ORFÈVRES
Aux catégories que nous venons de passer en revue, nous joindrons quelques classes d'ouvriers et d'artistes qui concoururent à la décoration intérieure et à l'ameublement du château de Gaillon. Les orfèvres, dont nous allons nous occuper d'abord, sont du nombre. Nous parlerons ensuite des brodeurs et tapissiers, puis nous terminerons en disant quelques mots des lingers et toiliers.
REVUE DES ARTISTES. clv
Nous n'avons à nommer, avec les comptes du château, que trois orfèvres :
Jacques Delongchamp,
ESTIENNE LeSIGNERRE, OU SiGNERIE,
PiOBiN Rousseau.
Encore le premier pourrait-il être rangé dans la classe des Jacques
1 • 17 Delongchamp.
doreurs, ou toute autre correspondante, à en juger d après ses travaux, si le mot orfèvre ne se trouvait deux fois à la suite de son nom. On parle, en effet, de Jacques Delongchamp comme ayant fait et doré des écriteaux en cuivre (p. 3 lo, 346) , et comme ayant travaillé aux roleaux des anticjuailles (p. 187-189), expression qu'on doit entendre , sans doute , de fentourage des médaillons.
Estienne Lesignerie et Rohin Rousseau (ce dernier était de Estienne Tours) furent chargés, par le cardinal d'Amboise, de monter et d'enchâsser les pierreries et les perles qu'il avait fait venir de Venise et de Milan, pour en orner son cabinet à Gaillon (p. 420). Robin Rousseau reçut, lui seul, pour sa part, dans ce travail, 3^7^ b% somme considérable pour l'époque. Colin Castille, dont nous avons parlé à l'article des menuisiers, y avait été également employé, ce qui achève de prouver quelle était la diversité des talents de cet artiste remarquable. Il avait fourni « du laton , or cliquant ( clinquant) et feulles de couleurs pour asseoir les chatons de la pierrerie , » dit le compte de l'année 1 807-1 5o8 (p. 346).