PROVINCIALE AGRICOLE 1858. LXI
N'est-il pas plus raisonnable de profiter de suite de l’infusion Qu sang
Ayr, en obtenant un plus grand produit en lait avec la mème nourriture.
Mais outre le retard qu'entrainerait l'amélioration de notre race canadienne par elle-mème, il est une autre difficulté bien plus grande encore, Ést-on bien arrêté sur les caractères à rechercher? Saura ton donner une nourriture propre à amener ces caractères ?
elles sont les considérations qui m'ont toujours fait considérer les eroissements,avec les races Ayrshire où Durham, comme le moyen le plus elficace et le plus prompt, chaquelois que les capitaux dont disposera le cultivateur lui permettront de donner à son bétail l’alimentation qu'il exige et de se procurer des types améliorateurs,choisis dans
Pune ou l’auire race, spécialement apte à la production du lait ou de la viande.
Quelques amateurs vont plus loin et veulent substituer de suite les races Durhains où Ayrshire aux races indigènes.
Vouloir perpétuer la race Durham pure, avec notre climat et notre système de culture, c’est, à mon avis, trop prétendre. Peut-être quelque riche amateur réussira-t-il à produire quelques beaux animaux, au moyen d'étalons importés à grands frais, de constructions spéciàles,et d’une culture fourragère couteuse,mais il y a loin de Jà à rendre cette race commune dans le pays. Pour moi,ces animaux perfectionnés ne peuvent aider 4 l’amélioration de notre bétail qu’en les croisant avec nos races déjà acclimatées. La culture aidant, sous forme d’une nourriture plus substantielle, la taille s’élèvera et, avec de la précocité, notre bétail sera bientôt ce qu’auront pu le faire les circonstances; c’est-à-dire capable de résister à notre climat, et ayant obtenu, par le croisement, une certaine aptitude à prendre la graisse. Voilà comment je puis approuver l’importation du Durham pur.
Lorsqu'il s’agit de races laitières,les diflicultés sont moindres : l’imrtation est possible, avantageuse même, et l’Ayrshire est de toutes es races anglaises celle qui convient le mieux à nos besoins. En effet, élevée sur un sol argileux et sans abri, déjà habituée à un climat rigoureux, l’Ayrshire réussit parfaitement dans sa nouvelle patrie, et, avec quelques soins, perd bien peu de ses qualités précieuses.
Mais de ce que cette race est universellement réputée excellente laitière, s’en suit-il que nous devons l’importer quand même et la substituer partout à notre race canadienne ? je ne le crois pas. Outre que ce moyen d’amélioration serait beaucoup trop long, il serait rendu impossible par l'énorme dépense qui n’est pas à la portée de nos cultivateurs.
Je crois à la possibilité d'améliorer notre race laitière,par le mélange du sang Ayrshire,au moyen de taureaux purs ; mais je ne puis consciller l'adoption de la race pure en général. En croisant toujours PAyrshire, au dixième croisement il ne restera plus qu’171024ème de sang indigène,ce qui équivaut à la substitution complète de la race