Modiolaria ( Planimodiola ) saucatsensis Cossfhann
PI. XI, fig. 5-8.
1895. Modiolaria saucatsensis Cossm. Sur qq. formes nouv. Bordelais
(A. F. A. S.), p. 21, pl. V, fig. 29-31.
Test mince et fragile. Taille petite; forme peu convexe, ovoïde, allongée, inéquilatérale; côté antérieur plus développé, assez fortement arqué en avant, peu convexe sur la plus grande partie du contour buccal; côté postérieur régulièrement elliptique; bord palléal elliptique; crochets à peine saillants, prosogyres, un peu gonflés, situés un peu au-dessous de la saillie antérieure du contour buccal. Surface dorsale médiocrement bombée, divisée en trois régions inégales; l’antérieure très courte est ornée de dix sillons rayonnants, séparant des côtes larges et plates; la région médiane, un peu plus large et bien limitée, est lisse ou ne porte que des rides d’accroissement fines et obsolètes; enfin la région postérieure,
(1) Dans sa récente élude sur la récolte malac. de la mission Gruvel, (A. S. L. B., 1910, p. 117), M. Dautzenberg- a fait observer que le nom Petagnæ (1836) est postérieur d’une année à barbatella Cantr. et que par conséquent, c'est ce dernier qu’il faut définitivement adopter.
un peu plus convexe que le reste de la surface, est munie de larges cotes peu saillantes, séparées par des sillons ponctués et assez étroits.
Charnière très étroite, avec cinq ou six dents sous le crochet, bien distinctes des crénelures qui leur succèdent immédiatement sur le bord buccal; le contour de l’aire lisse n'est pas crénelé, mais les crénelures apparaissent de nouveau sur toute l’étendue du contour palléal, plus écartées sur le contour anal, sauf dans le voisinage du crochet où elles s’atténuent et disparaissent à peu près complètement. Impressions internes non distinctes.
Dim. Longueur : 6,5 milL; largeur : 3,5 mil!. Taille max. : 1 I mill. sur 6,5 mill. (col 1 . Dial).
R. D. — Cette fragile petite coquille a beaucoup d’analogie avec M. sulcata Lamk., génotype de Planimodiola, quoiqu’elle soit cependant plus ovale, moins étroite, dépourvue — sur son contour buccal — des sinuosités qui marquent les limites de l’aire lisse chez l'espèce parisienne. Si on la compare à M. discors Lin., de la Manche, on remarque qn’elle est moins convexe et moins arrondie et que son aire lisse ne s’étend pas autant en arrière. Il en est de même de M. condita Mayer, que Hœrnes cite comme lui ayant été communiquée par l’auteur avec une indication de provenance de Saucats : ii est bien évident que Mayer avait confondu la forme du Bassin de Vienne avec celle des environs de Bordeaux; mais, comme elle a été décrite et figurée sous le nom condita d’après des individus de Gainfahren, les spécimens de l’Aquitaine — plus étroits et plus ovales, à crochets moins saillants, à ornementation plus restreinte — doivent bien effectivement en être distingués sous le nom saucatscnsis.
Loc. — Saucats (Lariey), cotypes (PI. XI. fig. 5-8), coll. Cossmann ; peu rare: .Saucats (le Son), coll. de Sacy. Mérignac (le Pontic). coll. de Sacy, Peyrot ; Villandraut (Gamachot), coll. de Sacy, coll. Bial Neuville. I.éognan (le Tliil), coll. Bial de Bellerade. Saint-Avit, coll. Benoist. — Aquitaine».
Saint-Médard-en-Jalle (La Fontaine), coll. Peyrot; Canéjan (Haut Bouscat), coll. Duvergier. Saucats (Min de l’Eglise), coll. Cossmann, Degrange-Touzin. Cestas, (pré Cazeaux), coll. de Sacy, Degrange-Touzin.
— Bui*di«|alien.
ARCOPERNA Conrad, 1865.
Coquille mince et fragile, ovale-oblongue, très convexe, crochets gonflés, presque terminaux, cordiformes et prosogyres; surface dorsale ornée de fines stries rayonnantes, parfois trei Hissées ; charnière épaissie, complètement édentée, sans crénelures; ligament interne, marginal, étroit et allongé, impression de l’adducteur antérieur bien visible, plus petite que celle de l’adducteur postérieur, et placée près du crochet (G. -T. : .4. filosa Conrad. Eoc.).
D'après les diagnoses, Arcoperna se distingue de Crenella par l’absence de crénelures cardinales; toutefois, il convient de remarquer que — d’après Fischer lui-même (Manuel Conch., p. 970) les crénelures de Crenella ne sont que la continuation de celles des bords des valves : il y aurait donc d’autant moins d'importance à attacher à ce caractère différentiel que — chez les deux formes — le bord buccal forme un petit épaississement lisse sous le crochet, prolongé un peu en arrière de ce dernier; or, ce n’est pas une dent puisque ce renflement existe sur les deux valves, complètement vis-à-vis et sans aucune apparence d'emboitement, de sorte que Crenella et Arcoperna sont bien près de se confondre ensemble, et en fait on hésite souvent à rapporter, soit à l’un, soit à l'autre des deux Genres, les coquilles dont on n’a pu examiner les caractères internes — ce qui est rare eu égard à leur fragilité. Mais nous avons remarqué que Crenella a les impressions musculaires égales, situées presque à la même hauteur, comme chez les Taxodontes par exemple, tandis que chez Arcoperna , l’impression de l’adducteur antérieur est très voisine de la cavité umbonale et en forme de massue, alors que l’autre impression musc, est arrondie; en outre, le ligament est très petit et très court chez Crenella, beaucoup plus allongé chez Arcoperna ; enfin, la surface interne est nacrée chez le premier, elle est terne ou argentée chez le second. Pour tous ces motifs réunis, la séparation des deux Genres s’impose, et c’est du second seul que nous avons à nous occuper ici.
Arcoperna a commencé à apparaître dans l’Eocène de l’ancien et du nouveau continent, de même que Crenella d’ailleurs; mais, tandis que le premier a des représentants dans le Néogène, nous ne connaissons pas, jusqu'à présent, de Crenella authentique dans le Miocène ni dans le Pliocène.