‹ Compte-rendu des travaux de la Chambre d'agriculture du Bas-Canada [microforme]Chapitre 45 sur 98 · LVIIT COMPTE-RENDU DE L’EXPOSITION · texte numérisé non relu

LVIIT COMPTE-RENDU DE L’EXPOSITION

il en ressortira, comme conséquence nécessaire, l’opportunité,pour ne pas dire obligation, d'adopter prélérablement les races laitières, et de favoriser leur multiplication par tous les moyens possibles.

La production exclusive de la viande ne peut être genéralement ‘“#conomique dans notre pays, d’abord parcequ’elle exige une nourri- “ture coûteuse, ensuite parcequ’elle ne trouve pas sur nos marchés un . débouché avantageux. J'ai dit généralement, parcequ’il se présente une exception là ou le cultivateur se trouve dans le voisinage des dis- ‘hilliries, brasseries, dont les résidus peuvent être très avantageusement consommiés pour produire de la viande. Partout ailleurs les hauts prix du grain et autres aliments qui rentrent dans la ration d’un bœuf d'engrais, élèvent si haut le prix de revient de la viande qu’il

n’y à pas généralement bénéfice pour le cultivateur à la produire.

D'un autre côté il y a plusieurs circonstances qui s’opposent à ce que la viande n’atteigne jamais un haut prix sur nos marchés. La première, et la plus grave sans doute, se trouve dans le petit nombre de fortunes assez indépendantes,dans notre pays,pour payer,par quelques sous additionels, le choix d’un bon morceau. Est- ce nécessité ? est-ce habitude, contractée aux jours de gêne et conservée dans l’opulence ? Je ne sais, mais ce dont je ne doute pas, c’est l’opiniatreté avec laquelle les menagères des bonnes maisons d’aujourd’hui parcourent successivement les étalages de tout un marché,pour gagner quelque chose sur le prix d’un diner.

On conçoit que du moment que la qualité de la viande n’entre pour rien ou presque rien dans sa valeur il devient impossible de la produire économiquement. Les viandes de deuxième et troisième qualités qui inondent nos marchés et abaissent le prix du bœuf,seront toujours un empêchement sérieux à la production de la viande de première qualité.

Tel est le débouché de nos villes, voyons quel débouché peuvent offrir nos campagnes. Ici, encore plus que dans nos villes,les fortunes sont modestes, si l’on joint à cela l’habitude de nos cultivateurs de consommer très peu de viande de bœuf, et de lui préférer de beaucoup le porc, on conclura facilement que nos campagnes ne peuvent que fournir un débouché bien restreint à la production de la viande de bœuf, surtout de la viande de première qualité.

En est-il de même du lait? Il faudrait bien peu connaître nos campagnes pour ignorer que le lait fait la base de l’alimentation du grand nombre de nos cultivateurs, pendant près de six mois de l’année. Le lait,employé dans toutes les familles, trouve dans nos villes un débouché considérable. Sous forme de beurre et de fromage il trouve encore un marché ouvert non-seulement dans notre population, mais encore sur les marchés étrangers. Aïnsi nos laitières non-seulement donnent des produits facilement vendables, mais encore elles nous donnent une viande qui, sur nos marchés, pourtoutes les raisons données plus hau!, atteint les plus hauts prix.

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