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1577, des titres de noblesse à plus de mille roturiers (1). De tels précédents présageaient et expliquaient la création d'offices multiples et l'établissement d'impôts dont le fardeau sans cesse croissant motive les représentations des États de la province : le roi est contraint de reconnaître leurs droits et déclare en ses lettres patentes du 18 avril 1379 « que d'ores » en avant il ne se fera auculnes levées de deniers en nostre » dict pays de Normandie sans les faire demander première- » ment en l'assemblée des d. Estatz selon l'antienne cous-
» tume » Vaines promesses arrachées à la cupidité royale
par l'attitude des députés dont le courage s'était enhardi l'année précédente jusqu'à insérer dans les cahiers qui devaient être présentés au conseil royal ces paroles qui équivalent à un refus d'impôt ou tout au moins imposent k son paiement la nécessité du consentement des contribuables : « Suppliant pour fin sa dite Majesté ne trouver mauvais que, » si la malice de ceulx qui sont autheurs de telles levées de » deniers extraordinaires et d'Editz pernicieux qui sont à la » ruine du peuple et désolation de FEstat Royal continuent; » que les dictz Estatz s'y opposent par toutes veoyes deiies » et à eulx possibles, et cependant empeschent les dictz Estatz » l'exécution de la demande de sa dite Majesté contenue en » ses dictes patentes iusques à ce qu'elle ayt satisfait à leurs » très iustes demandes et requestes contenues cy dessus. » A ces fières revendications, la prudence de Garrouges, lieutenant général en Normandie, essaiera d'opposer quelques objections et demandera la suppression de ces mots : « par
(1) •< Aurions trouvé aucun plus prompt et certain moien que dé-
" corer et honorer du tiltre de noblesse quelque nombre de personnes >' non nobles, recommandables touttes fois de leurs vertus et quallitez,
» moiennant quelque honneste secours en deniers comptans » — Ch.
de Beaurepaire, Cahœrs des États de Normandie sous le règne de Henri III, t. 1, pp. 242 et 293.
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» toutes los voies deiies et à eux possibles », prétextant « qu'il sembloit qu'ils voulussent venir aux armes et que telles » paroles esloyent mal sonnantes » ; mais sans souci des scrupules timides du courtisan tenté de la considérer comme factieuse, la rédaction est maintenue en sa forme énergique par rassemblée qui ne tardera pas à accuser les fonctionnaires de nouvelle création d'être des gens qui « n'ont prins leurs » offices pour l'utilité publique, moins pour le service du » Roy, mais seuUement comme sansues pourtirer le pur sang »' de ses pauvres vassanlx ».
La puissance de l'expression ne dénote-t-elle pas d'ailleurs la gravité du mal et les douleurs de l'oppression sous laquelle se débat et gémit le peuple pressuré dont elle traduit les doléances inécoutées? Qu'on lise le discours ému et courageux du chanoine Glérel, l'orateur des États en 1578 :
« Rq)résentez-vous, s'il vous plaist, les povres villageois » de Normandie, ayant la teste nue, prosternez aux pieds de » votre grandeur, maigres, deschirez, langoureux, sanschemise » en dos ny soûliez en pieds, ressemblans mieux hommes » tirez de la fosse que >"ivans
» Jusques à quand verrons-nous l'emport violent de nos » petitz biens et facultez par le sergent qui nous contraint » pour les intolérables subsides et impositions ?
» Jusques à quand le soldat indiscipliné, au veu et sceu de » la justice et des magistrats, après avoir mangé et dissipé » toute notre substance, ravy et emporté nos meubles, forcera » il impunément nos femmes et fdles, battra et molestera nos » enfans en nostre présence?
» Jusques à quand sera-ce que le mauvais conseil fera » croire au Roy qu'il peut sans fin et sans mesure lever de- » niers, mesine contre les privilèges et loix de ce pays, sans » en demander l'advis de son peuple? »
Ces plaintes, accompagnées en mars 1579 d'une demande
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de convocation des États généraux à laquelle on dédaignait, malgré son insistance, de faire une réponse écrite, ne se formulaient pas avec une indépendance aussi ferme sans exciter les rigueurs d'une cour irritée, et le savant consciencieux auquel est due leur publication a soigneusement consigné les lettres patentes par lesquelles Henri III ordonnait la cessation des poursuites intentées contre ceux qui avaient osé les proférer (1).
A ce concert lamentable où la voix d'un peuple malheureux cherche à faire entendre ses soupirs et ses vœux, malgré l'intervention moins fréquente du parlement plus désintéressé dans ces questions, les représentants élus de la ville s'associent, lorsqu'ils ne prennent pas eux-mêmes l'initiative des réclamations dont, à leur tour, les États se font l'organe, sans plus de succès souvent, comme en novembre 1581 où il est répondu à l'article VIII de leur cahier que, quant aux perceptions qui grèvent le transport des marchandises dans le royaume, « le » Roy ne peut faire plus grande modération que celle qu'il a » cy devant faite sur les remonstrances des Eschevins et ha- ') bitans de Rouen », comme le 5 mars 1586 où ils devancent encore les États dans leur opposition commune à la traite des blés, parce que « ceste généralité n'est pais de blarie, et en » la meilleure et plus fertille année a besoing et est secourue » des circonvoisins mesmes des pais estrangers qui en font » venir par mer ». Même zèle sous Henri IV auquel ses prédécesseurs et les ligueurs ont légué un état si indigent et si délabré que ses sujets peuvent essayer de l'attendrir en lui
(1) Ch. de Beaurepaire, Cahiers des États de Normandie sous le règne de Henri III, tome 1, page 344. — L'on devine sans peine, ne fût-ce que par les emprunts que je lui fais, avec quel profit l'on peut recourir à cet excellent ouvrage qui comprend les règnes de Louis \lil, Henri IV et Henri III, et dont la suite est impatiemment attendue par tous les amis de Ihistoire.
déclarant, avec une naïveté touchante qui sert de passeport à leurs supplications, « qu'il ne leur reste plus que la langue » pour demander du soulagement. » Aussi quelle est la tristesse fi quelle est rémolion auxquelles sont on proie les éclievins lorsqu'éclate l'insurrection des Nus pieds! La polico depuis longtemps était passée du corj)s uiunicipal au parlement de Normandie et si daus les réunions tenues chaque quinzaine pour traiter ce qui concernait « la sûreté de la ville, » la propreté et l'ordre, pour y procurer l'abondance des >) choses nécessaires à sa subsistance », on appelait quelques échevins, c'était « plustot pour les entendre et les charger de >> ce qui seroit arresté que pour y rien décider (1) ». Cependant les conseillers de la cité sont suspendus comme le sénat lui-même qui avait la responsabilité du maintien de la tranquillité publique, et Rouen, occupé parles régiments de Gassion, frappé d'amendes dont l'énormité menace d'épuiser ses ressources, fait connaissance avec la justice des commissions si volontiers substituées par Richelieu aux tribunaux réguliers et assiste avec stupeur aux exécutions rigoureuses arbitrairement et sans procès ordonnées par Séguier. On ne lira pas sans sympathie le discours dans lequel Pouchet, un nom qui s'est continué avec honneur dans notre ville et dans la province, raconte les événements douloureux qui ont affligé ses concitoyens, les épreuves que leurs élus eurent à supporter, les tentatives que lui-même fit pour désarmer la colère du sévère envoyé du tout-puissant ministre de Louis XIH, pages où le mauvais goût et le pédantisme de l'époque tiennent sans doute trop de place, mais où sous celte ridicule enveloppe ou découvre les intentions les plus droites, le patriotisme le plus pur, le dévouement le plus élevé.
(1) Pa\7ût du Bouillon, Abrégé historique du Parlement de ^'ormandie, manuscrit inédit.
Un instant entravées, les franchises municipales reprenaient bientôt leur cours normal, et leur développement fécondanlla prospérité commerciale et favorisant la marche progressive d'une population laborieuse lui faisait oublier les souffrances du passé, ramenait l'abondance avec la paix intérieure et guérissait les blessures causées par les guerres civiles et des troubles depuis longtemps et rapidement apaisés. Ce que, malgré le prétexte d'une insurrection formidable à réprimer ou à punir, Séguier n'avait songé à faire, un homme qui ne semble avoir été en cette circonstance conseillé que par le désir de flatter l'omnipotence de Louis XIV et de réussir à capter les bonnes grâces de Golbert, l'ancien intendant Claude Pellot, devenu premier président du parlement de Normandie, s'en chargea, et, en Tabsence de fautes que la malveillance la plus ingénieuse n'aurait pu découvrir, sans l'ombre même d'une provocation résultant d'une tenue agressive, ou de discours inconsidérés, il imagina des brigues prétendues qui auraient exercé leur influence sur les élections, et sous couleur de restituer aux Rouennais leur ancienne mairie dont ils avaient vainement demandé le rétablissement à Henri IV, il anéantit définitivement l'indépendance de leurs conseillers qui ne furent plus que les délégués exclusifs du pouvoir royal.
Suivant un proverbe dont l'expérience démontre journellement la justesse, nul n'est grand homme pour son valet de charabi'e ; ceux qui ont des prétentions à ce titre auraient souvent des compensations, si la sympathie dont ne se défendent pas assez leurs biographes ne rendait suspectes leurs appréciations ; la vie trop intime avec le personnage dont ceux-ci détaillent les actions, historiquement minimes, les conduit à des complaisances qui le métamorphosent en héros et l'impeccabilité ne lui est plus contestée par l'historien satisfait d'une quasi-paternité. Je crains que cet entraînement
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bien naturel n'ait exercé son empire sur l'impartialité du laborieux udileur des mémoires de Pellot (1) et ne l'ait déterminé à accorder sans la moindre restriction son approbation et ses louanges à une mesure profondément regrettable et à un homme dont le caractère n'égalait peut-être pas le mérite. La centralisation qui sous Richelieu avait reçu une vigoureuse impulsion par la création des intendants se fortifiait et se complétait après lui, lorsque, les agitations de la Fronde calmées, toutes les rênes de l'État vinrent aboutir îi la main du grand roi. Aussi cette institution, dont les provinces comprenaient plus les dangers que les avantages, ne s'y établit pas sans résistance ni protestations, et dès le 11 décembre 1584 les échevins rouennais font connaître leur répugnance à cet égard en décidant que « l'on écrira à AI. de Laigle-Romé » (l'un d'eux) étant en Cour de s'employer totalement contre » l'érection de Tofûce d'intendant en cette ville et qu'il s'aide » de la faveur de M. de Garrouges et du comte deTillières. » Celte répulsion de compagnies indépendantes pour des agents habituellement plus zélés que conciliants et possesseurs d'une autorité qu'ils exerçaient parfois avec hauteur, toujours avec la certitude d'être appuyés en haut lieu, était réciproque et la tendresse des intendants pour des corps électifs,jaloux de privilèges souvent encore contestés et fiers d'une liberté et d'une autonomie acquises et consacrées par des épreuves séculaires, n'a laissé nulle part la trace de son existence. A ces sentiments, inhérents en quelque sorte aux fonctions administratives qu'il avait exercées, Pellot joignait une ambition justifiée par ses talents, qui ne le rendait ni insoucieux des faveurs de la Cour, ni scrupuleux sur les moyens de les capter, et savait incliner son devoir à la satisfaction des volontés ministérielles. Les mœurs autoritaires à la fois et obséquieuses, dont la pratique
(1) O'Reilly, Mémoires de Claude Pellot, Paris, Champion, 1882.
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des intendances l'avaient imprégné, avaient d'ailleurs signalé leur manifestation éclatante dans cette audience où le premier président qui n'avait pu dépouiller le vieil homme s'échappait à brusquer ses collègues et s'écriait sèchement, en déposant un édit sur le bureau, <• quMl n'esloil pas besoin d'opiner sur » cette déclaration, qu'il ne falloit que l'enregistrer », inconvenante parole d'un magistrat plus ardent à rendre un service que disposé à délibérer un arrêt qui lui attira cette verte repartie du conseiller Scott de Fumechon, entraînant à sa suite tout le parlement et ne laissant à son chef que la compagnie du commis greffier : « Eh I pourquoi donc convoquer les » chambres? s'il ne s'agit que d'enregistrer, sans opiner, il » suffit de la présence du greffier et le Parlement n'y a que » voir (1). » N'est-ce pas le même ton qu'on relève dans la lettre qu'il adresse à Golbert le 24 janvier 1673 à propos de l'élection du maire : « Nous faisons notre possible affin que
» Ton fasse un bon choix; mais si l'on y trouvoit de la
» résistance, nous aurons recours à l'authorité du Roy et » demanderons pour cela vostre protection afin que Ton aye » un bon sujet? »
Dès 1665, les intentions de Golbert s'étaient révélées, et mû sans doute plus par le désir d'accaparer la direction des affaires municipales que parla nécessité d'une réforme qu'aucune réclamation ne provoquait, qu'aucun fait ne justifiait, il écrivait, contrairement r'i la vérité démontrée par les noms seuls des titulaires, que nul marchand n'entrait dans les rangs de l'échevinat, composé de « gens de rien ». A peine installé à la première présidence, n'ayant pu recueillir sur la situation des choses d'autres notions que les renseignements erronés et incomplets du ministre auprès duquel il venait de prendre langue, Pellot s'empresse de flatter des visées que sa souplesse
(l) Floquet, Histoire du Parlement de Normandie, t. V, p. 587.
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attentive se plaît à regarder comme des ordres; il invoque pour expliquer uue intervention évidemment étrangère à ses fondions judiciaires les brigues dont, prétend-il, les élections offraient le spectacle, alors que de nombreux exemples d'échevins cherchant à se soustraire à l'honneur qu'ils recevaient en alléguant leur âge ou leurs infirmités lui donnaient un éclatant démenti, elle li juin 1671, provoquant la destruction du corps municipal dont il n'a pu encore apprécier la composition et les services, il écrit à Golbert : « Si vous trouvez » à propos. Monsieur, de donner l'arrest pour la nomination » des eschevins de cette ville, il faut que nous l'ayons au » commencement du mois de juillet ; autrement, il nous seroit » inutille, parce qu'alors ladite nomination se fait et je le » tiens fort nécessaire, en Testât où sont les choses, pour » remplir la maison de ville d'honnestes gens. » L'arrêt est rendu, l'intendant de la Galissonnière le notifie en termes impératifs aux bourgeois réunis pour l'élection de leurs échevins et la surprise, pour ne pas dire la stupeur de l'assemblée, suffit à peine à étouffer les protestations qui essaient de se faire jour; mais Pellot est satisfait : « M. le premier président » vient de me dire que le Parlement et toute la ville estoient » très contents du choix qui avoit esté fait » écrit Pintendant au ministre le 11 juillet, et dorénavant le premier président sera féhcitépar Golbert des choix faits à son instigation (1). Inspirateur de l'arrêt du Gonseildu 13juin 1671, Glande Pellot avait droit à la reconnaissance du pouvoir qu'il avait si dévotement servi au préjudice de la ville dont sa résidence et sa charge auraient dû le faire le premier et le plus puissant protecteur. Le nouveau règlement supprimait en effet le suffrage de la bourgeoisie : les six échevins en charge nommaient seize
(1) 13 juillet 1674. —Golbert à Pellot : « Je suis bien aise d'apprendre I) par votre billet du G' de ce mois que la ville de Rouen ait esleu ses » eschevins du nombre des plus honnest^s gens »
électeurs qui choisissaient les échevins nouveaux et les quarteniers et présentaient le maire à l'agrément du Roi : échevins, quarteniers, maire étaient le plus souvent désignés non daiîs la lettre royale qui appelait le maire et les échevins à procéder à l'élection, mais dans celles que le Gouverneur ou l'Intendant leur adressaient et à la teneur desquelles le corps électoral, mutilé et subordonné aux volontés aduiinislralives, se gardait de résister. Le maire, fonctionnaire public désormais et cessant d'être le représentant élu de ses concitoyens, prêtait serment devant le Parlement, et alors que par un respect absolu pour l'indépendance municipale il avait été décidé dès I006 et 163i que nuls ayant offices royaux de quelque qualité ou condition qu'ils fussent ou fermiers soit du Roi, soit de la ville, ne pourraient être reçus à l'ofTice de conseiller, c'est parmi ceux qui remplissent ces charges que sera pris le premier magistrat de la cité. Quant aux quarteniers, leur emploi devenait le marchepied certain de l'échevinat.
Les protestations qui, en 1671, avaient accueilli la main mise sur les libertés communales se renouvellent le 4 juillet 1674 ; les anciens échevins, en les réitérant, attaquent comme obtenus par surprise les arrêts qui ont porté une atteinte mortelle à l'administration de la cité et font observer que les règlements singuliers auxquels ils les soumettent rendent à leur exclusion « les échevins en charge seuls maîtres des « élections et leur font nommer comme électeurs des per- « sonnes du suffrage desquelles ils pouvoient disposer, en « sorte que tout le monde sçavoit ceux qui dévoient estre « eslus en la présente élection ». Cet abus qui institue six grands électeurs, conférant à seize individus le mandat impératif de voter pour les candidats dont avec Pintendant ils choisissent les noms, maîtres des fonctions communales, il disparaît aux yeux de Pellot, naguères si indigné des intrigues prétendues qui s'agitaient au sein de toute la bourgeoisie et
l'optimisme du magistrat courtisan, du parlementaire traînant, sans crainte des accrocs et sans souci des taches, sa robe dans les sentiers tortueux de l'intrigue politique est partagé par les représentants du pouvoir royal ; on accorde acte aux réclamants de leur protestation et l'on esquive adroitement leur demande de députation vers Sa Majesté, en dill'érant la décision jusqu'à la prochaine élection. C'était un ajournement indéfini et les lettres de convocation aux élections de 1677, en constatant la satisfaction du monarque pour les choix passés, ordonnent que les mêmes règles seront observées pour celui qui va se faire.
A quoi bon insister sur une situation désormais nettement précisée ? La vie municipale est éteinte ; les nouveaux maires, officiers royaux cumulant l'exercice de leur charge avec leurs fonctions communales, ou gentilshommes indilTérents et étrangers aux allaires de la ville, sont d'abord les témoins plutôt que les auditeurs des derniers comptes rendus et des regrets dont les institutions passées reçoivent le suprême hommage : puis le silence se fait. L'exposé des travaux du corps de la ville, la connaissance des affaires communales donnée à ceux qu'elle intéresse, la participation des citoyens à l'administration de leur cité par l'élection libre de leurs représentants, la défense de leurs droits déléguée par ceux qui sont soumis aux charges, la communication de l'élu avec l'électeur par le récit périodique des événements accomplis pendant son administration sont remplacés par l'apparence de mairie qui se substitue à l'échevinat ; le pouvoir central dispose de l'autorité communale, les finances delà cité ne sont plus surveillées par une compagnie élective dont l'origine garantit l'intégrité et implique la responsabilité, un contrôle sérieux n'existe plus auquel soient soumis les actes de l'autorité communale et ce ne seront plus les intendants ou les maires, trop grands personnages pour rendre compte de leur