‹ Comptes de dépenses de la construction du château de GaillonChapitre 46 sur 318 · BRIQUETIERS · texte numérisé non relu

BRIQUETIERS

Quinze fabricants de briques, tuiles et carreaux, furent largement occupés pour le château de Gaillon. La plupart travaillaient sur place; Gaillon fournissait fargile et le bois.

Parmi ceux qui fabriquaient plus particulièrement de la Estieane brique, il faut remarquer les frères Estienne et Guillaume Beiliy"""^ Bellay; ils firent, sur les lieux, un assez grand nombre de fournées, qui comprenaient 5o,ooo briques à la fois. On les leur payait '9' le mille. La tuile coûtait généralement le double.

Ces briques entrèrent dans la construction du grand corps d'hôtel bâti par Guillaume Senault, dans celle de la chapelle et de la maison du Lydieu, des murs et piliers du jardin et de quelques autres édifices.

Richart Périer, Jehan Foursin et, en première ligne, Ri- Ricliart Périer.

Jehan Foursin.

Richart Behier.

chart Behier, fournirent la tuile qui fut employée à la cou-

verture des tourelles de la porte du parc (p. 88), du tripot ou jeu de paume, et de quelques bâtiments accessoires; fardoise était réservée pour le corps du château.

Parmi les fabricants de carreau, tant plombé que non plombé (verni ou non verni), il faut mettre au premier rang Richart Behier, qui fournit, lui seul, près de 80,000 carreaux non plombés, dans les seules années 1 5o8 et 1 609. La grande galerie du jardin en absorba une partie. On les lui payait 3o sous le mille; on trouve aussi le prix de 20 sous.

Guillaume Touroulde.

Jehan Morin.

Guillaume Regnauit.

Guillaume Thibault.

Jehan Foursin.

INTRODUCTION

Pour le carreau plombé, citons Jehan Behier, Jehan Foursin déjà nommé, Jehan Morin, Guillaume Piegnault, Geoffroy et Guillaume Touroulde, enfin Guillaume Thibault,

Ces carreaux étaient à une ou deux couleurs, et formaient, soit par leur assemblage, soit par les dessins dont ils étaient incrustés, soit par ces deux moyens réunis, une brillante marqueterie qui s'harmonisait avec la décoration des pièces dont ils composaient le pavage. Ce genre de dallage, aujourd'hui perdu pour nous, mériterait d'être ressuscité '. Ces carreaux plombés coûtaient de 2^ 10* à 3+^ 10^ le mille, mais plus généralement 3^ 10'. Guillaume Touroulde en fournissait à 2^ 10' en janvier i5o/4, pour le pavage de la chapelle du Lydieu (p. 66); Jehan Morin ^, à 3*^ io% pour celui du premier étage du pavillon (p. 1 4 1 ) ; Guillaume Regnauit et Guillaume Thibault livraient à ce dernier prix, en janvier lôog, le premier, 9 milliers , le second , 1 7 milliers « de carreau plombé blanc et rouge» (p. 3o5).

Les carreaux en terre cuite étaient employés, non-seulement à l'intérieur des bâtiments, mais encore à l'extérieur, comme cela eut lieu au château de Gaillon pour le dallage des cours , et même pour la décoration des plates -bandes des jardins : « Pour II mille et ung cent de carreau, dit le registre de 1 5o8i5o9, pour faire des petits parquez dedens les grans du jardin. » Ces derniers carreaux furent fournis par Jehan Foursin.

Nous dirons ici quelques mots des potiers, dont le travail n'est pas sans analogie avec celui des briquetiers. Les comptes de Gaillon ne les mentionnent qu'à propos de fournitures pour

' Des essais ont été, depuis peu, tentés en Angleterre. Ils ont été couronnés d'un plein succès.

^ Il est à noter que ce fabricant était établi à Rouen.

REVUE DES ARTISTES. cxlijc

les repas des ouvriers ou pour le jardin; il s'agit de poteries communes. Il n'est peut-être pas sans intérêt d'avoir une idée des prix auxquels on les fabriquait à cette époque.

Vingt-six poaîes (poêlons) de terre et douze douzaines d'écuelles, sont vendues pour la modique somme de 21% par un nommé Guillaume Desbarres (p. 355); quatre douzaines d'écuelles, pour 8% par un nommé Jehan GifFart. Un Symont Yvart vend, pour 12% dix-huit tarins (terrines) à mectre euUetz (p. 367). Ces derniers vases, à en juger comparativement par le prix, devaient être d'une forte dimension, et peut-être ornés.

Page 1