ANN EES. ARGENTERIE. * DES MAISONS ROYALES
1684 *1,091,983^ 8,0/18, i4itt
1690 5o3,68i i,6io,739
1696 Manque U
1698 Manque.
1699 , qo6,7o5tt i3s 1 id 2,6i5,8o3tti8< id
L'État abrégé des recettes et dépenses donne de précieux renseignements sur la procédure administrative introduite par Colbert dans le Contrôle général, pour remédier aux abus, aux irrégularités et aux dilapidations. Comme les mêmes principes étaient appliqués à la direction des Bâtiments, comme le Surintendant s’entourait des mêmes précautions que le Contrôleur général, nous aurions reproduit une partie de la remarquable introduction qui précède Y Etat abrégé si elle ne se trouvait déjà publiée en entier dans le premier volume de la Correspondance des contrôleurs généraux des finances1 2. On voit, par l’exposé succinct des formalites imposées aux comptables, que le Roi et le ministre se tenaient jour par jour au courant de l’état du trésor et se faisaient rendre un compte minutieux de chaque dépense.
Nous ne rechercherons pas, pour une simple satisfaction de curiosité, comment d’aussi fréquentes erreurs et d’aussi grosses différences de chiffres ont pu se glisser
1 La dernière page du registre porte cette observation : frll ne manque que les années 1696 et
1698, parce qu’elles n’étoient point encore arrêtées lorsque M. le chancelier de Pontchartrain a fait relier ce volume, juillet 1714.51 On peut juger par
cette remarque des lenteurs de 1 ancienne administration financière, des retards apportés au payement des dépenses, et partant de la difficulté d exercer un contrôle sévère.
2 Appendice, pages 078-581.
COMPTES DES BATIMENTS. I
dans une administration ainsi surveillée. Le fait est qu’on tolérait beaucoup de licences à l’arithmétique, ainsi qu’à l’orthographe. Mais plus les additions de nos registres sont sujettes à caution, plus nous nous sommes attaché à ne donner que des chiffres exacts et absolument définitifs. Une erreur a pu nous échapper; toutefois nous n’avons rien négligé pour que les totaux portés aux tableaux récapitulatifs de la fin du volume fussent la représentation rigoureuse de toutes les dépenses consignées dans les Comptes.
Sans entrer dans le detail des rouages de cette administration, qui nous paraît si primitive et qui constituait pourtant un immense progrès sur tout ce qui se faisait auparavant, nous donnerons quelques indications sommaires sur les précautions prises pour assurer le bon ordre dans le service des Bâtiments royaux.
Le ministre passait des marchés avec les entrepreneurs du Roi et arrêtait ainsi, pour une période déterminée, le prix de chaque nature de travail. Il existe encore un certain nombre de ces marchés datant de la fin du xvnc siècle. On possède même un inventaire spécial des traités passés avec les entrepreneurs par Colbert et ses successeurs. Cet inventaire donne les plus curieux détails sur le tarif des matériaux fournis pour le Roi. Le prix de chaque marchandise étant fixé par avance d’un commun accord, dans une sorte de cahier des charges, les architectes et les inspecteurs surveillaient l’exécution des travaux, puis, après leur achèvement, toisaient les matériaux mis en œuvre et établissaient, d’après le tarif convenu, la somme due, sans préjudice de la gratification accordée à l’entrepreneur dont on était satisfait.
Citons, à titre d’exemple, l’analyse de plusieurs marchés particulièrement curieux. Le premier appartient à l’administration de Colbert; les trois suivants furent passés par son successeur.
L Marché sous seing privé, au pié du devis du 5e may 1678, avec Pochery (Pothery) et de Fere (Defer), pour fournir les pierres pour la construction des piles de l’Arc de triomphe, provenant des carrières de Saint-Cloud et rendues aux ateliers dud. Arc de triomphe moyennant, savoir :
Pour chacun pié de superficie, depuis 10 pies jusqu’à tâ pies , âos;
5os depuis i5 jusqu’à 19 pies;
3tt i5s depuis 20 jusqu’à 2 5 pies; i5s depuis 26 jusqu’à 3i piés;
5tt 1 os depuis 32 jusqu’à 37 piés;
6tt 5S depuis 38 jusqu’à hü piés;
INTRODUCTION
Le pie de superficie, depuis Ù3 jusqu’à Ù6 piiés, 6tt ios;
7tt depuis à 7 jusqu’à 55 pie's;
7tt 1 os depuis 56 jusqu’à 60 pies;
Le tout toisé superficiellement de la hauteu r de 20 pouces.
IL Marché, du 20 décembre i68â, avec Hrerosme Herlaux et Paul Barberay1, pour fournir toutes les pierres aux Bastimens du Roy, de Versailles, Saint-Germain, Marli, le Louvre à Paris, hôtel des Invalides et autres endroits pendant le tems de six années, moyennant, savoir :
Pour chacun tonneau de pierre de Saint-Leiu, Trossy ou Vergelé, rendu dans les atteliers de Versailles, 7tt 5S pendant les deux premières a nuées, et pendant les quatre dernières 7tt;
Pour chacun tonneau de mesme pierre, fouirai sur le port de Marli,
Et au port de la Conférence, à celui des Invalides et autres lieux où Sa Majesté voudra bastir à Paris, 6tt chaque tonneau;
Plus , ce qu’il en faudra pour l’aqueduc de Duc, à raison de 9^ le tonneau rendu à Bue;
Plus, pour l’aqueduc entre la tour de pierre qui élève les eaux de la Machine et le regard fait par Le Jongleur, moyennant 6tt le tonneau rendu dans l’attelier.
III. Marché, en original, sous seing privé, du s janvier 1 6 8 à , avec les s. Pecquot et Gu y mont-, portant que toutes les glaces qui ont été par eux fournies pour les Maisons royales leur seront payées.
Mesures et hauteur des glaces avec les prix, savoir :