‹ Comptes de dépenses de la construction du château de GaillonChapitre 48 sur 318 · ARDOISIERS, COUVREURS · texte numérisé non relu

ARDOISIERS, COUVREURS

A l'époque de la construction du château de Gaillon, l'ardoise, comme de nos jours et plus encore, était la couverture de luxe; presque tout le château en fut garnit Les fournitures d'ardoises, d'après nos comptes, ne s'élèvent pas à moins de 585 milliers. Massé Mouchet en fournit, lui seul, 5i2 milliers. Massé Mouchet. qui lui furent payées sur le pied de 3^ 1 o' à 3^ 1 5' le mille. ^ „ „

. Gaiies Bernard.

Les autres fournisseurs sont Galles Bernard et Jehan Choppin. Jehan choppin.

Les registres de Gaillon n'indiquent pas la provenance de ces ardoises, qu'ils qualifient de fines; mais d'après un article de Tannée 1 507-1 5o8, où il est question d'un certain Mathe- Matheiin lin Quatreux, « couvreur d'ardoise, demourant à Tours, » qui fait un voyage à Orléans et autres lieux (p. 344) pour le pas-

' En i/i6o, le cardinal d'Estouleville faisait couvrir en ardoise les bâtiments de Gaillon. Le millier d'ardoises lui coûtait

1^ 17' 3''. En moins de cinquante ans le prix avait doublé.

OUI INTRODUCTION

sage des ardoises destinées au château de Gaillon, nous ne doutons pas qu'elles ne fussent tirées de l'Anjou, de tout temps pays de production de l'ardoise, et apportées par Tours et Orléans, et de là, par Chartres et Dreux, jusqu'à Gaillon. Nous savons, d'ailleurs, que Massé Mouchet, le grand fournisseur de Gaillon, était établi aux Pontx de Cé, près Angers \

Parmi les couvreurs qui mirent en œuvre les 585 milliers Jehan d'ardoises envoyées de TAnjou, Jehan Lemoigne ou Lemoine occupe la première place . L est a peine si i on doit nommer après lui Jehan Chapperon, Jehan Luillier, Colin David, GeorgesVyaiies. Gcoi'ges Vyalles, employés à II" 6'^' et 5' par jour. Le dernier de ces couvreurs, cependant, mérite une exception; il est cité « pour avoir taillé de l'ardoise pour faire petis careaulx et armoiries au jardin » (p. 368). L'ardoise, ainsi que la tuile, n'étaient pas considérées, à cette époque, comme de simples matériaux destinés à préserver les édifices des injures du temps; on savait les faire concourir à la décoration générale par leur disposition, leur taille, leur mélange. Les toitures formaient comme autant de mosaïques qui se mariaient à fornementation des diverses parties extérieures de l'édifice. Aujourd'hui on ne semble pas même soupçonner le parti qu'il serait possible d'en tirer. Nous en dirons autant des cheminées et des gouttières, qui sont la honte de nos édifices modernes.

La couverture du château de Gaillon passa presque tout en-

' Registre manuscrit de l'hâlel-de-ville île Rouen. Ce fut cet ardoisier qui fournit l'ardoise nécessaire à la couverture du Palais de justice de cette ville.

^ Jehan Lemoine avait été occupé, dès l'année i5oi, à la couverture des galeries bâties par le cardinal d'Amboise à son

manoir archiépiscopal de Rouen. On y employa cent milliers d'ardoise fine , qui furent achetés sur le pied de 5' le millier.

Cette ardoise venait des carrières de l'Anjou. En 1A99, on employait, à l'abbaye de Saint-Ouen, de l'ardoise d'Angleterre.

REVUE DES ARTISTES. cliii

tière par les mains de Jehan Lemoine; dans le parc, celle de la maison du Lydieu, des tourelles, des portes, de la chapelle; dans le jardin, celle du pavillon central, qu'il devait faire en « ardoise taillée à escaille de poisson , » de la grande galerie , du pavillon séparant le jardin du parc; dans le château proprement dit, celle de la maison Pierre Delorme, de la grande chapelle , d'une portion de la galerie et de la moitié des cuisines.

Ces travaux furent exécutés, partie à forfait, partie sur le pied de lo' par toise courante ^ Le maître couvreur répondait de son ouvrage pendant une année.

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