‹ Compte-rendu du salon d'exposition de Bruxelles, 1836Chapitre 9 sur 35 · ISABEY · texte numérisé non relu

ISABEY

Nous regrcUons que cet arlUte^ dont la réputation esl êi étendue , n'ait pas jugé à propos de noua envoyer quelque chose de plus împortauL que sa / we d une ville normande j u° 274« £n vérité, ce petit tableau ne noua permet pas d appréeîer le talent de M. IsaHey , comme nous avons pu faire de celui de M. Gudin, par les morceaux dont ce dernier a orné notre Salon. Oserons*nous dire que leHet qu'a produit âui* nous celte f^^ue est fort au-dessous de ce que nous attendions ? Oui, sans douté , et même nous nous croyons en droit de reprocher au peintre d'avoir traité nos artistes un peu trop sans façon. La même chose est arrivée en 1855 à M. Devéria, qui avait pensé que son fond d'atelier, ou de magasin, serait toujours assez bon pour Bruxelles* Il s'est trompé ; et

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Bruxelles n*a pas du toul admiré ses petits tahlotins,

Dana un pays qui possède autant de peintres talent inconlcslable que le nôlrc , un ai liste étranger de mérite doit^ nous semble-t-il^ n'envoyer que des ouvrages dignes de sa réputation. Le public de Bruxelles sera cucore, probablement pendant quelque temps, réduit à croire à celle de H. Isabey sur oui dire.

Cependant nous ne pouvons refuser à cette f 'ue de Normandie le mérite d^une touche Gne et délicate , d'une admirable adresse ^ mais il nous est désagréable d*ètre obligé d^ajouler que la vue nous semble manquer (lo vérité , que la manière en a pi w la place , etque le tableau est généralement trop noir, que le ciel ressemble à des morceaux de lapis luzuU incrustés. Parler . ainsi d un ariiste distingué , qui expose chez nous pour la première fois , est un devoir bien pénible pour nous; mais nous avons bien^in d'ajouter que notre intention est d^empècher ceux qui n'auraient pas encore vu de bons ouvrages de ce maître , de se faire une idée du talent de M. Isabey par le tableau qu'il nous a envoyé , sans doute dans un moment de préoccupalion.

Nous attendrons, pour apprécier le grand artiste français, c'cst-à-dîi»e pour en faire Féloge, qu'il ait fourni au public belge Toccasion de ladmircr dans une œuvre où il soit lui-même*

HARÎNUS.

Voici troi« ans que ce jeane pcinlre s^eal pbcë parmi

noê pa^iiagisles. Son (icljul a eu quelque reteiitmcmeni; non pas qu'il se soit présenté dans la lice avec une supériorité qui lui attirât tous les suffrages, mais parce que rapparition de ses ouvrages éveilla de grandes discussions sur les principes de Tart. M* Marinus a voulu être novateur avant d avoir un talent fait , et cette prétention a faiDi le perdre.

Heureusement y ii a abandonné, lors(|u'il en était encore temps y la route funeste oû il était à craindre que des élo^res de camar.ulerie ne le retinj»»ciil longtemps*

Dès qu'il eut abandonné sa manière uUra-romantique, et qu^il se fut contenté de peindre la nature , on vit son

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talent prendre |^a» de solidité ; il reste bien encore en lui un peu de cette tendance à Texagération ; mais on aent qu^il a^en débarrasse à mesure qu'il avance.

Six tableaux de M. Mariuus sonl exposé» dans le Salon; il en est plusieurs qui méritent des éloges^ et nous nous i'eroud uu piaiiiir deleë lui adreëser : d autres sont moins heureux* Nous ne lui cacherons pas notre opiiiion à Fégard de ceux-là , parce que nous comptons sur son avenir et sur ses progrès.

Et d*abord, pour en finir avec le plus pénible de notre tâche, L' effet cLe brouillard sur la Meuse, n° 330, ne nous parait pas du tout rendre ce que rartisie a voulu exprimer.

Au lieu de cette insensible et vaporeuse dégradation

à laquelle uu brouillard soumet la \u€ de^ objet», M. Marinus n^a composé son tableau que de deux plans ^ un premier plan beaucoup trop vigoureux » et un second qui ne se voit pas. C'est particulièrement sur cette faute grave que nous appelons son attention. On ne trouve pas daii» ce tableau le passage nisensible d'un plan à lautre, les objets du devant ne sont à peu près que des sOhouet* tes se découpaiii 8ur un fond uni. Quant à la couleur de ce fond, nous lui trouvons bien peu de rapports avec la nature et beaucoup trop avec de la nacre. Nous ne nous arrêterons pas aux détails : c'est par l'ensemble que ce

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tableau devait frapper ; nous avons dit pourquoi nous pensons que le peintre a manqué son but.

Le 351, Souvenir des Alpes, est bien plus digne déloges; la oompotition eu est belle ^ les eaux y sont Traies, les oiseaux sont dans un bon mouvement; mais les roclic's de devant ont une transparence qui a le double défaut d'Mer de la vigueur aux premiers pianS| et de manquer de vérité.

h'ue près de Namur, pansage d'eau»

Le premier plan est presque cnlièrenicnl oeeupé par un bac , où se trouvent réunis une paysanne sur son âne^ un jeune et un vieux batelier, et quelques autres passagers; au fond, la rivière et un lointain richement orné.

L'efîet du premier plan nous a paru forcé et quelque peu heurté. Les autres plans sont traités avec délicatesse ; les eaux y sout d'une belle couleur, le ciel ne manque pas de profondeur, le fouillé des arbres est joli.

1 HaiiiMir, mitre , 0,98 j Urg«nr, nèire, 1,10..

150' C01II»TE->RBNDIJ W SALON O^EXPOBlTtON.

La dégradatloti de ton entre les pkiis secondaires ést

fort bien observée.

Parmi les figures du bateau > quelques-uoes sool excellente'» et n'ont qu'un défaut , eelui de rappeler Ber-^ chem. C'est surtout la paysanne sur son àne^ qui motive cette observation. Si Ton compare cette fi^jure d celle du vieux passeur d'eau, on ne pourra jamais croire que toutes les deux sont de la même main.

Quoi qu'il en soit^ ce paysage est d'un très-agi'cable aspect y et nous en présentons ^ avec confiance , la gravure à nos lecteurs.

Les deux petits pendans, n^ 333,334^ sont fort jolis^ surtout ie premier ; ils rendent bien les sites de notre pays. Le ciel du n" 335 est extrêmement bien.

En somme, nous félicitons M. Marinus des progrès qu'il a £iits : son talent s'améliore chaque jour.

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