément e-s, des verbes indiquant que l'instrument qu'on lève et qu'on laisse retomber est la tête, la main, le bâton. En faisant abstraction de la particule

vocalique e dont la fonction est essentiellement « verbifiante», * b-hi-t-e-s-pnl signifie « le bâton de moi en haut et retombant

sur lui ». ' '•'"-' ' ',- ■•'•1 ^

Grî. — Les verbes instrumentaux sont formés par la suffixation au thème verbal de particules caractéristiques de tel ou de tel instrument.

Exemples : task-a-h-ew il \e fend. ,,

>';..',>i\/'iti

task-i-n-ew il le fend avec la main.

task-ipii-y-ew — avec la scie. ;,"}., task-i-sw-ew — avec le ciseau.

task-a-m-ew — avec les dents.

task-ika-hw-ew — avec la hache, .j,..;,^:

Algonquin, Ghippeway. — Gomme en Grî.

Dakota. — Au moyen de six préfixes pa, na, va, ba, bo, ka et de radicaux verbaux n'existant isolément qu'à l'état de participes et d'adjectifs, on forme des verbes dans lesquels on spécifie soit l'instrument servant à l'action et le mode de cette action, soit la cause naturelle de l'action.

Exemples : ksa séparé, brisé en deux,

pa-ksa rompre avec la main.

na-ksa

— le pied.

y a- ksa

— la bouche.

ba-ksa

— un couteau.

bo-ksa

— une flèche.

ka-ksR

— un bâton, une hache.

HiDATSA. — Même formation : pa-midi tordre avec la main.

adn-niidi tordre avec le pied.

da-midi tordre avec la bouche.

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