‹ Comptes des bâtiments du roi sous le règne de Louis XIV (volume 3)Chapitre 5 sur 263 · XXXI Y · texte numérisé non relu

XXXI Y

cet aspect d’édifice inachevé ou de ruine anticipée qu’on leur voit sur les anciennes estampes et jusque sur les planches du grand ouvrage de Baltard. C’est miracle si dans de pareilles conditions il n’a pas péri depuis longtemps. On sait, d’ailleurs, qu’il s’en fallut de peu, au siècle dernier, que le ministère économe du cardinal de Fleury ne fît disparaître à jamais le témoignage importun de la prodigalité et de l’inconstance royales.

Quand on veut étudier dans le détail les édifices élevés sous les règnes de Louis XIV et de son successeur, il faut tenir grand compte de deux sources d’informations dont il est temps de dire quelques mots : nous voulons parler des descriptions contemporaines et des planches gravées qui représentent les monuments aux différentes époques de leur construction. Une bibliographie complète de ces descriptions et de ces estampes tiendrait ici trop de place; mais, sans entreprendre un pareil travail, nous ne pouvons nous dispenser de mentionner les écrits les plus importants consacrés aux châteaux du Roi, et les gravures qui les montrent sous leurs divers aspects. Nous rappellerons seulement, à propos de chaque édifice, les ouvrages capitaux1 et les planches ayant date certaine.

Ainsi, sur la difficile opération de la fouille, du transport, de l’érection et de la mise en place des deux grandes pierres du fronton du Louvre, nous possédons un document d’un grand intérêt. Sébastien Le Clerc s’est chargé de représenter, dans une gravure bien connue, une des phases de ce pénible travail2. Nos registres viennent apporter leur contingent de renseignements curieux et précis sur le fait mémorable célébré par l’habile graveur.

Voici ce qu’ils nous apprennent: Les deux pierres ont été tirées de la carrière de Meudon par Michel Rigalleau, dit La Chapelle, et Simon du Costé3, dont les noms reviennent fréquemment sur les registres. Le transport présenta d’immenses difficultés, qui servirent à exercer le génie inventif de Perrault. Il fallut construire un équipage spécial pour voiturer ces masses énormes. Et quand les carriers,

1 Parmi les ouvrages à consulter sur le cliâteau du Louvre, il en est trois surtout d’une importance capitale dont le titre doit au moins être rappelé :

i° Paris et ses monuments, mesurés, dessinés et gravés, par Baltard; imprimerie Crapelet, Paris,

i8o3, in-folio (33 planches pour le Louvre, 17 pour Fontainebleau); 20 Le musée de sculpture antique et moderne, par le comte de Glarac; Imprimerie royale, 6 vol. gr.jn-80 et 6 vol. de planches;

3° Topographie historique du vieux Paris. Région du Louvre et des Tuileries, par Ad. Berty; Imprimerie nationale, 2 vol. in-4°.

2 L’estampe porte la date de 1677, quoique l’opération fut antérieure de plusieurs années. La planche gravée existe encore; elle est conservée à la Chalcographie du Louvre. Voyez n° 2 484 du catalogue.

3 Voy. col. 546.

INTRODUCTION

Mouton, Poteiy, do Laure et consorts1 eurent dégrossi ces Blocs gigantesques, surgit une nouvelle difficulté : on ne parvint à les élever à leur place définitive quau prix des plus grands efforts. Cliquin2, le grand entrepreneur de charpenterie de 1 époque, fut chargé de l’exécution des machines; nous savons même que les câbles furent pris chez la veuve Fleury3.

Tous ces payements datent de la fin de 1672 ou du commencement de 1 année suivante , nouvelle preuve de l’achèvement des grands travaux du Louvre dès 1671. Le fronton seul restait à terminer; peut-être même, comme cela arrive fréquemment, les travaux étaient-ils achevés depuis un an et plus quand les entrepreneurs reçurent le prix de leurs peines.

Sans entrer dans l’examen de tous les manuscrits se rapportant directement au sujet que nous étudions, la tâche serait immense et excéderait les limites dans lesquelles nous sommes tenu de nous renfermer, il convient de dire quelques mots de certains registres spéciaux fort utiles à consulter sur l’histoire spéciale du

Il existe à la Bibliothèque nationale une suite de cahiers4 provenant des papiers de Colbert et contenant le toisé des ouvrages de maçonnerie faits, soit au Louvre, soit aux Tuileries, de i66â à 1670. Ces registres nous donnent le prix de la toise carrée de maçonnerie suivant le marché passé avec les entrepreneurs : ce prix monte à 65 livres. Toutefois, ces documents présentent un intérêt plus général. Grâce aux divisions adoptées, nous suivons, dans le palais des Tuileries, la suite des appartements d’une extrémité à l’autre du bâtiment. Du salon du gros pavillon du bout vers la rivière (ier chapitre), nous passons au corps de logis en suite du gros pavillon (11e chapitre), puis au grand escalier de la Reine (111e chapitre), au pavillon double en suite dudit logis double (ive chapitre), au corps de logis en face de la terrasse du côté du jardin (ve chapitre), au grand dôme du milieu (vie chapitre), et ainsi de suite. D’autres cahiers se rapportent spécialement aux travaux du Louvre. Tel est le ce toisé des ouvrages faits au chasteau du Louvre et lieux en dependans par Mazière et Bergeron, entrepreneurs des bastimens du Louvre en i66â». Ces pièces peuvent venir à point pour compléter les détails fournis par nos Comptes, et contribuer à déterminer exactement la

Voy col. ôgS. L’année 1666 est cotée sous le n° 3 1 4 ; les deux

Voy. col. 5cj6. années suivantes sous le n° 3 16, enfin 1669 et

Voy. col. 599. 1670, sous le n° 317, qui comprend aussi les

Cabinet des manuscrits : Mélangés de Colbert. toisés du Louvre en 1 6 6 4 .

date de la construction des différentes parties du palais ainsi que 1 ordre des appartements. Une raison particulière nous invite à insister sur ces documents : tandis que la plupart des pièces relatives aux bâtiments du Louvre et des Tuileries sont déposées aux Archives nationales l, les toisés des ouvrages exécutés de 1666 à 1670 se trouvent à la Bibliothèque nationale. Gomment ont-ils été distraits de la série à laquelle ils se rattachent? Il 'ne nous appartient pas de le rechercher; mais il a paru nécessaire de signaler ces documents à 1 attention des travailleurs.

Les noms qui reviennent le plus souvent dans le chapitre de la maçonneiie, aussi bien à Paris qu’à Versailles, sont ceux d André Maziere et d Antoine Beigeron. Ils ont la part principale dans les agrandissements du Louvre et du palais de Versailles. Parmi les charpentiers figurent fréquemment ce Poncelet Gliquin dont nous avons parlé plus haut, Paul Charpentier et Pierre Le Bastaid ou Bastard. Une famille, celle des Yvon, fut pendant longtemps chargée de l’entretien des couvertures des différents châteaux royaux. Si Charles et Étienne Yvon 11e sont pas seuls cités dans les Comptes à partir de i66â, cest à eux quon a le plus souvent recours; c’est eux enfin qui paraissent au premier rang, comme couvreurs, sur l’état des cc officiers ayant gages pour servir généralement dans toutes les Maisons royales Gilles Le Boy et, un peu plus tard, Jean Allain s occupent de la plomberie. Au nombre des serruriers, on remarque Étienne Doyart et Denis Duchesne. Dans la classe des paveurs, nous nous bornerons à signaler Léonard Aubry, dont le nom a été sauvé de l’oubli par de modestes travaux pour 1 a illustre théâtre ■» de Molière2. Entre les vitriers les plus employés, nous citerons Pierre Viarey, Pierre Lorget, Charles Jacquet. Quand ces entrepreneurs viennent à mourir, la veuve, en vertu des droits quelle tient des statuts de la coipoiation, continue l’entreprise; aussi voyons-nous, longtemps apres la mort de leurs maiis, les veuves Viarey et Lorget paraître dans les chapitres de dépenses et meme sui les états de gages.

La menuiserie confine presque à l’art. A côté des entrepreneurs, tels que Pierre Dioms, Jean Danglebert , Pierre Chevalier, Guillaume Barbier, occupes, les uns aux appartements, les autres aux écuries et ailleurs, certains aitisans, auxquels on donne simplement la qualité de menuisiers, appartiennent évidemment à une condition un peu supérieure. Nous nous contenterons de citer cet

1 Section administrative, cartons cotés O', i666-i683. — “ Voyez la note de la colonne 3a3.

INTRODUCTION

Antoine Saint-Yves, chargé d’exécuter le cc modèle du bâtiment entier du Louvre ». A cette classe d’ouvriers artistes se rattachent les ébénistes. Leur talent s’applique surtout aux parquets; mais ces parquets constituaient de véritables œuvres d’art; ils étaient formés de pièces de marqueterie de bois relevées d’incrustations en métal. Ceux qui entreprenaient de pareils ouvrages ne se rapprochent-ils pas plus de l’artiste que de l’ouvrier?

Dans cette classe apparaît un homme qui a obtenu une célébrité, bien supérieure à celle de beaucoup de ses rivaux : nous voulons parler d’André-Charles Boulle. Or, d’après nos Comptes, Boulle est occupé tantôt à la confection d’une estrade et d’un cabinet d’orgues en marqueterie ou, comme on dit à cette époque, <r en bois de rapport», tantôt à la réparation d’un parquet. Les autres ébénistes dont les noms reviennent le plus habituellement sur les états ne se livrent pas à une besogne différente, et cependant Pierre Golle, Jean Macé, Combord, Jean Armand, Philippe Poitou ou Jacques Sommer, n’ont laissé aucune réputation, tandis que le nom de Boulle a usurpé toute la gloire, qui devrait être également répartie entre ses obscurs collaborateurs.

Comme les fabricants de parquets à compartiments ou de meubles en bois de rapport, les marbriers touchent à l’art par certains côtés. Il ne faudrait pas toutefois pousser trop loin l’assimilation et ranger parmi les statuaires les Mesnard, les Misson, les Pasquier, les Derbais, les Hanuches ou autres marbriers. Ce serait leur faire trop d’honneur. On trouve même classés parmi les sculpteurs beaucoup d’individus qui ne sont que de simples tailleurs de marbre.

Avec les peintres, dessinateurs, sculpteurs, graveurs, architectes et quelques autres artistes d’un ordre différent, comme les brodeurs, les armuriers, les orfèvres, les ouvriers en pierres fines ou lapidaires, les relieurs, les stucateurs et les tapissiers, nous touchons au principal intérêt de cette publication. Rarement, nous semble-t-il, un livre a fourni une masse aussi considérable de matériaux positifs sur l’art et les artistes de notre pays. C’est en ce point surtout que les Comptes des Bâtiments compléteront, sans faire double emploi, le grand ouvrage de M. P. Clément sur Colbert. Si les Lettres et instructions clu grand ministre montrent son infatigable activité, sa sollicitude pour toutes les branches de l’administration, sa surveillance incessante s’étendant à toutes les dépenses, les Comptes des Bâtiments nous rendent sensibles les résultats. Nous voyons le nouveau palais du Louvre sortir de terre, puis atteindre en quelques années son couronnement. Les constructions de Versailles viennent envelopper successivement toutes les faces

de l’ancien château de Louis XIII. Cependant, le Palais-Royal, le château de Saint- Germain, celui de Fontainebleau ne sont pas entièrement délaissés. Le ministre trouve le temps de songer à tout, de se faire rendre compte des moindres travaux, de descendre aux plus minces détails. Enfin, c’est ici, c’est dans les Comptes des Bâtiments qu’on voit à l’œuvre cette pléiade d’artistes en tous genres qui impriment à toutes les résidences royales cette majesté solennelle avec un certain mélange de froideur, caractère distinctif des constructions du siècle de Louis XIV.

Chercher à donner une idée, même sommaire, de tous les travaux de peinture, de sculpture ou de décoration qui s’exécutent simultanément à Paris, à Versailles, à Saint-Germain et ailleurs, ce serait tenter l’impossible. Tout au plus peut-on indiquer rapidement quelques points, signaler les faits les plus saillants. Les listes placées à la fin de ce volume aideront à reconstituer, avec le secours de la table, la part qui revient à chaque artiste dans la décoration des Maisons royales.

Dès 1666, nous voyons employés, soit aux dehors, soit aux dedans du Louvre, la plupart des maîtres qui travaillèrent aux embellissements de Versailles : les deux de Marsy, Girardon , Thomas Regnaudin, Thibaut Poissant, Philippe Buyster, Alexandre Grenoble et quantité d’autres sculpteurs dont les œuvres, aujourd’hui oubliées, ont cependant contribué à la prospérité et au renom de l’art national. A côté d’eux paraissent les peintres Francesco Borzone, Louis Le Hongre, Pierre Mignard, Noël Coypel, les Beaubrun, Nocret, Yvart, Cruchet, Benoist, secondés par les doreurs Dufaux, La Baronnière; puis, toute nue série d’artistes qui ne peuvent se classer dans une catégorie déterminée, parce qu’ils tiennent à la fois de l’artiste en sculptant tour à tour le bois et la pierre , et de l’artisan en ciselant les serrures des portes, les fermetures des croisées, les chapiteaux en bronze doré. Certes, ce sont d’habiles gens que ce Dominique Cucci qui travaille pendant plusieurs années aux cabinets d’Apollon et de Diane, ce Jean-Baptiste Tubi, souvent désigné sous son prénom de Baptiste, qui a laissé une si remarquable preuve de son talent dans le tombeau de la mère de Le Brun, ce Philippe Gaffieri occupé successivement aux chambranles et aux contre-cœurs des cheminées, aux bases et aux chapiteaux de la grande galerie de Versailles, ainsi qu’aux délicates sculptures de la flottille du grand canal, et aussi les Legeret, les Lespagnandel et tant d’autres, dont les noms, à peine connus aujourd’hui, mériteraient de figurer sur la liste des plus habiles décorateurs du xvne siècle. C’est évidemment l’intérêt capital de ces Comptes d’apporter sur les artistes contemporains et sur leurs œuvres un ensemble de renseignements précis qu’on chercherait vainement ailleurs.

INTRODUCTION

Nous n’insisterons pas sur une subdivision qui pourrait donner lieu à plus d’une remarque : les Parties extraordinaires. Là sont enregistrées pêle-mêle les dépenses que leur objet ne permet pas de classer dans un chapitre spécial : gratifications, secours aux blessés ou aux familles des ouvriers tués s’y rencontrent à côté des fournitures de fumier, de lanternes et autres articles de toute nature.

Un chapitre, qui précède toujours les parties extraordinaires, mérite une attention particulière. Nous voulons parler des jardinages. Grâce à la passion du Roi pour les fleurs et les parfums, l’art de l’horticulture et des jardins fait sous Louis XIV de notables progrès et atteint à un degré de perfection qu’il ne connaissait pas auparavant. A la fin du siècle précédent et sous le règne de Henri IV, on avait fait venir d’Italie d’habiles ingénieurs pour la distribution et l’élévation des eaux; c’est vers l’année i5qo que la famille des Francini, qui se perpétua jusqu’à la lin du xviii6 siècle, s’établit en France. On s’était épris d’une passion voisine du fanatisme pour ces constructions singulières dont la grotte de Versailles reste le type le plus fameux; mais la distribution des parterres, la culture des fleurs n’avaient encore réalisé que peu de progrès. Le jardin de plantes rares entretenu près du château de Blois par le frère de Louis XIII mit à la mode la recherche et l’acclimatation des plantes odorantes ou des arbustes réservés jusque-là aux pays chauds.

Tandis que les jardins des Tuileries, plantés, taillés et entretenus avec un soin particulier, offraient des palissades de grenadiers et de jasmins, des allées de mûriers blancs, de marronniers d’Inde ou d’épicéas, arbres encore fort rares, des parterres en broderie, c’est-à-dire décorés de dessins en buis taillé, à côté des parterres à fleurs, les parcs de Versailles et de Trianon 1 renferment des massifs de tubéreuses, de jacinthes et de jasmins fleuris en toute saison. On va même jusqu’à planter des orangers en pleine terre après avoir imaginé, pour les garantir du froid, de les couvrir pendant l’hiver d’un vitrage mobile qui permet aux arbres, comme aux visiteurs, de trouver constamment sous son abri la température des pays chauds. A côté d’André Le Nôtre, le grand architecte des jardins

La plus grande partie de l’entretien des jardins était donnée à l’entreprise, on le constate par les Comptes d’abord, puis par l’analyse des marchés dont nous avons indiqué plus haut des exemples. Ait si on voit dans le registre déjà cité (O^So/i2, p. i 1 ) que le jardinier Henry Dupuis s’était engagé.

par marché en date du 16 juin 1679,0 entretenir le jardin de l’orangerie de Versailles, pendant tout le temps qu’il plaira au Roi , moyennant la somme de 4,ooo livres par an. Le Roi lui accorda une augmentation de 2,000 livres, à commencer dit ier janvier 1687.

COMPTES DES BÂTIMENTS DU BOL

royaux, dessinateur de tous les parterres à fleurs comme de tous les parcs, sont nommés de modestes jardiniers ayant chacun leur département bien déterminé. Tels sont les Mollet, qui se succèdent de père en fds au Louvre et aux Tuileries, Bouticourt, le jardinier portier du Palais-Royal, les La Lande, si nombreux à Saint-Germain qu’on a peine à distinguer les différents membres de la famille, enfin, à Fontainebleau, les Desbouts, les Nivelon, les Dorchemer, etc., chargés, les uns des parterres à fleurs, les autres des allées ou palissades, d’autres enfin de l’orangerie et des arbres fruitiers. Quand on entreprendra d’écrire l’histoire de la culture des jardins en France, on devra consulter les Comptes des Bâtiments; on y trouvera de nombreux détails jusqu’ici peu connus et sur lesquels nous n’avons pas le loisir de nous étendre davantage. Ce travail de dépouillement a été commencé par l’ancien conservateur de la bibliothèque de Versailles, M. A. Le Roi; mais il a restreint le champ de ses investigations au potager royal et aux faits qui concernent spécialement La Quintinie1.

Pour de pareilles études, les gravures contemporaines sont d’un précieux secours. On y voit ces parterres, ces massifs du jardin des Tuileries divisé entre tant de jardiniers. On reconnaît les dessins réguliers du parterre en broderie, les palissades de jasmins ou de mûriers exposées au midi et abritées du nord par la terrasse qui longe aujourd’hui la rue de Rivoli. On aperçoit dans le lointain la longue avenue tracée par Le Nôtre, allant jusqu’à l’Etoile et faisant face au palais; enfin, sur le côté, la promenade du Cours-la-Reine avec ses arbres nouvellement plantés2.

En effet, si le ministre prend un soin extrême de l’embellissement et de l’entretien des palais royaux et de leurs jardins, il n’attache pas moins d’importance à donner à ces nouvelles créations un cadre en rapport avec leur magnificence Ainsi partout, à Paris comme à Versailles, sont créées des avenues tracées sur une échelle qui de nos jours paraît encore gigantesque 3. Colbert songea même un instant, lui qui voulait appliquer presque toutes les ressources de la monarchie à l’embellissement de la capitale et à l’achèvement du Louvre, à isoler le

1 Coup d’œil rétrospectif sur quelques faits historiques de l’horticulture versaillaise , par J.- A. Le Roi (extrait du Journal de l’horticulture de Seine-et-Oise) , in-8° de 43 pages.

2 Voyez notamment les plans du jardin des

Tuileries par Is. Silvestre, portant la date de 1670

ou 1677. (Catalogue de l’œuvre d’Israël Silvestre par Faucheux; Paris, Renouard, 1857, in -8°,

3 L’avenue de Paris, en face du château de Versailles , n’a pas moins de près de cent mètres de largeur. Nous nous en sommes assuré par nous-même.

INTRODUCTION

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