‹ Comptes de dépenses de la construction du château de GaillonChapitre 7 sur 318 · Inférieure · texte numérisé non relu

Inférieure

xLiv INTRODUCTION.

Saiilx-Tavaiines, afin de les y soustraire, prit l'engagement, pour lui et ses successeurs , de payer aux évêques d'Evreux , à chaque mutation d'archevêque de Rouen , une somme de trois mille livres, plus une rente perpétuelle de quatre cents livres. En conséquence de cet arrangement, les évêques d'Evreux renonçaient à toujours à leur juridiction, tant spirituelle que temporelle , sur Gaillon, et à tous droits inhérents.

Cet accord fut confirmé par lettres patentes du roi du 10 mai 1740, enregistrées le i4 juillet suivant au Parlement

Nous n'avons plus à signaler, comme derniers faits à noter pour l'histoire du château de Gaillon, que l'accueil qu'y reçut, en 1785, du cardinal de la Rochefoucauld, archevêque de Rouen, le célèbre Franklin, et la présence dans ses murs, en 1 786, de Louis XVI, lors du voyage de ce prince en Normandie.

A quelques années de là, lorsque la tempête révolutionnaire éclatait dans toute sa fureur sur la tête de l'infortuné monarque, peu de jours avant le 10 août, un nouveau plan d'évasion lui fut proposé. On présentait à Louis XVI le château de Gaillon comme un sûr asile : ce fut le Temple qui reçut le fils de Saint Louis, pour ne le céder qu'à l'échafaud.

L'épouvantable révolution qui arracha à ce malheureux roi la couronne et la vie fut le signal de la ruine du noble manoir donné par Saint Louis aux archevêques de Rouen, et que le ministre et l'ami d'un de ses plus dignes descendants devait élever à l'égal des plus splendides maisons royales.

En vertu du décret de la Convention du 20 août 1792, le château de Gaillon , qui avait été saisi comme propriété ecclésiastique, fut mis en vente. Quelques voix s'élevèrent

' Archives du département delaSeine- Inferieure.

" Hue , Histoire des dernières années de Louis XVI, édit. de i8i4. p. 387.

RECIT HISTORIQUE. xlv

dans le pays pour la conservation de ce monument. Elles furent couvertes par celle de l'ingénieur en chef du département, qui, consulté à ce sujet, trouva que « les bâtiments des « deux premières cours et la chapelle étaient d'une construc- « tion très-solide , tant po-ur la maçonnerie que pour la char- « pente, et en bon état; mais que tout cela, dans son ensemble, «ne pouvait être considéré comme un chef-d'œuvre de l'art, « dont on dût ordonner la conservation. » C'était d'une architecture gothique, disait l'ingénieur en chef dans son rapport; et Dieu sait si, en l'an V, où il le rédigeait, l'architecture gothique était en odeur de sainteté. Le château de Gaillon fut donc condamné à être vendu \

Les acquéreurs, qui avaient été guidés par fappât d'une spéculation, s'empressèrent de dépouiller le château de tout ce qui en faisait l'embellissement , et en dénaturèrent la majeure partie. Les statues, les marbres, les menuiseries, les ornements en tout genre , disparurent dans cet encan général ; les pierres elles-mêmes ne furent pas respectées. Enfin, en 1802, feu Alexandre Lenoir, dans la crainte que le portique et les deux belles galeries de la cour principale , qui étaient encore en place, ne vinssent à subir le même sort, préoccupation regrettable, en fit l'acquisition, pour le compte du gouvernement, et les transporta pierre par pierre à Paris, pour en orner le musée des Petits- Augustins, devenu depuis le palais des Beaux-Arts, où on peut admirer encore quelquesuns de ces beaux débris ^.

' On excepta le parc, qui était couvert de bois de haute futaie , et qui fut vendu , à son tour, en 181 5, à une compagnie de marchands de bois , qui se le fit adjuger pour cinq cent mille francs.

^ Une portion notable de ces corps d'architecture et d'ornements sculptés, longtemps délaissée dans les chantiers des Petits-Augustins , a fini par se dénaturer et par se détruire. Ceux qui survécurent ont

xLvi INTRODUCTION.

Enfin, en 1812, Napoléon ayant décrété la formation d'une maison centrale de détention, pour les cinq départements de l'Eure, delà Somme, delà Seine-Inférieure, de l'Orne et d'Eure-et-Loir, fit racheter, dans ce but, moyennant une somme de quatre-vingt-dix mille francs, l'emplacement et les restes du château de Gaillon.

Les travaux et les nombreuses constructions nécessitées par cette nouvelle destination, achevèrent de dénaturer fœuvre de Georges d'Amboise. A peine aujourd'hui en reste- t-il debout quelques pans de murailles, quelques restes déshonorés. Aussi fami des arts et de nos souvenirs historiques, en visitant ces lieux, jadis si pleins de magnificence et de grandeur, séjour désormais du crime et de la misère et doublement dégradés, est-il près de s'écrier avec le poëte : Etiam periere ruinœ !

été employés dans la décoration du palais ban , avec le goût et le talent qui distindes Beaux- Arts par l'architecte, M. Du- guent cet artiste.

DESCRIPTION

XLYII

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