‹ Compte-rendu de la seconde session, Luxembourg-1877Chapitre 36 sur 62 · VIII. — Gaveuer de la Salle · texte numérisé non relu

VIII. — Gaveuer de la Salle

Tandis que Jolliet, Marquette et les Jésuites s'efforçaien d'étendre le champ des missions, Gavelier de la Salle projetait la conquête du bassin du Mississipi et l'établisssement d'une chaîne de forts reliant Gataraconi au golfe du Mexique. 11 voulait non-seulement ouvrir à notre commerce un champ immense, mais nous mettre en état de résister avec avantage aux Anglais et aux Espagnols qui nous avoisinaient les uns à l'orient, les autres à l'occident.

Ce hardi projet, longtemps étudié, n'avait rien de chimérique.

Les Sauvages faisaient généralement bon accueil aux Français ; les obstacles naturels de la route étaient connus de Gavelier de la Salle (pii savait très-bien comment les surmonter. Le danger imminent, certain, venait des trafiquants qui craignaient ])()ih' leur monopole, surtout des Jésuites qui voyaient s'évanouir leur projiH, longtemps caressé, d'un Paraguay septentrional.

Pour soutenir la guerre à mort qu'il enirevoyait, le jeune normand se mit sous la protection du comte de Frontenac, homme de grande valeur, esprit juste et clairvoyant, ferme, peu sympathi((iie aux Jésuites dont il repoussait hautaineinent le joug.

Sans s'inquiéter des plaintes et des cabales, Frontenac jeta les fondements du fort de Galaraconi, sur le lac Ontario, à l'embouquement du St-Laurent, puis écrivit à Golbert, le 13 novembre 1678, que ce fort et un navire, alors en construction, suffiraient pour contenir les tribus iroquoises et intercepter

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