‹ Comptes des bâtiments du roi sous le règne de Louis XIV (volume 3)Chapitre 2 sur 263 · IV . COMPTES DES BÂTIMENTS DU ROI · texte numérisé non relu

IV . COMPTES DES BÂTIMENTS DU ROI

Une compilation rédigée dans la seconde moitié du xvne siècle pour les besoins de l’historiographe des Bâtiments royaux, c’était André Félibien, offre l’analyse et le résumé de plus de soixante-dix registres originaux. Or, plus un seul de ces Comptes du xvie siècle n’existe aujourd’hui. On les connaît uniquement parle travail de Félibien, et encore la moitié de cette compilation paraît-elle à jamais perdue. Elle comprenait à l’origine deux volumes et s’étendait de i59.8 à 1600; malheureusement, par un effet de la fatalité qui poursuit les Comptes des Bâtiments, le second des volumes composés pour Félibien a disparu. Il ne subsiste que le résumé des Comptes s’étendant de 1628 à 1570. Quelque incomplète qu’elle nous soit parvenue, cette analyse reste encore le document le plus précieux que nous possédions sur la période quelle embrasse.

Elle a fourni à M. Léon de Laborde la meilleure partie de son célèbre travail sur la Benaissance française. Les nombreux extraits imprimés à la suite du premier volume de cet ouvrage n’en avaient point épuisé l’intérêt. M. de Laborde le comprit et commença l’impression intégrale du manuscrit rédigé pour l’usage de Félibien, en y joignant l’analyse de plusieurs Comptes de la même époque.

La préparation de cet ouvrage touchait à son terme, quand d’autres occupations contraignirent l’éditeur à interrompre les soins qu’il y donnait. Cette publication vient de paraître tout récemment par les soins de la Société de l’histoire de ï art français 1 .

Les fragments ou extraits qui l’accompagnent et la complètent méritent d’être rappelés sommairement :

C’est d’abord crie Compte de la marguillerie de l’œuvre et fabrique de l’église parroichial monseigneur Saint-Germain de l’Auxerroys2-» pour l’année i5/t2. Le grand nom de Jean Goujon donne à ces feuillets, sauvés d’une destruction imminente par un heureux hasard, un prix inestimable.

Citons ensuite : le et Compte des bastimens du chasteau de Saint-Germain en Laye pour les années 1 5 4 8 à i55o3», publié par extraits d’après le registre original de la Bibliothèque nationale; — ccLe payement des ouvriers orfèvres

1 Les Comptes des Bâtiments du Roi (1 5a8-i £7 1 ) suivis de documents inédits sur les châteaux: royaux et les beaux-arts au xvi° siècle, recueillis et mis en ordre par le marquis Léon de Laborde, Paris, J. Baur, 1877-1880, 2 vol. in-8°.

2 Archives nationales, K, 53o, pièce ai, n° ai.

Le compte est publié intégralement dans le second volume de la publication indiquée ci-dessus, t. II, 275-290.

3 Bibliothèque nationale, manuscrits : fonds français, 4â8o. Publié par extraits à la suite des Comptes des Bâtiments du Roi (t. II, 291-825).

INTRODUCTION

logeant et besongnant dans l’hostel de Nesle ( 1 5 ^9-1 556) 1 ■», où se retrouvent à chaque page les noms des ouvriers et élèves de Benvenuto Gellini ; — le registre des cr Travaux faits pour Catherine deMédicis au pallais des Thuilleries en 1 57 1 2», déjà utilisé par Adolphe Berty dans la Topographie du Louvre et des Tuileries 3;

un fragment de cc Compte de travaux exécutés au jardin des Tuileries

en 1 570 n, suite naturelle du précédent; — enfin deux registres de 1 58 1 , relatifs à l’hôtel du Soissons et au château de Saint-Maur4, propriétés de la reine Catherine de Médicis.

Un double motif nous commandait d’insister sur cette publication. Elle renferme, d’une part, à peu près tous les Comptes du xvie siècle existant encore, relatifs à des bâtiments royaux. D’un autre côté, elle forme en quelque sorte le préambule de l’ouvrage qui paraît aujourd’hui. A part ces deux volumes5, on ne possède rien ou presque rien sur les artistes éminents associés à la construction ou à la décoration des châteaux les plus fameux de la Renaissance. Cette pénurie explique et justifie à la fois la date à laquelle commence notre publication.

La première moitié du xvuc siècle, à vrai dire, est moins pauvre que la période antérieure en témoignages authentiques sur les constructions royales. Mais, s’il existe alors des fragments de plus en plus nombreux, on chercherait vainement une série complète, ininterrompue, de comptes, fut-ce pour un seul édifice.

Il nous paraît indispensable de dresser ici une liste succincte de ces registres du xvnc siècle, disséminés dans les dépôts publics de Paris ou de la province. Cette récapitulation n’a pas la prétention de ne rien ignorer; mais en provoquant des additions et des rectifications, elle contribuera à faire connaître, nous l’espérons du moins, des volumes restés inconnus jusqu’ici. Ne serait-il pas tort intéressant de rassembler les passages les plus curieux de ces différents Comptes tout en présentant une analyse détaillée de chaque registre ? Ce travail formerait la tète de la collection que nous entreprenons aujourd'hui. Un volume suffirait à cette publication, dans laquelle on se contenterait de donner les totaux des diffé-

1 Archives nationales, KK, 285. (Voy. Comptes des Batiments, II, 32 6-339-)

2 Bibliothèque nationale , manuscrits : fonds français, 10399. (V°y. Comptes des Bâtiments, II, 3 60- 35 0. )

3 Tome II, pages 69-52. Dans ce compte il est

question, comme l’a remarqué Berty, de Bernard Palissy et de Jean Bullant.

4 Archives nationales, KK, 126. (Voy. Comptes des Bâtiments, II, 35 1 -358. )

5 Les Comptes du château de Gaiilon , si précieux qu’ils soient, n’ont pas ce caractère d’intérêt général qui s’attache aux constructions royales. Toutefois nous nous empressons de reconnaître que le livre de M. Deville est un document capital sur les débuts de la Renaissance française.

rents chapitres sans entrer dans le détail des dépenses de pure construction. Ces manuscrits ont déjà été soigneusement examinés; il ne reste qu’un petit nombre d’articles à tirer de chacun d’eux.

Voici la liste des Comptes de la première moitié du xvuc siècle encore existants. Nous les classons autant que possible par châteaux , en suivant l’ordre chronologique,

Châteaux de Monceaux et du Luxembourg : i° c Payement des Bastimens de la Royne mère pour six années, finies le dernier décembre 1620, au château de Monceaulx. r> (Archives nationales, KK, 198.)

20 « Compte particulier des Bastimens de la feue Royne Marie de Médicis, tant du pallays du Luxembourg et chasteau de Monceaux. . . durant les années 1629, i 6 3 0 , 1 63 1 et i632.fi (Archives nationales, KK, 19/1.)

3° Toisés des travaux de maçonnerie, charpenterie, etc., faits au palais de la reine Marie de Médicis, sous la direction de l’architecte Salomon de Brosse, en i6a3, juin-aoiit. (Bibliothèque de l’Arsenal ; manuscrits, n° 6995.)

Château de Fontainebleau : 4° Comptes des travaux exécutés au château de Fontainebleau sous le règne de Louis XÎII, de 1689 à 16/12, 4 registres. (Bibliothèque de la ville de Nevers.)

M. de Laborde, à qui ces registres avaient été signalés, les eut à sa disposition, et en donna une analyse sommaire dans la Revue universelle des arts (t. IV, p. 206-21 B). L’éminent érudit s’attachait surtout à faire connaître les dépenses pour travaux d’art, ou les modifications apportées dans la distribution des appartements. La récolte fut assez maigre, il le constatait lui ‘même. 11 exprimait le souhait, peut-être imprudent, que ces registres fussent transportés à la bibliothèque du château de Fontainebleau. Ce vœu a4-il été entendu ? Nous [Ignorons ; nous savons seulement qu’une demande récente de communication des registres, adressée officiellement au maire de Nevers, n’aboutit à aucun résultat. Il fut répondu qu’on ne connaissait pas ces manuscrits. Ils se trouvaient cependant à Nevers il y a vingt-cinq ans à peine,

Bâtiments royaux eu général : 5° « Ëxtraict des parties employées en l’estât général des bastimens du Boy dont la despence est à faire et commandée par Sa

INTRODUCTION

Majesté en la présente année 162/1. » (Bibliothèque de la Sorbonne, manuscrits: histoire, I, 4 A.)

Les Archives de l’art français (t. II, p. 3 3 7-3 9 ) ont publié tous les passages du compte de 162 4 présentant quelque intérêt au point de vue de l’art.

6° cr Estât général par le menu des ouvraiges, réparations et despences faites pour les bastimens des chasteaux du Louvre, Sainct-Germain, Versailles, et aultres maisons royalles, parcqs, jardins, etc. etc., durant l’année i63q. . . r> (Archives nationales, O1, 2 1 27.)

Ce registre réunit déjà les différentes Maisons royales et appartient ainsi à la série qui nous occupe. A défaut d’une reproduction intégrale, nous nous étions proposé d’en donner une analyse détaillée, avec de nombreuses citations, à la fin du présent volume. La place nous manque. Pour y suppléer, voici un résumé très-sommaire des articles de ce compte. La dépense totale s’élève à 277,986** i5s 8d et se répartit ainsi :

Le Louvre 187,7/10** 5S àd

Le Luxembourg i,ài5 i5

Saint-Germain 23,791 18 9

Vincennes 7,7^8 1 5

Versailles i,o3o 5 2

Chasteau-Thierry 2,0 à 1

Collèges de Carnbray et de Tréguier (à Paris).. i,58o

Remise à l’Épargne 22,068 10

Gages et entretenements 70,570

Dépense commune 10,000

La dépense de Fontainebleau, portée sur un registre séparé, aujourd’hui perdu, s’élevait à 1 9 5 , 1 9 7 ^ 178 2d. Remarquons à ce propos que les dépenses du palais de Fontainebleau ont toujours fait l’objet d’un chapitre particulier.

Sans entrer dans d’autres détails, constatons que la plus grosse dépense s’applique à la maçonnerie du Louvre. Elle atteint 103,627 livres. Les travaux se trouvaient donc en pleine période d’activité. L’entrepreneur, Nicolas Messier, prenait le titre de ce juré du Rov ès œuvres de maçonnerie et maistre maçon ordinaire de Sa Majesté-». C’était, comme on le voit, un personnage d’importance.

70 cc Extraits des dépenses des Bâtiments de 1 6 A3 à 1689.-» (Archives nationales,

O1, 2 1 2 8 . ) Ce registre, qui serait si précieux en rattachant les temps antérieurs à l’époque de Colbert, fournit bien peu de renseignements. Nul ordre, nulle méthode; il y aurait à peine quelques articles à en tirer.

Etats d’ officiers des Bâtiments. Bien que les comptes de cette nature ne rentrent qu’accessoirement dans la dépense des Bâtiments du Roi, ils fournissent cependant d’utiles détails sur les personnages et les artistes qui présidaient soit à la conservation, soit à la décoration des Maisons royales. Aussi ne pouvions-nous les passer sous silence.

8° «Etat des officiers que le Roy veult et entend estre entretenuz en son chasteau de Saint-Germain en Laye, pour la conservation d’iceluy, durant la présente année 1 6o5. v

Etat semblable pour les châteaux de Fontainebleau, Louvre, palais des Tuileries et Saint-Germain en Laye, en 1608.

Etats pour les mêmes châteaux, auxquels est venu se joindre celui de Vincennes, en 1618, 1625,1 636, 1 6 45, 1 656.

Etats spéciaux des officiers du château de Fontainebleau pour 1 6 3 5 , i646, 16/17,

Ces cahiers, de peu d’étendue chacun, sont reliés en un volume conservé aux Archives nationales sous la cote O1, 2 3 87.

Ils ont été connus de plusieurs érudits et mis en œuvre, d’abord par M. Berty qui, dans sa Topographie du vieux Paris1, a donné intégralement les états d’officiers du Louvre et des Tuileries pour les années 1608, 1618 et 1624. Les Nouvelles archives de l’art français 2 ont plus récemment extrait de ces états les nombreux articles concernant les artistes et les ont reproduits intégralement.

Sous l’administration de Colbert, le compte relatif à chaque année est toujours accompagné d’un état des officiers employés dans les Maisons royales. Cet état se trouve à la fin du registre. On a réuni les états d’un certain nombre d’années dans le volume suivant :

90 Etats des gages des officiers des Bâtiments du Roi de 1 6 6 4 à 1678. (Archives nationales, O1, 2388.)

1 Région du Louvre et des Tuileries , tome II, p. 2o/i-3i5. — 2 Année 1872, page i-bh.

INTRODUCTION

C’est la copie fidèle du chapitre de gages placé à la fin de chaque exercice avant les Dépenses diverses. Ce relevé peut servir à contrôler, et, dans certains cas, à compléter les comptes de Colbert. Ainsi, sur le volume de l’année 1676, le chapitre des gages d’officiers payés suivant l’état se trouve omis, probablement par la négligence d’un copiste. Nous retrouvons au registre spécifié ci-dessus1 le chapitre oublié dans le registre de l’année 1676.

Avec ce dernier registre nous arrivons à l’administration de Colbert. A partir de i664, les Comptes des Bâtiments royaux forment une suite ininterrompue jusqu’en 177/i.

Colbert avait pris, il est vrai, dès 1662, la direction des finances; mais il ne remplaça Antoine de Ratabon dans la place de Surintendant des Bâtiments qu’à la date du ier janvier 1 664. Nous possédons par conséquent au complet les registres de l’administration de Colbert. Nous aurions voulu comprendre dans ce volume toute la période qui s’étend jusqu’à la mort du grand ministre et y faire entrer les années 1681, 1682 et 1 6 8 3 ; mais le développement considérable qu’atteignent les registres à partir de 1678, et surtout de 1681, a rendu l’exécution de ce plan impossible. Force nous a été de suspendre la publication à l’année 1680

Il nous paraît nécessaire, avant d’aller plus loin, de présenter une liste détaillée des registres qui renferment les Comptes des Bâtiments du Roi de i664 à 1774 , pendant une période de cent onze années.

Tous ces registres sont de format in-folio.

Les quatre premiers sont conservés à la Bibliothèque nationale, dans les Mélanges de Colbert, sous les numéros suivants :

1664 N° 3i 1 (285 feuillets).

1665 N°3i2 ( 197 feuillets).

1666 N° 3 1 3 (168 feuillets).

1667 N° 3 1 5 (222 feuillets).

Chacun de ces volumes est relié en maroquin rouge décoré de fleurs de lis sur le dos et aux quatre angles des plats, qu’encadre un triple filet. Le dos porte ce

1 Sur ce volume, les augmentations dégagés sont rault, le premier commis et l’homme de confiance indiquées chaque année en marge , et l’écriture de de Colbert pour tout ce qui avait rapport à l’admices notes ressemble beaucoup à celle de Charles Per- nistration des Bâtiments.

titre : «Bâtiments, 1664, n répété sur le plat, où on lit : «Bâtiments dü Rot. - — Année 166 A. n De même pour les années suivantes.

11 existe une seconde suite dans un format réduit, de la taille d’un in-octavo ordinaire, pour les trois premières années i664, 1 66 5 et 1 6 6 6. Gabriel Peignot a connu, possédé, décrit et analysé cette copie contemporaine des registres officiels, dont elle offre la reproduction textuelle1. Aujourd’hui ces volumes font partie du Fonds français au Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale (nos 1A108, 1A109 et 1A110).

Evidemment, les quatre registres in-folio des Mélanges de Colbert proviennent, comme les volumes conservés au palais ‘Soubise, des papiers de la Maison du Roi. A quelle époque, par suite de quelles circonstances ont-ils été détachés de la grande collection? Nous n’avons pu le savoir. Peu importe d’ailleurs, puisqu’ils se trouvent rapprochés, dans notre publication, de la série déposée aux Archives nationales, où les Comptes des Bâtiments sont classés dans la Maison du Roi (série O1) sous les numéros suivants2 :

1 Documents authentiques et détails curieux sur les dépenses de Louis XIV, par Gabriel Peignot. Paris, J. llenouard et V. Lagier, 1827, in-8° de 174 p. (lire' à 3oo exempl.).

2 Tous les registres qui ne donnent lieu à aucune observation ont même reliure, mêmes titres au dos et sur les plats que les quatre années conservées dans les Mélanges de Colbert.

3 Pas de litre sur le plat.

4 Ni le dos ni les plats ne sont décorés de fleurs de lis.

5 Chaque compartiment du dos est garni d'une grosse fleur de lis, tandis que le plat de la reliure

porte les armes de Colbert surmontées d’une cou-

2129 (191 feuillets).

2130 (195 feuillets).

2 1 3 13 (200 feuillets).

2i324(i 96 feuillets).

2 i335(22o feuillets).

2i366(2io feuillets).

ronne de marquis et encadrées des deux colliers des ordres du Roi. Cette marque se retrouve sur les registres suivants jusqu’en 1 683.

6 Nouvelle modification à la reliure : les fleurs de lis du dos du volume sont remplacées, jusqu’en 1 683 , par les initiales enlacées de Colbert JB G, répétées dans chaque compartiment. On remarque qu’à partir de 1672, les numéros des registres ne se suivent pas exactement. En effet, de 1672 à 1680 inclusivement, il existe une double série de comptes. Les registres intercalés contiennent les mêmes dépenses que ceux qui ont été mis à contribution; mais elles sont classées suivant un système différent. Est-ce un essai que tentait le mi-

INTRODUCTION

1674 N° 2i 37 (200 feuillets).

1675 N° 2i 39 ( 1 83 feuillets).

1676 N® 2i4i (2o4 feuillets).

1677 N° 21 44 (23i feuillets).

1678 N°2i45 (a5i feuillets).

1679 N° 2167 (3o4 feuillets),

1680 N° 2t 49 (298 feuillets).

1681 N° 21 Ôi1 (2^9 feuillets).

1682 N° 21 52 (289 feuillets).

1 683 2 N° 2i53 (3o8 feuillets).

1684 3 Nos2i54, 2i55 (218 et 191 feuillets).

1685 4 Nos2i56, 2157, 21 58 (585 feuillets).

1686 5 Nos2i59, 2160, 2161 (61 4 feuillets).

1687 Nos2i62,2i63,2i64 (623 feuillets).

1688 Nos2i65, 2166, 2167 (620 feuillets).

1689 Nos2i68, 2169, 2170 (655 feuillets).

1690 N08 2 i7i, 2172 (5o8 feuillets).

1691 Nos 2 1 73 , 2 1 74 (4 16 feuillets).

1692 Nos2i75, 2176 (320 feuillets).

nistre pour arriver à équilibrer les recettes et les prévisions de dépenses? Voulait-il exercer un contrôle plus sévère sur les comptes des trésoriers? Il est difficile de déterminer aujourd’hui les motifs de cette expérience. Voici au reste les caractères principaux des registres que nous laissons de côté : en regard des articles de payement, au verso du feuillet précédent, figure la somme de dépense prévue; en outre, les grands chapitres du compte sont subdivisés en autant de parties distinctes qu’il y a de natures de dépenses. Ainsi le registre de 1677 débute par Versailles et non par le Louvre. Le premier paragraphe est ainsi conçu : « Pour la continuation des ouvrages de pavé tant du chasteau que du bourg, 3ooott»; en regard figurent les articles de dépense. Puis «Pour achever les ouvrages de m arbre du grand escallier, 2 5 , 0 o ott » , avec les dépenses en regard. En somme, c’est le système définitivement adopté et régulièrement suivi a partir de 1681. Mais on l’applique d’abord timi-

dement, comme pour tenter un essai; aussi avonsnous suivi jusqu’en 1680 la division des premiers registres.

1 A partir de l’année 1681, on donne au compte une nouvelle disposition. En regard de la dépense figure la somme affectée par avance au chapitre en question. Les dépenses sont divisées en deux colonnes : la première contient les sommes payées sur ordonnance; la seconde est réservée aux ordres. D’ailleurs toutes les sommes portées sous la rubrique Ordonnances se trouvent répétées dans la seconde colonne, à de très-rares exceptions près.

2 C’est le dernier registre qui porte les armes et le chiffre de Colbert.

3 Fers d’ornement au dos du registre; simples filets sur les plats.

4 Armes de Louvois sur les plats : trois lézards en pal avec un chef chargé de trois étoiles.

B Dorénavant les plats de registres n’ont pour tout ornement que des filets.

XII COMPTES DES BÂTIMENTS DU ROI

1693 Nos2i77, 2178 (260 feuillets).

1694 Nos2i79, 918o (385 feuillets).

1695 Nos 2181, 2182 (3 1 2 feuillets).

1696 Nos2i83, 2i84 (33o feuillets).

1697 Nos 21 85, 2186 (3g 5 feuillets).

1698 N05 2 i87, 2188 (390 feuillets).

1699 Nos2i89, 2190 (43o feuillets).

1700 Nos2i9i, 2192 (43o feuillets).

1701 Nos2i93, 2194 (43 1 feuillets).

1702 Nos2ig5, 2196 (436 feuillets).

1703.. Nos2i97, 2198 (456 feuillets).

1704 Nos2i99, 2200 ( 4 5 1 feuillets).

1705 Nos 2 2 0 1 , 2202 (44o feuillets).

1706 Nos 2 2 o3 , 2 2 0 4 (44o feuillets).

1707 Nos 2 2 o 5 , 2206 (43g feuillets).

1708 Nos 2 2 o 7 5 2208 (438 feuillets).

1709 1 N° 2209 (3o8 feuillets).

1710 N° 2210 (486 feuillets).

1711 N° 2211 (295 feuillets).

1712 N° 2212 (3oo feuillets).

1713 N° 2 2 1 3 (3o2 feuillets).

1714 N° 22i4 (296 feuillets).

1716 N° 2216 (3o 2 feuillets).

1717 N° 2217 (3oo feuillets).

1718 N° 2218 (299 feuillets).

1719 N° 2219 (292 feuillets).

1720 2 N° 2220 (325 feuillets).

1721 N° 2221 (356 feuillets).

1722 N° 2222 (372 feuillets).

1723.. .. r N° 2223 (4 12 feuillets).

1 7 24 3 N° 2224 (4 1 8 feuillets).

1725 N° 2225 ( 3 3 1 feuillets).

1726 N° 2226 (363 feuillets).

1 A partir de 1709, il n‘y a plus qu’un registre 3 Après 1724, une fleur de lis remplace les L

par année. enlacées qui ornaient précédemment le dos. Quatre

1 A partir de 1 7 20 , les registres portent les armes fleurs de lis décorent les angles des plats. Les armes

royales sur les plats, et deux L enlacées etcouron- royales sont, à partir de cette date, inscrites dans

nées, répétées cinq fois, entre les nervures du dos. un ovale.

INTRODUCTION

1727 1 N° 2227 (342 feuillets).

1729 N° 2229 (45o feuillets).

1730 N° 223o (394 feuillets).

1731 N° 223i (390 feuillets).

1732 N° 2232 (389 feuillets).

1733 N° 2 233 (4o6 feuillets).

1734 N° 2234 (395 feuillets).

1735 N° 2235 (393 feuillets).

1736 N° 2236 (389 feuillets).

1737 N° 2237 (392 feuillets).

1738 N° 2238 (392 feuillets).

1739 N° 2239 (38 1 feuillets).

1740 N° 2 2 4o (399 feuillets).

1741 N° 2 2 4 1 (367 feuillets).

1742 2 N° 2242 (358 feuillets).

1743 N° 2 2 43 ( 3 3 1 feuillets).

1744 N° 2244 (320 feuillets).

1745 N° 2 2 45 (3 19 feuillets).

1746 N° 2 2 46 (371 feuillets).

1747 N° 2247 (33g feuillets).

1748 N° 2248 (365 feuillets).

1749 N° 2249 (387 feuillets).

1750 N° 2 2 5o (383 feuillets).

1751 N° 225i (399 feuillets).

1752 N° 2252 (370 feuillets).

1753 N° 2253 (369 feuillets).

1754 N° 2254 (387 feuillets).

1755 N° 2255 (392 feuillets).

1756 N° 2256 (4oo feuillets).

1757 N° 2257 (427 feuillets).

1758 N° 2258 (424 feuillets).

1759 N° 2259 (344 feuillets).

1760 N° 2260 (3 19 feuillets).

1761 N° 2261 (4oo feuillets).

1 Ce registre est relié en veau , tandis que ceux qui précèdent et ceux qui suivent, jusqu’à l’année

1741, ont une couverture de maroquin plein.

2 Depuis 1742 jusqu’à la fin de la série, les registres ont une couverture uniforme de veau aux armes royales et aux fleurs de lis sur les plats.

xiv COMPTES DES BÂTIMENTS DU ROI.

1762 N° 2262 (384 feuillets).

1763 N° 2263 (454 feuillets).

1764 N0 2264 (443 feuillets).

1767 N° 2267 (4i5 feuillets).

1768 N° 2268 ( 4 1 1 feuillets).

1769 N03 2269, 2270 (422 feuillets).

1770 Nos 2 2 7 1 5 2272 (42 3 feuillets).

1772 Nos 2274, 2275 (4o5 feuillets).

1773 N°s 2276, 2277 ( 4 1 9 feuillets).

Telle est la collection dont on entreprend aujourd’hui la publication, décidée en principe jusqu’en 1715. Le présent volume s’arrête en 1680. Le suivant ira, autant qui! est permis de le conjecturer dès à présent, jusqu’en i6po. Deux autres volumes suffiront aux vingt-cinq dernières années du règne de Louis XIV.

C’est à Colbert, à la vigilance qu’il porta dans tous les détails de l’administration confiée à ses soins, que nous devons cette magnifique collection. Du jour de sa nomination à la Surintendance des Bâtiments commence le premier registre. Pendant vingt ans le grand ministre préside avec une sollicitude infatigable à l’exécution de ses ordres; lui-même pointe chaque article, contrôle les dépenses tes unes après les autres, inscrit en marge le bon qui autorise le payement; lui-même arrête le compte de chaque année, inscrit à la fin de plusieurs registres le total des recettes et des dépenses et établit le reliquat du au trésor ou au comptable.

Toutefois, il 11e faudrait pas croire que la comptabilité du xvne siècle, même sous le ministère de Colbert, fût tenue avec l’inflexible ponctualité qu’on exige aujourd’hui du moindre employé des finances. De vieilles habitudes qui ne disparaissent pas en un jour, meme devant la volonté la plus tenace, autorisaient cer-

Les armes qui décoraient les plats des registres méros. Les pages sont au nombre de 4oo à peu près,

disparaissent à partir de 1766. 3 Les feuillets ne sont pas numérotés. Il y a

Les feuillets de ce registre ne portent pas de nu- environ 4ao pages dans ce registre.

INTRODUCTION

faines licences. Ces irrégularités ont été maintes fois relevées. Des commis de l’ancienne administration avaient même déjà signalé les inexactitudes dont nos registres offrent de nombreux exemples1.

Évidemment on attachait une assez faible importance, du temps de Colbert, à une erreur de quelques livres, et meme de quelques milliers de livres. Nous avons contrôlé sévèrement tous les chiffres, vérifié toutes les additions. Cette révision méticuleuse nous a fait découvrir, dans les dix-sept registres dont nous donnons aujourd’hui le contenu, plus de cent additions fausses2. Encore ce chiffre serait-d certainement bien plus élevé si, à partir de 1679, le comptable n avait négligé d’inscrire à la fin de chaque chapiitre le total de la dépense. Nous avons du apporter le soin le plus rigoureux a cette partie de notre tache, aussi pouvonsnous garantir l’exactitude de nos chuffres. Les preuves des additions ont été faites et recommencées jusqu’à ce que le (calcul fût absolument exact.

Il ne faut pas trop s’étonner d<e ces irrégularités si choquantes au premier abord. La comptabilité du xviT siètcle, même celle de la Chambre des comptes3, paraît-il, en offre des exemples comtinuels; nous en citerons un qui nous parait particulièrement caractéristique.

On conserve aux Archives nationales4 un État abrégé des recettes et dépenses de chaque année, pendant l’administration de Colbert et de ses deux premiers successeurs, Le Peletier et Pontchartnain ; ce registre s’étend de 1662 à 1700. Les Bâtiments du Roi figurent à leur place au chapitre de dépenses. Aucun des chiffres de cet état ne concorde exactement avec ceux qui sont fournis par nos registres. Les écarts atteignent parfois des centaines de mille livres, sans qu on puisse découvrir une raison plausible de cette anomalie. Au surplus, pour mettre le lecteur en état de juger par lui-même, nou:s plaçons sous ses yeux le tableau des dépenses des Bâtiments d’après l’état rédigé pour Pontcliartrain. Nous y joignons le relevé des dépenses de l’Argenterie royale. Ce chapitre comprend, on le sait, non pas

1 Cuvillier, premier commis des Bâtiments sous la direction de M. d’Angiviller, inscrit sur le registre aujourd’hui coté 2i3â (année 1672, 2e série ) une note qui se termine par ces lignes : «Il en reste évident qu’on auroit reposé sur de très fausses bases

si on avoit travaillé d’après ce registre et toms ses semblables lorsqu’en 1778 et 1779 on a cherché à

connoître ce qu’avoit été la dépense des Bastiimens

surtout dans les tems brillans de Louis XIV. «

2 Cent quatre exactement. Voyez, à la table, Erreurs d’addition.

3 Le fait nous a été certifié par M. A. de Boislisle, si compétent en tout ce qui touche à l’ancienne Chambre des comptes.

4 Section historique, KK,355. Registre in-folio de 5 1 5 feuillets admirablement calligraphiés, relié en maroquin rouge sans armes, avec des fermoirs dorés.

des pièces d’orfèvrerie, des vases, des bassins ou des caisses d’argent, comme on en voit figurer sur nos Comptes, mais les frais de la garde-robe royale, les achats de bijoux et de pierres précieuses, des articles en un mot qui ne doivent à aucun titre prendre place dans les registres de l’administration des Bâtiments. Si nous les indiquons ici, c’est dans le but d’établir cette distinction et d’éviter toute confusion.

ARGENTERIE

BATIMENTS ET ENTRETENE51ENTS DES OFFICIERS DES MAISONS ROYAIÆS.

DIVERS

2,392,6l ltt

6,44i,ooi

46o,5oo 5

1 Argenterie pour le ballet d’Hercule.

9 Le compte porte des articles spéciaux pour les pensions ( i,2i5,733tt) et pour les pensions étrangères et affaires d’Allemagne (84,3oott).

3 L’article a cette fois pour titre : Bastimens et manufactures.

Maintenant l’article prend ce titre : Bastimens et entrelenemens des Maisons royales.

6 Pour Je canal de communication des mers ou canal du Midi. C’est la première fois que cette dépense forme im article spécial dans le relevé général.

6 Pour le canal de communication des mers ou canal du Midi.

7 Pour le même objet que les deux années précédentes.

INTRODUCTION

BÂTIMENTS ET ENTRETEiNEMENTS DES OFFICIERS

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