‹ Compte-rendu des travaux de la Chambre d'agriculture du Bas-Canada [microforme]Chapitre 41 sur 98 · PROVINCIALE AGRICOLE, 1858. LV · texte numérisé non relu

PROVINCIALE AGRICOLE, 1858. LV

exige un ensemhle de circonstances difficile, je pourrais dire impossible à rencontrer,pour le grand nombre de nos cultivateurs.

L'achat de reproducteurs de choix, à des prix coûteux, présente la première difficulté. Cette acquisition une fois faite, Péleveur devra posséder les connaissances indispensables qui le guideront, dans les soins à donner à son bétail, pour perpétuer ses qualités, acquises par Part, qu’un tiaitement peu rationel ne manqueraît pas de faire dispa raître chez la seconde ou la troisième génération. Bien souvent la culture en ne fournisant pas au bétail une alimentation appropriée; devient la pire des circonstances fàcheuses avec lesquelles le cultivateur devralutter pour mener à bien son entreprise d’amélioration.

Aussi, tant que nos cultivateurs ne pourront se procurer a plus bas prix des individus de race améliorée, tant que la culture des betteraves et autres plantes fourragères ne sera pas généralement répandue, les races diverses sans aptitude spéciale formeront nécessairement la grande majorité de nos animaux d’espèce bovine, Précisément pour la raison bien simple qu'avec nos moyens actuels nous ne pouvons produire autre chose que des animaux rustiques, s’accomodant de tous fourrages, et les transformant en viande, en lait, en travail, alternativement ou à la fois, selon les circonstances.

Je sais qu’il est un préjugé, enraciné chez nos cultivateurs, qui ne veulent absolument pas reconnaître de supériorité sur les races diverses par les races ayant une aptitude spéciale. C’est là une ques-

tion excessivement délicate, qu'avec un peu de réflexion pourtant il est facile de résoudre. En parcourant nos campagnes, j'ai souvent rencontré de très beaux types de vaches laitières et certainement que si ces types se rencontraient généralement,au lieu d’en être à améliorer nos races par l’infusion de sang étranger, il est très probable que nous en serions à pourvoir de types améliorateurs les races étrangères.

Mais l’objection est toute dans le petit nombre comparatif de ces animaux remarquables, on oublie trop vite un très-grand nombre d'animaux médiocres pour ne pas dire plus. Ces rares exceptions, qui se comptent par paroisse,servent de bâse à toute discussion. C’est évidemment partir d’une bâse fausse, il est impossible de comparer la masse des individus d’une race perfectionnée aux exceptions choisies d’une race non perfectionnée. [l se présente toujours des circonstances particulières qui peuvent, accidentellement, favoriser le développement d’une aptitude, même chez un individu de la race la moins bonne. Mais c’est là une exception.toute gratuite sur laquelle le cultivateur ne saurait compter et encore moins bâser un raisonnement. Les descendants de cette exception, loin de posséder les qualités de leur mère, lui seront probablement très-inférieurs en tous points, et c’est là une objection contre laquelle les partisans des races diverses ne sauraient tenir. Ces types dont ils vantent si haut les rares qualités ne donnent pas généralement des descendants qui les égalent et cela pour la raison bien simple que ces races,continuellement croisées au hasard, et trop souvent avec des reproducteurs d’un mauvais choix

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