Exogyra Ricardi (1) Benoist in sch. PL XX, ftg. 29-3G
Test mince et fragile. Taille petite; forme oblongue, peu régulière, à crochets fortement enroulés du côté anal.
Valve inférieure très profonde, capsuloïde, gibbeuse ou anguleuse sur la surface dorsale qui est ainsi partagée en deux régions inégales, l’antérieure à peu près lisse et un peu plus large, la postérieure presque entièrement absorbée par l'adhérence et laissant seulement apercevoir vers les bords quelques lamelles irrégulières. Aire ligamentaire peu visible, marquée par l’enroulement du crochet qui se déplace progressivement comme chez les Chaînes, réduite à une large dépression encadrée de deux arêtes obsolètes.
Valve inférieure beaucoup plus petite, plate comme le couvercle d’une boîte, extérieurement ornée de lamelles courtes et écartées; crochet déprimé et gyratoire; aire ligamentaire quasi-nulle ; bords non crénelés.
Surface interne noirâtre et terne; impression musculaire petite, ornée, verticale, très excentrée.
Dim. Hauteur, 18 mill. ; largeur : 10 mill.; épaisseur de la valve inférieure : 8 mill.
R. D. — Benoist avait séparé — dans sa collection et dans celles d’autres collectionneurs — cette intéressante coquille qui, par sa surface lisse et ses crochets très enroulés, appartient indubitablement au Genre Exogyra. M. Sacco a décrit deux espèces voisines de celle-ci dans le Ligurien (E. eoparvula ) et dans l’Helvétien du Piémont (E. miotaurinensis) ; quoique les phototypies soient peu nettes, il nous semble que l’espèce helvétienne a une impression plus grande que celle d’E. Ricardi qui parait aussi avoir ses crochets plus fortement enroulés encore que chez les Exogyres italiennes.
Les deux espèces bartoniennes (O. cymbula, O. Defrancei Desh.) sont plus larges, non anguleuses et se rapprochent plus des Pycnodonta; mais l’espèce thanétienne (O. eversa Mell.) ressemble davantage à notre O. Ricardi.
Loc. — Saucats (Peloua), cotypes (PI. XX, fig. 29-36), coll. Degrange-
(1) Dédiée à M. Iiicard, propriétaire du gisement de Peloua.
Touzin; coll. de Sacy, commune. Dax (Mandillot), coll. Degrange-Touzin ; (Maïnot), coll. Cossmann. Mérignac (le Pontic), Léognan (le Thil sup1’), coll. Cossmann. — Bui'digalien infér.
Peyrehorade (Peyrère), commune, coll. Raulin. — Ilelvétien?
LIOSTREA H. Douvillé, 1904 (1).
Valves presque égales, lamelleuses, non costulées, parfois finement ornées de stries rayonnantes; forme très variable selon l’habitat. (G. -T. : O. sublamellosa Dunker, Rhét.)
Ce Genre — aussi ancien qu ' Alectryonia — s’en distingue parce que la surface des deux valves n’est jamais costulée, simplement ornée de lamelles d’accroissement.
D’après M. Douvillé, « quand les dépôts deviennent plus profonds et qu’ils sont constitués par des vases fines, la coquille manque de point d’appui solide; elle trouve encore quelque petit débris pour se fixer dans le très jeune âge, mais elle devient bientôt plus lourde que son support, elle se déracine et continue à se développer simplement couchée sur le fond. Les coquilles qui vivent dans ces conditions prennent une forme particulière, la valve inférieure se creusant tandis que la valve supérieure s'aplatit ».
C’est à ces Huîtres lisses que Fischer (1886) a donné le nom Liogryphæa que nous admettons comme un Genre bien distinct, non seulement à cause de l’inégalité des valves, mais encore à cause des modifications profondes qui en résultent dans la disposition de l'aire ligamentaire et de l’impression musculaire. Le crochet de la valve inférieure est profondément recourbé chez Liostrea; il est beaucoup plus obtus dans la Section Pycnodonta Fisch. v. Waldheim qui lui succède dans le Crétacé et qui persiste même dans le Pliocène et dans la Méditerranée (O. cochlear Poli).
Nous n'avons dans le Miocène de l'Aquitaine, ni véritable Liostrea, ni Liogryphæa, ni même Pycnodonta; la seule forme qui puisse y être rattachée, par ses valves également lisses, est équivalve et comme elle ne présente pas exactement les caractères de Liostrea éteint dans le Crétacé, ou au plus tard, dans l'Eocène, nous avons fondé pour cette espèce la Section suivante.
Ostreinella Cossmann, 1912. — Valves également convexes, lisses; crochets petits, pointus, latéralement déviés
(1) Mission de Morgan en Perse, paléontologie, p. 273. (G. -T. : O. lamellosa, lapsus calaini bientôt corrigé in B. S. G. F. (4), t. IV, p. 546, juin 1904.)
vers le côté postérieur; aire ligamentaire petite, bien divisée; impression musculaire très excentrée. (G. -T. : O. neglecta Michli. Mioc.)
Il n’est pas possible d'admettre que le fossile pour lequel nous proposons cette nouvelle Section soit le jeune âge d’un Pycnodonte, attendu que les valves n’ont pas l’inégalité qui caractérise Liugryphæa et son descendant Pycnodonta. Nous nous trouvons en présence d’une forme abondante, restant toujours petite et mince, et se distinguant d’ailleurs de son ancêtre Liostrea par la surface lisse et non lamelleuse du test des deux valves, ainsi que par son aire ligamentaire et par son impression musculaire. Il est même probable qu 'Ostreinella a dû vivre dans l’Oligocène et dans l’Eocène, mais qu’on l'a confondue avec le jeune âge d’espèces appartenant à d’autres groupes.