PEINTRES-VERRIERS
Cinq peintres-verriers seulement, Alexandre Diiboys , Louis Coueffard, Jehan Leviel, Anthoine Chenesson et Jehan Barbe, sont nommés dans les registres de Gaillon.
Alexandre Duboys, Louis Coueffard et Jehan Leviel paraissent avoir travaillé à la vitrerie du château sous les ordres de Jehan Barbe, dont nous avons déjà parlé au chapitre des peintres. Le premier est cité, spécialement, pour avoir verrié la chapelle du Lydieu, au mois d'août i5o8 (p. 266); le second, pour avoir travaillé à la même maison du Lydieu, en 1607 (p. 217-218). Quant à Jehan Leviel, il recevait, en deux fois, aux mois d'août et de septembre i5o8, 38^^ 6% pour 38 1 pieds «de verre blanc neuf» au prix de 2' le pied (p. 266-267). La famille des Leviel, Levieil, de tout temps et encore de nos jours, était adonnée à l'art de la verrerie dans la ville de Rouen. Le plus notable de ses membres, Pierre Levieil, l'auteur du Traité de la peinture sur verre, n'avait pu , dans son ouvrage , faire remonter sa filiation artistique plus haut que le commencement du xvii® siècle. Nous avons retrouvé un Guillaume Levieil, maître verrier de l'église de Saint-Maclou de Rouen en i58/i, un Richard Leviel, occupé à l'église de Saint- Godard de la même ville de^ i5/i8 à i56i. Enfin, plus anciennement encore, nos registres de Gaillon nous montrent, sous la date de i5o8, un Jehan Leviel, souche de cette fa-^ mille d'artistes.
Alexandre Duboys.
Louis Coueffard.
Jehan Leviel.
Anthoine Chenesson n'appartient pas à la Normandie; il Anthoine était d'Orléans. Ce maître verrier passa un marché, le 1 5 janvier 1607, au château de Gaillon, pour « des verrines d'Or-
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léans. » Au mois de septembre de l'année 1 509, il lui était encore dû une somme de àg"]^ 10'; il avait touché précédemment 55o*^ (p. 266).
Les travaux de ce maître verrier, à en juger d'après l'importance relative des sommes qui lui furent comptées, devaient être assez considérables. On n'en trouve malheureusement pas la désignation spéciale.
Jehan Barbe. Ce peintre-vcrrier de Rouen avait précédé Anthoine Chenesson au château de Gaillon. Il y était employé dès le mois de janvier de l'année 1 5o2 : « A Jehan Barbe, dit le compte de i5oi-i5o2, pour CHU piez et demy de voyre pour le portail du chasteau, à 11' pour pié, et avoir lavé les voyrrières de la chambre de monseigneur, xi^ xvi' vi*^ » (p. 6).
Deux ans après, en i5o/i, Jehan Barbe touchait 100^ «sur ce qui lui pouvoit estre dû pour la maison du parc ou Lydieu, » dont il fit les verrières (p. 85); puis, en i5o8, 211^ 19'; enfin, en ) 5o9, 5o^^ pour la vitrerie des cuisines (p. 432).
Le verre blanc était payé à ce 23eintre-verrier à raison de 2' le pied, le verre « bordé à grant bort de painture, » à raison de 4'.
Jehan Barbe avait succédé, en i485, à son père, Guillaume • Barbe, dans la maîtrise de la verrerie de la cathédrale de
Rouen , qu'il occupa près d'un demi-siècle. On voit encore dans cette église des verrières peintes de ce maître, qui se font remarquer par la grâce et la naïveté du dessin. On trouve là la preuve que Jehan Barbe pouvait faire autre chose que de laver des verrières, fournir du verre blanc et même du verre à grand bord de peinture; c'était un artiste de mérite.
REVUE DES ARTISTES