‹ Compte-rendu des travaux de la Chambre d'agriculture du Bas-Canada [microforme]Chapitre 12 sur 98 · PROVINCIALE AGRICOLE, 1858. XXVII · texte numérisé non relu

PROVINCIALE AGRICOLE, 1858. XXVII

autre chose que ce qu’il peut produire ; car une race n’est que le produit de tel régime,déterminé par les circonstances locales, et continué pendant une longue suite de générations.

En procédant dans l’amélioration d’une race par le changement de régime, sans introduction de race étrangère, mais en se prévalant néanmoins des différences individuelles que ce régime produira certainement, pour propager les formes et les qualités que l’on croira devoir le plus rechercher, on créera ainsi une nouvelle race qui sera constante et qui se maintiendra sans effort, tant que l’on continuera de soumettre les animaux au régime qui lui a donné naissance. Si, en changeant le régime, on veut s’aider du concours d’une race étrangère,pour arriver plus promptement aux formes et aux caractères que l’on désire obtenir, on ne pourra les conserver dans la race d’une manière constante que dans le cas où le régime sera approprié à ces nouveaux caractères. (C’est pour sela qu’un changement de régime doit être la bâse de toute amélioration dans les races, et les croisements ne doivent être que des moyens auxiliaires. Dans ce cas, comme l’a si bien dit Dombasle, “ la race introduite est le patron au moyen duquel on abrège et facilite le travail, mais l’étoffe dans laquelle il faut tailler la race que l’on veut former, c’est le régime.

Aussi, bien que nous devions tendre aujourd’hui à grandir nos races chevalines, qui ne sont pas généralement assez lourdes pour les travaux de l’agriculture et les charrois de nos villes, que nos éleveurs se rappellent qu’il ne suffit pas d’employer un croisement Clydesdale pour obtenir une augmentation de taille ; mais qu’il faut surtout employer une alimentation riche depuis l’élevage jusqu’à l’âge adulte. Alors seulement ils produiront de ces croisés Clyde-Canadiens, que le public agricole a pu admirer à la dernière exposition. La nécessité d’une alimentation riche une fois reconnue, la question des croisements devient bien difficile et moins générale. Le poulain Clyde ne vivrait pas dans beaucoup de pâturages où s’élèvent nos chevaux canadiens et, chaque fois qu’un éleveur voudra produire un de ces chevaux dont la taille et la conformation caractérisent le cheval Clyde, il devra le nourrir à l’étable, au moins partiellement, pendant toute l'année. L’été, il lui fera consommer des fourrages verts, et ne le fera paître que dans de riches pâturages,trop peu nombreux généralement chez nos cultivateurs. Aujourd’hui les pâturages dans nos campagnes sont les seules ressources dont nous disposions pendant la saison de l’été pour l’élève du bétail; ces pâturages, gazonnées bien souvent par le temps seul, suffisent à peine à entretenir notre race canadienne et seraient certainement insuffisants pour une race plus forte,

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