PROVINCIALE AGRICOLE, 1858. LXXIII
devait être la seule considération pour le jury. La taille est donc Ja seule marque de distinction reconnue entre les races qui sc trouvent ainsi divisées en grandes et petites. Mais il se présente pourtant une difficulté dans l’application de ce principe. Où finit la petite race et où commence la grande ? C’est là une source de mécontentements dans nos expositions auxquels on ne peut, ce semble, remédier, c’est un mal nécessaire.
Dans cette division, où toutes les races sont appelées à concourir in° distinctement, la race canadienne, qui n’est autre que la race normande, importée et modifiée pour nos circonstances de climat et de culture, ne saurait concourir avec quelque chance de succès. La Chambre d'Agriculture, en venant à cette décision hardie, voulait forcer le cultivateur à se défaire au plus tôt d’une race abâtardie par lemanque de bons soins, et à adopter, en son lieu, les races anglaises, types de perfection de toutes les races de cette espèce. Cette condition n’était que la conséquence du même principe appliqué à nos races indigènes d’espèce bovine, avec cette différence que pour l’espèce porcine, ce principe était tout à fait applicable, tandis que dans l’autre cas, des difficultés nombreuses s’y opposaient.
Dans lamélioration du porc, léleveur ne peut avoir qu’un but, celui de la production de la viande. C’est déjà un point énorme que d’être forcé en quelque sorte de spécialiser une aptitude dans le sens d’un seul produit. Mais ce n’est pas tout, l’espèce porcine est douée d’une fécondité exceptionelle qui facilite, dans cette espèce plus que dans toute autre, les tentatives d'améliorations. De plus les types améliorateurs peuvent s’obtenir à très bas prix, comparativement à ce que peuvent coûter ces mêmes types améliorateurs choisis dans l’espèce bovine. Mais une circonstance qui, plus que toute autre, favorise surtout l’amélioration du pore ch:7 nous, c’est la nécessité ou se trouvent la plupart des éleveurs, de garder dans les porcheries, à toutes les saisons de l’année, les jeunes porcs qu’ils veulent engraisser. Vouloir élever des porcs en les envoyant au pâturage, c’est ignorer les principes les plus élémentaires de la théorie de l’engraissement ou de l'élevage de cet animal. Et beaucoup de nos éleveurs sont aujourd’hui trop instruits sur ces questions pour en agir ainsi.
Sans doute il est des circonstances exceptionnelles où le cultivateur est forcé, faute d2 moyens, d’agir autrement. Le porc passe alors l’été dans de maigres pâturages, exposé aux rayons d’un soleil brûlant ; il est obligé pour se nourrir de parcourir une grande surface, et le soir il sera fatigué d’une longue course qui n’aura qu’à moitié rempli son estomac de mauvais aliments. Dans de pareilles conditions il serait certainement mal de choisir une race perfectionnée, dont les habitudes ne sauraient se plier à un pareil état de choses et ne pourait donner que des pertes là où la race canadienne, se trouvant comparativement à l’aise dans ces circonstances, pourrait encore donne: des profits.
Mais ces circonstances sont plus rares tous les jours et deviendront bientôt l’exception. Les beaux échantillons de races anglaises, ex-