‹ Conception actuelle des désinfections terminalesChapitre 10 sur 37 · C. — MÉNINGOGOQUES · texte numérisé non relu

C. — MÉNINGOGOQUES

Nous n'insisterons pas sur ce microbe. On sait les précautions qu’il faut prendre pour ensemencer le liquide céphalo-rachidien d’un méningitique.

D. -— Bacnze DE KLeBs ET LOFLER.

Les auteurs classiques lui reconnaissent une longue durée de vie hors de l’organisme.

Ainsi Aviragne, Weill-Halé, et Pierre-Louis écrivent (1): « Le bacille diphtérique est doué d’une très grande vitalité. Les cultures abandonnées à la température de la chambre peuvent être repiquées avec succès au bout de six mois et plus ; il peut vivre vingt jours dans l’eau ordinaire. Les fausses membranes désséchées et conservées à l’obscurité donnent après cinq mois des ensemencements fertiles. Les poussières des locaux infectés et obscurs les conservent à l’état vivant pendant plusieurs mois ».

Mais il faut noter que ces circonstances « favorisantes » sont bien rarement rencontrées en pratique. Nous ne parlerons pas de cultures ; quant aux fausses

1. Nouveau Traité de Médecine, de Roger, Widal et Teissier, t. II, 1925, p. 504-505. ù

membranes, il est exceptionnel qu'elles soient rejetées en dehors d'un crachoir et abandonnées par l’entourage. En outre, ces auteurs reconnaissent la nécessité d’un local obscur et surtout humide. D'autre part, ense mencement fertile ne veut pas dire ensemencement virulent. Or seule la virulence compte et nous sommes bien persuadés que ces cultures en sont totalement dépourvues.

Le D' Lamy, Directeur des Services d'Hygiène de Seine-et-Marne a personnellement pratiqué des essais sur le bacille diphtérique ainsi sur le B. K. (x):

«Des fragments de tissus de laine ont été ensemencés les uns avec des crachats très positifs et enrichis à l’étuve, les autres avec des bacilles longs de Lœæffler provenant de prélèvements effectués au cours de diphtérie grave. La disparition de ces bacilles a été très rapide par quelques heures d’insolation, beaucoup plus lente sur les fragments qui avaient été exposés à l'abri de la lumière ; il a réussi à conserver des germes pendant des semaines sur d’autres fragments placés dans une cave humide et obscure. »

Nous pouvons donc conclure que le bacille diphtérique, bien que réputé très résistant, meurt rapidement ou du moins perd sa virulence hors de l’organisme dans les cas habituels d’aération et de lumière. C'est d’ailleurs l'avis de Cassoute qui écrit dans la P., M. GC. (1931): «le bacille diphtérique est très sensible à la chaleur et à la lumière (9) ».

1. La désinfection terminale dans la lutte contre les maladies transmissibles, p. 14.

2 PALAA TE IIT.

Page 1