CHARPENTIERS
Après les maçons, les charpentiers occupent, par le nombre, le second rang parmi les ouvriers et artistes occupés à la construction du château de Gaillon. Nos registres en nomment trente-huit et ne les nomment pas tous. Plusieurs d'entre eux figurent comme maîtres et travaillaient à forfait; les autres recevaient généralement trois sous par journée, les maîtres quatre sous, lorsqu'ils n'étaient pas à la tâche.
Nous allons signaler rapidement ceux d'entre eux qui, à raison de l'importance ou de la spécialité de leurs travaux, nous ont paru dignes de mention; ce sont :
Jehan Vallès, GiEFFROY Thibault,
GUYOT MORISSE,
Louis DE LA Haye ,
GuiLLEBERT LE CoUSTURIER,
Jehan de la Haye, Raulin de la Haye,
Denis Fremievre, Henry Vidié, Richard Eudes, Richard Jouy, Jehan Dumouchel, Martin Desperroiz, Jehan Avisse.
Tous étaient maîtres charpentiers , et peuvent être considérés comme de véritables artistes.
Jehan Vallès, ou Valiez, fut chargé de la charpenterie de la Jehan vaiiés. maison du Lydieu (p. ôo-ôy) ; Gieffray Thibault, maître char- ThihZ. pentier d'Evreux, de celle de la maison Pierre Delorme, qu'il GuyotMorisse acheva en septembre lôoy (p. 2o5); Guyot Morisse , avec de la Haye.
cxvi INTRODUCTION.
Louis de la Haye, de celle de la chapelle du Lydieu (p. 211). Ce dernier, en i5o3, travaillait aux tourelles du parc (p. 87).
GuiHebert Nous voyous Guillebcrt le Cousturier travailler au pavillon '^^Tean"*^' du jardin (p. 287); Jehan delà Haye, aux grandes tonnes du de la Haye, jardin (p. 5i-54).
Rauiin Raulin de la Haye travaille également au pavillon et aux de la Haye, j^j^j^gg. jj dirigeait l'ouvrage en chef. Ce maître charpentier fit faire par ses gens, en octobre i5o4, à raison de 4' par jour, « les chintres des allées et cabinés de la chappelle de la grant maison »! (p. 110). Précédemment, en mai de la même année, il était venu visiter, en compagnie de Colin Castille et de Pierre Valence, les travaux du Lydieu (p. 70). Raulin de la Haye était de Rouen.
Denys Fremievre, maître charpentier de Rouen, comme le précédent, fait, en janvier i5o8, la charpente de la galerie joignant la tour et le portail neuf (p. 277), et travaille aux lucarnes de la grande galerie du jardin (p. 279).
Henry vidié. Hcury Vidié, « maistre des œuvres de charpenterie au hallage d'Evreux, » entreprend, en décembre i5o5, «la charpenterie de la grant maison de Guillaume Senault; » il reçoit, avec ses compagnons, 5o^ pour le vin du marché (p. i65),
Richard Eudes. Ricliard Eudcs et Richard Jouy, presque constamment as- Richard Jouy. sQciés , fout les lices du Lydieu et celles du jardin, le long des galeries, à raison de 4' 6^^ la toise de longueur (p.- 2 73). En mai i5o8, ils entreprennent la charpente intérieure de la maison Pierre Delorme (p. 333), et refont, en juillet de la
Denys Fremievre.
REVUE DES ARTISTES. cxvii
même année, le comble de l'escalier et les trois lucarnes du vieux corps d'hôtel, restauré par Pierre Delorme (p. 3 18).
Richard Jouy fait, séparément, «les chintres de la chapelle de la grant maison (p. 109), et des petits parquetz pour le jardin » (p. 2 g4).
Le nom de Jehan Dumouchel ne paraît qu'une seule fois jehan dans les comptes du château de Gaillon. C'était un maître charpentier très-habile, de Rouen, qui présida avec le maître maçon Roullant Leroux, au transbordement de la fontaine de marbre, venue par mer, d'Italie (p. 3i3).
Jehan Dumouchel faisait partie de la conférence relative à l'achèvement de la tour de Beurre de la cathédrale de Rouen, dont nous avons parlé plus haut à l'article de Pierre Valence. C'était lui qui tenait la plume; son procès-verbal lui fut payé, par le Chapitre, 7' 6"^ ^
Martin Desperroiz, autre Rouennais, qui assistait à la même Martin réunion comme maître charpentier de la tour de Beurre, avait été chargé, dans l'origine, de la construction de la flèche de la cathédrale de Rouen, que Robert Becquet exécuta à sa place. On avait assigné à Martin Desperroiz 60 livres par an, tant que durerait le travail. Déjà il avait dressé le plan de la flèche, qu'il devait rétablir dans sa forme antique, disent les registres capitulaires de 162 3; mais la mort, par suite des retards extraordinaires qu'éprouva ce grand travail, l'empêcha de mettre son nom à cette œuvre. Un autre en eut les honneurs
Martin Desperroiz fut appelé à déployer son talent au châ-
' Comptes de ia fabrique.
' Martin Desperroiz doit être mort de 1626 à i53o; il était fils de Jean Desper-
roiz, maître charpentier de Rouen comme lui.
La flèche construite par Robert Bec-
cxviii INTRODUCTION.
teau de Gaillon. C'est lui qui fit la charpente « de la chapelle, de la grant vis et de la galerie d'entre lad. grant vis et les vieilles cuisines, » le tout pour la somme de 2,200 livres tournois, la fourniture du bois comprise (p. 269 et 42 5). Le marché en fut passé le 12 février i5o8. Le 28 septembre de Tannée suivante, il avait déjà reçu à valoir 1,900++.
Par un second marché, du 20 mars 1609, Martin Desperroiz se chargea, pour la somme de 2 00++, de faire la charpente de la galerie du côté de la cour et du côté du jeu de paume (p. 4o4).
Jehan Avisse entreprit, conjointement avec Denis Fremievre, la charpente de la galerie du jardin. Il avait travaillé un des premiers, comme maître charj^entier, à la grande maison de Guillaume Senault : au mois d'avril i5o3 (p. 21), il cintrait le berceau des caves, qu'il décintrait au mois d'août suivant (p. 3o) ; en i5o4, il posait le plancher du premier étage (p. i33). Plus tard, il fut occupé à la volière et au pavillon du jardin, aux combles de la cuisine neuve qu'il faisait pour 35*^. En mars i5o8, il dressait un pont de bois sur les fossés du château , pour le passage de la fontaine de marbre (p. 3i4-3i5). Deux mois après, «Jean Avisse travaillait à la viz de la grande gallerie et autres agremens » (p. 826, 328). Le nom de ce maître charpentier est un de ceux qui reparaissent le plus fréquemment dans nos comptes.
quet, en son lieu et place, a été détruite par le feu du ciel, en 1822 ; on y a substitué une flèche en fonte de fer, qui n'est
point encore terminée à l'heure où nous écrivons.
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