Arcoperna Degrangei nov. s/>. PL XV, fig
Test mince. Taille très petite; forme convexe et gibbeuse, modioloïde, inéquilatérale, ovale et rétrécie en avant, dilatée en arrière; crochet petit, un peu gonflé, peu prosogyre, situé au huitième de la longueur, du côté antérieur; contour dorsal rectiligne et déclive en arrière du crochet, puis coudé en arc au milieu de la hauteur, et se raccordant avec le contour semi-elliptique de l’extrémité postérieure; bord palléal presque rectiligne, se raccordant par des arcs réguliers avec les extrémités. Surface dorsale partagée par une croupe élevée et très arrondie; région médiane un peu excavée, région anale déprimée surtout vers le contour; l’ensemble est orné de fins plis d’accroissement, subanguleux à l’intersection de fines costules rayonnantes, qui deviennent plus épaisses vers le contour anal; les plis concentriques sont peu treillissés sur la région médiane, mais les costules reprennent en avant, vers le crochet.
Bord cardinal étroit, faiblement retroussé en arrière du crochet, sur lequel commencent les crénelures qui vont en décroissant jusqu’au contour palléal; rainure ligamentaire assez courte, profonde, rapidement élargie, limitée par une arête peu saillante qui fait suite au bord cardinal; crénelures grossières et obliques sur toute l’étendue du contour anal, depuis le ligament jusque vers le bord palléal. Surface interne non nacrée; impressions indistinctes.
Dim. Longueur : 3,5 mill. ; largeur : 2 mill.
R. D. — Quoique cette coquille ait une forme de Modiole ou de Cucullée, elle appartient bien par tous ses caractères (charnière, ornementation,
ligament, etc . ) au G. Arcoperna qui comprend, comme Ton sait, des
coquilles variables dans leur forme et leur aspect, non nacrées à l’intérieur, tandis que Crenella a le test complètement nacré, à défaut de dents cardinales, et à l’exclusion des crénelures produites sur les bords par l’ornementation rayonnante.
Beaucoup moins régulièrement ovale et bien plus petite qu’A. sericea Bronn, du Néogène d’Italie, elle a plutôt le galbe d'une Modiole parce que
se s crochets sont situés en arrière de l’extrémité buccale qu’ils dépassent au contraire chez A sericecr, l’ornementation d’A. Degrangei est d’ailleurs beaucoup moins fine et sa surface dorsale, plus gibbeuse en arrière, montre au milieu une petite dépression qui fait complètement défaut chez l’espèce du Pliocène.
A. radiolata Desh., du Cuisien des environs de Paris, a une ornementation très semblable à celle de notre fossile du Sud-Ouest; mais sa surface est plus régulièrement bombée, et par suite, son galbe est plus arrondi.
Nous réunissons provisoirement à A Degrangei une valve minuscule du gisement de Saubrigues, qui parait ornée de costules plus larges et aplaties. un peu grenues à l’intersection des accroissenents. Avant de la séparer définitivement, nous estimons qu’il y a lieu d’attendre qu’on en ait recueilli d’autres spécimens : on a vu d’ailleurs, à maintes reprises, <[ue le terroir de Peyrère contient une faune qui se rapproche — par quelques uns de ses éléments — de celle des terrains tertiaires inférieurs, et par d'autres, de celle — très élevée — de Saubrigues : le rapprochement que nous faisons ici n'a donc rien d'inattendu.
Loc. — Peyrehorade (Peyrère), une valve gauche (PI. XV, fig. 1-2), coll. Degrange-Touzin. — llclvétien?
Saubrigues, une valve droite an sp. dist? Coll. Cossmann. — Tortonien.
DRE ISS ENSIIDÆ Gray em. 1840.
Coquille mytiliforme, modioliforme, rhomboïdale ou aviculoïde, équivalve ; test à structure prismatique, crochets terminaux, rarement subterminaux; surface rayonnée, lisse ou sillonnée par les accroissements, munie d’une croupe dorsale plus ou moins anguleuse; bord ventral ou antéro-pàlléal rectiligne ou excavé pour le passage du byssus. Charnière édentée ou pourvue sous le crochet d’une saillie sublamelleuse sur une valve, engrenant avec une échancrure du bord cardinal sur l’autre valve; sous le bord cardinal s’étend un septum lisse qui recouvre le fond de la cavité umbonale et qui est destiné à l’insertion du muscle antéro-adducteur, tantôt directement sur le triangle du septum, tantôt sur une apophyse distincte; ligament subinterne, logé dans une rainure en partie recouverte par le bord dorsal. Impression du muscle postérieur allongée, plus ou moins biloJ>ée; parfois un faible sinus palléal.
Fischer s'est borné, dans son Manuel (p. 965), à proposer une S. -F. Dreissensiinæ pour les G. Dreissensia et Dreissensiomya ; nous pensons que la présence d'un septum sur lequel est inséré le muscle adducteur antérieur justifie complètement l'admission de la F. Dreissensiidæ , antérieurement établie par Gray (Dreissenidæ), sous la réserve d'en rectifier l'orthographe. C’est également une raison pour faire entrer dans cette Famille, comme l a fait Zittel, le G Septifer classé par Fischer auprès de Mytilus parce que la coquille est nacrée, et laissé de côté par le professeur Andrussow dans sa Monographie des Dreissensiidæ ; cet auteur a d'ailleurs divisé les formes fiuviatiles en trois Genres que nous admettons complètement (outre Septifer) : Congeria dont on trouvera ci-après le diagnose, puisqu'il est largement représenté en Aquitaine; puis Dreissensia et Dreissensiomya, sommairement définis ci-dessus, mais absents dans le Sud-Ouest de la France.
G. Dreissensia van Beneden em. 1835 (= Tichogonia Rossmæssler, 1835). — T'as d’apophyse, de même que chez Septifer ; crochets aigus, terminaux; bord cardinal édenté; impression dn muscle postérieur allongée, hilobée; impression palléale entière; impression byssifère située très haut contre le bord antéro-palléal (G. -T. : Mytilus polymorphtts l ‘allas, Viv.).
Dédié à Dreissens, ce Genre avait été écrit à tort Dreissena ; il ne semble pas avoir vécu avant le Miocène supérieur, dans l'Europe orientale. M. Andrussow y a distingué deux groupes (rostrif ormes, carinalæ) ; mais des nuances insensibles relient un groupe à l’autre.
G. Di •eissensiomya Fuchs em. 1870 ( Dreis.senomya ). — Coquille ovale-allongée, modioliforme, à crochets non terminaux, petits, prosogyres; ligament marginal, d’abord subexterne, reposant sur une nymphe assez large et aplatie, puis logé dans une très profonde rainure que horde une arête interne, tranchante et élevée. Bord cardinal retroussé et lisse; septum ép iis et largement développé au-dessus de la cavité umbonale, prolongé sur le bord cardinal par une excavation plus profonde sur la valve droite que sur la valve gauche, dans laquelle s’insère le muscle antérieur; impression du muscle postérieur relativement petite, non prolongée vers le haut, impression palléale légèrement échancrée entre le muscle
et le bord opposé, puis parallèle à ce bord (G. -T. : /). Schrœckingeri Fuchs, Tert. du Bauat et de Crimée).
Il faut encore y ajouter :
Mytilopsis Conrad, 1857 (— Praxis H. et A. Adams, 1857- 1856 sec. Chenu?). — -Coquille petite, mytiliforme, contournée, à crochets aigus, à surface lisse; le septum apical est prolongé en arrière par une petite lame saillante, distincte, sur laquelle s’insère l’adducteur antérieur du byssus (G. -T. : /). Sellei H. et A. Ad ams, Fischer cite, comme exemple fossile, /). spatidgtd Partsch.).
SEPTIFER Réel u z, 1848.
Coquille équivalve, mytiliforme, gibbeuse et inéquilatérale; bord palléal plus ou moins excavé; bord dorsal rectiligne en arrière du crochet, puis coudé et se raccordant avec le contour postérieur qui est arrondi; crochets terminaux, subinfléchis et prosogyres. Surface dorsale épidermée, plus ou moins anguleuse, ornée de stries rayonnantes, divergentes, bifurquées. Ligament allongé, presque externe, non rainure.
Charnière généralement crénelée, septum formé d’une lame myophore assez mince et triangulaire, sur laquelle s’insère le muscle, aucune trace d’impression n’existe d’ailleurs au fond de la cavité umbonale; impression du muscle postérieur ovale, grande, presque transverse, non bilobée; impression palléale entière, très voisine du contour; impression du réfracteur du byssus assez petite, à mi-hauteur le long du bord palléal, intérieur des valves nacré (G. -T. : Mi/tilus bilocularis Lin. Viv.).
On n'a pas cité de Septifer dans les terrains secondaires, peut-être parce que l’on n’a pu étudier l'intérieur des formes mytiloïdes et vérifier s’il existe un septum; en tous cas, l’apparition de ce Genre est authentiquement constatée dans l’Eocène inférieur et dans l’Oligocène t^S. Heberli Desh.). Trois espèces déjà connues ont été signalées dans l’Aquitaine; il en existe aussi dans le Miocène du Piémont et du Bassin de Vienne, dans le Pliocène d Italie : l’enchainement est donc continu à partir de la base de l’Eocène jusqu’à l’époque actuelle.
Nous avons ci-dessus indiqué pour quelles raisons ce Genre — ordinairement classé près de Mytilus — doit être ramené dans la Fam. Dreissensiidæ dont on l'excluait sous prétexte que l’animal est marin : en réalité, les Dreissensiidæ sont caractérisés par leur septum myophore et non pas par leur habitat fiuviatile; par conséquent, Septifer doit être assimilé à une Dreissensia marine. On l’en distingue d'ailleurs, non seulement par son ornementation rayonnante, mais par ses crénelures cardinales, par ses bords crénelés, par son muscle postérieur non bilobé, ni digité vers le haut, par son impression palléale plus voisine du bord.