Atrina Basteroti nov. sp. Pl. XI, fig
1825. Pinna nobilis Bast. Mém. env. Bord., p. 75 (non L.j.
1873. Pinna Brocchii Benoist. Cat. Saucats, p. 67, n° 188 ( non d'Orb.).
Test mince, fragile, généralement décortiqué. Taille grande; valves cunéiformes, très médiocrement bombées, régulièrement élargies, à contours latéraux presque rectilignes. Surface externe convexe au milieu, largement aplatie sur la région ligamentaire, comprimée au contraire sur la région opposée ou buccale; ornementation du test composée de huit
ou neuf côtes rayonnantes, arrondies, assez serrées vers le sommet, s’écartant ensuite et alors séparées par des intervalles aplatis qui sont deux fois plus larges qu’elles; sur la région buccale — qui occupe à peu près la moitié de la largeur — on ne distingue que des plis d’accroissement fasciculés, et souvent la trace très effacée de costules supplémentaires qui s’impriment d'une façon plus visible sur la surface nacrée, quand l’épiderme a disparu.
Rainure ligamentaire assez large et aplatie, occupant toute la longueur du bord postérieur; impression pédieuse large et festonnée sur son contour postérieur; impression de l’adducteur excentrée, ordinairement peu visible, très rapprochée de ce contour.
Dim. Longueur probable du plus grand fragment : 120 mil!.; largeur palléale : 50 niill.
R.D. — Nous n'aurions pas séparé la forme burdigalienne de P. Brocchii, si répandu dans les niveaux supérieurs du Néogène méditerranéen, si nous n'avions pas eu à notre disposition des spécimens — sinon intacts — du moins assez bien conservés pour nous permettre de saisir des critériums différentiels; celte mutation ancestrale est beaucoup plus large, même dans le jeune âge, que P. Brocchii et qu'aucune de ses variétés; ses côtes sont plus rapprochées à tout âge. et aussi plus nombreuses, quoiqu’elles cessent plus nettement vers le milieu de la surface dorsale (il s agit bien entendu d’échantillons non décortiqués).
Si l’on compare P. Basteroti à la mutation helvétienne ferelævis ci-dessus décrite, on remarque qu’il est beaucoup moins dénudé sur le dos et que son contour buccal est plus rectiligne. Quant à P. tetragona Br., c’est une coquille pliooénique qui appartient à un tout autre groupe à cause de ses angles bien marqués et rainürés sur la surface dorsale des deux valves, et aussi à cause de ses costules rayonnantes qui persistent jusque sur la région buccale : nous avons vu ci-dessus que c’est un Pinna s. sir. tont différent d 'Atrina.
P. subpectinata Miclff', de l’Helvétien du Piémont, est — d’après les figures publiées par M. Sacco — une coquille très convexe, ornée surtout de nombreuses costules très serrées qui lui donnent un aspect absolument different de celui de P. Basteroti.
Du côté ancestral, nous avons P. margaritacea Lk., de l’Eocène, et P. Desliayesi Mayer, de l’Oligocène : la première est du Genre Pinna s. str., à rainures anguleuses sur le dos, à costules persistantes et nombreuses;
l'autre parait plus bombée, quoique son ornementation ressemble beaucoup à celle de P. Basteroti. Nous ne pouvons malheureusement comparer les impressions internes qui ne sont guère visibles que sur nos échantillons burdigaliens et nullement sur ceux du Néogène que nous avons sous les yeux (coll. Cossmann) ou (pii ont été figurés.
Loc. — Saucats (Pont-Pourquey), cotypes, les deux valves opposées (PI. XI, fig. 31-32), coll. Bial-Neuville ; Cestas, toutes les coll.; Léognan (Sangsueyre), coll. Degrange-Touzin. — fiSBamBijiaHiei».
Saucats (I.ariey), fuie Benoist; Min de Bernachon, fuie Basterot. — Aquitanien.
PE CTI NAGEA Reeve, 18Ü.
Coquille souvent inéquivalve, plus ou moins auriculée, monomyaire; test subnacré; ligament amphidétique, alivinculaire; pied byssifère; ligne palléale simple; impression musculaire excentrée postérieurement. La valve inférieure est la valve droite.
Fam. PECTINWÆ Lamarck, 1819.
Coquille libre ou fixée soit par un byssus, soit par adhérence, habituellement inéquivalve, plus ou moins équilatérale; valves auriculées, closes ou bâillantes; surface lisse ou ornée de côtes radiales et de stries concentriques, à sculpture parfois différente sur les deux valves; auricule antérieure droite, souvent échancrée pour le passage d’un byssus, les accroissements de l'échancrure déterminent alors une dépression le long du bord adhérent de l’auricule (fasciole byssale); ligament obsolète, extérieurement logé dans une rainure étroite, parallèle au bord cardinal qui est à peu près rectiligne; la portion interne forme un résilium logé dans une ou plusieurs fossettes; dents de la charnière taxodontes chez les très jeunes individus, devenant obsolètes ou disparaissant complètement chez l’adulte, dont le plateau cardinal est lisse ou pourvu de une à trois paires de lamelles saillantes divergeant plus ou moins à partir du crochet (lamelles cardinales) et parfois d’une paire de saillies plus ou moins élevées courant le long
du bord inférieur interne des auricules (lamelles auriculaires') et se terminant par un dentelon; une seule impression musculaire excentrique, postérieure, tangente intérieurement à l’impression palléale qui est simple et écartée du bord; surface interne lisse, costulée, ou renforcée par des épaississements radiaux étroits (lira lions).
La Famille Pectinidæ est d’origine paléozoïque, elle acquiert un grand développement pendant l’ère mésozoïque et son maximum d’extension pendant les périodes néogénique et actuelle; la classification des Pectinidæ est surtout basée sur les caractères de la coquille, car les parties charnues ont été jusqu'ici peu étudiées; d’ailleurs ces caractères sont les seuls que nous puissions utiliser ici. Exception faite de quelques Genres paléozoïques dont nous n’avons pas à nous occuper, la plus grande part des Pectinidæ mésozoïques, tertiaires et actuels, et en particulier tous ceux que nous décrivons dans cette Etude appartiennent au G. Pecten sensu lato , dont la subdivision s’est depuis longtemps imposée; le nombre des groupes proposés est considérable, et, comme il faut s’y attendre, étant donnés leur nombre et l’uniformité indéniable des caractères, dans certaines limites générales, de Pecten sensu lato, la valeur — en tant que Genres, Sous-Genres, Sections — de ces groupes, varie avec les auteurs. Comme cas extrêmes, nous signalerons M. Dali (Tert. fauna of Florida, p. 694) qui n’admet que le G. Pecten, tous les autres groupes en formant les subdivisions sous-génériques ou sectionnelles, et M. Verrill (Trans. Connecticut Acad., vol. X) qui signale une vingtaine de Genres.
Nous nous bornons à analyser ci-dessous les groupes représentés dans les terrains néogéniques; un examen complet de toutes ces subdivisions, même fût-il restreint aux formes tertiaires, nous entraînerait hors du cadre de notre Mémoire.
PECTEN sens. str. Müller, 1776.
(= Vola Klein, 1753; = Janira Schum., 1817.)
Coquille généralement grande et pesante, close, libre, équilatérale, très inéqui valve, même à l’état jeune; valve droite — ou inférieure — fortement convexe, à crochet recourbé; valve gauche — ou supérieure — plane, parfois un peu concave, formant couvercle, plus petite que la droite, crochet à plat; oreillettes de grandeur moyenne, subégales, celles de la valve droite convexes en dehors, celles de la valve gauche concaves
et se moulant exactement sur les premières; pas d'encoche ni de fasciole byssales bien nettes, l’animal reposant sur le fond par sa valve convexe plus ou moins enfoncée dans les sédiments; ornementation externe constituée par de fortes côtes radiales et des stries concentriques saillantes et rapprochées. Plateau cardinal muni de deux à trois paires de lamelles cardinales saillantes, la supérieure parallèle au bord cardinal, limitant la rainure ligamentaire, les deux autres, surtout l’inférieure, plus divergentes; fossette chondrophore triangulaire, médiane, grande, parfois limitée par des arêtes saillantes, et simulant des dents, comme chez les Plicatules, mais n’ayant pas la même signification morphologique; lamelles auriculaires et dentelon habituellement forts. Surface interne garnie de côtes radiales épaisses et cannelées, opposées aux sillons extérieurs; bords des valves fortement crénelés et facilitant la fermeture hermétique des valves; empreinte musculaire gauche arrondie, empreinte musculaire droite hi lobée, impression palléale très écartée du bord (G. -T. : Ostrea maxima L. Viv.).
Le nom Pecten remonte à la nomenclature prélinéenne, il a été appliqué dans des sens divers par les auteurs anciens, mais sa signification a été précisée par Klein, 1753, qui l'applique à un groupe d'espèces bien délimité dont la première citée est P. maximus; cependant quelques lignes plus loin, le même auteur, créait le vocable Vola pour des formes telles que P. Jacobcus qui ne diffèrent pas génériquement de P. maximus : Vola est donc synonyme de Pecten. Toutefois d’après les règles actuelles de la nomenclature, Pecten n’a d'authenticité qu’à partir de 1776, époque à laquelle il fut repris dans le système binominal et avec le même génotype, P. maximus , par M Muller (Prodr. Zoo/., p.248). Cette interprétation fut suivie par ses contemporains : Dacosta (1778), Cuvier (1788), Lamarck (1799). Plus tard, le démembrement du Genre amena des confusions qui ne sont pas encore complètement éclaircies : Schumacher (1817), donna le nom nouveau Janira au groupe de P. maximus, et restreignit l'appellation Pecten aux espèces que nous réunissons aujourd'hui dans le G. Chlamys, puis Môrch (1857), ressuscita Vola pour P. maximus-, il fut suivi par les frères Adams (1853), Sloliczka (1897), M. Douvillé (1897), etc., qui prirent P. varius comme génotype de Pecten s. str.
Il résulte de ce court historique que Pecten sensu str. doit-être réservé
aux formes affines de 1\ maximus; c’est d'ailleurs l’opinion de nombreux malaeologistes, en particulier de Fischer, Dali, Yerrill, etc. Quant à Janira qui à l’origine était complètement synonyme de Pecten, il a été détourné de son sens primitif par Chenu (1862), qui l'appliqua aux formes crétaciques, avec P. atavus comme génotype : ce sont des Neithea.
Pecten apparaît dans le Crétacé inférieur; il est étroitement allié à Neithea. actuellement éteint, qui en diffère surtout par les fortes incisions transverses de ses lamelles cardinales. Pecten a son maximum de développement au Néogène; les espèces actuelles vivent à des profondeurs assez faibles, où le mouvement des vagues est encore sensible ; les valves droites reposent librement sur le fond et peuvent se déplacer brusquement par un mécanisme bien connu; les fortes côtes radiales de leur coquille constituent un appareil de protection contre les chocs.
Sect. Flabellipecten Sacco, 1897. — Forme de la coquille comme dans Pecten s. s’tjr. ; toutefois la valve gauche est plus plane, excepté dans la région umbonale où elle se renlle très légèrement, alors que dans Pecten elle est un peu déprimée; les oreillettes sont relativement plus petites, plus symétriques; les côtes plus nombreuses, plus rapprochées et beaucoup moins saillantes que dans Pecten s. str. (G. -T. Pecten flabelliformis Broechi, Pli oc.).
Ces légères différences, portant surtout sur l'ornementation, ne nous permettent pas de donner à ce groupe la valeur d’un Sous-Genre comme le voudrait l’auteur, encore moins d’un Genre à l’exemple de MM. Depéret et Roman.
S. -G. Amussiopecten Sacco, 1897. — Taille généralement grande, forme peu bombée, bâillante; valve droite et valve gauche convexes, cette dernière un peu moins bombée; oreillettes peu hautes, assez longues, encoche byssale peu marquée; Qrnementation comme dans Pecten s. str., mais plus ou moins obsolète chez les spécimens gérontiques (G. -T. : Pecten burdigalensis Lamarek, Mioc.).
Déjà Lamarek et Basterot avaient comparé le génotype à Pecten pleuronectes qui est un Amussium, M. Sacco, consacre la comparaison par le nom qu’il donne au groupe qui, dit-il, « a des affinités avec Amussium » sans indiquer lesquelles.
La coquille est bâillante chez les deux groupes, son galbe est à peu
près le même sauf toutefois que, chez Amussium, la valve gauche est plus plate que chez Amussiopccten; de plus, chez ce dernier, l’ornementation radiale peut devenir peu marquée sans jamais disparaitre complètement, mais là se bornent les ressemblances qui sont, en somme, assez superficielles; les oreillettes, les lamelles cardinales sont différentes, les côtes internes d ’Amussiopecten n’ont jamais l'aspect des lirations étroites d’ Amussium dont le bord n'est pas crénelé. Nous ne voyons guère d’affinités entre Chlamys et Amussiopccten, M. Sacco se borne encore à dire qu’il en existe. C’est en réalité de Pecten que Amussiopecten se rapproche le plus, par ses contours, par son ornementation ; toutefois sa valve droite est moins bombée, sa valve gauche l’est au contraire davantage, ses oreillettes sont plus longues et moins hautes
Sect. Grandipecten nom. mut. (= Macrochlamys Sacco, 1897; non Benson, 1832. — Test épais. Taille le plus souvent très grande, forme arrondie, équilatérale, presque équivalve, valves modérément bombées, la droite un peu plus que la gauche ; oreillettes subégales, assez hautes et peu longues, sans encoche hyssale. Surface externe ornée d’un petit nombre de côtes radiales, quadrangulaires, larges, plus ou moins obsolètes sur les bords latéraux, parfois subdivisées par d’étroites costales radiales, que l’on voit aussi dans les larges intervalles intercostaux, et souvent noduleuses dans la région umbonale de la valve gauche; trois paires de lamelles cardinales, épaisses et saillantes, quelquefois en partie cachées sous un épaississement du bord cardinal, séparées par de profondes dépressions; fossette chondrophore profonde, à bords renflés et saillants; bords des valves largement crénelé (G. -T. : Ostrea latissima Brocoli i, Mioc.).
Ce groupe — dont il faut changer la dénomination préemployée — nous paraît très éloignée de Chlamys dont M. Sacco en fait un Sous-Genre; il n’en possède ni le galbe, ni l’ornementation, ni les oreillettes inégales, ni l’encoche byssale. Les coquilles grandes et pesantes réunies dans ce Sous-Genre étaient dépourvues de byssus et vivaient libres sur le fond, comme Pecten. Le seul caractère qui rapproche Chlamys et Grandipecten est le faible bombement des deux valves; il y a toutefois encore lieu de remarquer que chez Grandipecten la valve droite est un peu plus convexe que la gauche — comme chez Pecten — ce qui est l’inverse chez Chlamys. A notre avis, Grandipecten n’est qu'une Section d ’Amussiopecten dont il a
les grandes dimensions et les valves subégales et modérément bombées, il s’en distingue par ses contours plus circulaires, par la fermeture complète de ses valves, par ses oreillettes plus hautes et moins longues, par son ornementation plus saillante, caractères qui — d'autre part — le rapprochent de Pecten s. str. Grandipecten est d’origine récente. La plus ancienne espèce citée est une variété tongrienne de P. Ilolgeri.
S. -G. Oopecten Sacco, 1897. — Taille assez grande; forme peu bombée, valves droite et gauche convexes, ornementation composée de côtes radiales assez peu saillantes (G. -T. : Pecten rotundatus Lk., Viv.).
Ce groupe, fort voisin de Grandipecten, ne parait pas être représenté dans l’Aquitaine.