Crassatella Raulini nov. sp. PL I, lig
1897. Crassatella Hardeggeri Raul. Stat. géol. Landes, p. 333 ( non Hœrnes).
Test très épais. Taille grande, forme transverse, équivalve, close, inéquilatérale; côté antérieur arrondi, plus court que le côté postérieur qui est plus étroit, anguleux et obliquement tronqué; bord palléal arrondi en avant, régulièrement raccordé avec le bord buccal, sinueux en arrière et raccordé par un angle faiblement obtus avec le bord anal; bord supérieur excavé en avant du crochet, rectiligne et obliquement déclive en arrière; crochets rapprochés, comprimés, prosogyres, petits mais pointus, situés au tiers antérieur des valves. Surface
extérieure convexe, un peu gilfbeuse en avant, carénée par un angle saillant partant du crochet, aboutissant à l’extrémité inférieure île la troncature, limitant ainsi la région anale déclive et légèrement concave; sur les spécimens népioniques la surface entière est ornée de cordons saillants, réguliers, arrondis, un peu moins larges que leurs intervalles, plus serrés sur le côté buccal, s’infléchissant sur la carène, puis s’atténu nt et devenant parallèles à la troncature; mais à partir de la taille de 1 cm. 1/2 à 2 centimètres, on voit les cordons s’effacer et disparaître sur la région dorsale voisine de la carène, tandis qu’ils persistent, bien qu’atténués, sur le côté buccal. Lunule courte, large, cordiforme, très creuse; corselet étroit, très allongé, excavé, séparé de la région anale par un gradin assez saillant; à quelque distance au-delà de ce gradin, il existe, en outre, un angle rayonnant très obtus.
Plateau cardinal triangulaire, à contour inférieur un peu sinueux recouvrant une profonde cavité umbonale; 3a faible, peu distincte du bord lunulaire, crénelée sur sa face interne; 1 forte, saillante, mais peu épaisse, légèrement oblique, crénelée sur sa face antérieure; 3b beaucoup plus faible, plus mince et plus courte, formant avec 1 un angle aigu; fossette du ligament ovalaire, très creuse, entamant le bord supérieur sous le crochet, mais n’occupant qu’une partie du plateau cardinal en arrière des cardinales; A I peu saillante, écartée du crochet, obsolète chez les exemplaires gérontiques ; 2a saillante, oblique, crénelée sur ses deux faces; 4 j, plus faible, formant un angle aigu avec 2a et crénelée sur sa face antérieure; P II très longue, étroite, écartée du crochet; le bord du corselet est finement strié en travers.
Impressions musculaires très profondément gravées, l’antérieure placée très haut, ovalaire, la postérieure plus largement arrondie; impression palléale écartée du bord qui est marqué de crénelures saillantes, quoique fines, s’atténuant sur le bord anal, et disparaissant complètement sur la troncature anale.
Dim. Diam. a.-p. : 68 mill. (1); diam. u.-p. : 49 mill.; épaisseur d’une valve : 20 mill.
R.-D. — Les spécimens népioniques de cette belle coquille présentent avec Crassatella Hardeggeri Hôrn. une assez grande analogie de forme et de sculpture extérieure pour expliquer rassiinilalion faite — à première vue — par Raulin; on remarque cependant, entre l'espèce du bassin de Vienne et celle de l'Aquitaine, des différences assez profondes pour justifier leur séparation : C. Hardeggeri est, en effet, plus régulière, moins gibbeuse, sa troncature anale est moins rectiligne, son bord palléal moins sinueux en arrière, son ornementation plus régulière. 11 y a aussi d'importantes différences dans les charnières; chez C. Raulini, 1 est plus forte, moins oblique, 3b forme avec 1 un angle plus ouvert, la fossette ligamentaire est plus large, plus profonde. C. intermedia Nyst, du Pliocène belge, qui a parfois la même ornementation, est plus inéquilatérale, son côté antérieur étant beaucoup plus court que chez C. Raulini, son bord cardinal est plus curviligne, 1 et 3b, moins inégales entre elles, forment un angle plus aigu, etc. Du côté ancestral, C. Raulini se relie étroitement au groupe de C. carcarensis Micht. de l'Aquitanien d'Italie (C. carcarensis, neglecta, protensa, Ighinai etc ); en particulier, la fig. du type de C. carcarensis, reproduite par M. Sacco (XXYlIpl. VI, fig. 39), ressemble beaucoup à notre espèce de l’Aquitaine; même forme générale, ornementation semblable, moins prononcée toutefois chez l’espèce italienne qui est, de plus, moins gibbeuse et dont la carène est moins saillante: en outre, la lunule de C. carcarensis est plus étroite, d'après la constatation faite sur des spécimens de la coll. Cossmann; la comparaison des charnières n’est pas possible à cause du mauvais état de conservation ou de l’état bivalve des fossiles de l’Aquitanien de la Ligurie. C’est très vraisemblablement chez C. plumbea et les formes affines (C. salsensis, parisiensis , gibbosida, etc ) qu’il faut chercher la souche de toutes ces espèces néogéniques ; toutefois, C. Raulini se distingue très nettement, en particulier, de C. plumbea par sa forte gibbosité antérieure par les cordons bien arrondis qui ornent sa surface extérieure, au moins dans la région du crochet à l'état gérontique, par sa charnière moins puissante, où 1 est moins triédrique, plus oblique, 3b plus nettement séparée de 1, tandis que 2 « et 4b sont beaucoup plus rapprochées, etc.
Loc. — St-Etienne-d'Orthe, cotypes (PI. I, fig. 1-4), coll. Degrange- Touzin, rare; Peyrehorade (Peyrère), Bélus (Rollon) spécimens népio-
(1) Nous adopterons dorénavant les abréviations : diam. a.-p. pour diamètre antéro-postérieur, u.-p. pour umbono-palléal, R. D. pour Rapports et Différences, Loc. pour Localités.
niques, même coll. Ortlievielle, coll. Mus. Mont-de-Marsan. — lKel-
vétïen.