SCÈNE III
patientez; mais comme, après tout, je n'ai d'autre distraction ici que ma volière, il faut bien que je vous supporte. Ainsi, avez donc, je vous prie, l'extrême obligeance de faire quelques frais d'amabilité, et puisque vous voilà revenu du parc, qu'il fait froid, et que nous avons bon feu, assevons-nous et causons , comme de bons amis . de choses et d'autres : les seules intéressante^ pour de braves gens, qui ne songent point a mal, ni à mariage, par conséquent; mettez de côté votre galanterie, elle vous servira un autre jour, quand vous aurez quelque belle daine a épouser ou à séduire, et que la dame ne demandera pas mieux que de vous suivre en croupe , ou de marcher tout droit à l'autel... Pour ma part, je n'en suis ni là, ni là.
LE MARQUIS
Vous avez grand air, cousine, à me parler comme vous faites... prenons donc, ici, place comme vous souhaitez .. et causons comme deux conseillers à la cour de cassation.
LA DI CHESSK.
Eh bien ! soit.
( Ils s'asseoient. ) LE MARQ1 IS.
Mais enfin, je voudrais bien savoir qui vous rend si forte... Sans me vanter, je ne suis pas déjà si mal tourne... je ne suis pas un sot, un
niais encore moins, . . mes intentions sont bonnes, ma tendresse est vraie; j'ai pour moi les convenances, l'usage, les bruits et le consentement du monde... le voisinage, li parenté; j'ai votre isolement, j'ai votre jeunesse, tout enfin... et je ne vois pas pourquoi vous êtes à me rire au nez, comme si j'étais vieux... sot... bète... insipide, bossu... et sur le retour du retour!
LA DUCHESSE
Ali ! li ! voilà que vous brûlez vos vaisseaux. Monsieur qui fait son apologie ! Monsieur qui se trouve charmant!... Il n'y a rien de pareil dans le Cosmos de M. de Humboldt.
Moi ! un fat!... non. Pas plus que vous n'êtes Celimène je ne suis Oronte... Moi, un fat!... Autant vaudrait dire que vous êtes une coquette. . . et vous avez beau faire, vous ne l'êtes pas!