CHAPITRE I. — ÉLÉMENTS PHONÉTIQUES, VOYELLES
Tous les peuples de l'ancien monde comme du nouveau, ont eu leur enfance de la pensée et de l'écriture, leurs onomatopées, leur bégaiement de la parole et leurs rébus. Même pour ce qui est des caractères dévânagaris (dont les images sont oblitérées et dont les dénominations ont disparu sous l'effort d'une civilisation puissante et lointaine) tous les alphabets ont été hiéroglyphiques; du sémite et de l'hellène au romain, du chinois au japonais et au coréen, de l'égyptien pharaonique
3» Pa
pc
pi
po
pu
Ca
cjue
qui
co
eu
Ta
te
io
lu
Hu +
Ilun
hue
lanj
uh
xa
xe
xo
xu
. ch 4-
cha
che
c.hi
clio
chu
■ tz +
Iza
tze
izi
Izo
Izu
Ça
çe
çu
tl +
ila
ile
tlo
ma
me
mi
ino
mu
na
ne
ni
no
nii
ya
iy
yo
yu
à l'accadien, au sumérien, des qquîpu aux calculifornies iMajas, aux caractères didactiques des Mexicains : c'est le procédé de l'alphabet réel, précédant l'alphabet analytique des sons simples.
Pour démontrer que la langue des Mexicains est aussi bien hiéroglyphique dans la composition du parler que dans l'usage de l'écriture, nous allons étudier le syllabaire quant au sens et quant au mode matériel d'en représenter chaque élément.
5^^ atl, a « eau ». Ce monosyllabe a le sens
^ générique « d'eau, de germe, aTépuu, de gra-
vure, d'êtres ».0n le retrouve dans une in- Ç5 finité de mots : ach, achtli * grain, frère, pé-
pin (\) ».
L'eau, comme masse, est une résistance, une affirmation , comme goutte, elle est infirmation, une privation, une négation. On dit au Mexique comme chez nous : il... y voit goutte: a-chi achi « voir peu »; ach-i « paraître un grain •; a-mi « chasser », prétérit ona « détruire en chassant»; amo, négation, veut dire « non-soi, non-lui»,le wemo latin; ca « c'est »; « ucf qu'est-ce que? - (Aca « q. q. un » ; aqiii « tomber, survenir » ; cf. la lettre sanskrile a, qui a les mêmes analogies).
(1) Codex Vergara; voy. M. Aubin, dans les Archives de la Société ■ Américaine de France, t. IV, p. 37, et Brasseur de Eourboiirg, Histoire des Nations civilisées du Mexique, t. 1.
CONGRES DES AMERICANISTES.
Etl « faséole », a le sens générique de « vent, souffle ». 11 est représenté par une fève; c'est le mode de numération au Mexique.
Yei, 'ei, 'e' signifie « trois » , et s'exprime par trois fèves et trois lig. tr. {El, elli pour el-tli, forme des dérivés dans le sens de ■ déchirer, labourer, foie »; cf. la lettre skr. è).
Mais ETL « faséole », fait songer malgré soi à sa prohibition pythagoricienne, égyptienne et mexicaine. Les Othomis l'appelaient le principe du mal. Eecatl « citoyen-de-l'air, souffle » aussi. 1° « l'hôte de l'homme, son esprit de vie »; 2° le nom du 7* jour, d'après le Codex Chimalpopoca ; y homme fait de cendre {nextli) fut animé le 7* jour au signe Eecatl. Faut-il voir cette étymologie dans les vocables mexicains: Eh, ehua « lui »; (cf. le mot hébreu nin^ yehoua) (et yei, la triade dont parle Pythagore, à ce mot, que signifie . yei... ) (1)?