‹ Conchologie néogénique de l'Aquitaine (volume 2)Chapitre 196 sur 273 · Alectryonia aquitanica [Mayer · texte numérisé non relu

Alectryonia aquitanica [Mayer

PL XIX, fig. 5-7; et PI. XXII, fig. 24.

1855. O. undata Raulin et Delbos. Mon. Ostrea Aquit. (non Lamk.). 1858. O. aquitanica Mayer. Journ. Conch., p. 190.

1873. — Benoist. Cat. Saucats (réunie à O. cyathula).

1909. — Dollfus. Essai ét. Aquit., pp. 26 et 46, n° 148.

Test épais. Taille grande ; forme assez régulièrement ovale en hauteur, presque équivalve et équilatérale ; surface externe des deux valves ornée d’environ quatorze grosses côtes élevées, arrondies, plus étroites que les intervalles qui les séparent, sur lesquelles les arrêts de T accroissements forment des nodosités rugueuses.

Valve inférieure avec une surface d'adhérence très voisine du crochet triangulaire et pointu qui se réfléchit en dehors dans un plan presque horizontal; aire ligamentaire scalène et déviée vers le côté anal, divisée en trois régions; la médiane, large et profonde, est encadrée par deux bourrelets saillants, plus étroits; l'ensemble est plissé par les accroissements.

Valve supérieure à bords réfléchis et grossièrement laciniés; vers le crochet, il existe de fines crénelures plissées qui engrènent avec de petites fossettes rarement visibles sur l’autre valve; aire ligamentaire plus large que haute, obliquement triangulaire; la dépression médiane y est à peine plus large et plus creuse que les plateformes latérales qui sont limitées par de faibles saillies.

Surface interne grise, avec une chambre d’habitation relativement restreinte; impression du muscle ovale, un peu oblique, située à la moitié de la hauteur, peu excentrée et par suite assez écartée du bord.

Dim. Hauteur : 100 mill.; largeur : 70 mill.; épaisseur des deux valves réunies : 44. mill.

R. D. — Cette espèce n’a que de lointains rapports avec O. undata Lamk., avec laquelle elle a été confondue jusqu’à ce que Mayer l’ait séparée, sans le figurer toutefois, de sorte que nous la reproduisons ici pour la première fois. Il est inconcevable que Benoist l’ait citée en synonymie d’O. cyàéiula ; car, elle se distingue de la plupart des autres Ostreidæ du Sud-Ouest par la présence de plis sur les deux valves, ce qui la place dans un genre tout différent. Elle contribue à former dans le Miocène inférieur la suite du phylum Alectryonia, si développé dans les terrains secondaires et devenu très rare dans le Tertiaire.

Dans la Monographie de Tertiaire du Piémont, M. Sacco a décrit et figuré une petite espèce de l’Helvétien (T. tauroparva) qui n’a que neuf côtes rayonnantes : il est possible que ce ne soit qu’un jeune spécimen de

l’une des nombreuses variétés d 'A. plicatula Gmelin, notamment la mutation germanitula de Greg. qui est très variable (fig. 14-17, pl. V, in Sacco) ; les variétés dertocrassa, crassoplicata, dertonensis Sacco, ont moins de côtes, plus épaisses, qu’A. aquitanica ; toutes ces formes sont plus arrondies et se rapprochent plutôt d’O. cristagalli ; elles ont généralement le crochet moins rejeté en dehors; l’aire ligamentaire est moins large, et l’impression de l’adducteur est plus transverse que chez A. aquitanica.

Loc. — Villandraut (Gamachot), néotypes (Pl. XIX, fig. 5-7, et Pl. XXII, tig. 24), coll. de Sacy; toutes les coll. Saint-Avit, coll. Degrange-Touzin. Sainte-Croix-du-Mont, coll. Cossmann (envoi de feu Benoist sous le nom Doublieri Math.). Léognan(Ie Tliil), jeunes spécimens, coll. de Sacy. Martillac (Breyra), Saint-Morillon (Le Planta), La Brède (La Salle, tranchée du chemin de fer), Saucats (Lariev), Uzeste, La Saubotte, Bazas (La Flotte, côte Saint-Vivien), Savignac, coll. Degrange-Touzin. — Afguitanien.

EXOGYRA Say, 1819.

Valves très inégales, variables, lisses ou finement radiées; valve inférieure profonde, quelquefois costulée ou même épineuse; valve supérieure plate, operculiforme; crochets des deux valves enroulés, opisthogyres, sans aucune saillie; aire ligamentaire en spirale; impression musculaire allongée, marginale. (G. -T. : E. costata Say, Crét. sup.)

Nous admettons Exogyra comme un Genre bien distinct, à cause de la disposition des crochets qui s'enroulent dans le même plan sur les deux valves, au lieu de rester indépendants comme chez Cubitostrca et Arctostrea : il en résulte une modification très importante de la surface ligamentaire qui s’atrophie même presque complètement sur la valve supérieure.

D'après M. H. Douvillé, ce Genre prend naissance dans le Callovien, se rattachant alors aux Liogryphæa par ses valves lisses; il prend un développement considérable dans le Crétacé, où un petit groupe est remarquablement orbiculaire (0. columba), d’autres costellées (O. flabella ) ou épineuses (0. spinosa). Dans presque tous les gisements, les Exogyres sont associées d'abord aux Liogryphæa, puis aux Pycnodonta. Aucune Exogyre vraie n'avait encore été signalée dans le Tertiaire supérieur; nous en décrivons une du Miocène de l’Aquitaine.

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