‹ Conchologie néogénique de l'Aquitaine (volume 2)Chapitre 140 sur 273 · Julia Douvillei nov. sp. PI. XII, fig · texte numérisé non relu

Julia Douvillei nov. sp. PI. XII, fig

Test épais. Taille assez grande pour le Genre; forme procumbente, convexe, très inéquilatérale; côté antérieur très court, acuminé ; côté postérieur très développé, dilaté, arrondi; bord palléal rectiligne entre le bec buccal et le

quart de cercle par lequel il se raccorde avec le contour anal; crochets gonflés et contournés, s’avançant presque à l'aplomb du bec antérieur; en arrière, le bord supérieur s’élève elliptiquement beaucoup plus haut que le crochet et se raccorde par une courbe régulière avec le contour anal; en avant, le bord lunulaire est rectiligne jusqu’au rostre. Lunule très profondément excavée, limitée à l’extérieur par une carène émoussée et incurvée, et à l'intérieur, par une rainure qui sert au passage du byssus. Surface dorsale à peu près lisse, assez régulièrement bombée, légèrement comprimée vers la région du corselet.

Charnière épaisse, échancrée vis-à-vis la cavité umbonale, en deçà de la saillie fournie par le cuilleron servant de débouché au byssus : AI formée d’une sorte de lame de valve très saillante, sur la face inférieure de laquelle est un repli qui reçoit Ail; celle-ci est beaucoup moins proéminente, également curviligne, et séparée du crochet par une profonde fossette triangulaire, destinée à loger AI; rainure ligamentaire allongée et étroite sous le bord supéro-postérieur.

Impression musculaire arrondie, deux fois plus écartée du bec antérieur que du contour anal; impression palléale très rapprochée du bord non crénelé, mais pas tout à fait parallèle, elle s’en écarte davantage du coté postérieur.

Dim. Diam. a.-p. : 7 mil 1 . ; diam. u.-p. : 5 mill.

R. D. — Bien que le niveau du gisement de Peyrère — d’où provient cette espèce — ne soit pas exactement défini, nous ne pouvons la confondre avec J. girondica parce qu’elle est beaucoup moins élevée, plus allongée et parce que son bord palléal est complètement rectiligne : trois individus identiques de chacune des deux formes nous permettent d’affirmer qu’il ne s'agit pas là de différences simplement dues à la taille de la coquille; car l'impression musculaire est plus excentrée, la lunule et la saillie byssale sont beaucoup plus fortes et plus grandes, la charnière n’est pas complètement identique, etc...

D’autre part, MM. Dollfus et Dautzenberg ayant indiqué que leur J. Lecointreæ (qui n'a malheureusement pas encore été figurée) est plus arrondie et moins transverse que ./. borbonica, il est impossible d’y rapporter notre coquille qui est, au contraire, plus transverse et plus recti-

ligne que toutes les autres Julia connues. De même, J. floridana Dali (pl. XXXV, fig. 1-3) est courte et arrondie, presque aussi haute qne large, et son bec est moins saillant.

Loc — Peyrehorade (Peyrèré) ; trois cotypes (Pl.'XIL, fig. 30-32), col!. Raulin. — SlelvétieBi ?

Fam. PINNIDÆ L’each, 1819.

Coquille dimyaire, byssifère, raytili forme, non ailée, tronquée et bâillante en arrière; ligament linéaire; charnière sans dents.

D'après Fischer qui la réduit au rang de S -F. Pinninæ, cette Famille ne comprendrait que les Genres Pinna. Pinnigena, Aviculopinna, le second mésozoïque, et le troisième paléozoïque. Mais M. Dali a séparé avec beaucoup de raison en un Genre distinct Atrina Gray, dont le génotype P. nigra Chemn. ne porte pas le sillon dorsal — coïncidant avec la carène — qui caractérise P. rudis génotype de Pinna. Il en résulte que la plupart des espèces fossiles — qui sont connues sous le nom habituel Pinna — sont des Atrina, tandis que Pinna doit-être réservé aux formes telles que P. tetragona Br. En effet, ce sillon externe correspond intérieurement à une rupture de la continuité de la couche nacrée, ce qui indique bien une modification générique de l'animal. Les autres subdivisions ( Pennaria , Cyrtopinna, Streptopinna ), sont uniquement fondées sur des différences de forme ou d'ornementation, et elles ne doivent se rattacher au plus qu’à titre de Sections d ’ Atrina.

Dans le Miocènè du Sud-Ouest, on n’a encore recueilli que des représentants du G. Atrina.

ATRINA Gray, 1840.

Coquille équivalve, trigone ou plutôt cunéiforme, rétrécie au sommet, très élargie, bâillante et tronquée sur le contour palléal; crochets terminaux, à charnière édentée; ligament logé dans une rainure marginale, externe et visible quand les valves sont closes; adducteur antérieur des valves petit, ovale, situé sous les crochets; rétracteur du byssus grand, situé en avant de l’adducteur postérieur des valves, qui est ovale et subcentral, très voisin du précédent; surface dorsale ornée de costules sur la région ligamentaire, de sillons d’accroissement

sur la région buccale; quand l’épiderme est conservé — ce qui est rare — les costules portent souvent des aspérités muriquées ou des tubulures (G. -T. : Pinna nigra Chemnitz, Viv.).

Ce que nous venons de dire ci-dessus à propos de la diagnose familiale nous dispense d’expliquer les motifs qui nous obligent à abandonner le nom Pinna pour les fossiles les plus répandus de nos terrains, quoiqu’il en coûte à nos habitudes. Quant aux Sections : Pennaria (Browne, 1756) Môrch, 1853, qui s’applique aux formes muriquées; Cyrtopinna Môrch, 1853, qui a le sommet arqué; Streptopinna v. Martens, 1880, dont le bord antérieur est sinueux et la forme irrégulière; nous n’en connaissons pas de représentants en Aquitaine, pas plus que de Pinna s. stricto.

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