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Nous disting-uons la sépulture d'un Mound-Builder, du tumulus solitaire d'un Indien postérieur. Nous croyons pouvoir aussi distinguer l'attitude horizontale des corps fréquemment rangés en cercle, de l'attitude assise propre à d'autres races.
Nous croyons encore, que nous pouvons reconnaître les objets de provenance Mound-Builder, et discerner les cercles de crânes ou de pierres, ainsi que les divers ustensiles enfouis avec eux.
On a aussi trouvé des inscriptions qui sont supposées appartenir aux Mound-Builders.
Quoiqu'il en soit de ces témoig-nages, nous ne sommes encore arrivés à aucune conclusion définitive. Nous recherchons les distinctions et les affinités de race de ce peuple mystérieux^ mais nous n'avons d'autres témoignages que sa situation géographique et les ouvrages en terre qu'il a élevés. La comparaison des différentes constructions des Mound-Builders, ! l'étude des objets qu'ils ont laissés derrière eux, celle de leurs | crânes, de leurs squelettes, de leurs modes d'inhumation et de leur symbolisme, pourront, par la suite, nous en apprendre davantage.
Nous allons maintenant nous occuper de la division ou classi fication des Mound-Builders.
Etant donné, qu'un seul peuple a élevé les innombrables | constructions dont il a été parlé précédemment, nous nous j proposons d'examiner ces ouvrages et de rechercher comment J! ils diffèrent entre eux. Nous devons dire cependant, relativement à la classification qui va suivre, que nous ne sommes nullement assuré du synchronisme de nos divisions. En fait, il est possible que des tribus indiennes postérieures aient élevé une classe de monuments, tandis qu'un peuple plus ancien en aurait élevé une autre.
Ce qu'il y a d'étrange dans ces ouvrages en terre, c'est
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qu'ils diffèrent tant entre eux, suivant leur situation géographique, et qu'il y ait si peu de preuves que dans un même territoire lisaient été construits successivement. Il se peut que l'on parvienne par la suite à déterminer quelle a été la succession des formes et des différentes époques de construction ; mais, peur le moment, notre division est purement géographique.
Quand nous embrassons l'ensemble du vaste territoire qui a été désigné comme l'habitat des Mound-Builders, nous discernons au moins cinq différents systèmes de constructions, dont chacun est particulier à une région.
1° Le premier système est celui des ouvrages découverts dans la partie Nord de la vallée du Mississipi, spécialement dans l'Etat de Wisconsin ; on lui a donné le nom de système des « Mounds emblématiques ».
Dans cette région, et presque exclusivement dans le territoire assez restreint qui s'étend à l'Ouest du lac Michigan et à l'Est du Mississipi, se trouvent ces constructions singulières qui ont excité tant de curiosité et d'admiration. Ce qu'il y a en elles de particulier, c'est qu'elles reproduisent très-exactement les formes des divers animaux sauvages de la région. Tel est le cas de la presque totalité des mounds funéraires dans certaines localités^ où l'on ne semble pas s'être borné à une seule classe d'animaux.
Si les représentations dont il s'agit sont celles des totems des différentes tribus ou de leurs divinités, on est autorisé à conclure que tôt ou tard les Mound-Builders ont symbolisé de la sorte, par d'énormes ouvrages disséminés sur toute la surface du territoire, presque tous les animaux avec lesquels ils étaient familiers. Sur les sommets de maintes collines dominant de beaux tleuves et de belles vallées^ on aperçoit ces figures mystérieuses et muettes, mais cependant expressives à ce point que l'on dirait que les animaux, autrefois peut-être adorés par ce peuple grossier soit à titre d'ancêtres, soit à celui de dieux, sont encore endormis, mais qu'ils vont se
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lever pour protester contre l'intrusion de visiteurs se succédant les uns aux autres. On a trouvé, dans cette région : des serpents gigantesques dont les corps noueux s'étendent au loin à travers la forêt, d'énormes tortues couchées sur le faîte des collines, de longues rangées de ratons, d'ours et de loups qui semblent se poursuivre les uns les autres le long de falaises dominant de magnifiques vallées, des lézards, des têtards, des oies sauvages, des hérons. Bref, tout ce qui rampe, vole ou marche est représenté, et même, l'on suppose que la forme massive de l'éléphant, animal depuis longtemps disparu du continent, a été imitée dans un ouvrage.
La race qui habitait cette région formait certainement un peuple à part, et quoiqu'il en ait été de son âge et de sa parenté avec d'autres races, nous ne pouvons hésiter à lui donner le nom de « Mound-Builders emblématiques».
2° La seconde classe se trouve juste au Sud de la précédente, mais son caractère distinctif est moins tranché; elle comprend les mounds situés auprès du Mississipi et sur ses affluents, depuis la région du Wisconsin jusqu'à l'embouchure de l'Ohio, à l'exception toutefois des massives pyramides de Gahokia et de Miamisburg. Ces ouvrages sont des tumuli ordinaires. Uuant à la région, c'est en majeure partie un pays de prairies oii les établissements importants et les villages populeux paraissent avoir été assez rares.
Gomme les tumuli y abondent, nous dirons sans nous préoccuper des questions de race ou de tribu, que là était l'habitat des « constructeurs de tumuli ».
3° Nous trouvons sur l'Ohio, à l'Est de cette région, une troisième classe d'ouvrages, comprenant des constructions étonnamment compliquées et qui ne ressemblent à rien de ce qui a été découvert dans le reste du continent. C'est là qu'on rencontre cette grande variété d'admirables constructions pyramidales qui ne ressemblent ni aux pyramides du Sud, ni aux massifs tertres coniques de l'Ouest. Ces pyramides tronquées ou à plate-forme sont à tous égards des ouvrages pro-
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digieux. C'est là aussi que l'on rencontre des enclos sacrés, avec murs et chemins couverts, renfermant des temples élevés sur des pyramides à plate-forme et à degrés, ce qui nous révèle le système religieux de cette race. On y trouve encore en grand nombre ces carrés et ces cercles dont les formes sont typiques, et qui servaient à ce peuple mystérieux de maison du Conseil en même temps ([ue de place publique, ou bien qui devenaient le symbole commun du centre de la tribu, partout oi^i ils se rencontraient.
On peut regarder le carré et le cercle comme la forme typique de ce système, aussi distinguerons-nous la race à laquelle il est propre, par le nom de « Constructeurs de cercles ».
Comme il est certain que ce peuple était régi par un système religieux grandiose, il serait peut-être plus exact de dire « Constructeurs d'enclos sacrés. » En réalité, celte race se distingue par trois caractères particuliers qui peuvent servir à la classer ; ce sont ses enclos sacrés, ses carrés et ses cercles, ses temples élevés sur des pyramides à plate-forme.
4° La quatrième division comprend les ouvrages qui se trouvent dans les montagnes, entre les rivières Tennessee et Gumberland. Il est remarquable que l'examen successif des ouvrages appartenant à chaque classe fasse découvrir entre celles-ci des différences frappantes. Si la région de la première classe était le pays des zoolâtres, la région de la seconde celui des constructeurs de tombeaux, la région de la troisième celui des constructeurs de temples, nous voici maintenant dans le pays des « constructeurs de forteresses ». C'est ici qu'on trouve ces grands ouvrages militaires tant admirés. Il n'est pas vraisemblable que ce soit F. de Soto qui ait élevé ces longues lignes de défense avec avant-postes, bastions, angles, murs, parallèles et forteresses intérieures ; et, l'on ne peut guère ajouter foi à l'histoire racontée par les tribus du Nord, auxquelles ce peuple militaire inspirait tant de terreur : qu'une race blanche avait élevé ces ouvrages. Les blancs ne
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peuvent pas avoir été les auteurs de ces travaux, qu'ils aient été des Français, des Espagnols, ou aussi sauvages que les tribus indigènes.
La vie de montagne et les habitudes militaires peuvent avoir rendu le peuple de cette région capable de construire ces immenses et massifs ouvrages, mais il est probable qu'une autre tribu de Mound-Builders a anciennement habité cette région qui est le pays des Constructeurs militaires.
Nous allons maintenant examiner la cinquième et dernière classe des ouvrages en terre qui ont été décrits pour la première fois par l'historien du grand explorateur espagnol. Elle est composée de pyramides, de terrasses élevées et d'enclos sacrés, construits uniformément.
Le peuple de cette région était tout aussi adonné à l'agriculture que celui de l'Ohio, mais il était moins religieux. On ne trouve point ici d'enclos sacrés, ni de temples, ni d'autels élevés sur des pyramides à plate-forme^ mais des « chunkyyards » ou terrains de jeu, et des ouvrages servant de substructions à des maisons du Conseil et à des palais. Le clergé était évidemment subordonné au prince.
Tout indique que cette région était occupée par un peuple d'une politique douce ; c'était l'habitat des Constructeurs de palais. On a découvert dans le Sud tout entier, des constructions indiquant qu'il existait un certain état de sécurité : ce sont des pyramides qu'avoisinent des chunky-yards, des ! excavations, des viviers, ça et là des enclos et des ouvrages défensifs ; mais la forme typique c'est la pyramide tronquée ou à plate-forme sur laquelle, d'après Garciluso de La Vega, s'élevaient les palais des Caciques. Nous sommes donc fondés à donner à cette race le nom de Constructeurs de palais.
Les Mound-Builders, étaient comme nous venons de le voir, divisés en cinq grandes classes ou races ; il résulte, en outre, de la diversité des constructions élevées dans chacun des territoires correspondants, qu'ils étaient subdivisés en tribus. Il est probable que les petites rivières étaient occupées par