‹ Comptes de dépenses de la construction du château de GaillonChapitre 45 sur 318 · FONDEURS · texte numérisé non relu

FONDEURS

Trois fondeurs seulement, et tous trois établis â Rouen, Jacques Billon , Jehan Helot ou Helyot et Benoist Huart,

cxLiv INTRODUCTION.

eurent occasion de déployer leur talent dans la construction du château de Gaillon.

J.icijues Billon. Jacques Billon avait entrepris et commencé la fonte du saint Georges, sculpté par Jehan de Bony ; mais ce travail, sans qu'on en connaisse le motif, lui fut retiré pour passer entre les mains de Jehan Hélot et de ses compagnons. Ce dernier s'en occupait en septembre 1609 (p. l^o6).

iciian Hélot. Le même Jehan Hélot avait fait précédemment, en octobre 1008, un saint Jean en cuivre et son piédestal, qui furent placés sur le pavillon du jardin (p. 433). On ne nomme pas le sculpteur qui fit le modèle de cette figure, à moins qu'on ne veuille inférer du silence des comptes, que Jehan Hélot ne l'ait exécuté lui-même, ce qui me paraît assez vraisemblable.

Benoisi Huart. Beuoist Huart ' n'est cité qu'à propos de quelques fournitures de son métier, spécialement pour la grande fontaine de marbre (p. 3 16, 355, 433). Ce n'en était pas moins un artiste d'un mérite distingué, et il en donna la preuve en exécutant, en 1 52 4-1 528, en compagnie de Guillaume Boucher, qui demeurait avec lui en la paroisse Saint -Martin sur Renelle à Rouen, les belles clôtures en cuivre du chœur de la cathédrale de cette ville^, somptueux ouvrage, opus sumptiiose inchoatam, disent les registres capitulaires, auxquels nous empruntons ces détails. Ces grilles, augmentées par les deux mêmes fondeurs, en i542, et complétées à deux siècles de là, en 1731 , malgré

' Il signait Benest Haarl. conserve une des portes. La serrurerie en

" Elles furent substituées à des grilles est d'un beau travail et d'une grande élé-

en fer des premières années du xiv' siècle, gance.

dont le musée des antiquités de Rouen .

REVUE DES ARTISTES. cxlv

la disparate des styles, formaient un ensemble admirable, de la plus éblouissante richesse. Elles ne purent trouver grâce devant la rapacité des niveleurs de lygS; malgré l'opposition et les réclamations des habitants de Rouen , elles furent arrachées et fondues.

Benoist Huart mourut en i552.

Le cuivre , de son temps , se payait i o' la livre.

plombiers.

Nicolas Dupuis, Pierres Houel, Robert Devaux.

Nicolas Dupuis, sous la date du i5 mai 1607, recevait 80^, pour la plomberie des galeries du jardin (p. 287 ). Pierres Houel, de Rouen', recevait, en mars et août 1 5o5 , 4 00^ pour celle de la maison du Lydieu. Mais presque tous les grands travaux de plomberie du château de Gaillon furent exécutés par Robert Devaux, maître plombier de Rouen.

Le plomb, on le sait, jouait un grand rôle dans la décoration extérieure des édifices des xv" et xYf siècles. Il y brillait sous toutes les formes : crêtes , épis , gargouilles , lucarnes , écussons, bordures, figures, bas -reliefs. Les maîtres plombiers étaient, de toute nécessité, initiés aux arts du dessin; c'étaient plus que des ouvriers , c'étaient des artistes. Robert Devaux se range incontestablement clans cette classe.

Le 2 5 décembre i5o7, ce maître plombier avait passé un marché, d'après lequel chaque livre de plomb qu'il livrait et

' H habitait sur la paroisse de Saint-Pierre-du-Châtel.

CHÂTEAU DE GAILLON. , t

cxLvi INTRODUCTION.

mettait en œuvre, « tant moulures que plain, » lui était payée sur le taux de 9"* (p. 264). Robert Devaux, par suite de ce marché, fournit et mit en œuvre, du mois de janvier i5o8 au mois de septembre 1609, 116,967 livres de plomb, dont il toucha le prix au taux convenu de 9^'. Dans l'espace de neuf mois, il avait employé livres de soudure \ qui lui furent payées à part, sur le pied de 2' la livre (p. 366). Avant d'avoir passé son marché, Robert Devaux avait déjà fourni 1 5,2^3 livres de plomb , ce qui porte la totalité du plomb livré et ouvré par ce seul maître plombier, pour le château de Gaillon , sans • parler de la soudure, à 1 32,2 10 livres.

ORBATTEURS.

La dorure, dont femploi reprit une nouvelle faveur au xvi^ siècle, occupait un grand nombre d'ouvriers. Les orbatteurs préparaient l'or en feuilles; ils vendaient aussi des couleurs. Rouen se distinguait dans ce genre d'industrie. Ses orbatteurs approvisionnèrent le château de Gaillon. Dans l'espace de deux ou trois années , ils livrèrent aux peintres du château 1 1 5 milliers de feuilles d'or, au prix de i3 le mille. On ne trouve qu'une seule livraison de 3oo feuilles d'argent, qui sont comptées à 2^ 10' le millier.

Ces orbatteurs sont :

Jehan de Bartreville, Nicolas Delaplanche, Nicolas Dubense, Robert Dumouchel, Geoffroy Louvet,

Guillaume de Ronnesalles, Nicolas Leseigneur, Nicolas de Ronnesalles, Guillaume de Lamare.

' L'étain se vendait, à cette époque, 17** i5' les cent livres.

REVUE DES ARTISTES. cxlvh

Les deux derniers figurent, à eux seuls, pour 56 milliers de feuilles, dans la fourniture ci-dessus relatée ; Nicolas de Ronnesalles pour 1 7 milliers , Guillaume de Lamarepour 3 9 milliers.

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