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3** la contemporanéité du développement de l'humanité dans l'un et l'autre monde.
M, Engling considère l'emploi exclusif de la pierre comme l'indice de l'antiquité la plus haute, et il reporterait volontiers l'aube de la civilisation américaine à une époque antérieure à celle de Tubalcaïn ; de ce fait, que des silex travaillés ont été recueillis sur toute la surface des deux Amériques, il tire la conclusion que la dissémination de l'homme primitif et de son développement a été la même pour toute l'étendue du Nouveau Monde ; enfin, il n'hésite pas à voir dans les analogies frappantes qui existent entre les silex du Nouveau Monde et ceux de l'Ancien, une preuve manifeste delà contemporanéité des habitants primitifs des deux mondes.
M. Lebrun dépose sur le bureau deux cahiers renfermant 150 croquis de bijoux, figurines, idoles, statuettes, armes, vases et objets divers faisant partie de l'impor- | tante collection que M. Emile de vuie, Consul de Bel-i gique à Quito, a formée pendant un séjour de neuf années dans la République de l'Ecuador (1).
(1) Le Commission de publication a reçu de M. de Ville, en réponse à une demande de renseignements, la note suivante :
« Il m'est assez difficile de me rendre au vœu de la Commission^ étant occupé à faire en ce moment la description dé ma collection. Je ne puis guère scinder ce travail.
Ma collection se compose d'une centaine de spécimens de poteries et d'un nombre à peu près double d'objets en pierre,; cuivre, cuivre argenté, cuivre doré, alliage de cuivre et d'argent (tunibaga), argent, or, tels que sièges, haches, tupus, conopas , bracelets , boucles d'oreilles , colliers , bagues,! fétiches, etc. Tous ces objets proviennent de la République
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Il suffit de parcourir ces deux cahiers pour se convaincre que leur auteur rendra un service signalé à l'archéologie américaine en publiant, à l'exemple de M. le Docteur Leemans, le catalogue raisonné et illcistré des richesses par lui recueillies dans l'Amérique du Sud.
M. DE Ville nous apprend qu'il compte faire don de sa collection au Musée Royal d'Antiquités de Bruxelles. Nous pourrons donc, dans deux ans, étudier de visu les originaux dont voici des croquis d'ailleurs très-habilement exécutés. Espérons que M. de Ville voudra bien nous guider dans cette étude, et que cet archéologue distingué se décidera à enrichir le compte-rendu de la troisième session, du catalogue auquel vous m'approuverez d'avoir fait allusion. „ r ,. . ;.,
M. Valdemar $ichniit entretient le Congrès des Antiquités du Groenland. . . • ;
Les musées de Copenhague possèdent plusieurs séries considérables de diverses antiquités grœnlandaises recueillies
de l'Ecuador (ancien royaume de Quito), du temple de la lune de la ville de Quito, de Hahuntaqui, Caranqui, Mulalo^ Lalacunga, Chimbo, Riobamba, Ingapirca, Cuenca, et de Chordeleg où furent découverts, il y a quelques années, les objets décrits dans la Gazette des Beaux Arts, sous le titre de Trésor de Cuenca.
; -J'espère pouvoir présenter au prochain Congrès de Bruxelles un travail complet et plus intéressant qu'une nomenclature succincte, seule chose qui me soit permise en ce moment. Sous peu, mes collections que je compte offrir à mon pays, seront je pense exposées au Musée Royal d'Antiquités de la porte de Hal, à Bruxelles.
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partie dans des tombeaux, partie dans les ruines d'anciennes demeures, maisons ou cabanes, très-nombreuses dans le pays.
Ces antiquités se divisent en deux groupes bien distincts. Le premier se compose d'objets ayant appartenu à une civilisation avancée et remontant à l'époque à laquelle le Grœnland et le Vinland furent découverts par les anciens Scandinaves, et OLi une partie du Grœnland fut colonisée principalement par les Islandais.
Les objets qui forment le second groupe ont appartenu à une civilisation bien moins avancée ; ils proviennent de peuplades chez lesquelles les métaux étaient extrêmement rares, et qui dès lors devaient se contenter de la pierre pour la fabrication de leurs outils non tranchants ou tranchants. Ces objets ne remontent pas à une époque aussi reculée que ceux du premier groupe : la plupart paraissent dater des derniers siècles qui ont précédé la colonisation du pays par les Danois et l'arrivée du misionnaire Egede(1721). Les peuplades! auxquelles nous devons ces débris d'une industrie tout à fait primitive étaient des Esquimaux dont les Grœnlandais actuels sont les descendants.
J'ai placé sous les yeux des membres du Congrès de Nancy un certain nombre d'échantillons des objets les plus remarquables découverts dans les anciens cimetières Scandinaves du Grœnland. Je ne reviendrai pas aujourd'hui sur ce groupe d'antiquités ; la nouvelle Société danoise de Géographie compte envoyer prochainement dans ce pays, une expédition scientifique, qui aura pour mission principale de fouiller méthodiquement les anciens cimetières et les ruines des anciens établissements Scandinaves. J'espère pouvoir soumettre à l'un des futurs congrès des Américanistes, les résultats de cette exploration. . 1 > ; • ■ il
C'est, Messieurs, des antiquités du second groupe que je veux vous entretenir. Le Musée royal d'Ethnographie de Go-| penhague possède de nombreuses séries d'objets provenant
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des tombeaux des Esquimaux antérieurs à la prédication d'Eg-ede, ou des ruines des cabanes datant de la même époque. Grâce à l'obligeance du directeur M. Worsaae et de : l'inspecteur M. Steinhauer, j'ai pu apporter ici quelques-uns de ces objets, dont on a réussi à déterminer la destination et l'usage avec une certitude complète. Quant à ceux pour lesquels on n'est pas encore arrivé à une détermination exacte, j'ai pensé qu'il était inutile de les placer sous vos yeux. Il n'a pas toujours été facile de déterminer l'usage de ces objets, car la plupart étaient brisés et beaucoup de fragments manquaient. Mais le savant inspecteur du Musée d'Ethnographie, M. Steinhauer, a su vaincre ces difficultés, guidé sûrement qu'il était par ses profondes connaissances en ethnographie moderne, et par les études exactes qu'il a faites sur les pro- «cédés industriels des divers peuples du globe.
I Je vais. Messieurs, vous montrer, en passant dans vos rangs, comment les anciens Grœnlandais s'y sont pris pour coudre, couper, scier, percer du bois, raboter des planches, tailler des pointes de flèches, etc., etc., le tout sans se servir jamais de métal. Voici, par exemple, un petit objet pointu en pierre, affectant presque la forme d'un fer de flèche, et qu'à première vue on serait tenté de prendre en effet pour une pointe de flèche mal réussie : eh bien, ce n'est autre chose que la pointe d'un perçoir qui a servi à perforer du bois ou de l'os. Cet espèce d'arc en os, que l'on prendrait volontiers pour un jouet d'enfant, est le volant de ce percoir^ etc., etc.
' Après avoir expliqué, avec la plus grande complaisance, le mécanisme ingénieux des anciens outils des Grœnlandais, [m. Valdemar Schmit exprime le regret que l'heure avancée ne lui permette pas d'exposer, en entrant dans le détail de cette industrie primitive, comment à l'aide de ces quelques outils, les Esquimaux ont su fabriquer tous les objets dont ils avaient besoin pour subsister dans des régions où nul autre peuple ne peut vivre.
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Il est donné rouiiimnicalioa do ({uolqiies extraits d'un Mémoire de M. l'abbé Ji*Ie» Pipart, sur les Éléments phonétiques dans les Écritures figuratives des anciens Mexicains.
On ne peut mieux se rendre compte de l'essence d'une langue et des principes philologiques et linguistiques qui ont présidé à sa formation, qu'en recherchant le mode de représentation oculaire dont l'a dotée, à un certain moment de sa vie, le peuple qui l'a conçue et parlée dès l'origine. Car « Verha volant, scripta manent » : les langues se modifient en plus et en moins ; les manuscrits, les monuments, quand il en reste, demeurent plus ou moins intacts ; mais quoi qu'ils \ soient, les injures du temps n'en redisent que mieux l'authenticité.
i Ce serait ici le lieu de faire un inventaire de ces monuments I d'une pensée qui n'est plus, bien que le temps n'en ait ; point efTacé complètement l'empreinte. Mais à chacun sou ' labeur, à chacun l'honneur d'apporter quelque épave de ce grand naufrage d'une nation.
Recherchons les vieux écrits pour les faire parler. — Si, en effet, une langue n'est qu'un tissu de peintures naïves, destinées à traduire un concept par lui-même impalpable, mais peint dans l'âme par la réflexion d'un fait ou d'un objet maté-t \ riel, l'écriture, par une troisième opération réflective (que je comparerai à la recomposition par le prisme de la lumière blanche), l'écriture, dis-je, le ramènera au type primaire d'où jaillit pour la première fois la notion. Alors la notion analysée, redevient l'objet peint, mais l'objet sonore: un mot. L'hiéroglyphe est créé. De là au syllabisme, il n'y a qu'un pas, mais un grand pas : celui de la civilisation.
I II y a deux phases distinctes dans toutes les langues et, par conséquent, dans le mode représentatif de toutes les langues, l'époque préhistorique et l'époque historique. Les Mexicains
ont pass(', avec leur langue et leurs peintures, par ces deux phases. La première est un temps d'ombre et d'incubation, d'essai et d'harmonisation : elle a pour apogée la pictographie, la représentation 7'éelle des éléments de la pensée qui, en passant de l'hiéroglyphie à l'écriture symbolique, tend à fixer la tradition primitive, à fonder l'histoire. Là, apparaît le second phénomène : le terme critique ou historique qui est la grande épreuve des nations et des langues qu'elles parlent. Le langage alors, dans les races fortes, s'en va, conduit par l'analyse, des confins hiéroglyphiques au seuil du phonétisme, au syllabisme, garant de son autonomie. Tandis que, dans les races faibles, on voit poindre tôt ou tard, avec l'appauvrissement de la sève ou la pléthore de la synthèse, tous les symptômes de la dissolution ou de l'anesthésie organique, auxquels aboutit inévitablement d'abord un quasi-lévirat, puis la disparition.
Sur le théâtre de mon choix, au point de vue où la question se place, je compte deux importantes transformations graphiques, dont la seconde, à proprement parler, ne renferme, comme tout événement humain, qu'un point de départ et un terme d'arrivée. Nous prenons donc l'écriture Mexicaine sur la limite préhistorique et déjà sur le seuil traditionnel que la langue n'a pu franchir, si ce n'est captive du syllabisme, du phonétisme. Car là vient expirer l'art de créer la parole, où commence l'art de l'écrire.