LXVI COMPTE-RENDU DE L’EXPOSITION
par ses bêlements le gardien qui doit le protéger. Enfin grâce à ‘a domestication, le mouton est devenu incapable de vivre sans être continuellement surveillé et dirigé par l’homme.
Pourtant dans quelques circonstances le mouton se trouve dans un état demi sauvage, n’exigeant qu’à moitié les soins et la surveillence que demandent les races améliorées. Ainsi dans ies steppes de l’Amérique du Sud, dans les vastes plaines de l'Australie, ou encore dans les pâturages immenses de la Hongrie, là ou les troupeaux'de 20 à 30,000 têtes vivent toute l’année de l’herbe verte qui, sous ces climats,croît dans toutes les saisons,on conçoit que la surveillance est peu de chose et que l’éleveur ne rassemble son troupeaux une fois dans l’année que pour la tonte ou pour le marché. Dans ces circonstances le mouton redevient ce qu’il était avant la domestication, il a moins d’aptitude a produire soit de la viande soit de la laine, mais aussi il retrouve sa rusticité et se contente de la nourriture qu’il cueille lui-même.
Il y a loin de ce type à demi savage des moutons des plaines, aux types d’aptitudes spéciales à la production de la viande ou de la laine dont les éleveurs du dernier siècle ont enrichi l’agriculture. Les races perfectionnées de l’espèce bovine ont atteint à peu près la perfection, mais à quel prix ? Au prix des soins les plus intelligents et les plus minutieux, soit dans l’alimentation, soit : ‘ns le choix des reproducteurs, et encore quelques éleveurs seuls r- -ent-ils à produire ces échantillons du beau idéal comme conf ::5on inhérente à une aptitude spéciale. Le mouton plus que tout autre animal semble se mouler sur un modèle, produit des circonstances de culture et des climats de chaque localité ; aussi change-t-il à chaque pas selon les soins et l’alimentatton qu’il rencontre.