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tique, nous avons pourvu à la protection légitime de toutes les industries des différentes provinces, et tandis que les honorables députés de la gauche demandent l'imposition de taxes sur des matières dans lesquelles l'Ontario se trouve plus spécialement intéressé, il existe un sutre cas dans lequel, de leur propre aveu, la taxe n'est pas payée par eux, mais par les provinces maritimes ;—elle n’est certainement pas versée par la population de l'Ontario. Maintenant nous maïintenons un principe,—je l'ai défendu du jour où j'ai occupé un siège dans ce parlement et je n'ai jamais cessé de le soutenir. Je défie toute personne qui a suivi dans le journal le Mail la discussion de cette question qui a employé les trois ou quatre derniers mois,;—toute personne, dis-je, qui a pesé sans parti pris et sans passion les arguments publiés dans ce journal, qui a apporté à l'étude de cette question un grand esprit de justice et de droiture—de tirer d'autre conclusion que celle que la taxe du charbon, tout en étant payée dans l'Ontario, n'est pas versée par la population de cette province. J'irai jusqu'à dire que j'ai des raisons Suffisantes pour déclarer que l'imposition d’un droit sur le charbon n'a pas coûté un centin à la population soit de l'Ontario, soit des autres provinces du Canada. C'est là ce que je maintiens, et je saurai démontrer à la chambre, que loin d'augmenter le prix du charbon, dans la province de l'Ontario, le droit n'a fait que le diminuer. Du moment où ce droit a été établi, jusqu'aujourd'hui, j'ai soutenu que les Canadiens avaient à payer sur cet article une imposition plus faible qu’auparavant. Sur ce point je diffère quelque peu d'opinion avec mon honorable ami le ministre des Finances, qui semble supposer que ce droit peut êtrz payé moitié par les Etats-Unis, moitié par l'Ontario. Je suis convaincu que mon bonorable ami n’a pas accordé à cette partie de la question une attention aussi sérieuse et aussi soutenue que celle que j'ai cru de mon devoir d'y apporter, car il aurait partagé l'opinion que je n'hésite pas rnain-
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tenant à émettre : c'est que l'imposition du droit n'a rien coûté à la population du pays, mais que c'est le contraire qui s’est produit.
Maintenant, M. l’'Orateur, je maintiens en premier lieu que le prix du charbon des Etats-Unis est fixé et gouverné par la concurrence qu'il a à rencontrer. Il n'est pas un membre de cette Chambre qui ne sache, par l'expérience p::tique de tous les jours, que le tarif de transport d’un chemin de fer change avec les différentes saisons de l’année, et qu'il est réglé et gouverné par le degré de concurrence qu'il a à rencontrer. Si vous dirigez du fret sur un point où il y a concurrence, si vous le transportez à un port ouvert où vous avez à lutter avec la navigation, vous abaissez le tarif dans le but de vous assurer des affaires qüe vous perdriez autrement. Si le chemin de fer transporte du fret dans une partie de l’intérieur du pays où cette concurrence n'existe pas, vous pouvez imposer le tarif auquel vous croyez avoir justement droit. Je maintiens donc qu’une étude attentive de cette question, si on l’envisage à la lumière de l’expérience, qui est, comme je l'ai dit auparavant, l'épreuve à laqueld je veux la soumettre, amènera la chambre—je le dis volontiers, pour la droite de cette assemblée, parce que notre conviction est clairement et parfaitement établie, et, à contre-cœur, en parlant des honorables députés qui siégent à la gauche,—à adopter la conclusion à laquelle je suis arrivé. Du moment où le droit fut imposé sur le charbon entrant dans l’C tario, naquit la concurrence, parce que les Américains se trouvaient menacés de voir leur charbon remplacé par celui de la Nouvelle-Ecosse. L'honorable député de Lambton semblait supposer, l’autre soir, que toute la question consistait à établir si nous avions réussi à déplacer le commerce du charbon. Il n’est aucunement nécessaire au succès de notre politique de déplacer ce commerce.
M. MACKENZIE.--Rien n’est nécessaire.
SIR CHARLES TUPPER:.--Si l'honorable mon-
sieur voulait examiner la question un peu plus attentivement, il 5e convaincrait que, pourvu qu'on stimuler la production, pou. 41 que l’on réussisse à donner du travail aux mineurs et de l'emploi aux douze ou quinze millions de capitaux placés dans les opérations minières de ce pays, il est peu important de savoir où se consomme le charbon, pourvu que la consommation augmente. Je dois dire, à ce sujet, qu'après un examen attentif de la question, il a été prouvé qu'il n’y avait pas de charbon supérieur à celui de la Nouvelle-Ecosse. Lorsque mon honorable ami,le représentant de London, était ministre des travaux publics de la province de l’'Ontario, son déoartement a ordonné un analyse sérieuse et approfondie pour établir la valeur comparative des différentes espèces de charbon bitumineux. Le résultat de l'analyse fut que le charbon le moins dispendieux que l’on pouvait employer pour le chauffage des édifices publics, dans la ville de Toronto, était sans contredit celui de la Nouvelle-Ecosse. Il est un fait bien connu, quoique je ne le considère pas comme essentiel à mon argumentation, c'est que, sous l’infiuence de ce tarif, environ 284,000 tonnes de plus ont été expédigs dans les provinces supérieures. Avant cela, :! s'expédiait une quantité considérable de charbon, mais ce résultat, comme je l'ai déjà dit, pouvait s'obtenir sans l’expédier aucunement dans l'Ontario.
Je cite maintenant les rapports du commerce, relatifs à la consommation domestique, qui montrent quelles ont été les importations C’anthracite des Etats-Unis dans les différentes provinces, et son prix moyen par tonne. Qu'établissent ces tableaux ? 1ls établissent que dans l'Ontario, en 1877, il y a eu une importation de 261,893 tonnes, coûtant $1,163,944, soit $3.45 par tonne. C'était avant l'imposition d'aucun droit. En 1878, l'importation a Cté de 266,434 tonnes, coûtant $1,102,816, ou $3.80 par tonne. En 1880, l'importation a été de 335,704 tonnes, coûtant $1,022,055, soit $3,04 par tonne, En 1881, l'importation a été de
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357,524 tonnes, coûtant $1,522,375, ou $4.25 par tonne. De sorte que jusqu’à ce jour, le coût de l’authracite par tonne, dans la ville de Toronto, n'a jamais atteint le prix auquel se vendait cet article, avant l'imposition d’un sou de droit. Dans Québec, en 1877, on a importé 117,124 tonnes de charbon coûtant $468,- 759 ou $4 par tonne. Il faut remarquer que, bien que Québec se trouve plus éloigné du lieu de la production, il y existait une forte concurrence dont le résu. at s’est fait sentir ; ainsi, au lieu de payer le charbon à Québec $4.45 la tonne, comme à Toronto, on ne le payait que $4; en 1878, $3,15 ; en 1880 $2.65, lorsque le droit
de cinquante centins fut imposé ; et, en 1881, $3.77. Dans la Nouvelle-Ecosse,la concurrence était encore plus
forte, et la distance plus grande aussi. Les mines de charbon anthracite de la Pensylvanie sont comme on
le sait, beaucoup plus éloignées de cette province
que des autres, ce qui n'empêchait pas qu'à la Nou-
velle-Ecosse, le prix du charbon anthracite fût beau-
coup plus bas que dans les provinces de l'Ontario et de Québec, qui sont toutes les deux beaucoup plus rapprochées du centre de production. En 1877, l'importation a éte de 11,887 tonnes, coûtant $44,560 ou
$3.74 par tonne ; en 1878, le coût moyen a été de
$2.93 par tonne ; en 1880, de $2.58; en 1881, de
$3.70. Dans le Nouveau-Brunswick le coût en était de
$4.00 par tonne, comme à Québec, en 1877 ; de $3.46
en 1878 ; de $2.81 en 1880, lorsque le droit fut imposé,
et de $3.70 en 1881. Il ressort de cela un fait claire-
ment établi, c'est que du moment que ce tarif fut établi,
les commerçants qui expédiaient leur charbon à Toronto ou à Québec, ont placé ces villes dans une catégorie différente de celle qu'elles occupaient auparavant, en ont fait des centres de concurrence, et ont réduit le prix du charbon d’un montant plus fort que celui du droit
imposé. Il est impossible pour tout esprit impartial de
… ne pas convenir que l'imposition d’un droit de 50 ceñtins, non-seulement n'a pas augmenté le prix du charbon,
LE
mais encore en a abaissé le coût pour le consommateur de l'Ontario. Voici le tableau où j'ai puisé mes citations :
| Coût
Province. Année. Tonnes. Coût total. par tonne.
Ontario..,... 0e 261,895 266,434 335,794 357,524 1,522,375
Québec...... ss... 117,124 468,759 105,384 333,836 142,239 78,150 161,449 608,813
Nouvelle-Ecosse...: 11,877 44,560 10,592 31,169 12,513 32,467 15,969 54,661
Nouveau-Brunswick| ‘ 23,228 92,823 21,240 73,555 24,232 68,095 28,243 104,807
æ 1 b2 © © te
Co 19 OS à
Il est donc évident que le coût du charbon, en 1880, a été moindre qu'en 1878 ; la première année mentionnée est celle qui a suivi l'imposition du droit, et la seconde est celle qui l’a immédiatement précédée. Ainsi donc, voilà un fait établi ; en d’autres termes, il y a eu une baisse sur le prix du charbon facturé aux commerçants canadiens, immédiatement après l'adoption de la politique nationale, de même que le Grand-Tronc élève son tarif quand la navigation du St-Laurent est fermée‘ et l'abaisse quand elle est ouverte, uniquement parce que dans un cas il a à lutter avec la concurrence, et que dans l’autre elle n'existe pas. Le charbon bitumineux a subi la même règle, et les Etats-Unis ont cessé presque complètement d'en envoyer au Canada, l'Ontario excepté, où les prix de facture, d'après les rapports des douanes, accusent une moyenne de $3.83 par tonne pour 1881
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Coût par tonne.
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en 1880, née menroit, et la dée. Ainsi il y a eu commer-
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presque excepté, douanes, bur 1881
contre $3.67 pour 1877. Cela démontre que les propriétaires de mines de charbon des Etats-Unis redoutaient moins la concurrence de la Nouvelle-Ecosse, ayant constaté qu'elle ne faisait pas des envois aussi considérables qu'ils le croyaient, et ils ont en conséquence élevé leurs prix. Je crois avoir démontré que le prix du charbon varie aux Etats-Unis selon le degré de concurrence qu'ils ont à rencontrer de la part de la Nouvelle-Ecosse et de l'Angleterre; s'il n'en était pas ainsi, on n’enverrait pas le charbon à Québec à un prix moins élevé, vu que cette ville se trouve à une plus grande distance que Toronto des houillières de la Pensylvanie. A Boston, port de mer des Etats-Unis, le prix du charbon est de $6.50. A Chicago, qui se trouve dans l’intérieur, de $8.50. Comment les honorables députés de la gauche expliquent-ils ce fait? Le prix du transport, pour Boston et Chicago, est le même. J'ai entre les mains une revue périodique publiée à New-Vork, le Coa/, et si les honorables députés veulent vérifier le fait que j'avance, ils verront que le tarif de transport à Boston et à Chicago est le même,——$2 dans chaque cas,—-cependant le charbon coûte $6.50 dans la première ville et $8.50 dans la seconde, ce qui prouve
que les marchands de charbon fixent leurs prix suivant
le degré de concurrence qu'ils ont à rencontrer. A Chicago, la concurrence du charbon anglais et de celui de
la Nouvelle-Ecosse n'existe pas, par conséquent le prix
est aussi élevé que les marchands peuvent le fixer ; ce
qui prouve, comme je l'ai dit, que la question de con-
currence ou d'absence de concurrence affecte le prix du
charbon. Les renseignements que j'ai donnés relative-
ment au tarif du fret pour Boston me sont fournis par
la revue commerciale du Æ/erald de Boston, et par une
publication périodique de New-York, le Coa/, portant la date du 25 janvier. L'exportation à Boston du charbon de la Nouvelle-Ecosse et de l'Angleterre a été, en 1880,
de 54,781 tonnes. En 1881, elle a été un peu plus
forte, et durant cette année, la plus grande partie du
charbon importé venait de la Nouvelle-Ecosse, car les propriétaires des mines du Cap Breton l'avaient introduit sur le marché à $3.50 la tonne. Chicago n'a reçu de charbon que des houillères de la Pensylvanie. Cela établi, je pense que la Chambre en arrivera facilement à la conclusion que les différents ports du Canada, et de l'Ontario en particulier, ont été, par la raisondu droit imposé, rayés par les propriétaires des mines de la Pensylvanie, de la liste des endroits où il n'existait pas de concurrence, pour être placés au nombre des villes où il y avait à lutter contre la compétition. La preuve de cela repose dans le fait qu’à Boston, en 1881, le prix du gros pour les commerçants de charbon était de $4.20 la tonne, et que dans la même année, à Toronto, le même charbon coûtait également $4.20. J'ai puisé mes renseignements à ce sujet dans l’article commercial du Herald de Boston, sur le prix du charbon à Boston et à Toronto, les rapports des douanes, et le tableau suivant qui donne le montant total des importations de charbon dans l'Ontario et le prix de l’anthracite, comparé à celui de Philadelphie, ville où ia concurrence n'existe pas :
TE £ A 2e |£e Prix du | Be ES Art Année. Quantité. | marché. | - £+S ! S'a'à L =] T = F d «= = …+— | 4 | 28 RÉSR ES | | à [à à M ait mn Andre Jr Lee:
Tons. F $ cta.| $ cts.| $ cts.| $ cts.
1877............| 420,010 | 1,793,4071 4 27 | 2 59 1...... 1 68 1878...,., vos. 406,971 | 1,476,622] 3 62 | 3 22 |... +Ÿ5 1879 jusqu’au 15 “ 0 MATS esse | 322,528 1,262, 103] 3 88 | 3 89 fees voo 1879 après le 15 MATS soso e 93,895 | 246,266| 2 71 | 2 3741.....,1..,,.. 1880..,,.,.,,..,1 516,729 ! 1,509,960| 2 92 | 4 53 | 1 61 1...... Male 344,833 | 1,499,143| 4 54 | 4 90 | +5.
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