‹ Compte-rendu sténographique du discours de l'hon. Sir Charles Tupper, C.C.M.G., C.B., ministre des chemins de fer et canaux [microforme] :Chapitre 2 sur 10 · SAR SE · texte numérisé non relu

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de rétablir tous les droits qui existaient avant l'opér:tion du traité, droits que nous avions cessé d'imposer pendant l'existence de ce traité. Et, M. l'Orateur, comme je l'ai dit, j'ai fait voir à mes compatriotes en plusieurs circonstances, que bien que la nature eût donné à la Nouvelle-Ecosse de granies ressources naturelles, ressources qui avaient fait surgir dans d’autres pays de grandes et prospères industries manufacturières, nous ne pouvions espérer obtenir un résultat semblable, à moins que nous ne fissions partie de la grande confédération qui donnerait ai : différentes provinces un marché considérable pour leurs produits et favoriserait ainsi les industries. On me dit, M. l'O,ateur, que les remarques que j'ai faites à l’occasion de l'introduction du tarif par le ministre des finances précédent, piouvent que j'étais un libre-échangiste à to1s crins. Eh bier, M. l’'Orateur, tout ce que je puis dire en réponse, c'est que si les honorables députés de la gauche examinent les colonnes du Globe, ils trouveront que j'ai attaqué ce tarif parce qu'il abolissait it protection, cette protection efficace donnée par le tarif précédent aux industries canadiennes.

Ces honorables messieurs constateront que, dans cette occasion, j'engageai la jutte centre l’ex-ministre des finances sur la question du projet d'une imposition de droits sur les articles entrant dans la construction des navires ; je me suis exprimé ainsi : “ Voici une grande industrie canadienne. Elle se trouve dans une position qui ne lui permet pas de supporter aucun remaniement de tarif, et cepend: 1t je vois qu'un de vos premiers actes est de faire disparaître la protection dont elle a joui, grâce à l'admission en franchise des articles qui entrent Gans la construction des navires, qui sont impoïités en ce pays.” Et je me trouvai en mesure d'engager la lutte avec tant d’acharnement, dans cette occasion, avec l’aide de mes amis de la droite à la chambre, que l'honorable député fut forcé de retirer son tarif, de le remanier et de le rendre moins nuisible

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qu'il était auparavant. J'ai dit dans ce débat à l’honorable monsieur—comme on peut s'en rendre compte par le rapport que j'ai cité,—-qu'il attaquait les industries du Canada en imposant un droit sur l2s machines importées dans ce pays, et cela tandis qu'il ne donnait pas une protection correspondante aux fabricants qui les faisaient venir au Canada, de sorte que, du commencement à la fin, j'ai soutenu que l'honorable député portait, par son tarif, un coup fatal à nos industries, et j'ai défendula politiquequi favorisait les industriesdu Canada autant qu’il était en mon pouvoir de le faire en cette occasion. Mais l'honorable monsieur a réussi,et quel a té son premier mouvement? Le chef de l'opposition a dit à Cobourg que ce qu’ils se proposaient de faire était d’encourager les industries en enlevant les droits sur les articles entrant dans la consommation des manufactures, et en augmentant la liste des articles en franchise. Mais qu'a fait le gouvernement dont l'honorable monsieur et l’exministre des Finances étaient membres, lorsqu'il était au pouvoir ? À-t-il encouragé les industries du Canada en enlevant les droits sur les objets que j'ai mentionnés ou en augmentant la liste des articles en franchise ? Il n’en a pas été ainsi. Loin de là, il a porté un coup fatal aux industries du Canada en imposant des droits sur un grand nombre d'articles entrant dans la consommation

de franchise et en les soumettant à des droits. Il m'est inutile de rappeler qu'un autre acte des honorables Messieurs, accompli dans le même sens, a été l'imposition, à nouveau, de droits sur le thé et le café. Ces honorables Messieurs professaient, —et ils y sont portés lorsqu'il n'est pas en leur pouvoir de régler la question, —un profond intérêt pour le pauvre ; mais qui de nous ne se rappelle que lorsqu'ils ont soumis une loi pour imposer des droits sur le thé et le café, ils se sont réunis en un groupe compact et ont repoussé la résolution de mon honorable ami qui représentait et représente encore Montréal, et cela dans le but de remanier les droits ce manière à faire retomber la taxe sui le pauvre.

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Grâce à leur tarif, le riche qui peut boire du thé à 90 centins ou $1 la livre, n’avait pas à contribuer davantage au revenu que le pauvre qui ne peut faire usage que de thé à 25 centins la livre. Alors ces Messieurs étaient sourds aux réclamations du pauvre et fermaient les yeux sur sa misère, et ils ont refusé de voter en faveur de la résolution qui aurait modifié l'injustice du tarif, dont le but était de faire peser un droit élevé sur le thé et J: café. Ils ont donc imposé des taxes sur les articles qui se trouvaient sur la liste de franchise et ont soumis les industries du pays à des exactions. Et au moment même où tout changeait, où tout était changé, les députés ce la gauche ont établi des droits sur l’industrie de la construction des navires et ont fait peser des impôts sur la majeure partie de nctre population industrielle, en mettant des droits sur le thé et le café ; et ils ont supprimé la protection dont jouissait le commerce de thé du Canada, en faisant disparaître le droit différentiel qui avait permis jusque là de faire ce commerce au Canada. Tout ce que ces honorables messieurs ont pu s’ingénier pour faire de Boston et de New-York les capitales commerciales du Canada, ils l'ont fait, et quel en a été le résuitat? Le résultat que j'ai déjà mentio iné, c'est-à-dire que pendant les cinq années que ces hor orables messieurs sont restés au pouvoir, ils ont adopté cette politique qui retranchait la protection aux instrustries canadiennes ; ils ont rerdu le pauvre plus pauvre encore et mis le pays dans une situation que tout Canadien, à quelque parti qu'il :appartiénne, a déploré sincèrement, et que tout canadien possédant le sentiment du patriotisme ne peut désirer voir reparaître dans le pays.

J'ai pris la défense du droit sur le charbun, lorsque nous étions au pouvoir en dernier lieu. Nous avons maintenu ce principe aussi longtemps qu'il nous a été possible de le faire, et lorsque nous sommes revenus au pouvoir, nous avons repris la politique que nous avions adoptée dès le principe ; celle qui consiste à protéger

les manufactures. Nous y sommes revenus, nous avons hautement proclamé, comme nous l'avions fait les années précédentes, que nous suivions un principe juste lorsqu= nous démontrions à la chambre l'importance vitale qui existait dans l'intérêt du pays, de changer cette politique. Nous avons fait tout ce que des hommes se trouvant en minorité pouvaient raisonnablement faire pour les engager à adopter une politique qui, nous avions lieu de le croire, devait réussir à modifier la situation financière du pays. J'avais cité, à maintes reprises, l'exemple de la grande république voisine, qui a adopté une politique tendant à protéger et encourager les marufactures du pays, et qui a eu pour résultat de l’arracher aux conséquences désastreuses de sa grande guerre civile. Malheureusement, je parlais à des sourds. Ayant recu du peuple la mission de traiter la grande question de la politique financière du pays,—ayant déclaré ouvertement quelle était la politique qui nous guidait et qui continuerait à nous inspirer si le pouvoir nous était confié de nouveau,—le résultat de notre appel au peuple fut la sanction du programme que nous avions adopté ici et que nous nous étions engagés à mettre en pratique si nous arrivions de nouveau au pouvoir. Nous avons de nouveau imposé un droit sur le charbon,-—ce droit odieux que les honorables membres de la gauche avaient réussi à faire disparaître, mais qui peut être défendu comme question de revenu, avec autant de succès que toute autre question, ainsi que je l'ai démontré ici Mon honorable ami, le ministre des Finances, a traité cette question et a dit que la moitié du droit sur le charbon était payée par les Etats- Unis ; c'est là peut-être la seule partie de son discours sur laquelle je me sentirais porté à différer d'opinion avec lui. D'un autre côté, l’ex-ministre des Finances a cité dernièrement un discours de mon collègue le Président du Sénat, sur la question de l'imposition du droit sur le charbon, et je sais parfaitement qu’il y a quelques années l'honorable monsieur et un certain nombre

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d’autres membres du parti conservateur ne professaient pas sur cette question une opinion aussi avancée qu'aujourd’hui. Je suis heureux toutefois que l'honorable monsieur ait fait cette citation à l'appui de l'argument qu'il croyait sans réplique et qu'il a avancée au sujet de cette question. Dans un instant, tontefois, je l’inviterai à accepter avec la même déférence, les opirions du Président du Sénat sur un autre point que je développerai.

Me trouvant à Pictou, j'ai fait un discours auquel l’hon. monsieur a bien voulu faire allusion. Suivant lui, j'ai déclaré que nous avions imposé sur le charbon un droit qui pèse principalement sur les 1,500,000 habitants de l'Ontario, Mon adversaire nia le droit d'imposer une taxe pesant plus sur une partie du pays que sur l'autre, mais j'ai cité un précédent de l’ex-ministre des Finances qui avait defendu et maintenu une taxe de ce genre. J'ai fait remarquer que l'honorable monsieur avait imposé sur le pétrole, —article qui n'était fourni que par l'Ontario, —un droit de 150 pour cent, queles autres provinces payaient en grande partie. De plus, des droits furent imposés sur les navires des Province Maritimes dont la capacité est de 100,000 tonneaux, qui auraient produit une somme de $100,000 en vertu du tarif de ce monsieur.

Tandis que la population de 600,000 habitants des provinces maritimes aurait eu à verser $100,000 au revenu, d'après le tarif de l'honorable monsieur, on ne demandait en vertu ñe ce remaniement de droits, à celle de l'Ontario qui est de 1,500,000 habitants, qu’une contribution d’un peu plus de $7,000. Mais cela n'a pas empêché l'honorable mensieur de s'engager plus avant dans la même voie. Il ne voyait aucune objection à l'adoption a’une taxe n'affectant qu'une partie du pays, pourvu qu'elle tombât à la charge des provinces maritimes, disant, de fait, que si de tels droits n'étaient pas payés dans l'Ontario, l'arrangement était parfait. Mais, en vertu de notre poli-

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