LA HOUTE DU MISSISSIPI
découverte et l'espoir de trouver en Floride d'immenses richesses durent beaucoup adoucir l'amertume de son insuccès relativement aux sources miraculeuses.
En habile conquistador, il vint demander à Ferdinand V l'autorisation de conquérir les terres par lui découvertes. Sa Majesté GathoHque accordait très-facilement ces autorisations: elles ne lui coûtaient rien, elles agrandissaient l'empire, elles rapportaient de grosses sommes au trésor, elles devaient, dans sa pensée, amener à la foi chrétienne les idolâtres américains. Le roi accorda donc à Ponce de Léon, son ancien page, la faveur qu'il sollicitait, et le fameux conquistador partit de Séville, en 1591, avec trois caravelles, pour faire la conquête de la Floride. .. . ' '
Ponce ne supposait pas que des sauvages pussent tenir devant lui. Il se trompait. Les Floridiens aimaient leur indépendance, leur beau pays, leurs pauvres cabanes^ leurs enfants, peut-être aussi leurs femmes, et ne se souciaient nullement de passer sous le joug des Espagnols. Sans s'effrayer de l'imperfection de leurs armes, de leur ignorance de la lactique et delà stratégie, ils engagent la lutte bravement, mais, il faut le dire, sans courtoisie, sans nul souci des lois de la guerre. Ils considèrent les envahisseurs comme des bandits et les traquent, les tuent sans pitié ni miséricorde, par tous les moyens. Cela knl frémir, mais huit ennemis seulement leur échappent et, pour cette fois, leur pays est sauvé.
Ponce, Ijlessé à la cuisse, meurt dans l'année, moins de ses blessures que de la honte d'avoir été si complètement battu par des sauvages (1).