‹ Compte-rendu de la seconde session, Luxembourg-1877 (volume 2)Chapitre 83 sur 117 · III · texte numérisé non relu

III

(1) Au rapport de Varron, les fèves étaient interdites aux Flamines de Rome, parce qu'elles contenaient des lettres infernales, deux taches noires, sans doute, peintes sur les ailes qui enveloppent la carène. Ce qu'il y a de remarquable dans la défense de Pythagore, identique à celle des Mexicains, c'est que les initiés aux mystères d'Eleusis ne pouvaient manger de fèves parce qu'elles étaient nées en même temps que le premier homme '. Ce n'est pas, du reste, le seul souvenir mexicain que l'on trouve mêlé aux mystères d'Eleusis. Dans les cérémonies d'initiation dans le temple de Cérès, après l'exhibition des deux emblèmes mâle et femelle proposés à l'adoration des récipiendaires, on

Le chevalier (le Jaucourt, Ancienne Encyclopédie.

ECRITURES FIGURATIVES MIXICAINES. 351

/ « boire » ; au sens générique de « sortir, jaillir, entrer, irruption, invasion ., d'où ix « œil -; J^ ^^ les dérivés /P, IC, IT, iy, iz, im, in, il, etc., puis : pi, qui..., ci, etc., seront examinés dans la suite de ce travail ; le monogramme représente de l'eau comme Atl, mais sourdant par trois bouches qui rappellent le nombre trois, (cf.l a lettre sanskrite u). Pix de Pi + ix « tenir à l'œil ».

^ »^ Iztetl « ongle », et iz « ici ».^ Voici ensuite

différentes combinaisons à retenir : il « retour » ; ila « vieux » ; ilhuitl, fête annuelle ; il* « au-dessus, superflu »; ilo « retourné »; ilpia « lier » ; mil « champ » ; pil « suspendu >■ ; quil « on dit, on rapporte »; til « point, tension »; tzil « sonore, retour du son ». La forme des verbes révérentiels se compose de il, ili, tili,

! tout comme les hiéroglyphes qui ont le signe

du fera cheval avec consonnancedeL et le sens de retour. Pour abréger, nous dirons que les voyelles, et surtout i avec l=zil, précédés deP, C, T, X, M, N, etc., donnent sujet aux mêmes remarques que, dans la langue chinoise, la combinaison des 21 4 clés avec les 1 042 phonétiques principales. Ici et là, la lettre initiale con-

y prononçait ces mots à signification et à physionomie mexicaine, mais aussi surprenants qu'étrangers à la langue grecque : KOrH OMIT A H, Konx ompax.

Après les détails qui précèdent, cela fait rêver ! mais laissons là

les rêves. . , ,,,,,,

352 CONGRÈS DES américanistes.

sonne, soit la clé en chinois, p?;se sur le sens pour admettre le premier facteur à une autre série.

otli « chemin »; généralement il indique une ligne. Le signe hiéroglyphique leprésente deux lignes ; om, qui d'après l'euphonie se changera en oCjOp,ohu\.. et signifie « deux». Le mot otli se dit aussi ohui; om est devenu ohu; ui représente y, î/a, yauh » il va »; et en eiïel il y a trois traces de pas humain. Je soupçonne la même analogie dans le mot nahui, nauh « quatre »; et même ye-hi « trois »; (cf. le vav 1 hébreu, et le sanskrit w); en maya, oc signifie • pied, jambe »; en mexicain toc se décompose ainsi : Te « substance, surface et lèvre, quelqu'un » ; oc « deux sillons, deux traces », c'est-à-dire terre labourée, ensemencée. Dans la première figure le grain est jeté; dans la deuxième le grain est chevelu, levé; — oc, oquich, mcâle, virilité, qui est à toca, et à ta, père, semeur, nom, comme wa, mère, est à naca, chair, et noqui, répandre. Le O peut avoir parfois le sens de cuk, dont le c se supprime devant une voyelle; Teuh — tecuh « maître des hommes », d'où Teo « Dieu »; neuh — necuh « miel de ruche ».

Poe « fumée, vapeur », vient de po « nombre, enflure », et de oc, o-c « bouillonnement, émission ». Le P est augmentatif, excessif. Le Cdeca, can, cam « bouche, joues enflées », a un rôle d'enflure dans ce mot poc qui s'emploie symboliquement pour la voix, le temps

narratif, le comniaiulemcnt, la proclamation d'un fait, etc.

S'échange, comme voyelle, avec 0, et en emporte le sens. (Voy. 0.)

Oc-iU . pulqué, liqueur fermcntce »;Ic cseul, traduit par « le gaz s'évaporant d'un vase quelconque », etc., se voit employé vers la fin de l'époque comme lettre isolée et encore significative. (Voy. des exemples du contraire [insignificatif] au mot Teocaltitlnv, ch. IV, fin.)

«/avec signification de « rebondissement », remarquée dans les dérivés : caoutchouc.

Me, huehue, sorte de tambour.

m', uh, épine (Cf. le mot : houe, en

français.)

C'est la diversité des formes de la sensibilité et de l'intel- Kgence au point de départ, nuancée, modifiée plus tard encore par le temps, le génie national, qui conduisit un peuplera travers les mille vicissitudes de sa destinée, dans ses créations idiomatiques réelles ou orales. Ici pour créer la notion significative, la voix se servit des lèvres ; là, des contractions de la gorge. Mais voir s'identifier ainsi l'hiéroglyphe à l'acoustique, de manière à ne pouvoir se prononcer sur la question de priorité entre l'écriture et le parler, c'est reconnaître le fait le plus saillant, sans contredit, de l'ancien idiome mexicain. « Partout, a dit on substance M. de Humboldt, l'œuvre du temps s'unit dans les langages à l'œuvre de l'originalité nationale; et ce qui caractérise les idiomes de l'Amérique et de l'Asie septentrionale n'a pas nécessairement appartenu à ceux de l'Inde

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et de la Grèce. » Nous verrons que l'hiéroglyphe ne s'est pas seulement emparé des mots et des syllabes, mais que son empire s'étend encore à la phrase, à la syntaxe, et se substitue même à certaines relations, à des prépositions des autres langues, à des verbes.

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