C. PICQUÉ
M. Picqué iotitule «on tableau n° 599 : Saint Hoch guérissant les pestiférés, \\ nous moiiUe riiilérieur d*uii hôpital où Yoa apporte de» malades, doù Ton emporte des morts, où agoniseut des inouraiis. Au mUieu d^une aalle parait «aiol Uoch, debout, en co- •tume de pèlerin, les jambes nues jusqucs au-dessus du genou, il guérit apparemment le malade qui se relève du matelas sur lequel on vient de l'apporter. Autour du brancard sont groupés plusieurs personnages. Au fond, un homme à longue barbe, qui [)aratt être un médecin, près de lui une plus jeune figure, c est probablement un disciple de Tesculape. Au pied et au chevet de la couche, ies porteurs, dont Tun, celui qui est sur le devant,
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luoutrc deè épauic& nu€« et robustes. Une jeune femme^ enveloppée d*une longue draperie jaune , se tient un linge sur la bouche et porte la téte et le corps eu avant. Un peu plus au fond, une vieille femme. Un chien, celui du saint, flaire les piedb d'uu cadavre, qui sortent, nus et roides, dW caveau ouvert sur le devant.
Nous avons bien trouvé, dans chacun de ces détails, quelques-iines des circonstances qui accompagneraient iu uiiracle dont M. Picqué a icuté la reproduction; mais nous n y avons rien découvert de ce qui caractériserait spécialement un miracle de ce genre. L arliote est resté bien au-dessoua de son si^et. Nous avons vainement cherché dans cette composition une idée première, haute et saisissante. Les grands peintres qui ont représenté des scènes analogues, ont toujours eu soin d^avoir dans leur tableau un elTct de sentimeut assez puissant pour dominer tous les détails hideux dont ils étaient contraints de faire usage en reproduisant les conséquences du liéau, et pour adoucir ce qu'elles auraient de repoussant. Voyez , à Alost , la niagnilique composition de Rubens , où il représente Saint Bock implorant le ciel pour les pestiférés, CcvW^ y il est impossible de mettre plus de vérité dans la peinture des souffrances corporelles auxquelles sont en proie les malades qui occupent la partie inférieure du tableau; mais Texpression du
DU SALON d'exposition. 405
6aînt est si belle, elle rend avec tant de force la fervente prière qu'il adresse au ciel^ la charilc donne à cette figure une éloquence si irrésistible , que la peste ne se montre que d'une manière secondaire. Ses ravages vont cesser, le ciel sera touché de Tintercession du «aint.
Voyez, parmi le» modernes, les Pestiférés de Jaffa. Peosez-voua que cette scène d*faApital eût été tolérable si lartiste habile uavait iait le sujet principal de son tableau du dévouement tranquille , de la confiance sublime du hëros qui, bravant la contagion, porte la maiu sur les ulcères des mouransP
Voilà le triomphe du génie; où de« esprits ordinaires ne trouveraient que Foccasion de tourmenter les nerfs des spectateurs, il agit uniquement sur Tftme, qu'il élève par un aublime apectacie, produit au moyen de rbeureuse combinaison d^élémens qui , pris isolément, n^auraient excité que le dégoût.
Peut-on dire que la manifestation du miracle soit, dans le tableau de M. Picquéj suffisante pour mitiger aeiilement ce que les objets dont il Fa composé offrent de repoussant? Non, sans doute; et ici le public s'est montré exigeant, parce que des «ujets de cette nature , comme nous lavuiiâ dil en parlant de M. Defîennes, ne peuvent se traiter que d'une manière supérieure, qu'il n'est pas permis d'y rester médiocre.
406 COHPTE-RBNDU DU 81L0N d'bXPOSITION.
Quoiqu'il y aii certainemeot à louer dans rexécution dtt lableftu de Bl. Picquë, nom altendrons, pour lapprécier, que cet ai'tiâte 6e niautre Uao* des cooditiom ptus favorables.
JACQUES VERREYT.
^ .:€e que nous ayons ti*ouvé de plus digne d*attention mM les ouvrages exposés par ce jeune artiste, ce sont ses^ deux Clairs de lune; le n*" 552 particulièrement.
grand paysa{je, La récolte des foins, offî*e aussi de ibrt belles parties, des détails fort vrais; mais la compo- OTon en est pauvi'e, ou plutAt Fartiste sW borné à coier un site, peu pittoresque d ailleurs.
Clair de lune; vue prise sur la Nèthe,
'^-Kous donnons la lithographie de ce tableau, qui est sans contredit le meilleur clair de luue du Salon. La
* Hameur, mètre 0,GI ; largeur, mèlre 0,47.
408 COMPTE-AENDU DU SALON d'ëXI'OSITION.
composilion en est gracieuse , la couleur excellente , reflet vrai et piquant. Tous lea détaib en aont extrêmementaoigncs, le feuillé des arbres de la dernière déli* catesse^ la variété des nuances bien ménagée^ les couleurs sont bien naturellement modifiées par la teinte générale que donne aux objets la lumière de la luue^ saus leur ôter tout a fait la leur. Nous convenons qu'il y a lâ des réminiscences de Vander Necr, et nous engageons Tartiste à se défier de sa mémoire; mais il y a aussi un faire , déjà sùr^ et une délicatesse de touche qui promettent beaucoup.
H. VANDËRHAERT.
Avec un seul tableau, M. Vandcà liaerl nous a monlré qu'il est capable de réussir dans la peinture^ s'il veut s*y adonner. Cet habile dessinateur, auquel noué noua applaudissons d'avoir confié la tâche de reproduire par là gravure Jes meilleurs ouvrages de nos artistes , a peint ses portraits, n° 492 , avec une conscience de détails et une simplicité d*expressîon qui le distinguent de tous les autres.
On lui avait déterminé les dimensions pour représenter, dans un même cadre, le mari et la femme ^ non pas un jeune couple, uni d'hier, mais des époux d*un âge raisonnable , parvenus par conséquent à cette époque de calme heureux où l'habitude de s'aimer a rendu la
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maiiifcslaltuti du seiilimenl presque itiipei eeptible pour des yeux ëtrano^ero. Combien il était difficile d'aborder un part il sujet; de rester entre cette tendresse vive, qui eût été ridicule, et cette froideur réciproque , qui eût Tail du tableau une épigrarame. M. Vauderhaerl , pour éviter ces écueils , s'est confié au meilleur guide : à la nature; il a été vrai, et il a fart un bon ouvrage. Ce qui nous a surtout frappé dans cette production d'un homme à qui nous reconnaissons une gprande capacité d^arliste, c est le peu de prétention de ses elTets, la modestie de son exécution, si Ton peut s^exprimer ainsi; en examinant certaines parties de ces portraits, on croit voir de la peinture du temps de VanOrley, ou d^Otto Venius. Los mains surtout soul peiules avec une aliuégation d'eifel dont il y a peu d'exemple, aucun charlatanisme de pose ou d'entourage, pour les faire reâsortir; ellc^ sont tout naturellement placées, cachées par les manches en partie, et , malgré cela, les eouiiaisbcurs y vouL découvrir des beautés remarquables.
Pourquoi M. Vanderhaert n'a-t-il pas exposé quelques-uns de ses portraits lithographiés; nous en avons vu qui Tauraîent emporté sur tous les ouvrages de ce genre ^ nous ne citerons que le magnifique portrait de m» le docteur Baud , estampe connue des amateurs*
FLËUaS, FRUITS, GIBIER MORT.
Il semble que rcmpirc de Flore, comme on disait jadis 9 soit exclusivemetil iixmé aux icuimcs. Sur dix artistes qui ont exposé des tableaux de fleurs, nous ne voyou» que deux hommes qui puissent entrer en parallèle avee ce que les dames ont fait de mieux.
^ous Irouvoub que M"*" Kvrard a, celle année, la palme dans ce genre. Son Bauffuet, 173, est celui où nous avons reconnu le plu^ ciiiabileté. L'artiste donne de Tharmonie à Tensemble par des ombres bien ménagées, par un bon arrangement des couleurs Tune par rapport à lautre. Son pinceau accuse peut-être un peu de mollesse, mais ce léger défaut est bien plus excusable que Ja sécheresse, dans la reproduction d objets si
4lâ COMPTB-RBIIDU
déiicaU et dont le mérite réside dans Tharmoaie de» nuances.
Sur les pas de M"*" Évrard , se montre M""* Mercier. Cette jeune personne a déjà fail d'Immenses progrès. Elle a beaucoup de vigueur dans le faire^ sa couleur est brillante. Son Gibier mort, n** 548, estk meilleur ta-> bleau de ce genre que possède le Saloii. Les Iruits qui raccompagnent sont bien peints aussi. Sa Corbeille de /leurs, n° 349, est d'un bel effet , la composition eu est gracieuse.
MM"" Chalillon , Morreu-Delvaux et Vervloet, ont droit aux éloges, pour les jolis ouvrages qu'elles ont produits cette année.
Les deux tableaux de M. £liaerts sont fort remarquables. Les fleurs en sont d'un excellent choix , parfaitement dessinées et peintes avec une grande habiieté. Lc$ roses jaunes du Bimquei, n* 169, les auricules et les capucines sont à la fois vraies et délicatement rendues. La composition est élégante , le v^se est de très>bon goût. Nous voudrions un peu moins de sécheresse dans les contours, et un effet moins éparpillé.
M. Scaron ne nous a pas paru, cette année, à la hauteur de son propre talent ; nous n'avons pas retrouvé dans son Bouquet, n" 415, les (jualités que nous avions admirées dans d'autres productions du même artiste. Il
jnj «ÂLON D'EXPÛ&ITiON. 413
est sec de contours ^ et manque de moeUeux. Toulefoi» «
rexëcntion partielle de ses fleurs est extrêmement re-
marquable.
M. Charette a mis beaucoup d'habileté dans son
grand Bouquet peint à Taquarelie, sur fond blanc. Tout 1 eHei qu'il aurait dû retirer de sa touche délicate est détruit par le matH|ue d^harmonie. Un aussi grand bouquet ne pouvait eu avoir eu se découpant ainsi sur un fond blanc.
MliNIATlliiËS.
Ce gciirc est peu cultivé chez nous, eu é(vard aux
progrès que fait la peinture a l'huile. La miniature est exlréroemetit reslreinte dans ses moyens : la finesse dexécutiuu qu'elle exijje suppose un travail matériel minutieux qui semble exclure rimagination. 11 est rare qu^un peintre en miniature songe à donner à «on ouvrage un efTet autre que celui qui résulte du fini des détails. Ccst surtout ce qui a jeté de la défaveur sur ce genre, auquel les Isabey, les Augustin, les Autissier et M*^ de Mirhel ont cependant donné un certain lustre dans ces derniers temps.
Cette peinture convient encore beaucoup aux dames, à cause de la dimension des ouvrages et de la propreté des objets qu^on y emploie.
COHPTB-BBIiDi; DU SALON D^BXPOSITION. 415
La plupart des peiolres eu miniature oui uuc inauière toute conventionnelle de copier leur modèle. Il en e$i dont tous les portraits se ressemblent; à qui Ton pourrait se borner de dire : « Faitea-moi une jeune blonde ou une jeune brune; » les tons des ehairèëoul loujuut 6 les mêmes et presque toujours aussi peu naturels dans l'un que dans 1 «lutre poriiait. En général, les personnes (|ui se font peindre ainsi ne sont pas fâchées d'être flattées; on fait faire son portrait pour le donner comme souvenir ; dès qu'il y a quelque ressemblance, tous les petits menson^jes accessoires sont très-bien venus. G^cst pour cette raison que ce genre est resté faux presque partout.
Parmi les artistes qui ont exposé des miniatures, il en est plusieurs qui y out réussi sous plus d uu rapport. M^*" Amélie Van Asscbe se distingue par des couleurs fraielies et un grand iiui d exécution. Lile a exposé un eadre renfermant des portraits dont quelques-uns offrent une grande ressemblance, et dont, à la première vue y nous avons reconnu les originaux. Celte dame se dislingue encore par le bon goùL des ajuslcincus et des fondé,
BIM. Jofans cl Ducaju soutiennent leur réputation.
M. Yan Acker, de Bruges, s'en fait ici une belle. Cet artiste , très -connu dans les Flandres , a été cbargc de peindre les portraits du prince de Portugal et
416 caiim^RBNDii du salon d^bzpositioii.
du duc Ferdinand de Saxc-Cobourg , ouvrages qui lui ont valu des élo^^es mérités. Ce quil « exposé au Sillon fait infiniment d'honneur à son talent.
Maïs celui de tous qui nous parait être dans la meilleure voie, c'est le jeuDc Edouard de Latour, Cet artiste cherche à se rapprocher de la nature ét à 6ter à son genre ce qu'il a ordinairement de faux. Nous citerons particulièrement son Jeune musicien, petit tableau où il y a lui joli effet, et son propre Portrait, grande miniature très-finie, et pourtant d'une touche large et ferme. Ce dernier morceau présente des détails de modelé fort remarquables et d'une couleur très-vraie. Sa Jeune Chinoise est encore d*un fort agréable travail.
Les portraits à la miue de plomb et à 1 aquarelle , du même, ne nous plaisent pas autant; ils sont trop symétriquement dessillés, on n'y trouve pas assez de fermeté et de premier jet : cela tient sans doute aux habitudes de son genre. P^ous conseillons à M. de Latour de s'étudier à donner de leffet à ses portraits, c^est là particulièrement ce qui leur manque. Quand nous parlons d'effet , nous n'entendons toutefois que des effets simples et naturels.
MADUIJ.
Les dix premières planches de la Physionomie de la société en Europe, depuis le quatorzième siècle jusqu'à nos jours, composées et dessinées par M. Madou, el lithographiées dans rétablissement royal de M. Dewasme-Pletinckx , ont figuré avec infiniment d^éelat au Salon, Cette collection des plus précieuses a fourni à rfaabile dessinateur qui Ta entreprise, Foccasion de déployer une verve d'imagination et un talent d'exécution qui le mettent au premier rang des compositeurs de tableaux de genre. M. Madou n'a pas encore employé riiuile; mais il peint à laquarelle d'une manière supérieure. Quand les quinze planches qui doivent composer sa Physionomie seront terminées, la collection des dessins originaux, qui oui servi de modèles pour la litho-
ss
418 COIIPT£-R£N0U
graphie, ibrmcra uq précieux mouumciit, qui fera certainement beaucoup d^bonneur à Fart belge.
La réputation de M. Madou cèi aussi bien établie à rëtranger que dans son pays. Paris même lui paye son tribut^ et les éditeurs de cette capitale se trouvent heureux de pouvoir mettre au jour quelques-uns de ses ouvrages. Ses Albums y oui eu beaucoup de succès.
Lorsqu^à la place de nos jugemens^ ou pour les étayer , nous pouvons mellre celui de quelque écrivain étranger, nous en saisissons Toccasion avec empressement. M. Madou a clé ajipréeié à sa véritable valeur jjai un littérateur français^ M, Schœlcher , dans un des derniers cahiers de la Revue de Paris, Nous citerons le passage de cet article qui concerne nos artistes en général.
«On ne peut parler de Tétat intellectuel delà Flandre sans qu il soit question des arts : les Belges s'en occupent beaucoup; en cette voie, du moins, ils ne copient personne que leurs ancêtres; leur individualité ne s'éparpille point, ils vivent sur leur propre fonds. Enfans d'une école de peinture qui u a de rivale que 1 école italienne , ils savent que leur patrie s^est éternellement illustrée par là; ils n oublient pas qu au dix-septième siècle le nom de leurs artistes remplissait encore FEurope entière; ils aiment celle vieille (jluire, ils en parient souvent et montrent Tambition de la reconquérir.
90 SALON D^BXFOSITION.
< Giiaque capitale de province pOMède un muiiéc,
des expositiouÂ^ €t uii fonds employé à acheter des tableaux et des statues; Bruges, Liège, Gand, Bruxelles, AnverS) ont des Acadéniies, et, toutcë les médiocrité«> à part, il reste aujourd'hui à la Belgique quatre artistes dignes de rivaiiiicr av ec ceux de rturope. M. Geefsa taillé de belles statues ; M. Verboeckhoven est venu jusqu'au Luuvre', cl nous 4>av<>iiâ que perHoune entre nous ne le peut égaler dans sa belle manière de faire les animaux ; M. Wappers est connu partout où Ton s'occupe de peinture, et pour n'être pas un génie capable de succéder a Rubens, comme ses compatriotes font semblant de le croire, ce nest pas moins un homme d'une grande distinction.
« Mais un artiste vraiment supérieur, et dont le nom résonnera bientôt, c'est M. Madou. Nous avons vu deux dessins de lui dans le célèbre album du docteur Roger, à Bruxelles, d^une beauté si complète, que nous les regardons comme deux chefs-d'œuvre. L'un ei>l une scène de joueurs, Fautre un trait de la vie de Cra^beck, ce
I Non* pttniobi que M. Schokher le trompe sur ce point. Si VorboecUioven «tt comm k Parit»€*e«t pu un taUMU de mofonne dimeiiMoii qui fail partie «le b galerie (lu Pela!s-Ruy:ii. Ce tabioau étant peint (It'jxiis l<)nr;t< m;»-*, ne Jonae pas une îJée exacte du takul de notre peintre. Ia' cabïnrt tic M. Uolschild possî;tle uu doit beaux tabieans de Verboeckhoven. Pour le Louvre , il n y a jamai» exjK>»é.
AM COKPTE^BENDU DO 8AIX>1I D^BXPOfllTIOIl.
boulanger ivrogne^ qui «e mit à faire d'acUnirabies tableaux pour ne plus quitter son ami , le peintre Brauwer^ qui pamit sa vie au cabaret. Ce sont deuji iutérieurs, Faction sY passe avec darté; la pleine lumière dans le second^ et le jour douteux d'une cave-taveroe dans le premier , sont sentis et rendus tout à fidt en maître : il y a là des qualités fines et rares.
« M. M adott publie en ce moment chez M. Dewasme, à Bruxelles, la Physionomie de la société européenne, depuis le quatorzième siècle /usquànos/aurs* 11 cfaercbe les costumes, les caractères, les mœurs, la piiysionomie enfin , des diverses époques de cette période. Travail ingénieux et spirituel où il ne se dément pas, mais auquel on soubaiierait plus de force dans Texé^ cution.
« Puisque nous avons prononcé le nom de M. Dewasme, nous devons rappeler, comme témoignante du baut potut où est arrivée la culture des arts en Belgique^ que cet artiste-éditeur entreprend seul la Collection , sur grand papier, de Tœuvre entière de Uubeos. A peine Teut-il annoncée , que des souscriptions éclairées lui garantirent les moyens de la mener à fin. M. Dewasme a la conscience de ce qu^il fait, et<;e formidable recueil lithographique deviendra un hommatrc cligne du géant de fécole flamande. »
LÂUTERS.
Uoc copie de La chasse au sanglier de Ruben* ^ tableau qui ëe trouve au palais du priuce d Oi-auge, à BnixeUe» ^ copie exécutée à Taquarelle , a été pboée an milieu des tableaux à Thuile, et y a soutenu sou elle t. Si le travail du eopiate est toujours uu travail aecondaire, li lien devient pas moins très-iinporluui^ iuri><|uil est exécuté daos uu autre genre et avec cette «upériorilé« On connaît les ressources de i aquarelle , eombieu certains effets sont difficiles à rendre avec ces couleurs. Eli bien! M. L.iulers a lullc avec le coloris si ferme, si vigoureux de Kubens^ et ii est parvenu à rendre Tefiet du tableau et toute la variété de ses teintes. Quoique les figures et les animaux soient exécutés avec une rare perfection f le paysage est surtout étonnant.
42â COHPTK-RBNDU DU SALON D^BXPOSITION.
Celui qui sait copier avec cette intelligence et ce «en-
timciit vbl capable de faire par lui-mcmc de fort bons ouvrages. M. Lauters a prouvé déjà Thabileté de son crayon comme lithographe, et de sou pinceau comme aquarelliste.
La copie d après Rubens, dont nous venons de parler, est une des réductions exécutées pour le grand ouvrage de lithographie que se propose de publier H. Dewasme- Pletinckx^ sous le titre de OEuvre de Rubens*
On a pu voir à TExpositîon une planche , n^ 589 du Catalogue, dessinée sur pierre par M. Lauters d'après •on acpiarellc, et qui fera partie de Fouvrage.
Nous devons toulelois faire remarquer aux connaisseurs que le désir d^en voir figurer une épreuve au Salon a fait mettre un peu de précipitation dans ce premier tirage. Certaines parties faibles prendront de la vigueur, et celles que fou peut encore trouver opaques gagueroot de la transparence^ parie fait seul de Timpression confiée à d ijabiieî) ouvriers.
liAUGiMET.
Ce jeune ai liste est eu posseMÎon de liliiograpliier Je portrait. Il a déjà acquis dans ce genre une habileté remarquable. Sa manière esl originale, il rcud les pbyaionomies avec vérité , et saisit parfaitement le caractère saillant de eliaouii. Les nombreux porlraits exposés dans les deux cadres^ 8 et 9, ont fourni à chacun Toccasion déjuger du mérite du dessinateur; dans ce nombre, il en est toujours un ou deux dont on connaît Toriginal. M, liaugniet a reproduit les liaiu de tous les hommes un peu en évidence en Belgique» Indépendamment de sa Collection des porlraits des jnciubrcs de la cliainhre des Représentons, collection déjà fort avancée, il a dessiné les principaux artistes, les peintres, les musiciens.
424 coam-MSNDu du sàtÀm Disxvosmon,
les hommes de Ieiu*e8 de notre pays^ et toutes cet figures sont à la fuis ressemblantes et artîslement posées.
M. Baugniet a une belle carrière devant lui, surtout s'il continue à traiter Tart en artiste plutôt qu^en marchand. L'Exposition était fermée lorsque parurent les beaux portraits de MM. Dekeyscr et Gallait , dessinés par M. Baugniet, Ce sont bien, à notre avis, les meilleurs ouvrages de Tartiste; ils sont faits avec sentiment, et joignent à une rcsdcmblauce frappante un uiériLc de composition extrêmement remarquable.