LA BIBLIOTHÈQUE DE RIO-DE-JANEIRO
rencontrai nombre de Marc-Antoine, de Marco-Dente, d'Agostino Veneziano et de J. Bonasone, sans compter une foule de gravures de l'école de Mantoue, un Mantegna et quatre précieux Lambert de Souabe. Toute l'école française du XVIP et du XVIIP siècles est représentée dans notre collection ; rien ne nous fait défaut sur ce point, nous avons de somptueux Edelinck, des Audran, des Nanteuil, tous ces maîtres, en un mot, qui font, comme j'ai pu le voir, l'honneur du richissime cabinet d'estampes de la Bibliothèque nationale de Paris » .
M. Ramiz Galvâo ne s'en est pas tenu à l'installation de ce ' cabinet d'estampes dont, par ses dernières dispositions, le I catalogue s'exécute soigneusement en ce moment ; il a fait 1 mieux encore : sous le titre cVAnnaes daBibliotheca nacional de Rio do Janeiro, il a commencé une publication de luxe, des- , linée à faire connaître amplement les richesses du vaste éta- I blissement confié à ses soins, il s'est entouré surtout de bibliographes nationaux, dont les exhumations scientifiques et littéraires sont principalement relatives au Brésil et aux régions voisines. Des articles substantiels tels que ceux du D"^ J. Z. I M. Brum sur l'opulente bibliothèque du C"* da Barca, l'émi- : nent ministre, ami et protecteur du célèbre Francisco Manoel, — ceux de M. de Saldanha da Gama touchant les ' collections bibliographiques relatives à Camoens, la publica- • tion des lettres inédites du P. Jozé d'Anchieta, le savant coup ; d'œil jeté par M. Ramiz Galvâo sur le trésor bibliographique ■ réuni par Barbosa, les étymologies brésiliennnes réunies par ' M. Valle Cabrai, prouvent l'excellent esprit dans lequel est écrite cette nouvelle publication. Le second fascicule, non moins intéressant que le premier, qu'il continue, pour ainsi dirC; nous révèle un fait singulièrement précieux au point de vue bibliographique, c'est qu'un de ces livres de l'imprimerie naissante qu'on ne trouve nulle part en Amérique, la bible de ' Mayen-ce 1462, figure à la la Bibliothèque nationale de Rio
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(le Janeiro, dont elle est certainement le joyau le plus pré- ' cieux! (1).
M. ScHŒTTER dépose sur le bureau plusieurs ouvrages j| offerts au Congrès.
Recueil sur les colonies de Saint-Domingue. 1788-1825. ji
2 vol., Paris. Don de M. X. Heuschling, de Bruxelles. j
Reports of tbe Peahody Muséum of american archaeology '■ and ethnology. Cambridge, 1876. Don de M. Robert
Winthrop. j:
Danish Groenland^ ils people and its products. Dr. Henri |
PiiNCK. London, 1877. i
M. Lucien Adam fait la communication suivante :
M. lieclerc-MaîsoMiieuve m'autorise à annoncer que MM. les Membres du Congrès, présents {\ Luxembourg, qui voudraient se procurer le Compte-rendu des travaux de la session de Nancy, bénéficieront d'une
(1) Les Américanistes nous sauraient mauvais gré de ne point signaler comme l'un des plus intéressants mémoire du premier et du second fascicule des Annaes l'article fort développé et habilement écrit de M. Valle Cabrai sur les documents laissés par Alexandre Rodriguez Ferreira, qui accomplit de laborieuses investigations dans le nord du Brésil, au début du siècle, et qu'on a appelé fréquemment le Humboldt brésilien. Cet illustre naturaliste, dont la fin fut si malheureuse, a laissé d'innombrables mémoires dont le monilo savant réclame la publication.
réduction de 50 0/0. Les deux volumes leur seront délivrés aux prix de 12 fr. 50.
M. liéoii de Rosny donne lecture d'un mémoire sur Les arts et la civilisation du Yucatan anté-colomhien (1).
M. le docteur lieeMaaias donne lecture d'un mémoire intitulé : Description de quelques antiquités américaines conservées dans le Musée Royal Néerlandais d'antiquités, à Leide.
Le Musée Royal Néerlandais d'antiquités , à Leide, si riche et si complet dans toutes les classes de monuments qui font connaître la civilisation, les mœurs, les usages des peuples anciens, est relativement pauvre en ce qui concerne l'Amérique. Un nombre très-restreint d'objets antiques provenant des aborig-ènes des diverses régions du Nouveau Monde ont été acquis par le Gouvernement, grâce à la bienveillance désintéressée de plusieurs de ses fonctionnaires coloniaux ou de ses agents, soit diplomatiques soit consulaires. D'autres accroissements, toujours très-modestes, sont dûs à la libéralité d'une Société savante et à des relations amicales par moi nouées avec quelques voyageurs, que des recherches archéologiques, le simple désir de rapporter des souvenirs de leurs voyages, ou même d'iieureux hasards avaient mis en possession d'objets antiques. Ils pensèrent que ces objets, souvent considérés comme des curiosités plutôt que comme des
(1) La Commission de publication a eu le regret d'apprendre, au dernier moment, de M. L. de Rosny, qu'il lui était impossible d'envoyer en temps utile son mémoire révisé.
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matériaux scientifiques, étaient exposés à disparaître aussitôt que leur propriétaire ne serait plus en situation de les surveiller lui-même, ou bien, que s'ils demeuraient relégués dans quelque coin obscur, ils seraient perdus pour la Science. C'est ainsi que, peu à peu, le Musée de Leide est devenu le lieu de refuge de quelques séries d'objets, peu nombreux, il est vrai, mais non dénués de valeur scientifique, et sur lesquels il est utile d'appeler l'attention des savants.
La Société Royale des Antiquaires du Nord, de Copenhague, a fait don d'une cinquantaine d'instruments en pierre précolombiens, recueillis aux Etats-Unis, dans le Massachusets, rOhio et la Pensylvanie. M. A. L. Weddik, chargé du secrétariat au Ministère des colonies, a offert une très-intéressante série de huit vases en terre cuite, provenant du Pérou, et tous remarquables par leurs formes, par la beauté du travail, par l'ornementation, et aussi par leur excellent état de conservation. Les héritiers de feu M. A. W. G. van Riemsdijk, membre du Collège de la Monnaie à Utrecht, ont eu l'heureuse idée de compléter cette série péruvienne, en confiant au Musée, à titre de dépôt, quatre vases qui se distinguent par les mêmes qualités.
Ce n'est pas, toutefois, de ces objets que je me propose d'entretenir les membres du Congrès. Chacun d'eux mériterait assurément l'honneur d'une description complète, mais ils proviennent d'une région dont les Antiquités figurent dans plusieurs autres collections publiques ou privées ; et, l'on peut consulter à cet égard un bon nombre de publications très-recommandables. J'ajoute qu'on a pu admirer une importante série de vases péruviens dans l'exposition américaine qui a été organisée à Nancy, lors de la première session du Congrès international des Américanistes (1).
Je passe donc à d'autres pays représentés au Musée de
(1) Congrès international des Américanistes. — Compte-rendu de la première session. Nancy, 1875, tome i, pp. 23-5.
Leide, et dont les monuments offrent un intérêt plus grand par la raison qu'ils sont moins connus. J'espère obtenir, pour quelques-uns d'entre eux, des renseignements précis de la part des Savants qui ont plus i>articulièrement dirigé leurs recherches vers ces sections du domaine archéologique.
Le Musée doit à feu M. R. F. van Lansberge, gouverneur de la colonie de Surinam de 1859 à 1861, une collection trèsrare d'antiquités provenant de la Nouvelle Grenade et du Venezuela, collection acquise par lui pendant qu'il remplissait dans ces deux républiques les fonctions de Consul général des Pays-Bas. Elle comprend les objets suivants figurés sur les planches jointes à ce mémoire.
Objets en or.
N°' 1 à 11. — Onze figurines humaines représentant des divinités ou des caciques.
Les n°^ 1 et 2, en or d'une couleur rougeâtre, ont été coulés dans des moules ; les autres, en or plus jaune, ont été travaillés au marteau et au chalumeau. Pour ces derniers, il paraîtrait qu'on a d'abord donné à une lame de métal assez mince la forme générale désirée, puis qu'ensuite on a ajouté les contours et les détails intérieurs par l'application sur la lame d'un filet d'or soudé à l'aide du chalumeau.
Les n°' 2 et 1 1 ont les pieds terminés par une petite boule ; les autres, à moins qu'ils ne soient actuellement tronqués à leur extrémité inférieure, se terminent par une pointe plus ou moins émoussée.
Le travail est excessivement rude : les différentes parties de la tête et du corps sont traitées d'une manière qui dénote un art dans sa première enfance. Toutes ces figurines sont entièrement nues, sauf la tête qui est recouverte, chez quelques-unes (4, 3 et 11) par une coiffure cylindrique, chez trois autres (l, 9 et 10) par une coiffure conique; la tête du n° 2 semble être restée découverte ; celle du n° 3 se distingue par des rayons de lumière, à moins que ce ne soit la chevelure
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que l'artiste ait voulu représenter hérissée. L'attitude est presque g'énéralement identique : les pieds rapprochés, les coudes reposant sur les hanches, et les mains placées avec les avant-bras sur la poitrine.
Les figurines 4, 5, 6, 7 et 9 tiennent contre l'épaule, la première de la main gauche, les autres de la main droite, une sorte de sceptre dont on ne voit plus que la partie inférieure chez le n" 9, et peut-être aussi chez le n° 2. L'extrémité supérieure du sceptre de la figurine 5 semble être terminée en crochet.
Les dimensions de ces objets, en centimètres et en millimètres, sont les suivantes : n° 1 — 7, 2; n''2 — 4, 5 ; n° 3 — 6, 5 ; — no 4 — 6, 2 ; n** 5 - 4, 7 ; n° 6 — 4, 1 ; n° 7 — 3, 8; n° 8 — 5 ; 11° 9 — 4 ; n" 10 — 4, 2 ; n» 11 — 3, 8.
N°' 12 et 13. — Deux animaux, également en or. Un serpent (12), rampant, la gueule ouverte, la tête garnie de quatre petites cornes. Longueur : 6, 51. Un dragon (13) à quatre pattes, au corps sinueux, à longue queue, à tête humaine monstrueuse avec deux grandes oreilles rondes dressées et trois cornes ou antennes ; une sorte de sonnette est suspendue à un cordon passé autour du cou ; de la gueule béante, dont la mâchoire inférieure est munie de quatre dents, sort une fleur ou un bouton au bout d'une longue tige. Longueur : 11,5.
Objet en bronze.
N" 14. — Figurine humaine presque entièrement semblable aux précédentes et d'un travail non moins rude. L'oreille droite manque ; chaque main a tenu un sceptre ou quelque autre objet ; les parties sexuelles sont indiquées d'une manière trop sensible ; la poitrine est ornée de cinq disques suspendus à un collier passé autour du cou. Les pieds et les .| jambes se confondent ensemble à partir du dessus des genoux. La coiffure est conique ; elle paraît être formée par une cordé | assez grosse ou par un bandeau s'enroulant autour des cheveux. Longueur : 12,5.
Cette figurine, ainsi que celle en or ii" 3, provient des anciens Muyscas, nation établie dans la plaine de Bogota et aux environs de Tunja.
Objets en pierre.
N°^ 15 et 16. — Deux haches ou coins en une pierre lydienne grisâtre, assez bien poHe. Longueur: 10,5 et 3,4. Largeur à la partie inférieure : 6 et 6,5. Largeur à la partie supérieure : 2,6 et 2,4 ; épaisseur : 2,3 et 2.
Nû 17. — Une hache en pierre lydienne noire, terminée en pointe à la partie supérieure, les deux côtés latéraux un peu aplatis, le tranchant de forme circulaire. Cet outil est remarquable par la beauté du poli. Longueur : 12,5 ; largeur : 4,5 ; épaisseur : 2,5.
N» 18. — Une hache en néphrite, d'une forme moins régulière que les précédentes. Elle a été trouvée non loin de Caracas, sur la côte, dans un lieu que les Indiens ont abandonné depuis longtemps. Longueur : 6,5 ; largeur : 2,6 et 1;3 ; épaisseur : 1,5.
N"' 19 à 31. — Treize petits objets en stéatite, percés d'un trou et ornés de divers dessins gravés au trait. Quelques-uns peuvent avoir servi à des usages domestiques ; d'autres ont été vraisemblablement employés comme accessoires de l'habillement ou de la toilette.
Les n°' 19 et 20 sont de forme conique ; l'une des faces est légèrement concave, tandis que l'autre est légèrement convexe. Diamètre : 4,5 et 4,6. Hauteur : 0,5 et 0,6.
Les n<>' 21 et 22 sont plus petits. Diamètre : 3,4. Epaisseur : 0,3 et 0,6. Légèrement convexes sur les deux faces, ils ont peut-être servi de boutons.
Le n° 23, dont les deux faces sont plus plates (diamètre, 3 ; épaisseur : 0,7), peut avoir eu la même destination.
Il en est peut-être de môme : 1° du n" 24 qui est bombé d'un côté et plat de l'autre ; diamètre : 3 ; épaisseur : 1,3 ; 2" du n" 25 qui a la forme d'une sphère aplatie aux deux
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pôles ; diamètre : 2,6; épaisseur : 1,6 ; 3° du n° 26 dont les dimensions sont les suivantes : diamètre, 2,8; épaisseur, 1,5.
Trois autres de ces objets, dont un seul a été figuré sous le n° 27, affectent presque identiquement la forme de deux cônes réunis l'un à l'autre par la base^ et ne diffèrent entre eux que par les dimensions. Ils peuvent être considérés comme autant de grains de collier, d'amulettes ou de pesons de fuseau, destination qui peut aussi avoir été celle de quelques-uns des objets précédents.
Le n" 28 est une variété du n" 27 : la partie inférieure présente une base plus grande, et la partie supérieure se termine par un carré formé de quatre segments de cercle. Diamètre, 2,5 ; épaisseur, 1,7.
Tous ces objets, ainsi que deux autres dont la forme est semblable à celle des n"' 23 et 25 ont été trouvés dans des tombeaux de la Nouvelle Grenade.
Le n» 29 est une amulette ou un grain de collier en stéatite noirâtre, de forme triangulaire. Il est légèrement bombé sur les cinq faces ; la face supérieure est percée, vers le milieu, d'un trou par lequel on passait un cordon. Longueur de chaque coté, 4,7 à 4,8 ; épaisseur, 1,7 — allant en diminuant vers les bords jusqu'à 1,1. Cet objet a été trouvé dans le lac de Guatavita qui était considéré comme sacré par les anciens habitants, et dans lequel on prétend qu'ils ont jeté leurs trésors, au moment où les Espagnols ont occupé le pays.
Le n° 30 est un ornement de collier, en stéatite noirâtre, figurant un oiseau sans pattes, la queue étendue et la poitrine munie d'une bélière par laquelle on le suspendait. Hauteur, 2,7. Cet objet a été trouvé dans un tombeau près de Bogota.
Le n°31, trouvé dans le lac Guatavita comme le n° 29, est une sorte de pendeloque ou de boucle d'oreille ou de grain de collier en quartz rougeâtre, percé d'un trou vers l'extrémité supérieure. Longueur, 0,2; épaisseur, 0,11.
N° 32. — Petite coupe en stéatite (?), à fond d'une couleur jaune-brunâtre semé de petites taches noires. Il n'y a point
de pied, et le fond est légèrement aplati. Dans l'intérieur, quelques traits ont été gravés à l'aide d'un instrument aigu. Diamètre, 7,5. Hauteur, 3,8. Epaisseur des parois, 0,5. Cet objet a été recueilli dans la vallée de Tusagasuga, anciennement habitée par les Panchos.
N° 33. — Gobelet en stéatite jaunâtre avec des taches légèrement olivâtres. Diamètre, 6 — et vers le fond, 5,1. Hauteur, 7,8. Trouvé enfoui dans les environs de Newa, Nouvelle Grenade. D'après M. van Lansberge, ce gobelet proviendrait des anciens habitants de la Nouvelle Grenade, et il aurait servi à leurs prêtres dans les cérémonies religieuses. Il a été enterré dans un lieuoii il existait encore une grande table de pierre supportée par quatre figures et servant d'autel ou de pierre de sacrifice. La tribu qui habitait anciennement le pays émigra vers les bouches de l'Amazone et fut remplacée par les Indiens actuels.
Objets en terre cuite.
Nos 34 à 44. — Onze figurines, bustes et têtes, en terre d'une couleur brunâtre, d'un travail très rude ; la conception et le style accusent un art aussi peu avancé que celui des figurines en métal précédemment décrites. Ce ne sont que des accessoires qui ont servi à orner des vases dont aucun ne nous a été conservé, ce qui fait que nous ne connaissons ni leur forme ni leur destination. Il est cependant probable qu'ils servaient à des usages domestiques, et qu'ils ont été déposés dans la tombe de leur propriétaire. En fait, les objets dont il s'agit ont été recueilUs dans d'anciens tombeaux aux environs de Bogota, et ils proviennent des Panchos.
Le U" 34 présente la partie supérieure d'un homme entièrement nu, mais dont la poitrine est ornée, comme celle de la figurine en bronze n" 14, de plaques circulaires formant collier. Le bras droit manque ; la main gauche tient une sorte de vase. Hauteur: 12, 3.
Le II" 35 a la tête coilloo d'une calotte, et porte sur la
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poitrine des lignes courbes pouvant indiquer les plis d'un vêtement ou les détails soit d'un collier soit de tout autre ornement. La main droite tient un objet dont l'identité est douteuse; peut-être est-ce un tronyon de sceptre. Hauteur:
Les trois bustes 36, 37 et 38 rappellent, par la position qu'occupent les bras, les figurines en métal décrites ci-dessus. Les n°' 36 et 37 ont la tète coiffée d'une espèce de calotte ; leur cou est orné d'un collier. Le n° 36 est placé entre quatre objets cylindriques. La calotte du n°37 est un peu plus ornementée que celle du n" 36 ; elle semble être composée de trois pièces ; ce buste se distingue par cette particularité, qu'au lieu d'être massif, comme les deux autres, il est entièrement creux. Le n° 38 porte sur l'épaule droite un objet demeuré vague ; sa chevelure est disposée en forme de cône, et paraît être entourée d'une sorte de diadème. Hauteur: 7, 5; 7; 7,1.
N"' 39 et 40. — Deux bustes, sans bras, avec collier autour du cou, la tête couverte d'un bandeau d'étoffe enroulé, dont les d^x bouts forment un nœud descendant, sur l'épaule gauche (39), sur l'épaule droite (40). Il existe une petite cavité dans la partie supérieure de la tête. Hauteur : 8, 3 et 7, 5.
N°' 41 et 42. — Deux tètes coiffées d'une calotte conique ; le travail est encore plus grossier que celui des bustes. Hauteur : 7, 5 et 6, 8.
Le n" 43 paraît être un buste de femme. Le front est orné d'un diadème, et la tête couverte d'un voile qui paraît descendre sur les épaules. Des lignes verticales tracées sur la poitrine semblent indiquer les plis d'un vêtement. La tête recèle une cavité intérieure de 2, 2 de profondeur et 2, 8 de diamètre; sa hauteur est de 9, 3.
N". 44. — Tête surmontée d'une coiffure volumineuse paraissant consister en une grande pièce d'étoffe enroulée dont les extrémités tombent de chaque côté sur les oreilles. Cette étoffe est ornée de deux séries de petits cercles séparées l'une
1) AiNTIQUlTÉS AJIÉHICAINES. 1^91
de l'autre par de doubles lignes horizontales. Le dessus de la tête présente une cavité de 3, 8, de profondeur. Hauteur : 6, 8; largeur: 7, 5.
N" 45. — Tète de pipe, d'une terre rendue extrêmement dure par la cuisson. Hauteur: 5. Longueur: 7. Epaisseur: 3. Les Mémoires de la Société anthropologique de Vienne (1) renferment un article de M. G. Luschan sur un ancien tombeau découvert dans une petite île située à l'embouchure de la rivière Gasenes (Mexique). Parmi les objets recueillis dans cette tombe et tigurés sur une planche jointe au texte, on i remarque sept tigurines en terre cuite, dont six, bien qu'étant de dimensions plus grandes que les nôtres, offrent avec celles-ci une telle ressemblance sous le double rapport de la conception et du style, que l'on songe immédiatement à une identité d'origine ou de provenance.
Ne voulant négliger aucun des matériaux que le Musée de Leide peut fournir à l'étude des antiquités de la Nouvelle Grenade, j'ai reproduit, sous le n° 46, le calque d'une pierre sur laquelle sont sculptés douze signes disposés en trois séries. Suivant M. van Lansberge, ce tableau pourrait suggérer l'idée d'un calendrier et d'une année de douze mois; mais, lui-même fait remarquer que les anciens habitants de la Nouvelle Grenade paraissent avoir eu un système chronologique basé sur la division du temps en mois de vingt jours. Je passe maintenant de la Nouvelle Grenade et du Venezuela à la Guyane néerlandaise qui, dans ces derniers temps, a fourni quelques antiquités d'un type tout à fait spécial et qui à ce titre méritent de fixer notre attention.
La séi'ie que j'ai à décrire est peu nombreuse, j)ar la raison que l'on commence seulement, dans notre colonie guyanaise, à prendre intérêt aux recherches archéologiques. Elle se compose de haches en pierre qui, dans ce pays comme dans bien
(1) Mittheilimgen der anthrolopiscJirn Gescllschaft in ^yien. — Vol. II. 1872.
29'2. CONGRÈS DES américanistes. 10 I
d'autres, ont été réputées pendant longtemps être des objets tombés du ciel pendant les tempêtes par l'efïet de la foudre. Aujourd'hui encore, les indigènes illettrés leur attribuent à rencontre des accidents fâcheux une efficacité protectrice ; ils ne se laissent pas facilement persuader de les céder, et ils les gardent en secret avec le plus grand soin. Il suit de là qu'il n'est point très-facile de s'en procurer, et qu'il n'y a rien dès lors d'étonnant à ce que le Musée néerlandais n'en possède . qu'un petit nombre. I
La série comprend treize haches, un outil différent et le fac-similé d'une quatorzième hache faisant partie d'une collection particulière. A l'exception de deux pièces qui ont été s acquises dans une vente publique, mais dont la provenance est sufhsanmient constatée, le Musée doit cette série à la bien- ( veillance désintéressée de mes compatriotes.
N° 47. — Hache ou coin en serpentin gris-verdâtre, de 1 forme conique, assez bien polie, au tranchant nettement pro- j nonce. Cet outil a été trouvé, à une profondeur de quelques ' pieds, dans un terrain situé à l'ouest du fleuve Samaraca. Longueur: 11, 8 ; largeur: 5, 8; épaisseur: 3, 5.
Les autres haches, bien que présentant quelques différences dans leur forme générale, se rapportent toutes à un même type, qui paraît être propre à cette partie de l'Ame- ; rique. - 1
N° 48. — Hache de forme ovale, arrondie à l'extrémité supérieure, dépourvue de tranchant. Hauteur: 13; largeur!: r 8; épaisseur: 3, 5. '
N° 49. — Hache également un peu arrondie par le haut, avec un tranchant. Hauteur: 12, 7; largeur G, 8; épais-, seur: 4, 4. j
N° 50. — Hache légèrement arrondie à la partie supérieure, ; mais plus horizontale que les -précédentes. Hauteur: 13, 5; largeur : 8, 7 ; épaisseur: 4.
N"' 51 et 52. — Haches ayant le dessus do la pariie supé- f
rieure aplati. Hauteur: 12, 5 et 13, 5; largeur : 6, 8 et 8 ; épaisseur: 3, 8 et 3, 5.
N°^ 53 à 59. — Sept haches affectant une forme plus carrée que les précédentes, les unes ayant le dessus de la partie supérieure légèrement bombé, les autres l'ayant plus plat. Hauteur: 10, 2 ; 9, 5; 8, 5; 8, 2; 9; 7; 6, 8. Largeur: 10; 7, 6 ; 7, 5 ; 7, 3 ; 7, 5; 7, 5 ; 6, 5. Epaisseur : 4 ; 2, 9 ; 2, 8;
N° 60. — Hache plus large que les précédentes, et dont les faces latérales présentent un contour courbe. Hauteur : 6, 1 ; largeur : 8; épaisseur : 2, 5. Le Musée ne possède qu'un facsimilé de cet outil. L'original, en quartzite, appartient à M. G. A. van Sypesteyn. Il a été trouvé, en 1853, avec la hache 11° 48, sous un même tronc d'arbre, dans la plantation Bergen-daal ; le directeur de cet établissement agricole céda les deux objets à M. van Sypesteyn qui offrit notre n° 60 au gouverneur de la colonie M. von Schmidt auf Altenstadt, qu'il accompagnait en quaUté d'adjudant. J'ai fait l'acquisition du n° 48 dans une vente pubhque à La Haye.
Les haches n°= 45, 50, 52, 54, 55, 56, 57, 58 et 59 ont été offertes au Musée par M. Hering, commis-en-chef à l'Administration des impôts, de Paramaribo. Ces objets ont été recueilUs : les ir' 50 et 56 dans un des canaux de cette ville ; le n" 51 sous les racines d'un arbre dans un bois du district de Boven-Saramaca ; le n» 52 dans les environs de Paramaribo ; le n° 54 dans la plantation Suissannadaal située près du confluent des rivières Gommewyne et Surinam. Les n°^ 57, 58 et 59 ont été achetés par M. Hering à diverses personnes, sans indication exacte du heu de provenance. Le n° 55 a été trouvé enfoui à une profondeur de plusieurs pieds dans un champ à l'ouest de la rivière Saramaca. Le n° 54, offert au Musée par M. J. Mauritsz Ganderheyden, ex-président de la Cour de Para- .;maribo, provient très-probablement d'un ancien étabhsse- Iment indien situé dans le district de Nickerie. Le lieu précis uù la hache n" 49 a été découverte est demeuré inconnu, mais
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il n'&st pas douteux qu'elle provienne de la Guyane néerlandaise ; elle a été donnée au Musée par M. J. H, van Lennep, de Zeist, qui la tenait de M. Th. Gh. van Galkar, président de la Société évangélique des frères moraves de Zeist.
Bien que je ne dispose point, à Leide, des ressources nécessaires pour vérifier exactement la nature des pierres dans lesquelles ces outils ont été taillés, je crois cependant pouvoir dire que c'est du granit, de la diorite, de la serpentine et du quartzite.
Sur ces haches de Surinam, ainsi que sur celles de l'île de Saba, dont il sera parlé ci-dessous, on peut consulter, dans k Zeitschrift fiir Ethnologie de MM. Wirchow, Bastian e' Hartmann (Vol. V, 1873; p.p. 40, 41), un article de M. E Friedel. Quelques-uns de ces outils sont figurés dans h planche II, d'après des croquis que j'avais fournis à l'auteur i M. Friedel y a ajouté les dessins de trois autres haches actuel lement conservées à Zvolle dans le musée delà Société pouj le développement delà prospérité provinciale. {De OveryssiAschc vereenigiinj tôt ontwikkcling vnii provinciale welvuar, te Zwolle). Mais je dois faire observer qu'une hache portan sur cette planche le n" 9, et désignée par erreur comme étan un marteau, n'est probablement point originaire de la Guyani néerlandaise. , • > ri
N" 61. — Un dernier objet que j'ai à citer parmi les monuments de cette classe est une sorte de petite meule de quartz en forme de boule aplatie, ayant dû servir à broyer des grains Diamètres : 7,5 et 4^5. Cette meule aurait été trouvée sur Ij plantation Berg-en-daal. D'après ce qui a été dit à M. van Sjpesteyn, lors de l'excursion avec le Gouverneur général ci-des susmentionnée, les indigènes distingueraient plus spécialemen|| les pierres de ce genre par le nom de pierres du tonnern {Dondersteeneh) , et ils leur attribueraient une grande effica cité curative. J'ai acheté cet objet pour le Musée dans un vente publique, en môme temps que la hache n° 48.
l.cs haches de la (iuvane néerlandaise se distinguent, à c
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qu'il me paraît, de presque toutes les haches des autres pays tant de l'Ancien que du Nouveau Monde, par cette particularité, qu'elles portent à la partie supérieure des deux faces latérales une entaille plus ou moins profonde, mais toujours parfaitement reconnaissable.
Il est vrai que dans les haches n° 50 et 54, cette double entaille est au premier abord moins accusée, mais la comparaison avec les autres spécim.ens lève tous les doutes. Tandis que, dans les haches des autres pays, l'entaille des faces latérales se continue sur les deux autres faces en une rainure plus ou moins profonde, dans celles de la Guyane néerlandaise l'entaille affecte exclusivement les faces latérales. On trouvera dans le magnifique ouvrage de M, Franklin Peale, Spécimens of thc stone âge of the Imman race, publié en 1873 à Philadelphie par sa veuve M™" Caroline E. G. Peale, bon nombre de haches des divers pays du globe, et particulièrement de l'Amérique, qui toutes présentent une rainure courant sur les quatre faces ; mais, aucune d'elles n'offre la particularité qui, d'après ce que j'ai observé, constitue pour les haches de la Guyane néerlandaise un caractère spécifique permettant de les ranger dans une classe à part. Jusqu'à présent, je n'ai pas eu l'occasion de vérifier si les haches de la Guyane française et de la Guyane anglaise sont du même type que celles do notre colonie (1). Dans le cas de l'affirmative, nous pourrions
(1) Chargé par la Commission de publication de faire imprimer le compte-rendu de la session de Luxembourg (a), je saisis l'occa-
:.' (a) Le Compte-rendu de la session de Luxembourg a été imprimé à Nancy parceque M. le D>' Schœttor ayant été empêché par ses nombreux devoirs professionnels do continuer ses excellents services à l'œuvre du Congrès, M. Adam a jugé impossible de suivre à distance le travail quotidien de l'impression. La Commission se plaît à rendre â la typographie luxembourgeoise cette justice que plusieurs maisons étaient prêtes à faire ce que M. Crépin-Leblond avait fait en 1875, c'est-â-dire à prendre rengagement de composer, corriger et tirer quinze fouille!-; par mois.
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dorénavant considérer la forme à double entaille latérale comme étant propre à la région nord-est de l'Amérique méridionale, Il faudra peut-être même ajouter le Brésil à cette région, car la particularité dont il s'agit semble n'être pas tout à fait étrangère aux haches en pierre de cet empire. Dans un recueil publié à Rio sous le titre de Archivas do Museu nacioiml de Rio de Janeiro (1876 vol.I), on trouve un intéressant mémoire de M. le professeur Garios Wiener, intitulé : Estudos sobra os Samhaquîs do siil do BvaziL Dans la planche I, sous le w' 2 (comparer le texte p. 13), l'auteur a figuré une hache présentant la particularité qui distingue nos haches guyanaises. Pour compléter les données relatives à la question qui nous
sion qui m'est offerte de fournir au très-savant et très-sympathique Directeur du Musée de Leide, un renseignement qui m'est personnel. J'ai rapporté de la Guyane française où j'ai rempU des fonctions judiciaires pendant plusieurs années, une hache tout à fait semblable à celles de la Guyane néerlandaise. Voici, telle qu'a l bien voulu me la dicter M. le D'" Bleicher professeur à l'Ecole supérieur de pharmacie, la description exacte de cet objet qui appartient aujourd'hui au Musée de la Faculté des Sciences de Nancy.
Cette hache a été taillée dans un galet de roche pétrosilicëuse d'un gris sale. Parfaitement polie sur les bords et sur les faces, elle est dans un bon état de conservation.
Sa forme est aplatie et presque rectangulaire. Longueur : 7,8. Largeur maximum au niveau des entailles : 6,8 ; largeur au talon : : 4,2; largeur au tranchant: 5,8. Epaisseur maximum au niveau desi entailles : 2,5.
Les deux entailles pratiquées latéralement à 3,1 du talon, ont une largeur de 0,7 et une profondeur de 0,5; leur fond est régulièrement usé mais non poli.
La face antérieure fortement convexe est terminée par un tranchant bien affilé. La face postérieure, beaucoup moins convexe est entamée de chaque côté par les entailles, jusqu'au quart de sa largeur ; la face antérieure ne l'est que jusqu'au sixième, mais plus! profondément. Le talon est usé suivant une surface plane.
occupe, je crois utile de faire connaître qu'au nombre de divers objets en pierre provenant de l'archipel des Indes néerlandaises, acquis par moi pour le Musée dans ces dernières années, il se trouve une hache en stéatite ou pierre lydienne, de couleur noire olivâtre, (très-bien polie en plusieurs endroits, quoi qu'elle soit d'ailleurs d'un travail extrêmement rude et d'une forme très-irrégulière), qui semble offrir la particularité de la double entaille latérale. Mais, d'abord, par sa seule forme, cet outil s'éloigne du type général des haches des anciens habitants de la région des Guyanes, et jusqu'à présent il constitue un spécimen isolé. En second lieu, les entailles semblent n'avoir point été pratiquées intentionnellement; on dirait qu'elles existaient dans la pierre au moment où celle-ci a été mise en œuvre par l'indigène qui eut la pensée de l'utihser. Au surplus, les entailles des faces latérales ne sont point opposées l'une à l'autre suivant une ligne horizontale, mais obliquement. On pourra s'en convaincre en examinant le croquis que j'en donne sous le n° 70. Cette hache provient de Menado, district de l'île Gélèbes; les indigènes lui donnaient le nom malai de gigi-gountour. Elle a été offerte au Musée par M. F. S. A. de Glercq, d'Amboine.
Si nous pouvons considérer le type à double entaille latérale comme particulier à la région orientale de l'Amérique du sud, il nous faudra assigner cette provenance à une trèsbelle hache en serpentine vert-olivâtre que j'ai eu la bonne fortune d'acquérir, l'an dernier, pour le Musée, lors de la grande exposition historique d'Amsterdam. Elle est figurée sous le n° 62. Longueur, 19,3. Largeur, a—b, 6; c— (/, 11. Epaisseur, e, 0,5 ; /, 1,5. Le travail est d'un fini rare, et le poh est très soigné. Les entailles pratiquées latéralement à g^S"" de l'extrémité supérieure, font rentrer cet outil dans la classe guyano-brésilienne. Néanmoins, d'après les rensei- : gnements fournis par la personne qui me l'a cédée, il aurait été trouvé, il y a deux ans, par un batelier, dans des terrains situés aux environs de la petite ville de Naarden (Hollande
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septentrionale), d'où l'on tirait alors du sable pour la construction du chemin de fer d'Amsterdam à Hilversum. Mais les haches provenant de la Néerlande, pas plus que celles des autres pays de l'Europe, ne présentent ces entailles latérales. Celle de Naarden par sa forme générale et par ses dimensions se rapproche sensiblement des haches en bronze. Je n'ose donc pas admettre l'exactitude des renseignements qui m'ont été donnés, à moins que l'on ne suppose que cet objets rapporté par un voyageur d'Amérique en Hollande, ait été fortuitement perdu dans les environs de Naarden. Cependant, comme le Musée possède d'autres antiquités qui ont été trouvées dans cette partie du pays, il se peut que par suite de quelque méprise, on ait attribué la même provenance à notre n» 62, que le hasard aurait mêlé à des antiquités néerlandaises. Je^ pourrais citer plusieurs exemples de confusions semblables : un seul suffira. Dans la troisième planche du Tome II de l'excellent ouvrage du docteur Lindenschmitt : Die Allerthûmer unserev heidnischen Vorzoit, figurent sous les n°' l et 2 b, deux instruments en bronze appartenant au Musée de Mayence, ^ et qui sont indiqués comme ayant été trouvés près de Gaualgesheim. Leur usage lui étant inconnu, M. Lindenschmit supposa qu'ils avaient pu servir à la tannerie ou à la corroyerie. Mais, au vu de la planche, je reconnus immédiatement que ces objets provenaient de l'île de Java, oià ils étaient employés dans les travaux agricoles par les anciens habitants. Je communiquai cette observation à M. Lindenschmit,! qui fit des recherches et ne tarda pas à constater que ces objets avaient fait partie de la succession d'un officier aile- ■ mand ayant servi dans nos colonies de l'Inde, et qui, après avoir pris sa retraite, était revenu se fixer dans sa patrie. Lui mort, les objets qu'il avait rapportés de Java avaient été mêlés et confondus avec d'autres objets d'origine romaine ou germanique, recueillis dans les environs de Gaualgesheim. De là le renseignement erroné fourni sur leur prévenance.
Revenons maintenant à notre hache. Malgré la particula-
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rite qui la distingue, ce n'est ni aux Guyanes, ni au Brésil, ni à aucun autre pays de l'Amérique septentrionale que je voudrais rapporter son origine, mais bien au Mexique, ou plutôt à l'Etat du Yucatan, car là seulement je crois trouver des objets en pierre de la même dimension et d'aussi peu d'épaisseur, des outils ou des armes d'un travail aussi exquis et aussi fini. Je n'ai plus présents à l'esprit les détails de la superbe collection mexicaine formée par feu M. Uhde et que j'ai visitée en 1840, à sa campagne dans le village de Handschuhsheim, près de Heidelberg ; je ne saurais donc pas dire s'il y avait parmi les nombreux objets qu'elle comprenait des haches semblables à celle dont il s'agit. On pourrait s'en assurer, caria collection mexicaine de M. Uhde a été acquise il y a quelques années par le gouvernement prussien, et incorporée, si je ne me trompe, aux Musées royaux de Berlin.
M. J. H. Baud, de Arnheim^ a eu la bonté de me confier quelques antiquités provenant des anciens habitants du Yucatan et de l'Amérique centrale, avec autorisation d'en faire prendre des fac-similé pour le Musée, ce qui me permet de les faire connaître aux membres du Congrès.
Elles ont été trouvées enfouies à une grande profondeur [dans le sol, lors de la construction d'un canal, vers la rivière Gracioza, près de San Filippo, sur la frontière du Honduras britannique et de la République de Guatemala, par M. S. A. van.Braam, ingénieur néerlandais au service de la Guatemala-Company.
Trois de ces objets me paraissent être en néphrite, mais je n'avance le fait que sous toutes réserves. Si j'avais pu consulter à Leide un sayant de profession, je serais sans doute plus affirmatif à cet égard. Quoiqu'il en soit, les fac-similé qui, abstraction faite de la transparence, reproduisent très exactement la couleur des originaux, permettront aux personnes compétentes de reconnaître la véritable nature de la pierre. J'ai figuré ces antiquités sous les n°' 63 à 68.
Le n° 63 est une plaque oblongue, arrondie aux quatre
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angles, un pou plus étroite à l'extrémité supérieure qu'à l'extrémité opposée. Ses deux faces, amincies vers le milieu, forment chacune deux plans légèrement inclinés, qui se rencontrent dans l'axe vertical de la plaque, suivant une ligne dont la direction est irrégulière. Il est probable que cette irrégularité a été motivée par la forme et la nature de la pierre à l'état brut. Deux trous ont été pratiqués, à une égale distance des bords, vers les deux extrémités. Ses dimensions sont les suivantes : longueur, 21,6 ; largeur, à l'extrémité supérieure, 7 ; largeur, à l'extrémité inférieure, 8,5 ; épaisseur, 0,5, sauf vers le milieu, dans la partie la plus mince, où ce chiffre se réduit à 0,2. Le poli est parfait.
Sur l'une des faces on a gravé au trait et peu profondément une effigie qui est celle d'un prince, d'un chef ou d'un dieu ; la tête est recouverte d'une coiffure fantastique très élevée; le corps, revêtu d'un habit tombant jusqu'aux genoux, est serré à la taille par une ceinture dont les bouts très-ornés descendent encore plus bas. Les pieds sont chaussés de sandales attachées par plusieurs cordons — peut-être bien de mocassins ou de bottines.
Ce personnage foule aux pieds un ennemi entièrement nu, sauf la tête, qui est recouverte d'une coiffure. Sous ses bras, dont les extrémités sont ramenées à la hauteur de la poitrine, il tient cinq autres ennemis diversement coiffés. Le nez du prince comme celui de ces cinq ennemis est orné d'un double anneau, ornement que ne porte point l'ennemi foulé aux pieds.
Le revers de la plaque offre une légende de 15 (?) signes hiéroglyphiques également gravés au trait.
Le dessin du recto et les hiéroglyphes du verso présentent d'assez nombreuses analogies avec les anciens monuments du Yucatan, notamment avec ceux que Stepheus a figurés dans son ouvrage : Incidents of travel in Central-America, Chiapas and Yucatan, Londres, 1842. Comparer les
planches du tomel, p. 141 ; du tome II, pp. 352-54, et aussi la vignette de ce même tome.
Le 11" 64 est une lame en forme de feuille d'arbre allongée, aussi en néphrite, mais d'une couleur plus foncée que la plaque n° 63 ; le fond est parsemé d'un grand nombre de taches plus claires, mais qui, vues contre le jour, prennent une teinte plus foncée. Longueur, 22 ; largeur, à la partie inférieure, 6,8 ; épaisseur vers le centre, 5. Les deux faces, légèrement bombées, vont en diminuant vers les extrémités, oii elles se terminent par un tranchant assez aigu. Le trou, percé à l'un des bouts, était destiné à suspendre l'instrument à une corde ou à une lanière ; c'était une arme qui, maniée habilement, pouvait avoir une puissance effroyable. Le poli est parfait et la conservation admirable sous tous les aspects.
Le n° 65 est la partie antérieure ou le masque d'une tête humaine, également en néphrite ; la chevelure est recouverte d'une coiffure conique. Hauteur, 5 ; largeur, 2,5. Les deux joues sont percées d'un trou à la hauteur des oreilles.
Le n° 66 est un petit ornement cyUndrique, en néphrite ou en jaspe vert foncé, foré dans le sens de la longueur, de manière à pouvoir être suspendu à un cordon. Longueur, 1,5; largeur, 0,7.
Le n° 67 est un ornement triangulaire en quartz laiteux, percé d'un trou, et dont la destination était probablement la même que celle du précédent. Longueur, 1; largeur, 0,7.
Le n° 68 est un grelot en bronze imitant la forme de quelque fruit, et muni d'une béhère. Le son devait être produit par un ou plusieurs grains de métal qui ont disparu par suite de l'élargissement de la fente. Longueur avec la béhère, 3 ; largeur, 1,5.
Du continent américain, nous passons à la petite île de Saba, l'une des possessions néerlandaises dans les Petites- Antilles. On y a trouvé, il y a une vingtaine d'années, une hache en diorite ou granit d'une forme ordinaire très allongée ; c'est notre n" 69. Les faces sont médiocrement polies, sauf
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au tranchant ; les deux faces principales sont un peu bombées, les deux latérales plus plates. Mais ce qui donne à cet outil une grande valeur, ce sont les signes gravés sur la face opposée au tranchant. Ces signes sont-ils simplement des ornements, ou bien doit-on y voir des hiéroglyphes? Toujours est-il qu'ils paraissent se rapprocher quelque peu des figures gravées sur le monument néo-grenadin figuré sous le n° 46. C'est encore à la bienveillance de feu M. R. F, van Lansberge, alors gouverneur de l'île de Curaçao, que le Musée est redevable de cet objet rare et intéressant. Longueur, 18,5 ; largeur, 4 et 6,5 ; épaisseur, au milieu, 2,5, sur les faces latérales, 5.
Je prie MM. L. de Rosny et Lucien Adam, de vouloir bien accepter, en souvenir du Congrès de Luxembourg, les fac-similé des n°' 63, 64 et 65 que je dépose sur le bureau.
M. ]9iadier de Hontjau donne lecture d'un mémoire sur Pierre Mai^tyi' et les écritures sacrées de ï Amérique (1).
(1) Le 8 novembre 1877, M. Madier de Montjau faisait savoir à M. Lucien Adam, par l'intermédiare de M. de Rosny « qu'il avait besoin de six semaines pour mettre son travail en état de lui être envoyé. » Le 25 décembre suivant, M. Madier de Montjau chargeait M. Léon de Rosny d'informer M. Adam qu'il renonçait à lui adresser son travail « il vous avait demandé » ajoutait M. de Rosny « six semaines de délai pour la révision de sa copie, et comme vous ne lui avez pas répondu à cet égard, il ne s'en est plus occupé. »
"! M .1' )n (Noie de \a Commission de publication).
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au tranchant ; les deux faces principales sont un peu bombées, les deux latérales plus plates. Mais ce qui donne à cet outil une grande valeur, ce sont les signes gravés sur la face opposée au tranchant. Ces signes sont-ils simplement des ornements, ou bien doit-on y voir des hiéroglyphes? Toujours est-il qu'ils paraissent se rapprocher quelque peu des figures gravées sur le monument néo -grenadin figuré sous le n° 46. C'est encore à la bienveillance de feu M. R. F. van Lansberge, alors gouverneur de l'île de Curaçao, que le Musée est redevable de cet objet rare et intéressant. Longueur, 18,5 ; largeur, 4 et 6,5; épaisseur, au milieu, 2,5, sur les faces latérales, 5.
Je prie MM. L. de Rosny et Lucien Adam, de vouloir bien accepter, en souvenir du Congrès de Luxembourg, les fac-similé des n°' 63, 64 et 65 que je dépose sur le bureau.
M. Madier de Jiontjau donne lecture d'un mémoire sur Pierre Martyr et les écritures sacrées de F Amérique (1).
(1) Le 8 novembre 1877, M. Madier de Montjau faisait savoir à M. Lucien Adam, par l'intermédiare de M. de Rosny a qu'il avait besoin de six semaines pour mettre son travail en état de lui être envoyé. » Le 25 décembre suivant, M. Madier de Montjau chargeait M. Léon de Rosny d'informer M. Adam qu'il renonçait à lui adresser son travail « il vous avait demandé » ajoutait M. de Rosny « six semaines de délai pour la révision de sa copie, et comme vous ne hii avez pas répondu à cet égard, il ne s'en est plus occupé. »
': I I ,i. (Note de la Commission de publication).
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