‹ Compte-rendu de la seconde session, Luxembourg-1877Chapitre 7 sur 62 · LES ANCIENS PUEBLOS · texte numérisé non relu

LES ANCIENS PUEBLOS

pas même atteindre, on éprouve un sentiment de crainte. Quelquefois les murs des loàtiments ont été élevés parallèlement à la paroi de la falaise, sur quelques-uns de ces marche-pieds horizontaux qui se rencontrent dans, les roches stratifiées, mais le plus souvent c'est dans des cavités naturelles dues à des érosions atmosphériques (pi'a été établie la demeure de l'homme.

L'un des traits les plus caractéristiques de ces habitations construites dans les falaises a été do la part des propriétaires le désir bien évident de les dérober à tous les regards. En effet, outre ({ue la coutume était qu'elles fussent isolées, on avait grand soin de reproduire aussi exactement que possible dans leur architecture extérieure l'aspect général des roches avoisinantes. Dans beaucoup de cas, l'imitation a été tellement parfaite que les ruines ne peuvent être discernées qu'avec le secours d'une jumelle de campagne. Il va de soi que ces précautions n'ont point été prises sans de sérieux motifs : le territoire des Anciens Pueblos a été envahi par un ennemi devant lequel la population aura dû se retirer graduellement dans la direction du Sud. On aura tout d'abord cherché à se réfugier dans les rochers, mais à la fm il aura fallu céder la place à des envahisseurs supérieurs en force et impitoyables. Ces événements sont matériellement attestés par la présence d'un très-grand nombre de têtes de flèches et d'autres engins de guerre dans le voisinage immédiat des ruines les plus importantes. De grandes batailles ont été livrées, et chaque forteresse ne s'est rendue qu'après avoir opposé une longue et vaillante résistance.

Jetons maintenant un coup d'œil rapide sur un ou deux spécimens des ruines dites de plat pays. Dans l'angle qui forme le coin Sud-Ouest du Colorado se trouvent les ruines d'un établissement autrefois populeux auquel on a donné depuis le nom de Aztec Sprlnr/s. Les débris de cette cité détruite couvrent une surface mesurant 800 pieds sur 600. Les murailles qui regardaient la campagne se sont en majeure

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partie écroulées assez complètement pour que leurs emplacements ne se révèlent à l'œil que par l'exhaussement du sol. Les maisons sont construites sur plusieurs plans différents dont les plus usités sont le quadrilatère ou le cercle. Leurs dimensions sont généralement exiguës et d'ordinaire elles ne contiennent qu'une seule chambre. Il existe encore toutefois, à l'extrémité Nord du pueblo, des parties de murailles ayant appaitenu à deux immenses édifices en forme de parallélogrammes dont les alentours semblent indiquer qu'ils ont été construits en vue d'assurer les avantages d'une protection mutuelle à un grand nombre d'habitants et de leur permettre de soutenir un siège prolongé. Ils sont disposés à cent pieds l'un de l'autre sur une ligne faisant à peu près exactement face au Nord. Ceux des murs extérieurs qui sont placés sur cette ligne mesurent actuellement de huit à onze pieds de hauteur, tandis que ceux des trois autres côtés ainsi que les murs intérieurs ne forment plus que des amas de débris. Celte différence tient à ce que ceux-ci ont été construits en briques crues, tandis que ceux-là l'ont été en pierres de bonne quahté. Les blocs de pierre qui ont servi à élever ces derniers ont été taillés symétriquement, en forme de rectangles, avec des outils en pierre ; ils mesurent un pied en longueur sur quatre ou six pouces en épaisseur et un demi-pied en largeur ; ils sont ordinairement disposés de manière à ce que ceux d'une même rangée brisent leurs joints avec ceux de la rangée de dessus et de la rangée de dessous. Le mortier employé était simplement de la terre à brique, mais comme celle-ci était mélangée de poussière calcaire provenant de la décomposition des carbonates de chaux très-abondants dans la localité, ce mortier est à la longue devenu aussi dur que les pierres qu'il a servi à cimenter. Bien que les arêtes des blocs et l'enduit extérieur se soient désagrégés par l'action séculaire des éléments, ce qui est demeuré debout présente encore une épaisseur de près de trois pieds et n'a rien perdu de sa solidité. Il est même vraisemblable que cet état de conservation se maintiendra dans l'avenir pendant des siècles.

Fhnche I

Anciennc/'inaison de falaise' ou cliff-liouse^

dans le. canon du Rio Mancos, Colorado Conorés inlerr-stjonaJ des A.méncanjsies Session de Lujcembûufp.j

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