Gryphœa ( Crassostrea ), gingensis [Schloth
PL XXI, fig. 16-18.
1813. O. gingensis Sclil. in Leonh., t. VII, p. 72.
1830. O. gryphoides Zieten. Verst. Würt., p. 64, pl. XLVIII, fig. 2 ( non
Sclil.).
1834. O. crispata Goldf. Petref. Germ., t. II, p. 15, pl. LXXVII, fig. 1.
1837. O. virginica Dujard., Mém. Tour., p. 61 ( non Lamk.).
1855 . 0. crispata Raulin et Delbos. Mon. Ostrea Aquit., p. 14, n° 14.
1870. O. gingensis Hœrnes. Tert. Beck. Wien, t. II, p. 452, pl. LXXVI
à LXXX.
1899. — Newton. Mioc. shells from Egypt ( Geol . Mag.), p. 204.
1901. — Dollf. Daut/.. Nouv. liste Péléc., p. 50, n° 183.
1910. — Schaffer. Mioc. Eggenburg, p. 15, pl. IX et V.
Test très épais. Taille très grande; forme piroïde, atténuée et pointue en avant, toujours élargie en arrière, dissymétrique, le côté postérieur étant un peu plus développé et prolongé que l’autre.
Valve inférieure assez profonde, se terminant en avant par un talon ligamentaire plus ou moins long (le plésiotype figuré est exceptionnel à ce point de vue), mais atteignant rarement le tiers de la hauteur, et dévié à son extrémité aiguë; quoique la déviation paraisse orientée vers le côté antérieur, la pointe du crochet finit toujours par être opisthogyre; fossette ligamentaire extrêmement creuse et large, encadrée de deux étroits bourrelets arrondis; le contour inférieur est à peu près rectiligne, sans échancrures ni saillie sur la cavité umhonale; stries d’accroissement très marquées transversalement sur tout le talon.
Surface externe lamellcuse et crépue, sans que les côtes soient nettement rayonnée; celte ornementation persiste jusque vers les bords qui cependant ne sont ni laciniés ni festonnés.
Valve supérieure aplatie, quoique assez épaisse aussi ; talon ligamentaire moins développé que sur l’autre valve, avec la partie centrale en saillie assez proéminente et longitudinalement striée entre les accroissements. Surface externe irrégulièrement lamelleuse.
Impression musculaire grande, située assez bas, semilunaire et transverse, fortement ridée par les accroissements.
Dim. Hauteur : 140 mill.; largeur : 90 mill. ; épaisseur de la valve inférieure : 32 mill.
R. D. — Ce que nous avons dit à propos d’O. aginensis nous dispense d’insister sur la comparaison d’O. gingensis avec les formes ancestrales. C’est une espèce bien définie si on en observe avec soin les caractères internes; en outre, elle est généralement élargie vers le bas et son ornementation crépue persiste bien davantage que chez O. crassissima qui ne possède d’ondulations rayonnantes que dans le voisinage du crochet. Quand le talon ligamentaire s’allonge exceptionnellement, il n'atteint
jamais une hauteur comparable à celle qu'on constate chez les spécimens bien adultes d’O. crassissima.
C’est bien O. gingensis qu’on trouve en Touraine, comme dans le Bassin de Vienne; quant à O. crassissima, nous n’en avons aperçu aucune trace dans les couches les plus élevées du Sud-Ouest. Au contraire, il semble que dans le Piémont, il n’y ait qu'O. crassissima qui est représentée par une variété compressula Sacco, particulièrement étroite.
Loc. — Gabarret, plésiotypes (PI. XXI, fig. 16-18), coll. Duvergier; Manciet, toutes les coll. Salles, coll. Duvergier. — Ilclvétien.
ALECTRYONIA Fischer von Waldh., 1807 (1).
(= Loplia Bolten in Mœsch, 1852; = Rastellum Lister, 1648 ,prælinn;
— Dendostrea Swainson, 1840).
S. stricto. — Test épais. Taille parfois très grande; forme arrondie ou ovale-allongée, souvent symétrique, équivalve; surface plissée sur les deux valves; bords emboîtés, la commissure étant fortement laciniée sur les deux valves. Valve inférieure à peu près égale à l’autre, sauf que le- lalon ligamentaire y est un peu plus développé; surface d’adhérence voisine du sommet, la fixation se fait parfois par des prolongements irréguliers des côtes anguleuses, qui sont quelquefois armées de tubulures très saillantes vers les bords, et qui rayonnent en partant du crochet, puis en se subdivisant inégalement. Impression musculaire excentrée, mais écartée du bord, transverse, à contour inférieur souvent saillant, située vers le milieu de la distance entre le crochet et le bord palléal. (G. -T. : Mytilus cristagalli Chem ni tz, Yiv.)
Ce Genre se distingue essentiellement d 'Ostrea par l’égalité presque complète des deux valves qui sont également plissées; il est aussi ancien que Liostrèa (0. marcignyana Martin, de l’étage Rhétien), mais il a persisté beaucoup plus tard, jusque dans les mers actuelles.
Le choix de la dénomination à adopter pour O cristagalli a été très contesté; cette espèce est désignée sous le nom Lopha, dès 1798, dans le Mus. Boltenianum de Bolten; mais, comme les noms génériques de Bolten
(1) Chenu indique la date 1825, celle de 1807 est « in Muséum Demidoff » (fîde Dollfus).
n’ont de valeur qu'à la date où ils ont été régulièrement publiés par des conchyliologistes, ce n’est qu’en 1852 (in Mœsch) qu’il a acquis la légitimation nécessaire. Or, dès 1807, Fischer von Waldheim créait — pour le même génotype — le nom Alectryonia et il en fixait le sens en 1835 (Bull. Mosc., t. VIII); la même année, Férussac l’employait dans le Bull. Zoo/., p. 59; enfin, Herrmannsen l’a catalogué dans son supplément de 1852. Il résulte de là que Alectryonia doit être préféré à Lopha, ainsi qu’à Dcndrostrea Swains., qui sont rigoureusement synonymes et postérieurs.
Nous le trouvons représenté à la base du Miocène de P Aquitaine.
Sect. Arctostrea Pervinquière, 1910. — Forme arquée et étroitement allongée; surface d’adhérence excentrée sur la région anale, au-dessous du crochet; côtes ramifiées sur une arête dorsale, comme chez Cahitostrea ; commissure des valves très fortement engrenée. (G. -T. : Ostrea carinata Laink. Gén.)
Bayle ayant repris le nom Lopha pour les formes pseudoéquilatérales, et ayant appliqué à tort Alectryonia au Groupe d'O. carinata, la rectification a été faite par M. Pervinquière dans la séance de la Société géologique de France, à la date du 20 juin 1910.
M. H. Douvillé a fait observer que cette forme d’Huître dérive d 'Alectryonia (ou Lopha) par une modification analogue à celle qui a donné naissance aux Exogyres sur le phylum Liostrea; nous ajouterons qu’il en est de même pour Cubitostrea relativement à Ostrea : le point de fixation se déplace du côté postérieur qui se développe moins que le côté antérieur, et par suite, la coquille prend une forme arquée, tandis que les côtes — au lieu de rayonner en bifurquant — se détachent d’une arête incurvée et médiane. On distingue d’ailleurs Arctostrea de Cubitostrea par sa valve supérieure plissée et non lamelleuse.
Nous pensons que cette modification ne justifie — pour Arctostrea comme pour Cubitostrea — que la création d'une Section, attendu que le crochet reste indépendant et n’est pas exogyriforme.