Plicatula ruperella Dujardin
PL XVIII, fi g. 23; et PL XX, fi g. 9-13.
1837. P. ruperella Duj. Mém. Tour., p. 271.
1864. — Mayer. Tert. Azoren, p. 48.
1870. — M. Hœrn. Tert. Bock. Wien, t. II, p. 427, pl. LXVII,
fig. 6.
1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 72, n° 206.
1886. — Dollf. Dautz. Liste prélim., p. 8.
Test peu épais. Taille assez grande; forme généralement arrondie, parfois plus allongée et moins équilatérale; surface ornée de coslules rayonnantes assez larges et très Serrées, sur lesquelles les accroissements forment de petits plis fistuleux; ces costulcs sont souvent déviées d’une manière très irrégulière (1).
Valve droite prolongée au sommet par un petit talon obtus qui forme une aire lisse au-dessus du plateau cardinal assez étroit, un peu septiforme au-dessus de la cavité umbonale; AI et PI courtes et inégales, cariées sur leurs deux faces, encadrant une profonde fossette chondropbore ; AI 1 1 et PII I à peu près indistinctes le long du bord.
Valve gauche plus ou moins aplatie; certains échantillons gonflés pourraient se confondre avec une valve inférieure si l’on n’observait la position à gauche qu’occupe l’adducteur, et l'écartement des dents AU et PII grossièrement crénelées qui sont séparées par des fossettes du chondropbore central, limité lui-même par de petites arêtes; on ne distingue pas de rai-
(1) Nous signalons, clans le gisement aquitanien de Pessac (Lorient), des valves supérieures qui portent de petites radiations interrompues, fines et écartées; si l’on en récoltait d'autres et surtout des valves opposées, on pourrait séparer celte variété sous le nom P. electrica Cossm. et Peyrot.
mires pour recevoir AI 1 1 et PIII ; tout le plateau cardinal est surélevé par rapport à la cavité umbonale, formant ainsi un septum rudimentaire.
Impression de l’adducteur arrondie, presque contiguë à l’impression palléale qui est parallèle au bord; on remarque une poncticulation marginale, correspondant à chaque pli lacinié du bord.
Dim. Diamètre 15 à 18 inill. ; quelquefois la hauteur atteint 20 mill. et la largeur se réduit à 12 mill.
R. D. — On distingue cette espèce de P. pternophora — répandue dans les mêmes gisements — par son ornementation très différente, où les côtes sont séparées par des sillons étroits et finement plissées en travers; mais les caractères internes sont encore plus distincts; outre que le talon est moins aigu (quand on peut l’observer, car les valves droites sont presque introuvables), le plateau cardinal est beaucoup plus septiforme que chez P. mytilina dont les larges côtes sont d’ailleurs caractéristiques. L'impression de l'adducteur est encore plus près de la ligne palléale que chez les autres espèces.
Loc. — Manciet (Gers), plésiotypes des deux valves (PI. XVIII, fig. 23; et PL XX, fig. 9), coll. Cossmann. — Helvétien.
Saucats (Peloua), Léognan (le Tliil supr), plésiotype valve gauche (PI. XX, fig. 12-13), coll. Cossmann; toutes les coll. — Bui*<ligaliei>.
La Saubotte, Mérignac, Cabanac (Pouquet), Martillac, coll. Degrange- Touzin. Léognan (le Tliil infr), Saint-Avit, coll. Cossmann. Pessac (Lorient), an var. electrica C. et P. (PI. XX, fig. 10-1 lbis) , coll. Cossmann? — Aqiiitanien.
Cénacle : OSTREACEA Lamk. 1809 em.
Coquille à structure lamelleuse ou celluleuse, mais sans couche fibreuse proprement dite, inéquivalve, généralement pleuroconque ; ligament interne; charnière sans dents; ligne palléale entière, parfois non distincte (Fischer). La valve inférieure ou fixée est la valve gauche.
Lamarck comprenait dans ce Cénacle : des Racliolites, des Crania, des Spondylidæ, des Pecten et des Vulsella. Fischer l’a restreint aux deux Familles Ostreidæ et Anomiidæ et il en a fait un Sous-Ordre; nous nous bornons à l’admettre au rang de Cénacle.
OSTRE1DÆ Fleming, 1828.
Coquille inéquivalve; valve gauche fixée; impression musculaire unique, excentrée du côté postérieur; ligament inséré sur une aréa triangulaire formée par le talon du crochet, et comprenant une rigole centrale plus ou moins profonde et large, encadrée de deux talus convergeant au sommet.
Cette Famille a été l’objet d’une révision toute récente par M. H. Douvillé (B. S. G. F., 4, t. X, p, 634, année 1916) dans laquelle l’éminent professeur a examiné l’origine et l’enchaînement phylétique des Ostréidés qu’il a — dès le début — divisé en deux groupes suivant que les valves sont ou ne sont pas également lamelleuses ou plissées. 11 a suivi le développement de ces deux groupes dans la succession des temps géologiques, et démontré que l'apparition des Genres dérivés des premières formes de l’Infralias est due aux modifications survenues dans la fixation de la valve inférieure.
Les Ostreidæ. étant manifestement moins anciennes que les Pectinidæ, M. Douvillé conclut qu’elles sont issues des Limidæ qui vivent dressés (orthoconques) par une tendance qu'a pris l'animal à se coucher sur la valve gauche inférieure, tandis que la valve inférieure des Pectinidæ est au contraire la valve droite.
Partant de ces bases, nous admettrons comme Genres distincts :
Ostrea qui n’apparait que dans le Vraconnien du Liban et que nous trouvons représenté dans notre Miocène;
Gryphæa qui n'a commencé à se détacher du rameau précédent qu'à l’étage miocénique;
Alectryonia qui se poursuit — en un phylum ininterrompu — depuis le Rhétien jusqu’à l'époque actuelle;
Liostrea qui constitue le second phylum, mais qui s’éteint avant l’époque actuelle, probablement dans le Miocène où nous en trouvons un descendant dégénéré ;
E xogyra issu du second phylum et qui s’éteint dans notre Miocène, après avoir pris un grand développement dans le Jurassique moyen et surtout dans le Crétacique ;
Liogryphæa abondant dans le Jurassique, et remplacé dans le Crétacique et le Tertiaire par Pycnodonta qui y ressemble beaucoup ; ni l’un, ni l'autre n’existent d’ailleurs en Aquitaine.
Soit, en définitive, cinq Genres bien distincts dont nous allons avoir à nous occuper, tandis que les deux derniers ne sont pas représentés dans la région que nous étudions.
M. Douvillé a terminé son étude par un chapitre concernant les coquilles ostréiformes qu'il élimine de la Famille Ostreidæ parce que leurs caractères internes les rattachent à d'autres Familles : Chondrodonta Stanton (. Pinnidæ ), Gyropleura (Rudistes), Myochamae t Chamo&trea à test nacré et à osselet ligamentaire comme les Ostéodesmes, Vulsella Lamk. (. Aviculidæ ). Aucune de ces formes n’a vécu dans le Miocène du Sud-Ouest.
Fischer cite en outre : Chalmasia, Heligmus, Naiadina, Pernostrca, toutes coquilles secondaires, dont le rattachement à la Famille Ostreidæ exige encore confirmation d’après les critériums modernes.
OSTREA Linné, 1758 (ex Lister, 1G86).
Valve inférieure, seule plissée, à bords festonnés ou laciniés, plus profonde que l’autre, qui est lamelleuse et dont les bords sont lisses; crochet généralement dévié du côté postérieur, à l’extrémité du talon formé par l’aire ligamentaire. Impression du muscle adducteur plus ou moins excentrée, en forme de fève ou de^palmette. (G. -T. : O. edulis Lin. Viv.)
Très développé déjà dans le Paléocène (O. bellovacensis Lamk.), ce Genre est le plus abondamment représenté dans les terrains tertiaires de toutes les régions. Nous y distinguons plusieurs Sections :
Cubitostrea Sacco, 1897. — Le point de fixation de la valve gauche se déplace peu à peu vers le côté postérieur, qui se développé moins que le côté antérieur, et les valves prennent une forme arquée ou coudée (cubitus), très allongée à l’extrémité anale; le ligament suit cette inflexion et le crochet tend à devenir exogyroïde, tout en conservant sa saillie indépendante de la surface d’adhérence. Les côtes ne rayonnent pas du crochet comme chez Ostrea s. str., elles se ramifient sur une arête dorsale. Impression musculaire très excentrée, presque contiguë au bord. (G. -T. : O. cubitus Desh. Eoc.)
Gigantostrea Sacco, 1897. — Taille géante. Valves peu inégales : l’inférieure peu plissée, la supérieure finement striée par des lignes rayonnantes. Aire ligamentaire relativement courte; impression musculaire arrondie et presque centrale. (G. -T. : O. gigcmtica Sol. Eoc.)
Ostreola Monteros. 1884. — Forme oblongue, à valves très inégales, l’inférieure prolongé en avant par un talon ligamentaire qui peut constituer — à lui seul — les deux tiers de la hauteur des valves; il en résulte que l’impression musculaire est — en partie — cachée dans la cavité umbonale qui est très profonde. Les plis de la valve inférieure sont grossiers et couverts d'aspérités, ses bords sont fortement laciniés. Valve supérieure petite, plate, lamelleuse; aire ligamentaire très restreinte; impression de l’adducteur située très haut. (G. -T. : O. stentina Payr. Viv.)
Ces trois Sections sont représentées en Aquitaine; mais, tandis que les deux premières ont déjà pris naissance dans l’Eocène, il semble que la troisième est plus récente, car nous n’en connaissons pas avant l’Aquitanien.