Liostrea ( Ostreinella ) neglecta [Michelotti
Pl. XX, fig. 16-19.
1847. Ostrea neglecta Micbu. Desc. foss. Mioc., p. 81, pl. III, iig. 6.
1852. — d’Orb. Prod., t. III, p. 132, 26e ét. , n° 2507.
1855. — Raulin et Delbos. Mon. Ostrea Acquit., p. 12, n° 7.
1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 73, n° 208.
1897. — Sacco. I Moll. terz. Piem., part. XXIII, p. 10, pl. III,
fig 1-20.
Test mince, pellucide, fragile. Taille très petite; forme d 'Anomia, ovale, oblique et toujours prolongée du côté postérieur; valves presque également convexes.
Valve inférieure généralement adhérente à des corps oblongs, sur la plus grande partie de sa longueur; crochet petit, pointu, latéralement dévié du côté postérieur, mais à distance du bord cardinal, et non appliqué comme chez Exogyra ; talon ligamentaire peu développé, avec une fossette centrale et peu profonde, scalène, plus large que les banquettes latérales qui l’encadrent. Surface entièrement lisse.
Valve supérieure assez convexe, obliquement arrondie et inéquilatérale; crochet pycnodonte, quoique un peu dévié du côté postérieur, au sommet d’une étroite aire ligamentaire. Surface lisse, rarement plissée par les accroissements.
Impression musculaire petite, ovale-transverse, très excentrée, située à la moitié de la distance entre le crochet et le bord palléal.
Dim. Hauteur : 14 mill. ; largeur : 12,5 mill.
R. D. — Les spécimens du Burdigalien sont identiques aux nombreuses figures que M. Sacco a publiées dans sa Monographie et qui représentent les individus typiques de Colli Torinesi; les vues internes sont malheureusement mal éclairées en phototypie, de sorte qu’on ne peut y distinguer ni le talon ligamentaire ni l’impression musculaire. M. Sacco a séparé deux variétés ( rugosella , cauclatellata), qui ne se différencient du type que par les lamelles de la surface de la valve supérieure, ou par le prolongement anormal de l’extrémité postérieure; nous n’avons pas vu de spécimens burdigaliens qui puissent y être rapportés.
Ainsi que l'a fait remarquer M. Sacco, la valve supérieure porte souvent en relief l’impression du corps auquel s’attache la valve inférieure, elle même déformée à l’intérieur par une saillie correspondante : ce fait — fréquent chez Anomia — est la conséquence de la minceur du test.
Loc. — Saucats (Pont-Pourquey), plésiotypes (PI. XX, fig. 16-19), coll. Cossmann; Cestas, toutes les collections. Mérignac (Pontic), coll. Peyrot; Saucats (Gieux, Eglise, Lagus), etc. Commune quand on se donne la peine de la recueillir ( ncglecta comme a écrit avec raison Michelotti). — Bur- (1 italien.
Ortliez, Sallespisse, coll. Degrange-Touzin. — Helvctien.
ANOMIIDÆ Gray, 1840.
Coquille non auricnlée, inéquivalve, fixée — à l’état jeune ou à l’âge adulte — par un byssus ordinairement calcifié et traversant la valve droite; ligament élastique interne; pas de dents cardinales; impression palléale simple peu visible; test lamelleux; face intérieure des valves souvent nacrée.
Des cinq ou six Genres que Fischer a classés dans cette Famille, nous n’avons à nous occuper ici que d’ Anomia; les autres ( Placunanomia , Carolia, Placuna, Semiplicatula, Saintia, etc.) ne sont pas représentés dans le Sud- Ouest.
ANOMIA [Linné, 1767] 0. F. Millier, 1776.
Coquille irrégulière, quoique généralement orbiculaire, prenant l’apparence des corps sur lesquels elle s’attache; test
mince, translucide, légèrement nacré à l’intérieur; valves inégales.
Valve inférieure ou valve gauche ordinairement plus convexe que l’autre, tantôt profonde, tantôt discoïde; parfois cylindracée ou plutôt enroulée en cornet. Ornementation extérieure très variable : indépendamment des stries rayonnantes et quelquefois « chagrinées » (apparence de la peau de chagrin ou chevreau), la surface dorsale emprunte par mimétisme les ornements des corps — et surtout des coquilles — auxquels s’attache l’animal. Fossette ligamentaire interne et transverse, dans la cavité umbonale, tantôt superficielle, tantôt cupuliforme; il existe tout près d’elle une cicatrice musculaire pour le byssus, mais elle est peu visible, souvent atrophiée et ne peut fournir aucune indication utile. Disque central piriforme, circonscrit par une ligne, à surface terne ou blanchâtre contenant trois cicatrices : la supérieure grande, plus ou moins tangente au contour du disque, est l’attache du muscle supérieur du byssus; des deux autres situées en dessous, celle de droite (ou antérieure) est l’attache du muscle inférieur du byssus, celle de gauche (ou postérieure) est l’attache de l’adducteur des valves; la position et la grandeur relatives de ces trois cicatrices ainsi que leur écartement — dans le disque qui les enclôt — varient selon les espèces.
Valve supérieure (ou droite) rarissime, aplatie, operculiforme, munie à son bord supéro-antérieur d’un large sinus qui entoure la cheville du byssus calcifié, et dont les extrémités ne se soudent pas complètement l’une à l’autre; l’extrémité de droite ou postérieure porte le ligament; cette valve — n’étant pas intéressée à la manœuvre du byssus — ne contient que l’impression de l’adducteur des valves. (G. -T. : A. ephippium Linné, Viv.).
La plupart des auteurs rapportent à Anomia, à titre de Sous-Genre, Monia Gray (1849), dont le génotype est A. patelliformis Lk. Mais Fischer l’a rapprochée au contraire de Placunanonia, parce que la valve gauche ne porte que deux impressions centrales : la supérieure rayonnée et provenant du muscle du byssus, l'inférieure étant celle de l’adducteur des
valves. Benoist a cité (Cat. Saucats, p. 75, n° 216) A. striata Br. à la Cassagne; mais il est probable que c’est une erreur, ou qu’il aura confondu avec cette espèce des valves d’une véritable Anomie, car nous n’avons jamais vu jusqu'ici en Aquitaine la moindre valve de Monia avec deux cicatrices seulement au centre.
Pour la distinction des espèces néogéniques, les auteurs — se fondant, sans exception, sur l’aspect extérieur des valves gauches — ont : les uns admis uniquement A. ephippium avec des variétés; les autres multiplié les espèces sans pouvoir leur assigner de limites certaines. Nous sommes convaincus qu'ils ont fait fausse route, en suivant d’ailleurs les errements de Brocchi, et que ce n’est pas dans l’ornementation ni dans la forme ou la taille de ces coquilles mimétiques, qu’il faut chercher les critériums permettant de distinguer les mutations stratigraphiques ou les races géographiques qui doivent exister chez Anomia assi bien que chez Ostreal En effet, en examinant attentivement chez un grand nombre de spécimens les impressions ou cicatrices internes (ce qui n’est pas toujours loisible, car elles se décortiquent fréquemment par suite de la fossilisation;, nous avons pu constater que, non seulement la forme du disque blanc, mais surtout la disposition et la grandeur des cicatrices qu’il renferme varient extrêmement peu chez une même espèce; en nous aidant aussi de l’aire ligamentaire, et en faisant complètement abstraction de l’aspect de la surface externe, nous avons réussi à isoler trois ou quatre phylums, dont un seul correspondant réellement à A. ephippium typique; nous avons conclu qu’il fallait adopter une dénomination bien distincte pour chacun d’entre eux, et cette recherche a abouti à une classification des espèces à peu près satisfaisante au point de vue stratigraphique puisque la forme qui, par ses cicatrices, se rapproche le plus d’A. ephippium actuel ne commence à apparaitre que dans l’Helvétien, tandis que celles qui l’ont précédée et qui semblent s’éteindre avant le Pliocène ont plus d'analogie avec les espèces éocéniques. Nous faisons, d’autre part, toutes réserves au sujet des formes ancestrales, dans les terrains secondaires, car il ne semble pas qu’on en ait encore étudié, de la même manière, les impressions internes.